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Nous nous situons aux alentours de mai 1558.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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MessageSujet: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Jeu 4 Sep - 16:48
Les mots de la diseuse de bonnes aventures raisonnaient encore dans ma tête, une sœur aux cheveux noirs de jais. Comment ? Pourquoi ? Qu’est-ce donc que cela ? Les questions se bousculaient dans ma tête, telles des épées qui s’entrechoquent l’une contre l’autre. J’avais laissé passer quelques jours, jusqu’à tant de revoir Luisa, cette jeune femme espagnole qui était avec moi dans les bois cette nuit-là. Ce fut Luisa qui me mit la puce à l’oreille, depuis plusieurs jours nous nous croisions à la Cour et je l’appréciais déjà beaucoup. Nous avions eu l’occasion de parlementer un peu, de se découvrir, d’apprendre à nous connaitre. Toutes deux, nous ne vivions pas dans le même monde mais, qu’importe… Luisa pouvait énormément m’apporter. Je me sentais plus grande, plus mature en sa compagnie. La veille, elle m’avait racontée qu’elle connaissait une Blackwood en ville : Annabeth Blackwood. La Dame de Compagnie d’une certaine Héléna Shéridan. Luisa m’avait proposée de m’accompagner en ville pour qu’elle me montre Annabeth qu’elle connaissait. Après, je me débrouillerais seule comme une grande, j’avais déjà peur rien qu’à cette idée mais, je devais savoir. Je voulais comprendre. C’était donc au bras de Luisa que j’arpentais les rues de Londres, on ne mit pas longtemps à trouver Annabeth, Luisa l’aperçut entrant dans la librairie. Je supposais qu’elle connaissait ses habitudes, Annabeth aimait donc lire ? Cela nous faisait un point commun, déjà… Mon cœur battait à en sortir de mon corps. Je remerciais chaleureusement Luisa envers qui j’étais très reconnaissante de ce qu’elle faisait pour moi. Je lui promis de lui rendre la pareille et me dirigea vers la librairie.

Je pris une grande inspiration et j’entrais dans la librairie. Je regardais à droite puis à gauche, rien. Elle devait être au milieu des allées de la librairie en train de chercher un livre à lire. En effet, elle était un peu plus loin entre deux étagères de dos à moi. Je pouvais encore faire demi-tour, il était encore temps. Et si ce n’était pas elle ? Je regardais autour de moi, nous étions seules, ça ne pouvait être qu’elle. Elle ressemblait étrangement à la description que m’avait donnée la voyante. Je restais là un moment sans bouger. J’avais peur, s’il s’avérait que cette dernière ait raison alors ma vie en serait un peu plus bousculée. Jusqu’à présent j’avais vécu dans un petit cocon protégé mais, aujourd’hui ce n’était plus le cas. Je prenais des coups de tous les côtés, heureusement que j’avais des personnes que j’aimais prêtes à m’aider. Je respirais un grand coup, c’était le moment, c’était maintenant ou jamais, peut-être que c’était seulement une coïncidence on portait le même nom et c’était tout. Une lointaine cousine ? Une enfant cachée de mon père ? Je n’y croyais pas un seul instant et quand bien même, je me demandais pourquoi l’avoir abandonnée ? Et ma mère dans tout cela ? Cette histoire était faite de beaucoup de zones d’ombres, c’était un nœud à dénouer. Je me risquais à ouvrir la bouche…

« Excusez-moi ? Vous êtes bien Annabeth Blackwood ? Je suis une amie de Luisa… »

Mes mots se brisèrent, je me ressaisie et dis :
« Je suis Rosemary Prudence Blackwood, enchantée. »

Je plongeais mon regard dans le sien, qu’elle était belle…C’est vrai qu’il y avait un air de famille mais, peut-être que je me faisais des idées. On aurait dit une poupée, la voyante avait raison. Je restais subjuguer face à sa beauté. Elle était joliment habillée, elle sentait bon. La sœur idéale. Mieux que la sœur que j’avais imaginé aux premiers abords. Je la regardais d’un air désolé, ce matin en se réveillant elle ne devait pas se douter qu’elle ferait ma connaissance. J’avais peur de sa réaction, peur de ce qu’elle allait dire, je n’avais pas évoqué le mot de sœur. Pas encore. J’avais peur de prononcer ce mot de toute manière. Comme si rien que de le prononcer, tout devenait réel. J’avais toujours voulu une sœur, une compagnie, une amie… j’en avais jamais eu, alors si c’était bien elle ? Pourquoi ne m’avoir rien dit ? Pourquoi n’étais-je pas au courant ? Mon père l’ignorait-il ? C’était invraisemblable, jamais je n’aurais imaginé une telle situation. J’essayais de faire bonne impression, j’avais fais une petite révérence en prononçant mon nom. J’attendais de savoir si c’était bien elle avant de parler d’un quelconque lien entre nous. Je me voyais mal dire «c’est la voyante qui m’a dit que… » J’ignorais son avis sur le sujet mais…comme première approche ce n’était pas le mieux. Je respirais profondément histoire d’essayer de me calmer, beaucoup d’émotions me traversaient de part en part. Cette journée resterait graver à tout jamais même s’il s’avérait qu’Annabeth Blackwood ne soit pas ma sœur. Plus je la regardais, plus au fond de moi, je savais. Je savais qu’en face de moi, j’avais ma sœur. Une sœur inconnue. Une sœur oubliée. Une sœur abandonnée.
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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Sam 13 Sep - 18:54

Ces mensonges qui sont restés enfouis.


« Le prince prit sa noble princesse et l’installa sur son destrier. Ensemble ils se rendirent jusqu’au château où leurs noces seraient célébrées en grande pompe. A deux, ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps et eurent de nombreux enfants. »
Elle lisait mot à mot, cherchant les sons, découvrant de nouveaux mots et surtout elle trouvait la fin de l’histoire complètement ridicule. Le livre se referma et elle croisa les bras, s’adossant contre le fauteuil, tout en le regardant là. Les livres qu’elle trouvait se terminaient tous bien, trop bien pour elle, qui détestait les happy ending. Les contes de fée n’existaient pas, jamais un prince charmant n’était venu la sauver, non les hommes n’étaient pas des princes, juste des profiteurs, qui usaient des femmes comme bon leurs semblaient. Apprendre à lire et écrire, c’était son grand défi, elle n’avait jamais pu avoir d’éducation, sa famille adoptive était trop pauvre, sa mère trop ingrate. Depuis qu’elle était seule, sous la coupe de nobles, elle en profitait pour s’instruire. Depuis un an, elle s’était beaucoup améliorée, son écriture était certes laborieuse, mais elle parvenait à écrire des lettres, compter, elle avait très vite compris comment faire, les chiffres étaient faciles pour elle, beaucoup plus que les lettres. Le pire, c’était la lecture, elle commençait simple, mais elle avait beaucoup de mal à détailler certains mots, parfois elle n’en comprenait pas le sens, ou sinon, elle n’arrivait pas à les lire. Elle avait déjà feuilleté les nombreux livres de la bibliothèque du comte et de la comtesse de Lancastre, mais aujourd’hui, elle voulait un livre à elle, un objet dont elle serait fière, un livre laborieux, qu’elle prendrait plaisir à comprendre. Elle quitta donc la demeure, prenant le chemin de la librairie.
Les rues de Londres étaient gaies, la bonne humeur issue du prochain mariage de la reine semblait revigorer les londoniens. Elle marcha joyeusement, emportée par cette ambiance guillerette, vêtue simplement, elle pouvait presque passer partout, si ce n’était les regards méchants que certaines personnes lui accordaient. Elle s’en moquait, elle avait l’habitude d’être vue comme une catin, ce passé, elle l’avait accepté depuis longtemps, il faisait partie d’elle, il était sa force. Sa robe d’un délicieux bleu printanier épousait délicatement ses formes, faisant d’elle une poupée fragile, une poupée qui pouvait se briser n’importe quand. Annabeth était une ambigüité à elle toute seule, fragile, mais forte, timide, mais franche. Son passé et son présent se confondaient très souvent en elle, créant ainsi le savant mélange, d’une femme qui se cherchait toujours. Sans but, sans réel avenir à part de servir la comtesse de Lancastre, il ne lui restait plus grand-chose aujourd’hui, à part le bonheur de se lever chaque jour dans le confort d’un château et de revêtir de jolies robes.
Quand elle entra dans la librairie, elle accorda un ravissant sourire au commerçant et lui demanda quelques renseignements sur des livres, elle ne savait pas vraiment, ce qu’elle recherchait, elle voulait juste un coup de cœur. Elle erra entre les allées, caressant les couvertures, déchiffrant les titres, quand soudain, elle en fut interpellée par l’un d’entre eux, La Cité des Dames de Christine de Pisan. Elle l'ouvrit, le feuilleta, déchiffra quelques phrases qu’elle trouvait passionnante. Absorbée par son livre, elle en sortie, seulement quand une jeune fille se présenta à elle, lui demandant, si elle était bien Annabeth Blackwood. La jeune fille était une amie de Luisa. Etrangement, quand elle détailla les grands yeux noirs et les cheveux bruns bouclés de la demoiselle, son cœur se mit à battre plus fort, elle se sentait étrange, comme si quelque chose se passait au fond de son être.

« Oui c’est moi… » Répondit-elle simplement, peu de personnes connaissaient son identité, surtout chez les nobles. La jeune fille portait une belle robe, ce qui ne faisait aucun doute quant à son rang social. Elle n’eut pas le temps de dire autre chose, ni de poser des questions, qu’elle entendit les mots fatals. Rosemary Blackwood. Le livre lui échappa des mains et elle se précipita aussitôt pour le ramasser, confuse, perdue. Rosemary, un prénom si semblable à celui de Rose, un nom qui était commun avec le sien. Le silence s’installa, elle ne savait quoi faire, quoi dire.
« Je suis désolée… » Ces mots furent les seules à franchir la barrière de ses lèvres, que dire de plus, elle ne connaissait pas cette jeune fille et pourtant, elles se ressemblaient tellement, mais cela ne pouvait pas être ça, elles ne pouvaient pas avoir de liens. « Je pense que ce n’est qu’une coïncidence, je n’ai pas de père, ni de mère d’ailleurs. » Pour Rose, c’était un mensonge, mais pour elle s’était vraie, sa mère était un monstre, une femme en prison qui méritait sa situation. L’évidence était sous ses yeux, mais Annabeth préférait la nier, elle venait de se reconstruire, elle avait une vie équilibré, pleine de bonheur, malgré les difficultés et pourtant, rien ne semblait être fini, les mensonges de sa mère continuerait à la faire souffrir.


