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Nous nous situons aux alentours de mai 1558.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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MessageSujet: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Ven 14 Nov - 19:36

La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme.



Septembre 1554.
Forteresse de Stirling.


Le soleil brillait sur Edimbourg, en ce jour de septembre. La brume matinale était revenue annonçant le retour de l’automne et la fin de l’été. Jane Stuart adorait ce temps, les couleurs qui parsemaient la campagne et aussi la joie qu’elle ressentait, quand la pluie revenait. Elle aimait la pluie, tous comme les gros orages, qui éclataient parfois dans le ciel écossais. Comme tous les Ecossais, elle était revenue, sur sa terre natale, quittant l’Angleterre et de nombreux amis. Celle qui allait le plus lui manquer, serait la douce Anne Somerset, celle qui au fil du temps était devenue sa meilleure amie. Elle espérait pouvoir la revoir prochainement et l’accueillir à Edimbourg, pour la présenter à la cour. Jane était heureuse, elle allait bientôt être à six mois, et son ventre grandissait de plus en plus chaque semaine. Elle pouvait même sentir les mouvements du bébé, qui ne cessait de lui donner des coups de pieds. Chaque coup déclenchait chez elle des rires et des sourires maternels, qui en disaient long sur son bonheur. Jane était heureuse et bien plus encore de pouvoir rester à la cour, ces prochains mois, pour pouvoir accoucher de son enfant.
Malheureusement, il suffira d’une après-midi, pour que son bonheur se transforme en horrible cauchemar. Elle se trouvait dans ses appartements, en compagnie d’une servante, qui devait se charger de la surveiller. Jane était en train de lire, au calme, allongée sur un fauteuil, quand elle ressentit les premières douleurs. Intense, violente, les premières larmes coulèrent le longs de ses joues, et les cris passèrent la barrière de ses lèvres. La servante se précipita au dehors des appartements, laissant Jane seule, jusqu’à ce que d’autres femmes arrivent, puis Archibald. Là, le regard de son mari lui poignarda le cœur, puisqu’il avait compris, qu’elle était en train de perdre son bébé. Un cri lui déchira la gorge et on la conduisit jusqu’au lit. Le sang, trop de sang. La douleur, trop de douleur. Puis elle ferma les yeux, le front en sueur, les larmes coulant le long de ses jours. Son malheur ne cesserait jamais de continuer.

Deux jours plus tard.
Elle n’avait pas quitté son lit. Elle refusait de manger. Elle ne parlait plus. Le visage livide, elle voulait se laisser aller, dans les bras de la mort, pour rejoindre son bébé. Elle avait eu raison, c’était un fils, un petit garçon, qu’elle avait laissé mourir dans son ventre. L’enfant n’avait pas eu assez de force pour survivre et il était mort, avant même de pouvoir laisser entrer l’air dans ses poumons. Elle était brisée, jamais elle n’avait ressenti une telle douleur. Son ventre était vide, il n’y avait plus d’enfants et elle n’en aura plus jamais. Le médecin de la cour avait été clair et elle-même l’avait ressenti durant l’accouchement, plus rien ne serait pareil. Quelque chose c’était déchiré dans son corps et jamais plus, elle ne porterait la vie. Archibald n’était pas revenu, il avait même quitté la cour pour les Highlands, elle ne lui servait plus à rien, elle ne pourra plus lui donner de fils.
Les personnes s’étaient succédés à son chevet, mais elle ne les voyait pas, elle n’arrivait pas à sortir l’image de son bébé mort, plein de sang, qu’elle avait en tête. Elle ne cessait de penser à ce petit James, qu’elle n’a pas pu sérer dans ses bras, cet enfant qui n’a pas poussé son premier cri. Elle repensait toujours à ces moments où elle le sentait donner des coups de pieds, dans son ventre. Voilà deux jours qu’elle n’avait plus senti ce bonheur, deux jours qu’elle se sentait comme morte.
Jane ne voulait plus de cette vie, elle se sentait inutile, maintenant qu’elle ne pouvait plus être mère, elle ne servait plus à rien, son mari ne voudrait plus d’elle. Elle était inutile, une jeune femme stupide, avec de stupides rêves. A quoi bon aller plus loin ?
En début d’après-midi, la servante qui était chargée de sa surveillance, lui donnait la becquée pour la faire manger. Jane se laissait faire, tel un automate, puis peu après qu’elle ait terminé de boire son bouillon, elle éclata en sanglot, serrant son ventre, un peu plus, pour sentir l’enfant qu’elle avait perdu. Rien ne semblait pouvoir la calmer, pas même les paroles douces de la servante, si bien qu’on alla chercher Marie de Guise et les membres de sa famille.





Dernière édition par Jane Stuart le Sam 19 Déc - 18:35, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Sam 22 Nov - 13:44
Je me souviendrais toujours de cette matinée de septembre 1554. Le soleil était haut dans le ciel, les températures encore très douce pour la saison, aussi j'avais prévu de passer un après-midi dans les jardins du château de mon feu père afin de m'exercer à la peinture. Il aurait été dommage de rester enfermer alors que les mauvais jours approchaient.

Vêtue d'une robe bleue, j'avais pris un soin particulier à me coiffer avec des fleurs fraîches que l'une de mes servantes avait fait cueillir à mon attention. Mes servantes, celles qui sont à la botte de ma harpie de belle-mère, n'avaient eu de cesse de complimenter mon élégance et de la comparer à l'une des nymphes ornant les tableaux des grands maîtres italiens. Bien que je savais qu'elles étaient surement hypocrite dans leurs propos, je me plaisais tout de même à imaginer que cela devait être le cas.

Néanmoins, alors que je m'apprêtais à rejoindre ma chère belle-mère, un serviteur vient à ma rencontre pour me ramener une missive venant du château de Stirling. J'avais alors été heureuse de recevoir du courrier de ma demi-soeur chérie, Jane. Celle-ci attendait un enfant et avait choisi de se retirer afin de pouvoir se ménager pendant la grossesse. Bien que je sois toujours en désaccord avec ma belle-mère, je n'avais que pu saluer sa gentillesse pour autoriser Jane à se reposer durant sa grossesse.

Ainsi avec fébrilité, j'avais décacheté la lettre pour la lire. Seulement, je n'avais pu m'empêcher de froncer les sourcils en ne reconnaissant pas l'écriture de ma soeur. Mes yeux s'était alors agrandis d'effroi lorsque je lisais les mots inscrits sur