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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Dim 28 Sep - 18:17
J’étais impressionnée face à cette Dame dont je ne connaissais rien, juste quelques détails par ci par là. Rien de très concret pour pouvoir se faire une idée sur qui était, dans le fond, Annabeth Blackwood, sachant que je n’étais plus certaine de savoir qui j’étais réellement. Ma vie était bâtit sur des mensonges… enfin plutôt des passagers mis sous silence, des détails (comme le fait d’avoir une sœur…) oubliés, enfermés à double tour dans un placard dont on a jeté la clé. Visiblement, mon père avait totalement oublié – s’il était au courant – de me parler de ma sœur… Comment omettre une information pareille ? Moi, qui étant petite posait des millions de questions sur ma mère, pourquoi je n’avais pas de mère, moi qui avait longtemps réclamé des frères et des sœurs pour pouvoir jouer, partager… mon père me regardait toujours avec un regard grave. Un de ces regards qui en dit long sur ses problèmes. Des questions restées sans réponse. Toujours la même phrase, ma mère nous a abandonné. Pourquoi ? Je l’ignorais. Peut-être Annabeth n’était-elle pas ma sœur ? Peut-être une cousine éloignée, fille d’un vieil oncle que j’ai par alliance ? Ou bien, tout ceci n’était que pur coïncidence. Quoi qu’il en soit je remarquais que nous avions la même chevelure, le même nez et la même couleur d’yeux. Je ne savais plus trop ce que je faisais là, je regrettais de lui avoir adressé la parole, j’avais peur de sa réaction, peur de ce qu’elle allait dire. Je ne voulais pas lui faire perdre son temps, j’étais déjà assez confuse de mouvementer son quotidien. Le livre qu’elle tenait entre ses mains, lui échappa elle se hâta pour le rattraper, avant que je n’eus le temps de bouger. Je ne savais que dire d’autres… Peut-être en savait-elle plus que moi… ? Peut-être avait-elle un nom ? Un lieu ? Un endroit où je pourrais trouver ma mère ? Annabeth s’excusa, je ne comprenais pas trop pourquoi surement une habitude de Dame de Compagnie. Les mots d’Annabeth me firent sourire, tout le monde avait un père et une mère. Même elle. Je me rendais compte que si elle était réellement ma sœur – nous avions eu une vie bien différente… Si j’avais le même réflexe qu’elle de dire que je n’avais pas de mère, j’avais au moins le mérite d’avoir un père.

« Excusez-moi d’insister mais… ma mère s’appelait Rose Blackwood, cela vous dit quelque chose ? Et mon père… John…»

Je supposais qu’avec les noms des parents, cela mettrait les choses au clair avec Annabeth, ma gorge se noua lorsque je prononçais le nom de mon père. Je taisais pour le moment le fait qu’il était mort. Et de ma mère, je ne connaissais que son prénom, je n’irais pas bien loin sur ce terrain là.

« Je suis ici car tout me laisse croire que nous sommes sœurs… peut-être demi-sœurs, je ne le sais pas encore. Si ce n’est pas le cas, veuillez m’excuser de vous avoir importuné Miss Blackwood et de vous prendre ainsi au dépourvu. »

Je fis une petite révérence, j’étais gênée de dire cela comme ça de but en blanc, je ne savais pas trop comment amenait les choses délicatement. J’avais été assez directe mais, je ne voulais pas l’embêter plus longtemps s’il s’avérait que la diseuse de bonnes aventures s’était trompée. Peut-être avait-elle vu seulement une Blackwood aux cheveux noirs jais et au teint de porcelaine et de là était né des calomnies. J’avais conscience que je la prenais en traitre un peu, que la pauvre n’avait surement pas cherché à avoir une sœur qui reapparait après dix-huit longues années. Toutefois, j’étais convaincue qu’elle s’en remettrait si nous n’étions pas liées par les liens du sang. Peut-être avait-elle des frères et d’autres sœurs ? Peut-être que j’avais une grande fratrie finalement ? Peut-être que ma mère avait refait sa vie et que mon père n’avait jamais eu le courage de me l’avouer… ou peut-être avait-elle une vie débridée… cette option me semblait déjà plus probable, si Annabeth était une Dame de Compagnie j’imaginais qu’elle faisait partie des petites gens et par conséquent n’avait jamais eu l’occasion de faire un beau mariage. Néanmoins, je n’avais que faire si elle était réellement ma sœur je l’accepterais telle qu’elle était, bien contente de trouver un membre de ma famille je ne la jugerais pas. Mon père m’avait toujours dis que c’était ma mère qui nous avait abandonné mais, peut-être était-ce l’inverse ? Ce que je ne comprenais pas, si nous avions la même mère pourquoi il ne m’a pas abandonnée alors, moi ? C’était flou. Ou peut-être était-ce du côté de Rose, le problème ? Je ne savais pas, au bout d’un moment au vue de l’absence de réponses j’avais arrêté de poser des questions, j’avais arrêté de chercher. J’espérais qu’Annabeth puisse éclairer ma lanterne. Je voulais même que la voyante ait raison, Annabeth semblait être une bonne personne.
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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Ven 10 Oct - 22:35

Ces mensonges qui sont restés enfouis.


Elles se ressemblaient, elles, ces deux poupées brunes, qui de toute évidence, étaient sœur. La tranquillité était terminée, le passé était toujours là pour venir briser à nouveau le bonheur. Les mots de la jeune fille, Annabeth les ressentit comme des coups de poignard qu’elle recevait dans le cœur. Encore des mensonges, encore de la haine, encore des manipulations et tout cela à cause de Rose Blackwood. Elle n’arrivait pas à y croire au début et pourtant, la jeune fille avait prononcé ce nom, celui de la femme infâme qu’était sa mère. Rose, même en prison parvenait encore à la briser à petit feu. Elle ne voulait pas croire en tout cela, mais la vérité était face à elle, implacable. Les mêmes cheveux sombres, le même sourire, le même nom. Elle niait encore, ne voulant pas croire que cette fille avait un père, alors qu’elle n’en avait jamais eu. John, tel était le nom de l’homme, peut-être avait-il était aussi son géniteur. Qu’avait bien pu faire Rose pour qu’il l’abandonne elle et pas l’autre ? Quel mensonge pouvait-il encore se cacher derrière tout cela ? Elle n’avait rien vu venir, ses visions n’était pas venue la prévenir de cette nouvelle arrivante dans sa vie et Annabeth se demandait si son don était réellement efficace, en ce qui la concernait. Peut-être que cette révélation était bien trop importante, pour qu’elle soit vue en vision, mais tout ceci la déconcertait, jamais elle ne s’était préparée à apprendre, qu’elle avait une autre famille en dehors de Rose.
La jeune lady semblait avoir vécu dans un milieu aisé, elle n’avait pas l’air d’avoir autant souffert qu’elle. Elle avait sûrement dû avoir de la chance de se tenir éloigné de Rose, à moins que cette mère exceptionnelle s’en soit occupée, pour mieux l’abandonner. Cependant, Rose aurait été incapable de s’occuper d’un enfant et s’était sûrement pour cela, qu’elle l’avait laissé grandir auprès d’une brave famille, pour mieux la récupérer une fois que son éducation était faite. Ce qui l’intriguait le plus, c’était ce peur, elle-même n’en avait jamais eu, sa mère ne lui en avait jamais parlé et après quelques questions sans réponses, Annabeth avait vite abandonné. Elle avait tout de même remarqué que la jeune fille portait le même nom qu’elle, cela voudrait donc dire qu’elles partageaient le même père et donc que celui-ci s’était occupé de sa plus jeune fille.
Petit à petit, elle sentait son cœur se briser, elle avait toujours espéré que son père n’était qu’un pauvre homme que sa mère avait arnaqué avec ses histoires, pour mieux partir, sans dévoiler qu’elle avait un enfant, mais quand elle voyait cette jeune fille, si bien vêtue, elle avait le sentiment que jamais on avait voulu d’elle. Sa vie ne se résumait à rien en dehors de ses malheurs et son avenir ne consistait qu’à servir Héléna Sheridan, sa protectrice, la seule personne, qui en ce monde avait désiré son bien.

« Ma mère s’appelle aussi Rose. » Elle soupira, serrant son livre contre son cœur, dégoutée par ces nouveaux mensonges qui venaient de faire à nouveau surface. « Mais je n’ai pas de père, Rose ne voulait jamais en parler. Je pense que nous avons le même père, sinon, nous ne porterions pas le même nom. » Toute à sa réflexion, elle ne remarqua pas sa voix froide, celle qu’elle utilisait, quand elle se trouvait sur la défensive. Annabeth avait peur que son petit monde éclate à nouveau à cause de sa mère. Seule, elle était parvenue à se reconstruire, mais maintenant qu’allait-elle devenir ? Elle se rendit compte du malaise qui s’était installé entre elle et sa nouvelle sœur, elle crut même la faire fuir en la voyant faire une élégante révérence et se confondre en excuse, mais Annabeth, même si elle voulait qu’elle sorte à tout prix de son petit univers, voulait obtenir des réponses à ses trop nombreuses questions.
« Je m’excuse, je dois dire que je ne m’attendais pas à cela. » Elle bafouilla presque ses mots, cherchant quoi dire, face à cette situation si gênante. « Cela dit, je ne devrais même pas m’étonner, Rose a toujours été une experte, en ce qui concernait les mensonges. L’avez-vous connu ? » Derrière cette question, Annabeth voulait surtout savoir si cette sœur retrouvée avait subis les mauvais traitements de leur mère, si elle l’avait déjà vu et surtout, si elle savait quel personnage se cachait derrière cette femme infâme.



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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Sam 8 Nov - 16:36
Je me voyais dans les yeux d'Annabeth, c'était moi dans quelques années. Nos vies paraissaient tellement différentes, elle, dame de compagnie moi future duchesse. Deux soeurs. Deux destins. Deux avenirs tellement différents que cela en étant déroutant. J'étais un peu confuse de briser peut-être la vie d'Annabeth, je venais chambouler sa vie pour ma tranquillité personnelle. J'ignorais comment cette dernière allait réagir. Mon père venait de mourir et je cherchais ma famille, j'avais toujours rêvé d'avoir une soeur - j'en avais une sous mes yeux. Je craignais sa réaction, peut-être allait-elle mal le prendre ? Elle annonça le nom de sa mère, elle s'appelait Rose également... pour moi, il n'y avait pas de doute nous avions la même mère, c'était obligé. Annabeth supposa qu'on avait le même père, nous étions deux Blackwood et notre passé nous avait été enlevés.

« Mon père ne voulait jamais parler de Rose, je ne sais rien d'elle...»

Visiblement, elle était la face cachée de ma vie, le revers de la médaille. Avait-elle été élevée par Rose ? Je ne comprenais pas pourquoi nous avions été séparées, pourquoi j'avais vécu avec mon père et elle avec notre mère ? C'était encore difficile de penser tout cela. Annabeth me parla sur un ton assez froid, en même temps je ne m'attendais pas non plus à des retrouvailles chaleureuses, j'étais une étrangère pour elle et c'était réciproque même si je l'admirais déjà, elle était ma grande soeur, j'avais du mal à déterminer son âge mais, elle n'était pas beaucoup plus vieille que moi. De quelques années probablement.... Je souris à Annabeth qui s'excusa.

« Il n'y a pas de mal, je comprends votre confusion, j'arrive là, je vous surprends sans crier garde... veuillez m'excuser. Je voulais savoir, je voulais vous connaitre, je voulais avoir le coeur net. Je suis confuse moi aussi face à une telle situation. Je n'ai pas connu Rose, jamais. Je ne sais rien d'elle, peut-être au début de ma vie... mais, je n'en garde aucun souvenir. Vous dites que vous n'avez pas de père, pour moi c'est l'inverse je n'ai pas de mère... Je suppose qu'elle vous a élevé ? »

J'ignorais dans quoi je venais de mettre les pieds, j'ignorais aussi que parler de Rose n'était pas la discussion idéale à avoir avec Annabeth, j'ignorais tout ce qui tournait autour de Rose et cette 'malédiction' des Blackwood que je n'avais visiblement pas hérité ? Peut-être que j'aurais dû me taire, ne pas écouter la diseuse, ne pas aller à la rencontre d'Annabeth. Peut-être... Â présent, il était trop tard pour revenir en arrière. Le passé allait me rattraper alors que le présent filait comme le vent, impossible d'attraper le vent. J'avais toujours remarqué le regard qui se fermait de mon père refusant de répondre à mes questions. L'air triste d'un amour perdu ? D'un homme trahit ? Je n'avais jamais su... J'avais abandonné au bout d'un moment, à force mon père perdait patience et j'avais oublié l'idée d'en savoir plus sur cette Rose Blackwood. Aujourd'hui, je ne comprenais pas le monde qui m'entourait. Pourquoi Rose avait-elle pris Annabeth ? Pourquoi m'avoir laissée à John ? Et pourquoi ne vivaient-ils pas ensemble ? Pourquoi ne s'étaient-ils jamais mariés ? J'avais eu une bonne vie avec mon père, était-ce le cas pour Annabeth ? Surement que non si elle était une Dame de Compagnie. Rose était une courtisane dans ce cas ? De nombreuses questions me traversaient de part en part, c'était incroyable de retrouver une soeur ainsi entre deux étagères d'une bibliothèque. Je regardais le livre qu'Annabeth tenait, serrait sur sa poitrine. Etait-elle une littéraire ? Aimait-elle lire ? Je ne voulais pas trop la dévisager, déjà qu'elle devait être très mal à l'aise de se retrouver face à moi, c'était surement l'une des premières fois que je 'gênais' quelqu'un par ma présence. Comment gardait un tel secret tout ce temps ? Rose n'avait jamais rien avoué à Annabeth et John n'avait jamais laissé sous-entendre quoi que ce soit. Parfois, il pestait contre Rose, je m'en souvenais. Il l'appelait « cette femme », « cette diablesse », j'ignorais où me positionner face à tout cela d'un côté je lui en voulais de m'avoir abandonnée. Comment une mère pouvait-elle faire cela ? De l'autre, j'en voulais à mon père comment avait-il pu cacher l'existence d'Annabeth ? Pourquoi ne m'avait-il jamais rien dis ? Il n'y avait qu'à Annabeth que je n'en voulais pas, elle était victime de cette histoire tout comme moi. J'imaginais le pire concernant toute cette histoire et j'espérais qu'Annabeth m'en dise assez pour que je puisse recoller les morceaux de notre histoire et savoir enfin qui j'étais. J'avais besoin de savoir pour avancer dans cette nouvelle vie qui m'attendait avec Thomas. J'espérais que le futur soit bon pour moi et accompagnée de ma nouvelle soeur, Annabeth.

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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Mar 11 Nov - 19:10

Ces mensonges qui sont restés enfouis.


Le revers de la médaille, voilà une autre face de son histoire, qui venait de lui éclater, dans la figure. D’autres mensonges, d’autres secrets, que Rose Blackwood avait enfouis profondément, pour brutaliser un peu plus la vie de sa famille. Annabeth se demandait bien jusqu’où pouvait aller les mensonges de cette femme sournoise et jusqu’où elle avait bien pu aller, pour maudire à ce point leur famille. Elle en était certaine, sa mère et ses mauvais sorts n’avaient pu que jeter une malédiction sur le nom Blackwood, pour que tous soient malheureux. Elle frissonnait rien qu’en pensant à sa mère et à toutes les horreurs qu’elle avait commise, sur elle. Par chance, cette petite sœur n’avait pas eu affaire à leur mère, mais aussi, elle ne lui ressemblait pas, sauf pour les yeux. Toutes les deux avaient le même regard sombre, ce regard qui appartenait à Rose, mais dont la lueur était bien différente, puisqu’elle était pleine de bienveillance.
Annabeth ne savait plus quoi penser de tout cela, elle en voulait à cette petite sœur de venir perturber son quotidien, mais d’un côté, elle voulait la remercier d’être venue. Elle était contradictoire dans ses sentiments, mais à l’époque où elle vivait chez ses parents adoptifs, elle avait toujours été entourée de frères et de sœurs, vivant dans un esprit de famille, qu’elle avait toujours regretté, depuis le retour de Rose. Avoir une petite sœur, lui rappelait cette vie, mais elle regrettait aussi de ne pas avoir eu la même chance que cette Rosemary Blackwood. Elle, Annabeth avait eu la malchance d’être reprise par sa mère, alors qu’elle vivait une existence paisible, à la campagne, tandis que sa sœur, au vu de ses vêtements, avait toujours eu le confort d’une vie noble. Deux faces, deux images semblables, mais pourtant si différentes. Le père, il était sûrement le sien aussi, mais Rose ne lui en avait jamais parlé, de même que le père n’avait jamais parlé de Rose, à la fille, qu’il avait gardé.

« Il a sûrement vu la face cachée de notre mère. Vous avez de la chance de ne pas avoir entendu parler de cette femme. » Elle rabroua sa petite sœur retrouvée, pour lui montrer, qu’elle avait bien plus de chance de ne pas connaître leur mère.

Sa petite sœur Rosemary avait beau s’excuser, Annabeth n’arrivait pas à se remettre du choc qu’elle ressentait toujours. Elle se demandait quelle vie, elle aurait bien pu avoir, si elle n’avait pas eu Rose dans sa vie et si son père l’avait élevé. Aurait-elle de si beaux vêtements que sa jeune sœur ? Sûrement, elle aurait eu même bien plus et peut-être même une vie de famille. Elle en voulait à Rose, elle en voulait à son père inconnu et elle en voulait tout autant à Rosemary. A sa remarque, sur le fait, que la plus jeune n’a pas eu de mère, Annabeth revit tout le calvaire qu’elle avait vécu, avec Rose. Elle avait envie de rabrouer sa plus jeune sœur, mais elle se retient, gardant toujours son ton froid et distant, pour répondre aux questions de la plus jeune.

« Non, j’ai vécu quatorze années de ma vie, chez des personnes charmantes, que je considérais comme mes parents, jusqu’au jour où Rose revint dans ma vie. J’avais hâte de connaître ma mère, mais croyez-moi, j’ai vite déchanté. Rose Blackwood est le pire monstre que la terre ait pu créer et avec un peu de chance, elle finira par mourir, dans la prison, dans laquelle elle croupie actuellement. »
Elle était froide et dure dans ses paroles, martelant ses mots, pour faire comprendre à cette petite sœur, qui était leur génitrice et aussi pour la retenir d’aller à sa recherche. Elle avait vécu un calvaire avec Rose et cette dernière pouvait très bien faire vivre le même à sa plus jeune fille.
Annabeth se détourna, laissant Rosemary digérer ses paroles et elle alla payer son livre au libraire. Elle eut une brève conversation avec lui, puis elle se tourna vers sa jeune sœur.
« Je n’habite pas loin d’ici, nous serions mieux à parler dans un lieu calme, plutôt que dans cette librairie. » Elle proposa à sa jeune sœur de l’accompagner au manoir Sheridan, qui se trouvait dans un quartier, moins populaire de Londres. Son ton était beaucoup plus doux et plus encourageant à l'encontre de la jeune fille. Annabeth ne voulait pas étaler sa vie aux oreilles du libraire qui pouvait très bien écouter leur conversation et ainsi découvrir que celle qui allait être sa meilleure cliente, avait été une ancienne courtisane.


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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Sam 20 Déc - 21:40
Child of light. Child of darkness. Telle une symphonie interminable qui se joue et se déjoue. Se lie et se délie. J’écoutais avec beaucoup d’attention les explications d’Annabeth. J’essayais de ne pas en perdre une miette. Je devrais tout redire bien soigneusement à Thomas lorsque je rentrerais. J’ignorais comment elle me voyait mais, ma vie faite d’argent et d’or, n’avait pas été si belle que cela. Un père tourmenté, il l’avait été durant toute sa vie. Un père silencieux, secret qui ne m’a jamais rien confiée au sujet de notre famille. Je croyais dur comme fer qu’il ignorait la venue d’Annabeth mais, quel couple avait-il formé avec notre mère ? Cette fameuse Rose qui avait tout un démon plus qu’un ange ? Peut-être, étions-nous son parfait contraire avec Annabeth ? Peut-être que sans le savoir, ou en le sachant nous nous étions efforcées à devenir son contraire. Tout ce qu’elle n’a jamais été. Tout ce qu’elle ne sera jamais. Annabeth, en prononçant chacun de ses mots, brisée mes rêves d’une mère parfaite, à l’écoute comme je l’imaginais. En prison ? Je n’imaginais pas que les Blackwood étaient tombés aussi bas… Je n’étais plus sûre de vouloir la connaitre, visiblement elle était issue d’un monde tellement différent du mien.

« Pourquoi est-elle en prison ? »

Je n’osais demander pourquoi elle était un pire monstre… déjà abandonnée ses enfants prouver quelle mère, elle était au fond d’elle et aussi cela montrait tout l’amour qu’elle devait nous porter. Si elle avait mené la vie dure à Annabeth, si elle n’avait jamais demandé de mes nouvelles, si elle ne s’était jamais souciée de moi, jamais occupée d’Annabeth. Je jurais de ne pas être comme elle, comme ma mère, comme Rose. Je voulais des enfants avec Thomas, je voulais les chérir, être là pour eux comme Antanasya l'était avec ses enfants, comme Catherine l'était également, comme toutes ces mères qui m'entouraient et me faisaient rêver. Je savais, secrètement, que Thomas voulait un petit Hertford, il ne me forçait pas la main mais, pour reprendre les biens familiaux, un petit héritier serait l'apothéose de ce mariage qui se profilait à l'horizon. Je finis par m'hasarder à poser la question :

« Et... j'ai du mal à comprendre pourquoi Rose est un monstre ? Mis à part, l'abandon... qui est une raison bien suffisante, je vous l'accorde. Elle vous a fait du mal ? »

J'imaginais tout et rien. Plus tout que rien. Je plaignais intérieurement Annabeth pour cette vie qu'elle avait du vivre alors que nous aurions pu être heureuses, toutes les deux, dans notre domaine près de Londres. Jamais, elle n'avait du voir la maison des Blackwood, je m'en voulais presque d'avoir du la vendre mais, notre père avait dilapidé la fortune... ça, je lui dirais plus tard si le cas de notre père l'intéressé. Surement... si je me posais tout un tas de questions, cela devait être son cas aussi.

Annabeth alla payer son livre, me laissant à mes pensées et à mes interrogations. Elle me proposait d'aller avec elle dans sa maison ? J'avais un peu peur de cette idée, Annabeth bien que visiblement ma soeur restait une inconnue assez étrange. Peut-être était-elle comme Rose ? Qu'est-ce-que j'en savais ? Pas grand chose... Pourquoi mon père ne l'avait pas recueillis ? Je ne comprenais pas très bien pourquoi avions-nous été séparées ? Serait-ce possible qu'il n'avait jamais su pour Annabeth ? Rose serait, alors, pire encore... Menteuse et calculatrice, c'étaient les premiers adjectifs qui me venaient pour le moment. Je me sentais mal, j'avais une idée bien précise de ma mère, une idée fausse. Thomas m'avait toujours dis que je l'idéalisais trop, que je serais déçue... Il avait entièrement raison, comme toujours d'ailleurs.

« Euh, si vous voulez, si c’est sans danger. »

Je me pinçais les lèvres, un peu réticence mais, très curieuse. Je suivais Annabeth. Je lui lançais, histoire d'adoucir cette conversation assez dense et éprouvante.

« C'est un excellent choix de lecture. »

Je lui montrais le livre de sa tête. A force de rester dans le manoir Blackwood, j'avais pu dévorer tous les livres de la bibliothèque. Aujourd'hui, je n'avais plus le temps je devais m'habituer à devenir une future Duchesse, maîtresse de maison. Qu'est-ce-que j'étais fière ! Je n'osais pas poser plus de questions à Annabeth, j'avais dû la chambouler. Ce que je remarquais... elle ne me repoussait pas pour autant, elle venait de me proposer de la suivre jusqu'à chez elle, elle voulait en savoir plus donc... elle ne me repoussait pas. C'était déjà un grand pas ! Je pensais qu'elle me prendrait pour une folle mais, cela n'a pas été le cas.

Je l'aimais déjà, Annabeth.
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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Jeu 1 Jan - 18:31

Ces mensonges qui sont restés enfouis.


Durant de nombreuses années, la jeune fille, aux boucles brunes qu’elle était, avait cru que la vie ne lui avait apporté qu’une mère tyrannique et un père absent. Voilà maintenant qu’elle rencontrait sa sœur, une autre jeune fille aux boucles brunes, propre sur elle, douce. Rose était peut-être un monstre, mais la vie lui avait accordé deux filles angéliques, qui étaient tout son contraire. Le destin pouvait se montrer malicieux avec ses marionnettes et Rose devait regretter amèrement de voir que du jour au lendemain, tout lui avait échappé. Si elle ne mourrait pas en prison, elle reviendrait. Quand ? Comment ? Sûrement grâce à un mauvais sort. Annabeth espérait tout de même, que sa mère ne la retrouva jamais, maintenant, qu’elle était sous l’aile de la comtesse de Lancastre, elle n’avait plus besoin de la prostitution pour survivre. Cela devait être aussi le cas pour Rosemary et même si Anna n’était pas prête à vouloir assumer sa fonction de sœur, elle ne voudrait pas qu’une autre personne connaisse le calvaire, qu’elle avait vécu dès ses quatorze ans. Sa jeune sœur était curieuse et il était normal de l’entendre poser des questions sur leur mère, elle qui n’avait pas eu le loisir de la connaître. Elle voulait savoir pourquoi elle se trouvait en prison. Annabeth hésitait à lui répondre, mais elle le fit quand même, il était mieux pour Rosemary de connaître la vérité et surtout que jamais elle n’ait envie de connaître cette mère, qui pourrait tant la faire souffrir.

« Rose… Elle a profité de certaines personnes hautes placées, pour leur voler leur fortune et leur argent. Vous savez, Rose aime tout ce qui est beau, mais elle n’aime pas lever le petit doigt pour l’obtenir, donc il lui faut des esclaves. Je ne sais pas bien ce qui s’est passé, mais un matin, des soldats sont venus chez nous pour la prendre et à partir ce moment-là, j’ai été libéré d’elle. »

Elle aurait pensé que cela aurait suffi à calmer la curiosité de sa petite sœur, mais cette dernière voulait en savoir plus. La vérité semblait être très importante pour cette jeune fille qui n’avait connu que le mensonge. Annabeth se devait donc de lui dire la vérité sur elle, la prostitution, Rose qui prenait l’argent pour s’offrir une belle vie et les hommes… Ils ont été nombreux, parfois doux, parfois brusques, elle en avait connu de toute sorte, si bien que plus jamais elle ne pourrait leur faire confiance.

« Rose m’a vendu à des hommes durant plus de cinq ans, pour entretenir son train de vie. Je pense qu’elle aurait fait pareil avec vous, si elle était toujours là. D’après elle, j’étais une fleur qui commençait à faner et il lui en fallait une nouvelle. » Son ton était sombre, mordant, elle ne prenait aucune pincette, préférant choquer la jolie Rosemary, pour mieux l’habituer à cette vision du monstre qu’était Rose Blackwood. Elle baissa la tête, désolée de devoir dire cette sinistre vérité, elle aurait mille fois préféré avoir une mère aimante et la présenter comme telle à Rosemary, mais ce n’était pas le cas.
« Je suis désolée, comme moi vous avez dû l’idéaliser pendant de nombreuses années. » C’est alors qu’elle valida son achat et proposa à sa sœur retrouvée de venir parler chez elle. Elle eut envie de sourire en voyant l’inquiétude de la jeune fille, mais ne le fit pas. Plus tard peut-être, mais actuellement, elle ne se sentait pas capable de se comporter réellement en sœur.
« Je vis chez la comtesse de Lancastre, vous devez sûrement la connaître, au moins de nom, chez elle il n’y aura aucun danger. » A part peut-être son mari qui collectionnait toutes les femmes possible et imaginable. Le comte serait sûrement surpris de voir que son ancienne maîtresse avait une sœur. Quand Rosemary lui fit remarquer qu’elle avait fait un excellent choix de livre, Annabeth lui répondit simplement :
« Je l’espère, je suis en train d’apprendre à lire. » Elle eut un faible sourire, presque honteux face à cette sœur qui devait savoir lire depuis de nombreuses années, mais elle releva bien vite la tête, elle ne devait pas avoir honte, mais être fière de ce que sa famille adoptive lui a appris.

Les deux jeunes femmes quittèrent la librairie et marchèrent côte à côte durant plusieurs minutes, dans le silence. Actuellement, Annabeth ne savait pas vraiment ce qu’elle pouvait dire à cette sœur retrouvée, elle avait de nombreuses questions, mais elle ne voulait pas parler de choses personnelles, dans un endroit aussi peu intime. Peu de temps après, elles se retrouvèrent devant un coquet manoir londonien, en pierre grise. Annabeth lui indiqua d’entrer et toutes les deux, accompagnaient par un serviteur se retrouvèrent dans un petit salon.

« La comtesse est absente pour la journée, nous ne la dérangerons pas. » Déclara-t-elle, avant de faire signe à Rosemary de s’installer dans un coquet canapé au tissus bleu.


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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Sam 7 Fév - 23:25
Des paroles sages qui ne me surprirent pas le moins du monde…. Ma mère était donc une profiteuse et une fainéante. Etait-ce mon père qui l’avait trahi ? La mère que j’avais idéalisée n’existait que dans mes rêves les plus fous. Si, je m’attendais à ça… J’avais un rang, une réputation à tenir…Je tairais probablement les informations que me donnait Annabeth au sujet de ma mère, je comprenais alors que j’étais mieux sans elle et sans la connaitre et sans être reconnue comme sa fille… Ma vie était belle et mon cœur se brisait rien qu’à l’idée que ma mère était une tâche noire au milieu de ce cocon idéal que j’avais autour de moi. Je ne comprenais pas bien pourquoi mon père n’avait pas pris Annabeth avec lui… pour la secourir, la sortir de la misère, faire comme la Comtesse de Lancastre envers Annabeth… J’avais un regard désolé à son égard, j’avais toujours vécu dans un écrin de verre mais, ce n’était pas son cas. Elle avait l’air d’avoir connu de terribles choses que je n’étais même pas en mesure d’imaginer, elle avait connu la pauvreté et la misère, je ne pouvais pas savoir ce que cela était.

« Annabeth, pensez-vous que… enfin lorsque mon…notre père est mort, il m’a laissée de nombreuses dettes non payées, j’ai du vendre le domaine Blackwood de grâce il a été racheté par notre oncle, donc il est resté dans la famille. Il a estompé toutes les dettes, je refusais que ce soit mon fiancé qui doive essuyer tout ceci même s’il a aidé à tout payer puisque c’étaient des sommes importantes. Vous pensez que mon…notre père pourrait être une de ces personnes hautes placées dont vous parlez ? »

Les propos d’Annabeth me choquèrent un peu. Cela du se traduire sur mon visage d’ailleurs. Je ne su quoi dire face à de telles révélations qui me confortaient dans le fait de garder tout ceci secret, si cela venait à se savoir, j’aurais probablement du souci à me faire quant à ma réputation…

« Vous commenciez à vous faner… ? Vous ne l’avez pas cru, je l’espère ? »

Oui, je rebondissais sur la partie de sa phrase la moins choquante… mais, pour le reste, je n’avais plus le cœur à en parler, j’imaginais que cela devait être déjà assez dur pour Annabeth de me dire tout ceci, de révéler ainsi son passé à une illustre inconnue, de remuer le couteau dans la plaie et de ressasser ce passé probablement douloureux pour elle. Annabeth était très belle, je la trouvais en tout cas très belle, l’une des plus belles femmes que j’avais rencontré. Je le pensais réellement, elle devait faire des jalouses à la Cour. Cela m’effrayait aussi quelque peu qu’elle veuille remplacer Annabeth… par moi… peut-être serait-elle venue me chercher si elle n’avait pas été arrêtée ? Je chassais cette horrible pensée mais au vue des paroles d’Annabeth, elle devait savoir exactement où j’étais cette mère monstrueuse… Elle n’avait jamais fais un seul geste à mon égard, je comprenais à présent pour moi, vu les traitements qu’avaient subi Annabeth pourquoi j’aurais eu droit à une quelconque clémence de sa part… C’était irréel. J’avais peine à le croire et pourtant Annabeth semblait me dire vrai… pourquoi me mentirait-elle… ?

« Ne vous excusez-pas… vous ne faites que dire la vérité… je m’attendais à mieux, c’est certain… J’ignore quelles sont vos relations à la Cour mais, si tout ceci pouvait rester entre nous, je vous en serai très reconnaissante. Que vous soyez ma sœur, j’en suis plus que ravie mais, au sujet de Rose… avoir une mère en prison, ce n’est pas le mieux pour se faire un nom à la Cour. Je pense que vous comprendrez ma position… Je préfère continuer à faire comme si, je n’étais au courant de rien. C’est mieux. »

Mon ton était très solennel et ne me ressemblait guère… J’allais entrer dans une illustre famille d’Angleterre, si en cadeau de mariage j’emmenais un nom salit - c’était le début de plusieurs années de malheurs qui m’attendraient… Je refusais cela, je voulais garder ma réalité belle comme elle était. Sans tâche. Sans idée noire. Sans mère monstrueuse qui avait du s’arracher le cœur pour pouvoir faire tout ce qu’elle avait fait dans sa vie… Annabeth, je n’avais rien contre elle bien au contraire… mais, Rose je lui en voulais déjà. Je lui en avais toujours voulu de ne pas la connaitre, de m’avoir abandonnée comme elle l’avait fait, d’avoir abandonné mon père aujourd’hui, j’étais intriguée, je me posais des questions, sur le pourquoi du comment. Peut-être était-ce mieux ainsi finalement… Peut-être qu’Annabeth exagérait ? Peut-être qu’elle lui en voulait tellement qu’elle avait inventé une histoire de toute pièce ? Cela m’étonnait tout de même, en étant dame de compagnie d’une grande Dame de la Cour, j’imaginais qu’Annabeth était une jeune femme fiable. Je voulais toujours connaitre cette mère aussi horrible soit-elle pour entendre tout ceci sortir de sa bouche mais, ce n’était pas là une priorité. Annabeth semblait sincère et je ne chercherais pas à provoquer une rencontre sauf si j’en avais l’occasion et que cela me tombait dessus.

« Vous pensez qu’elle est en prison à Londres ? Qu’elle serait si proche ? » Sous entendue… depuis toutes ces années….

Aller chez la Comtesse de Lancastre… Oui, je la connaissais enfin…de nom, de réputation. Je l’avais vu plusieurs fois, si elle avait pu m’écraser je crois qu’elle l’aurait fait. Tellement de prestance, de tenue. Elle m’avait impressionnée. Elle était tellement belle, comme Annabeth. Tirée à quatre épingles, oui impressionnée c’était bien ce que je ressentais par cette grande Dame. C’était une des connaissances de Thomas…je n’en savais guère plus, je ne voulais pas savoir. Elle m’avait posée une question, une fois, il n’y avait pas si longtemps que ça lors d’une réception où j’étais avec Thomas, elle m’avait demandée si c’était moi l’heureuse élue. J’avais répondu oui. C’était bien tout, son attention avait été détournée par une autre brune de sa trempe… Anne Stanhope. Annabeth continuait à être surprenante, elle apprenait à lire…

« Bon courage dans ce cas. »

Je lui lançais un sourire rassurant, avec moi pas de honte à avoir. Valait mieux tard que jamais. On sortit de cette libraire pour faire quelques pas dans le silence. Dans une rue résidentielle, on s’arrêta prés d’un manoir. J’entrais et un serviteur nous installa dans un salon. C’était beau chez Annabeth. Luxueux, bien décoré, on voyait que tout avait été minutieusement choisi avec goût et raffinement. Je m’installais dans le canapé qu’Annabeth me montra, je n’osais toucher à rien de peur de casser quelque chose ou même de salir, c’était tellement propre. Rien ne dépassait, chaque chose était sa place.

« Oh… très bien. »

Répondis-je assez gênée par tout ceci. Même si, j’étais habituée c’était toujours une épreuve pour moi lorsque je me retrouvais dans un lieu inconnu. J’avais un peu peur mais, j’imaginais… j’espérais qu’en ces lieux je ne risquais rien.
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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Dim 22 Fév - 0:17

Ces mensonges qui sont restés enfouis.


Intérieurement, Annabeth Blackwood s’en voulait d’être aussi implacable, envers sa sœur, à propos de leur mère. La jeune femme aurait aimé pouvoir enjoliver le tableau, raconter que leur mère était une femme courage qui avait toujours voulu aider son prochain, mais la réalité était là, on ne pouvait pas mentir sur Rose Blackwood, surtout qu’elle était toujours en vie, croupissant au fin fond de la Fleet Prison. La belle courtisane était par de nombreuses fois passées devant les hautes murailles de cette prison, pour mieux se rassurer et surtout pour se dire que sa mère pourrait ne pas en ressortir. Seule la mort de Rose pourrait lui apporter la paix, tant qu’elle était encore en vie, elle continuerait à souffrir de ses secrets et de ses horreurs. Aujourd’hui était encore la preuve de la fourberie de cette sorcière, alors qu’Annabeth avait un père, elle l’en avait privé, de même qu’elle avait caché la vérité à propos de cette petite sœur, qui pourtant lui ressemblait tant. Cette situation la dégoutait et jamais la jeune femme ne serait autant résignée à fuir pour toujours sa génitrice. Quand elle voyait la jeune Rosemary, elle était jalouse de voir qu’elle avait été préservée de cette sorcière, mais d’un côté, cela la rassurait, au moins, la jeune fille restait pure et elle n’avait pas été contrainte à vendre son corps à des hommes. La courtisane allait encore mettre un coup de massue dans le cœur de sa jeune sœur, quand elle allait affirmer ses suppositions.

« Les dettes sont une spécialité de Rose, elle est avide d’argent, mais ne souhaite pas lever un pouce pour l’obtenir. » Et elle préférait exploiter ses enfants pour l’avoir pensa la jeune femme, mais cela, elle préféra éviter de l’ajouter à voix haute, pour ne pas plus choquer sa sœur. La pauvre, depuis la mort de leur père, elle devait vivre dans un dénuement tel que le sien, avec des dettes à éponger, une maison familiale qu’elle avait dû abandonner. Rose avait dû opérer de la même manière qu’avec les autres hommes qui ont croisé sa vie. Elle les charmait, distillait son venin pour mieux leurs injecter, puis elle prenait leur argent. Enfin, quand elle avait obtenu tout ce qu’elle voulait, Rose partait, sans demander son reste. Quand elle avait dû être enceinte de Rosemary, cela avait dû être un choc terrible et comme à son habitude, cette mère qui était un contre-exemple pour toutes, s’était débarrassé du bébé en le laissant à son père, comme elle l’avait fait pour elle, en l’abandonnant dans une ferme.
En parlant de tout cela, Annabeth remuait le couteau dans une plaie qui était déjà béante. Elle était la poupée décharnée, celle avec qui Rose avait passé ces dernières années. Si elle avait été moins naïve, moins perdues, elle aurait peut-être pu partir avant que cette situation ne dégénère. Cependant, la jolie brune le savait, on ne semait pas aussi facilement Rose. Elle ne répondit pas à sa jeune sœur retrouvée, quand celle-ci lui demanda, si elle n’avait pas cru leur mère, quand celle-ci la qualifiait déjà de fleur fanée. Annabeth avait tellement été sous l’emprise de sa génitrice, que sa confiance en elle était au plus bas. Pour elle, oui elle était encore jeune et belle, mais Rose l’avait détruite d’une toute autre manière. Elle avait détruit son cœur, qui ne serait plus jamais le même. Le choc se lisait sur le visage de cette inconnue, cette jeune personne qui était sa sœur et qui pourtant n’avait pas partagé sa vie. Loin d’une mère comme Rose, elles auraient pu être heureuses toutes les deux, mais les choses en avaient été autrement.
Quand elle entendit Rosemary lui demander de ne rien dire à propos de leur mère à la cour, Annabeth s’en offusqua presque. Jamais, au grand Dieu jamais, elle ne serait assez idiote pour divulguer son véritable passé et ses relations avec Rose. Bien sûr, ses anciens amants le savaient, ils avaient vu sa mère cette arnaqueuse et surtout ils avaient connu charnellement sa fille. Si Rosemary voulait être tranquille, elles ne pourraient donc pas vivre telles deux sœurs. Cette relation était déjà perdue d’avance, surtout aux yeux de la plus âgée, qui avait le sentiment qu’un immense fossé se tenait entre elle et sa jeune sœur.

« Alors, nous ne devrions pas nous parler à la cour, surtout si l’un de mes anciens clients se trouve dans les parages. » Elle proféra ses mots d’un ton brusque et détourna le visage, elle ne voulait pas en dire plus, de peur que son caractère ne finisse par l’emporter. La jeune femme avait sans doute l’apparence d’une personne fragile, elle l’avait été au contact de Rose et heureusement, depuis qu’elle n’était plus à ses côtés, elle reprenait peu à peu confiance et parfois même, l’ancienne Annabeth revenait à la surface.
La jolie courtisane ne connaissait pas les raisons qui poussaient sa sœur à lui demander une telle chose et elle préféra ne pas en savoir plus. Le fiancé devait sûrement être derrière tout cela, tout comme l’oncle. Dans tous les cas, la jeune femme ne voulait rien avoir affaire avec eux. Elle n’était pas de leur monde et elle ne le serait probablement jamais.
Avant qu’elles ne partent pour la demeure de la comtesse de Lancastre, la plus jeune des sœurs Blackwood, lui posa une ultime question, elle voulait savoir où se trouvait Rose.

« Elle est ici à Londres, à la prison de Fleet, avec un peu de chance, elle ne passera pas le prochain hiver. » Répondit-elle sur un ton sombre et à la fois désolée d’apprendre à sa jeune sœur, que Rose n’était jamais très loin.

**

Elles se trouvaient maintenant dans l’un des coquets salons du petit manoir de la comtesse de Lancastre. Annabeth y avait fait installer sa jeune sœur et avait demandé à ce que l’on apporte du vin et des petits gâteaux. Une fois la servante revenue avec les victuailles et les portes fermées, Rosemary savait qu’elle pourrait parler plus librement. En faisant le chemin jusqu’à la demeure de sa maîtresse, elle avait eu le temps de réfléchir à tout cela et elle savait que pour son bien et pour celui de sa jeune sœur, il n’y avait qu’une chose à faire.

« Rosemary, je sais que nous venons de nous trouver, mais avec ce que j’ai entendu à propos de votre vie, votre fiancé ou encore votre oncle, je ne fais pas partie du tableau. Je porte peut-être le nom Blackwood, mais je n’en suis pas une. En pensant à tout cela, je comprends que votre père n’a pas voulu de moi et je ne m’immiscerais pas dans votre vie, surtout au vu de ma réputation actuelle. Rose a brisé ma vie, je ne peux même plus retourner chez mes parents adoptifs par sa faute et se voir à nouveau tâcherait votre réputation. Je pense que votre fiancé sera de mon avis. Nous ne sommes pas du même monde et moi-même je ne souhaite pas en faire partie. Cela peut être contradictoire au vu de l’endroit où je me trouve, mais ici, je ne suis qu’une servante, une dame de compagnie et je ne serai jamais rien de plus. En ce qui concerne Rose, si jamais elle venait à sortir de prison, je lui rapporterai que vous êtes morte, si vous vous mariez, le nom de votre mari vous protégera et j’en ferai de même, tout en gardant votre secret. »
Son ton était solennel, mais jamais Annabeth ne s’était sentie aussi peinée de devoir se séparer d’une sœur, alors qu’elle venait à peine de la trouver. Tout en attendant la réponse de sa jeune sœur, elle ne cessait de penser au fait qu’elle avait raison, il n’y avait pas d’autre choix.


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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Sam 14 Mar - 14:53
J’appréciais la sincérité dont faisait preuve cette sœur à peine retrouvée, depuis quelques temps la vie ne me faisait pas de cadeau. Mon bonheur ne pouvait pas durer. Peut-être, la vie échangeait ma vie paisible contre celle d’Annabeth qui me paraissait bien plus tourmenter que la mienne. Elle avait connu les bas-fonds, la prostitution, les mauvais traitements - je ne pouvais pas imaginer ce qu’elle avait du endurer même si j’essayais de toutes mes forces. Je m’en voulais d’avoir fait preuve d’autant de naïveté envers Rose Blackwood, j’avais imaginé une femme idéale dans une famille parfaite. Elle m’avait abandonnée. Rien que là, j’aurais du voir le point noir venir gâcher tout le tableau. Nous étions sœurs, cela se voyait physiquement maintenant que j’avais Annabeth face à moi mais, pas mentalement. Nous étions différentes, tellement différentes. Nous avions eu deux visions de la vie différentes. J’étais incertaine qu’un jour, on arrive à s’entendre sur notre conception commune de la vie. Annabeth allait me détester, comment pourrait-elle m’aimer ? Je regardais autour de moi cette splendide maison qui ne lui appartenait pas. Ces vêtements qui devaient être des cadeaux. J’avais tout eu, elle n’avait rien eu. J’avais reçu de l’amour d’un père qu’elle ne connaîtrait jamais, elle n’avait reçu que de la haine d’une mère qui ressemblait plus à un monstre qu’à une mère. J’étais choquée et troublée par ces affirmations. Qu’est-ce-qui était le pire ? Vivre dans l’ignorance de sa famille ? Ne pas la connaître et l’idéaliser ? Ou être face à une réalité qui faisait mal, qui faisait peur, à laquelle on ne voulait pas croire…. Mon cœur était serré. Mon ventre me faisait mal rien qu’à la pensée de ce qu’avait pu vivre Annabeth, pourquoi elle ? Parce qu’elle était l’aînée ? De quelques années, elle avait été choisie pour être le souffre-douleur de sa mère. Sacrifiée pour le plaisir d’une sorcière. Martyr de sa propre vie. J’étais mal pour elle. Toute cette histoire était injuste, je commençais à croire que le nom Blackwood était maudit. Salit par une réputation cachée qui faisait froid dans le dos. Quel homme était donc mon père pour se faire autant avoir par une femme comme Rose ? Etait-il faible ? Annabeth avait connu le pire et désormais, c’était à mon tour de ramasser les pots cassés de cette famille que je ne connaissais même pas ? Un oncle sorti de nulle part, une mère en prison, une sœur vivant avec ses démons.

« Excusez-moi… vous ne voulez rien savoir sur John Blackwood ? Vous n’avez posé aucune question sur lui… J’avoue, moi-même ne plus savoir qui était réellement mon père avec toute cette histoire. Vous n’êtes pas curieuse ? »

Je la comprendrais si elle me disait ne rien vouloir savoir, je n’étais pas certaine de vouloir en savoir plus sur ma mère. Je regrettais presque d’avoir fait cette démarche… au moins, c’était clair j’en savais un peu plus à présent sur ma famille. Cela ne me réjouissait pas du tout. Cela me brisait le cœur de vouloir ainsi renier tout ce que j’avais toujours connu, ma famille, le sang de mon sang, la chair de ma chair. Comment les Blackwood avaient pu tomber aussi bas ? Comment on avait pu en arriver là ? Nous étions comme une robe décousue, des lambeaux de tissus sur le sol, des fils partout qui trainent salis sous les pas des couturières. Que devait-faire face à Annabeth ? Lui offrir le gîte et le couvert ? Je me sentais presque redevable de mon bonheur. De cette enfance passée dans la joie et l’insouciance. Elle n’avait pas l’air mal ici. Mais, cela se voyait dans son regard, c’était marqué sur son visage - les cicatrices du passé n’étaient pas refermées. Et je le comprenais… Je remerciais cette Héléna Shéridan, Comtesse de Lancastre d’avoir sauvé ma sœur de la misère. De lui avoir tendu la main alors qu’elle était en train de se noyer. De l’avoir sortie de cette pauvreté. De lui avoir rendu un semblant d’humanité. De lui avoir donné une chance de s’en sortir dans la vie. De recommencer du début. D’être libre.

Le mal dans mes paroles, je ne l’avais pas sentie. C’était le désespoir de la vérité d’une mère que je ne portais plus dans mon cœur. C’était la tristesse de voir des rêves envolés. C’était le choc de toutes les révélations que venaient de faire Annabeth. Je frissonnais lorsqu’elle dit « un de mes anciens clients. » je trouvais cela tellement horrible de dire une chose comme cela, comment pouvait-elle vivre avec de telles pensées ? Cela devait la bouffer de l’intérieur. La ronger de la tête au pied.

« J’aimerais que l’on se parle à la Cour, j’insiste. Vous avez l’air d’être une personne profondément blessée Annabeth, j’en veux à notre mère rien que pour cela. Je m’en veux d’avoir été heureuse alors que vous avez connu chagrin et torture. Je me moque de vos anciens clients, j’ose espérer que vous ne vous laissez pas faire face à eux ? Vous êtes une femme respectable désormais. Si vous vivez avec cela à la cour alors, j’en ferais de même. »

Annabeth était très forte, au vue de ce qu’elle avait du endurer elle paraissait tellement forte. D’où puisait-elle cette force ? Comment pouvait-elle continuer à avancer malgré son passé ? Je me serais laisse faire face à d’anciens clients mais, j’étais certaine que ce n’était pas le cas d’Annabeth. Ou alors, étais-je encore en train d’idéaliser… « Vous semblez avoir une si basse opinion de vous-même, alors que vous êtes fortes Annabeth de vivre avec ce passé, de marcher la tête haute, de prendre une revanche sur la vie. » Il y avait une touche d’admiration dans mon regard, jamais je n’aurai pu faire comme elle. Jamais, je n’aurais pu me sortir d’une situation pareille. « Beaucoup n’en serait pas capables… » Je voulais adoucir mes propos, j’avais conscience de l’avoir quelque peu vexée. Elle m’avait peut-être répondu trop hâtivement. Peut-être l’avait-elle mal pris ? Alors que c’était un moyen pour moi de me protéger, de me renfermer dans cette carapace que je m’étais forgée avec les années. Je ne voulais pas y croire. Même si, j’aurais préféré qu’Annabeth m’apprenne une autre vérité, j’appréciais son honnêteté. Je n’avais plus mon père, je connaissais à peine mon oncle et j’avais toujours rêvé d’avoir une sœur. J’avais été maladroite. Je ne voulais pas perdre cette sœur le jour-même où je l’avais rencontrée. « Je suis navrée si je vous ai vexé par mes paroles. Faut m’excuser, je ne m’attendais pas vraiment à tout cela…J’imaginais une toute autre vérité surtout au sujet de Rose… » Le temps de m’y habituée. De me faire à cette idée que ma mère était en prison.

« Annabeth… vous vous méprenez ! Je pense que John Blackwood ignorait totalement votre existence, il était peut-être un homme naïf et faible face à Rose mais, il était un homme bon. Il n’aurait jamais permis que sa fille soit ainsi vendue. Cela ne m’étonnerait pas que Rose ne lui ai rien dit à votre sujet pour cette raison-là, vous savez. Si je ne m’abuse que vous soyez la dame de compagnie de la Comtesse Lancastre n’a pas tâché son image ? Ou alors, a-t-elle prit le risque ? Je suis prête à prendre le risque aussi, comme vous dites, on vient de se retrouver. »

Je n’avais pas envie que cela soit notre seule rencontre. Ma réputation… Thomas sympathisait avec les protestants, dans une Angleterre où il valait mieux être catholique. Nous n’étions plus à ça prêts… Si les Hertford devaient tomber, nous tomberont. Je refusais de tourner le dos à ma sœur. Ma famille était brisée, là qu’il restait un éclat de verre par terre que je pouvais recoller, je ne comptais pas le laisser-là. Si je n’insistais pas, je savais que Thomas m’en voudrait de ne pas avoir essayé. Il était fâché avec son frère et je savais qu’il ne voulait pas que ce soit pareil avec Annabeth. Je n’avais entendu aucunes rumeurs sur Annabeth, la Comtesse de Lancastre non plus… peut-être étais-je passée à côté ? Que je sache personne ne nous avait agressées à coup de tomates dans la rue et je n’avais jamais vu aucune effusion de remarques à la cour à son sujet. Je ne comprenais pas pourquoi elle ne pouvait pas retourner chez ses parents adoptifs. Je ne comprenais pas bien pourquoi elle me tournait le dos de la sorte ? Pour me protéger ? J’appréciais ce qu’elle disait sur Rose, je devais réfléchir, en parler avec Thomas néanmoins, j’étais presque décidée à aller la voir cette diabolique Rose à la prison… Annabeth n’avait pas besoin de me protéger. J’avais Thomas. Je ne voulais pas lui dire, je l’en informerais une fois que je l’aurais fais. Si elle venait à mentir à Rose, j’imaginais ce que cette diablesse était capable de lui faire – je m’en voudrais si c’était par ma faute. Thomas m’avait toujours dit qu’il fallait se battre pour les gens qu’on aimait, pour notre famille, pour nos convictions. Faisais-je une erreur ? Je ne le pensais pas.

« Mon fiancé serait contre ce que vous venez de dire. C’est lui qui m’a poussée à venir vous voir et concernant mon oncle, je le connais, depuis à peine plus longtemps que vous, vous savez… Thomas va être déçu de ne pas pouvoir faire votre connaissance. Je sais comment vous imaginez que nous sommes… les nobles à la cour ne pensent qu’à leur petite personne, à leur réputation. Certes, moi aussi je suis soucieuse du regard que me portent les autres. Mais, je me moque pas mal que vous soyez servante ou dame de compagnie. Depuis que je suis enfant, je rêvais d’avoir une sœur maintenant, que j’en ai une je ne compte pas vous tournez le dos. Votre destin vous a été enlevé des mains. Vous n’y êtes pour rien dans ce qu’il vous ait arrivé. Mes proches le comprendront. Pour ceux qui ne le comprendront pas alors, ces personnes-là ne méritent pas notre sympathie. »

C’était Antanasya qui m’avait inculquée cela. Trier ses relations, jouer avec ses relations ou ne garder que les personnes en qui on a réellement confiance et qui mérite que l’on s’intéresse à elles. Annabeth faisait partie de ces personnes. Elle était une femme remarquable, tous ses mots le soufflaient. Malgré les ombres sur le tableau, je ne voulais pas d’autre sœur qu’Annabeth.
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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Dim 12 Avr - 23:26

Ces mensonges qui sont restés enfouis.


Si un peintre venait à peindre le portrait de la famille Blackwood, il ne serait guère flatteur pour tous les membres de la famille et pour la postérité. A ce jour, il n’y avait eu que deux membres de la famille connus. Annabeth pouvait bien imaginer ce portrait, un père grand, le visage souriant, auprès de sa jeune fille qui représentait l’avenir de la famille et peut-être même un prochain mariage fortuné. Un portrait de mensonge, puisque dans le regard du père, on aurait pu y découvrir les mensonges du passé, celui du mystère entourant la mère de la jeune fille, morte tragiquement pour tous, elle était simplement disparue pour le père, qui humilié avait préféré bannir cette rose épineuse de sa vie. Il manquait deux membres à ce tableau, la mère, une magnifique blonde au regard sombre, ensorcelante, une femme du peuple qui était parvenue à charmer un baron. Que s’était mal ! Quel déshonneur pour la famille Blackwood ! Et pourtant, si on avait peint ce tableau de famille, Rose aurait été le personnage le plus magnifique, bien vêtue, au centre. Cependant, le peintre, qui était un fin psychologue aurait pu représenter dans son regard, le mal qu’elle avait pu causer, les secrets qu’elle cachait et surtout ce qu’elle n’avait pas encore fait. En plus de Rose, il manquerait un autre personnage, celui d’un fantôme que lord Blackwood croyait mort. Un fantôme que Rose lui avait présenté quelques jours après sa naissance et qu’il n’avait pas reconnu. Ce fantôme ne serait pas sur le tableau, parce qu’on l’aurait tout bonnement oublié, il serait qu’un pâle reflet dans le miroir qui ferait face à Rose, celle qui était la seule à connaître son existence.
Rose en avait eu des secrets et depuis quelques minutes, Annabeth les recevait tous en plein visage. Elle savait sa génitrice mystérieuse. Elle connaissait le monstre qu’elle était, mais au grand Dieu jamais, elle n’aurait pu deviner une telle chose, que Rose lui avait privé d’un avenir meilleur, tout simplement pour profiter de sa soif de pouvoir et de liberté. Aucune mère ne serait prête à sacrifier ainsi son enfant et pourtant, Rose l’avait fait et elle serait sûrement allée plus loin pour assurer sa suprématie, sur le petit royaume qu’elle s’était créée. Rose était l’une de ces créatures de la nuit, à qui on ne pouvait pas faire confiance et dont on devait toujours se méfier. Elle était une sorcière, qui aimait réaliser des décoctions et faire des mauvais sorts. Créature du Diable, Annabeth en avait trop vu durant toutes ces années en compagnie de cette femme. L’horreur, la manipulation, la soumission avaient été son lot quotidien. Cette mère, la belle courtisane ne désirait plus jamais la revoir, de même qu’elle ne souhaitait pas entendre parler de son père, dont elle connaissait très bien le profil. John Blackwood n’avait été qu’un géniteur, un homme manipulait par Rose et rien de plus pour elle.

« Non, je ne pense pas que j’ai besoin de le connaître, il n’est jamais entré dans ma vie et n’y entrera jamais, puisqu’il n’est plus de ce monde. Je sais qu’il a été un homme bien pour vous et je m’en veux de vous ternir ainsi son image, mais pour moi, il ne sera jamais rien. » Disait-elle sombrement, tout en mesurant ses mots pour ne pas décevoir plus Rosemary, qui depuis tout à l’heure devait prendre coup sur coup, en apprenant toutes ces choses sur leur mère biologique.
Ne pas entendre parler de ce père lui permettait aussi de ne pas trop se rapproche de ce monde qu’elle ne voulait pas connaître. Annabeth n’était pas une noble et ne le serait sûrement jamais. Il était évident qu’un fossé la séparait de Rosemary et pour le moment, par sécurité, elle ne voulait pas le combler. Il était déjà très difficile d’apprendre l’existence d’une sœur, elle ne voulait pas non plus faire entrer son géniteur mort dans sa vie, tout cela pour introduire un peu plus d’amertume dans ses pensées. Cela se voyait, Rosemary avait été heureuse avant d’apprendre ces mensonges et Annabeth aurait pu avoir sa vie, si Rose n’avait pas menti à tout le monde. Ainsi, mettre de la distance à tout cela, lui permettait de ne pas y penser et surtout de ne pas ressentir de la colère, à propos de cette sœur, qui n’avait sûrement pas mérité cela. Toute la faute revenait à Rose et à elle seule. Ce qu’elle n’attendait pas, c’était que Rosemary souhaite toujours lui parler, même quand elles se verraient à la cour. La réputation de la plus jeune Blackwood pourrait être tâchée, si on faisait le lien entre ces deux jeunes femmes et Annabeth ne le supporterait pas, elle ne voulait pas que sa présence nuise à sa cadette, surtout à cause des méfaits de leur mère. Elle s’y refusait. Elle connaissait le pouvoir des rumeurs qui nuisait encore et toujours à sa réputation et sa jeune sœur ne méritait pas de vivre cela, même pour quelques paroles échangeaient.

« Je préfère, c’est pour votre bien et non pour le mien. Je sais comment réagir face à ces personnes, je n’ai rien à perdre, ni réputation, ni fortune, ni honneur, ce qui n’est pas votre cas Rosemary. Si nous nous voyons à la cour, je vous ferai un sourire discret qui exprimera ma joie de vous voir, mais rien de plus. Même si vous me voyez autrement, je sais ce que je suis et ce que je ne pourrais jamais être aux yeux des gens biens, c’est-à-dire une personne respectable. Rose m’a tout pris et je ne souhaite pas qu’elle vous prenne la même chose. » Elle demandait cela comme une faveur, même si elle allait peu à la cour, seulement pour y accompagner la comtesse de Lancastre, quand elle le désirait, elle ne se voyait pas aborder sa petite sœur en public. Parfois elle lui sourirait et si l’occasion se présentait, elle se voyait lui parler discrètement, mais rien de plus. Il y avait trop de choses en jeu pour Rosemary, comme la chance de pouvoir faire un jour un bon mariage, ce qui n’arriverait jamais à Annabeth. Comme sa jeune sœur le disait, peu de personne pourrait vivre sa vie et c’était bien là son malheur, puisque personne ne pouvait réellement la comprendre. Pour beaucoup, elle était une femme consentante qui s’était offerte à tous les hommes qui voulaient bien la payer, elle n’était qu’une prostituée et ne méritait pas un autre statut. Cette revanche sur la vie qu’elle tentait de prendre était très dure à accomplir, elle ne parvenait pas à aller plus loin qu’une vie auprès de la comtesse de Lancastre et surtout, elle ne se voyait pas d’autre avenir. Comme elle le pensait, partir loin d’ici et tout reprendre à zéro était la seule conclusion qu’elle voyait, mais comment avouer tout cela à sa sœur ?
« Beaucoup n’aurait pas été capable de supporter Rose, elle est actuellement en prison, mais Dieu sait pour combien de temps. Notre mère a fâcheuse tendance à revenir toujours quand il ne faut pas. Le passé ne peut être oublié Rosemary, nous devons vivre avec malgré les souffrances qu’il nous apporte. Je vous protégerai de notre mère, pour qu’elle ne gâche pas votre vie et pour au moins avoir la récompense que Rose ne peut vous atteindre. » Ses mots étaient sincères, jamais Annabeth ne laisserait une autre personne, une autre Blackwood souffrir de Rose et pour cela elle était prête à sacrifier son propre bonheur. Elle n’en dirait pas plus à Rosemary, elle ne souhaitait pas l’effrayer, mais pour elle, Rose ne méritait pas de fouler cette terre de ses pieds, son âme devait rejoindre les Enfers et ne plus nuire à autrui. « Mieux vous vous tenez éloigné de Rose, mieux vous vous porterez, vous êtes encore pure et je ne laisserai pas notre mère détruire cela. » Elle insistait encore une fois, se positionnant un peu plus dans un rôle qu’elle n’aurait jamais pris auparavant, celui de la grande sœur protectrice. Quand elle voyait Rosemary, tel un bouton de rose, elle ne voulait pas que celui-ci soit tâché par le sang de la haine, préserver sa sœur serait une victoire, une courte récompense à côté de tous les malheurs qu’elle vivait et cela lui suffisait amplement.

« Oui, je pense que notre père aurait pu être ensorcelé. Voilà une autre chose que vous devez savoir sur Rose, son âme, elle l’a vendu il y a bien longtemps au Diable, elle use de sortilège, de malédiction, de poison et de filtres, tels les sorcières. Je ne sais si tout cela fonctionne réellement, mais elle arrive toujours à obtenir ce qu’elle souhaite. » Cela ne l’étonnerait pas que John Blackwood ait été la victime des mauvais sorts de Rose, elle avait tellement l’habitude de les user sur les hommes, qu’aucun ne devait faire exception pour elle. Cependant, il y a une chose dont elle était certaine, Rose n’aurait jamais fait un enfant à un noble, pour ne pas en tirer avantage. John Blackwood avait-il renoncé à la reconnaître pour mieux se dérober, cela était possible, il avait très bien pu vouloir fuir Rose, à un temps où il n’était pas encore vulnérable. Annabeth était donc qu’une simple victime collatérale. Une pièce qu’on avait finie par mettre de côté. Un boule au ventre se forma, pleine d’amertume, que la jeune femme préféra garder pour elle.
« La comtesse de Lancastre n’a peur de rien. Rien ne semble l’atteindre et je ne suis qu’une servante, mais pour vous, je suis autre chose, nous sommes sœurs et cela implique aussi que nous portons le même nom. Je ne souhaite pas vous offenser, mais pour l’instant, je préfère que tout cela reste secret. » Elle faisait toujours cela pour le bien de Rosemary, mais aussi pour le sien. Elle ne voulait pas être rattaché au milieu de la noblesse, elle était bien plus heureuse à vivre simplement qu’à vivre en sachant que chaque jour, elle allait devoir honorer un nom et accomplir des devoirs. Si on finissait par la reconnaître en tant que fille de John Blackwood, sa vie était terminée et il n’y aurait plus aucun retour en arrière, ce qui était impensable pour la jolie brune, qui préférait garder une marge de liberté.

Annabeth se rendait compte que malgré le nom commun qu’elles portaient, les deux sœurs ne se connaissaient pas et qu’elles avaient trop de temps à rattraper. Ce lui l’inquiétait plus, c’était de découvrir que sa sœur était fiancée. Cela impliquait d’autres protagonistes dans cette histoire. Cela ne lui plaisait pas. Elle était bien sûr contente d’apprendre que sa sœur était fiancée à un homme qui paraissait bien pour elle et qui l’avait encouragé à aller voir sa sœur. Mais il y avait ce Thomas, cet oncle. C’était beaucoup trop. Trop de personne du milieu de la noblesse et qui pouvait ainsi la juger sur son passé. Elle n’était pas folle, même si Rosemary était différente, les autres resteront fidèles à eux-mêmes. Critiques et avides de se débarrasser du vilain petit canard qui avait surgi dans leurs vies. Rosemary essayait pourtant de lui démontrer qu’elle avait tort, mais Annabeth, qui avait subi les hommes de la noblesse ne parvenait pas à la croire.
« Je vous remercie Rosemary, vous auriez pu mille dois fuir, face à toutes les révélations que je vous ai faites. Cependant, je ne souhaite pas précipiter les choses, je préfère apprendre à vous connaître et ensuite, vous pourrez me présenter vos proches. Et si un jour, vous avez le sentiment de commettre une erreur et que vous ne souhaitiez plus me voir, je ne m’en offusquerai pas. » Elle afficha pour la première fois depuis le début de cette conversation un sourire sincère. Elle qui avait vécu entourée des enfants de sa famille adoptive, elle était heureuse de découvrir cette petite sœur, qu’elle pourrait protéger de Rose. Pourtant, malgré son envie de connaître sa jeune sœur, Annabeth savait qu’elle allait devoir faire face à de nombreuses difficultés pour continuer cette relation.



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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Ven 1 Mai - 15:40
J’avais toujours rêvé d’avoir une sœur. De savoir ce que ça faisait. Et là, j’en avais une. Devant mes yeux, elle était là. Ma sœur. Je n’avais plus mes parents – enfin presque… mais j’avais retrouvé d’autres membres de ma famille, comme si je n’étais pas destinée à être seule. Jamais. J’espérais devenir amie avec Annabeth comme je l’étais avec Luisa. Nous avions beaucoup de choses à rattraper. Je ne voulais plus perdre de temps. Je voulais profiter de cette sœur que la vie m’avait offerte. C’était une chance. La voyante l’avait vue, finalement elle avait raison cette bonne femme. Alors, cela voulait dire qu’elle avait également raison au sujet de Constance et Luisa… ? Je ne préférais ne pas y penser. J’avais du mal à comprendre la réaction d’Annabeth au sujet de notre père mais, je n’insistais pas. N’était-elle pas curieuse ? Avait-elle peur de souffrir en ressassant le passé ? Je voulais partager tout cela avec elle mais, elle n’avait pas l’air de mon avis. « Comme vous le souhaitez… » La déception pouvait se lire sur mon visage. Peut-être lui fallait-il seulement du temps ? Ne voulait-elle pas voir une peinture de lui ? Voir comment il était ? Ce qu’elle tient de lui ? Ce qu’il lui avait donné ? « Si elle est en prison, je n’ai rien à craindre n’est-ce-pas ?» Les propos d’Annabeth me déroutaient, je ne savais plus quoi penser avait-elle raison ? On en avait parlé avec Thomas mais, Annabeth soulevait des questions auxquelles je n’avais pas pensé, je ne m’attendais pas à tout ceci… J’agirais en conséquence selon ce que Thomas me dira. Si Annabeth pouvait nuire à notre réputation, peut-être n’aimerait-il pas cette idée ? Je préférais ne pas répondre, que prononçait des paroles que je pouvais regretter par la suite. Cela me faisait de la peine ce qu’elle disait malgré-tout. Pour mon bien… Je voulais qu’on se parle et cela aussi pour mon bien….

Je regardais Annabeth les yeux effarés, le Diable. Des sortilèges. Une malédiction. Du poison. Je peinais à la croire et me demanda l’espace d’un instant si elle n’avait pas inventé toute cette histoire pour ce donner un genre. Pourquoi se crée un passé aussi noir qui la tracasse à ce point-là ? Je ne comprenais pas mais, elle paraissait heureuse en ces lieux, bien habillée, ceux qui ne la connaissait pas pouvaient la confondre avec une noble même si elle ne l’était pas. Ses paroles étaient là pour me protéger et j’étais ravie de les entendre même si la personne blessée ici c’était elle, pas moi. J’avais retrouvé une sœur, j’étais certaine que mon père ignorait l’existence d’Annabeth et Rose… oui, il avait du me cacher la vérité mais, je ne saurais jamais le fin mot de l’histoire. Mes rêves étaient partis en fumée, alors qu’Annabeth venait de se rendre compte que c’était sa vie entière qui était basée sur un mensonge car Rose savait qui était John Blackwood, savait ce qu’elle faisait, et savait qui j’étais. . « J’ai peur de ne pas bien vous suivre… Peut-être est-elle simplement une manipulatrice hors pair ? Et notre père s’est laissé aller à ses désirs et n’a pas réfléchi…» Je m’ôtais bien vite ces pensées de la tête, si mon père m’entendait…

Je soupirais. J’allais partir. Annabeth s’était offensée lorsque j’avais demandé de garder tout cela secret. Je m’étais rétractée et maintenant c’était elle qui le demandait. Soit. Je me pliais à sa volonté, elle devait mieux savoir que moi de toute manière. J’étais triste de l’issu des choses. Je m’y ferais. Hier encore, je n’avais pas de sœur ça ne serait pas bien compliqué de faire comme si elle n’existait pas. « Que le nom Blackwood ne vous inquiète guère. Mon mariage est annoncé, je vais me marier. Vous ne serez plus très longtemps importunée par ce détail. Si jamais, vous voulez faire partie de la cérémonie, vous êtes la bienvenue. Considérez-vous comme faisant partie de la liste des invités. » Elle allait croire que je n’avais rien compris, je ne pouvais pas ne pas l’inviter non plus. Elle ne viendrait pas et je ne me vexerais pas. Je lui avais quand même proposé simple formalité. « Je doute que j’éprouverais un jour un tel sentiment. J’étais là pour en apprendre plus sur vous, sur notre mère et vous avez répondu à mes questions. Je vous en remercie. Je n’allais pas fuir alors que c’est moi qui ai pris l’initiative de venir vous trouvez. J’assume jusqu’au bout ce choix que j’ai fais. Ainsi que vos choix à vous que tout ceci reste secret. Je respecte cela. » Je me lève d’un coup. Tout en faisant un petit signe de la tête pour lui annonçait mon départ. « J’ai suffisamment abusé de votre temps Annabeth. Vous vivez dans une très coquette maison. Si un jour, vous vous sentez prête sachez que vous êtes la bienvenue dans la mienne. Un jour, où il n’y aura personne si j’ai bien compris. » Je lui souris, j’essayais de voir les bons côtés des choses. Comme j’essayais en permanence de voir les bons côtés en chacun de nous. .

« Une dernière chose Annabeth… J’apprécie que vous vouliez me protéger et je vous prends au mot. Sachez que mon fiancé est, également là et Rose n’est jamais venue me trouver durant toutes ses années. Donc dormez sur vos deux oreilles. » Je n’avais pas peur de Rose mais, je ne me rendais pas bien compte de la femme qu’elle était malgré la description que m’en avait fait Annabeth. Je n’avais jamais été confrontée à quelqu’un d’aussi malfaisant et venimeux alors je ne pouvais pas comprendre la profondeur des paroles de ma sœur. Je savais qu’un jour, je voudrais me confronter à ma mère, j’attendrais le bon moment, un jour où je serais prête. Thomas m’accompagnerait car j’avais peur de ce que j’allais encore bien pouvoir découvrir au sujet de la famille Blackwood. Je m’attendais à tout désormais.
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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  Lun 8 Juin - 22:02

Ces mensonges qui sont restés enfouis.


Le Diable au fin fond de sa prison en riait encore. Les mensonges peignaient les pierres crises, tandis que les Hommes se déchiraient. Rose Blackwood était en prison, mais le Diable était intelligent, fourbe, animé par le malin, à tout moment, il pouvait briser ses chaînes et sortir de sa prison. Il y avait tout à craindre venant du Diable et souvent le pire, très rarement le meilleur. Annabeth ne se souvenait pas elle-même avoir passé un moment agréable en compagnie de sa mère, ses nombreux souvenirs avaient souvent une empreinte d’horreur, avec de la violence, du rabaissement et jamais une note d’amour. Le Diable n’aimait que lui-même et certainement pas son prochain, il était fourbe, violent et terriblement dangereux. Les mauvais sorts, les malédictions, Annabeth savait que ce n’était rien, elle ne croyait pas en tout cela, mais ce qu’elle savait, c’était que Rose, était une terrible manipulatrice, qui pouvait mettre dans le creux de sa main, n’importe quel esprit.
Durant les années qu’elle avait passé avec sa mère, la jeune femme avait vécu en Enfer, au cœur de l’antre du Mal, à subir les horreurs qu’elle voulait lui donner. Annabeth avait souffert, elle n’en voulait pas à Rosemary, elle n’en voulait pas à son géniteur, mais elle ne voulait rien savoir de lui, à quoi bon, maintenant qu’il était mort, elle ne voulait pas ressasser le passé. Sa réaction décevait sa sœur, elle le voyait, mais elle ne parvenait pas à s’en vouloir pour cela. La jeune femme voyait aussi les inquiétudes de sa sœur à propose de leur mère, elle ne savait pas si elle devait dire la vérité. Elle savait encore moins, si elle devait faire part de ses inquiétudes ou laisser Rosemary dans l’ignorance. Mentir, elle n’avait pas le choix, en voyant les regards de Rosemary, elle n’était pas prête pour le moment, cela faisait sûrement trop en une journée.
« Non, il n’y a aucune raison. » Disait la jeune femme en baissant le regard. « Je dois toujours être méfiante, après tout ce qui s’est passé. » Il s’en était même trop passé et la belle courtisane ne parvenait pas à voir Rose, à jamais en prison. La femme était trop intelligente, elle trouverait un moyen pour retrouver sa liberté.

Maintenant qu’elle faisait face à sa jeune sœur, son propre reflet, de quelques années plus jeune, elle savait qu’elle n’aurait jamais la paix, tant que Rose ne serait plus de ce monde. Les mensonges et la trahison faisaient partis de son quotidien et même si elle les avait oublié, le temps qu’elle était avec Héléna Sheridan, tout lui revenait à la figure. Elle ne devait pas oublier sa souffrance, elle ne devait pas ôter ses doutes. Ils étaient sa carapace et oublier tout cela, finissait par la fragiliser.
Rosemary aimait beaucoup son père, cela se voyait et Annabeth ne voulait pas briser son rêve de père idéal. Mr Blackwood avait sûrement été un bon père pour sa seconde fille, mais il ne l’avait pas été pour elle, il était même un inconnu. La jeune femme ne pouvait donc pas trouver d’excuses, ni minimiser les actes de Rose. Ne souhaitant pas briser Rosemary, elle acquiesça quand elle pensa que son père avait été trop faible face à la sorcière. Pour Annabeth cela pouvait être vrai, mais elle connaissait les nombreux ressorts de sa mère.
Rosemary allait se marier, son changement de nom finirait par la protéger, tout comme son mari, qui s’il était bon soutiendrait son épouse. Elle ne savait rien de cette sœur, mais plus elle apprenait à la connaître, un immense fossé se creusait. Sa jeune sœur avait tout, elle avait le nom, elle avait eu un père, une histoire, une vie agréable et elle allait se marier, sûrement à un bon parti. Annabeth ne savait pas quoi penser de tout cela. Pour elle, sa vie et celle de sa sœur étaient incompatibles. Rosemary s’était construite une vie, alors qu’elle était plus jeune que son ainée, tandis qu’Annabeth n’avait toujours rien et n’aurait probablement jamais rien. Elle n’était pas reconnue, elle possédait une réputation qui ne pouvait pas lui permettre de fréquenter les personnes bien placées, les personnes comme Rosemary. La brune avait déçue sa sœur, elle le savait, mais celle-ci ne perdit pas confiance et lui proposa même d’assister à son mariage.
« Je viendrais, juste pour voir qu’au moins une Blackwood est heureuse. » Souriait la jeune femme avec une certaine gêne. Si elle y allait, elle resterait sûrement à l’écart, pour ne pas perturber Rosemary et son futur mari, devant leurs invités. La courtisane savait qu’il y avait de grandes chances qu’elle croise un de ses anciens clients. « Je ne voulais pas vous perturber, ni être aussi brusque, mais je ne pense pas que vous êtes le genre de femme qui aime qu’on lui cache la vérité. Un jour, quand je serai prête, je vous demanderai de parler de notre père, mais pas maintenant, les mensonges de Rose sont bien trop durs à digérer. Je réalise à peine… » Elle se tue pour contenir son émotion, elle ne voulait pas craquer, elle le ferait plus tard, quand elle serait seule dans sa chambre. Ce qu’elle avait du mal à réaliser, c’était l’ampleur des conséquences de tous ces mensonges. Si Rose n’avait pas menti, Annabeth aurait été à la place de Rosemary, elle n’aurait pas subi de mauvais traitements.
Rosemary allait partir et elle ne la retenait pas, les sœurs Balckwood avait besoin de temps pour accuser le choc et ces révélations. Bientôt elles se retrouveraient, cela était certain, maintenant qu’elle avait trouvé cette sœur, Annabeth voulait la connaître, mais en attendant, elle avait besoin de mettre en place ses pensées, de faire le vide et de donner un semblant de sens à tout cela. Cependant, la jeune femme était inquiète, elle voyait la confiance de sa jeune sœur, face à Rose. Elle ne savait pas tout et un jour, Rosemary devra tout savoir sur Rose pour connaître l’importance du danger.
« Votre courage vous honore Rosemary, mais face à Rose, personne ne peut vous protéger. Personne ne l’a pu pour moi. Elle a mis quatorze ans pour venir me voir et m’arracher à mes parents adoptifs, à ma vie et elle a tout détruit. Tant qu’elle sera en vie, je ne dormirai jamais sur mes deux oreilles et je serai inquiète pour vous. Moi, elle ne peut plus rien me faire, mais à vous… » Elle s’arrêta, se refusant de continuer. « Au revoir Rosemary, j’espère vous revoir bientôt. »




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MessageSujet: Re: ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.  
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ANNABETH & ROSIE ¤ Au détour d'une étagère, au milieu des livres.
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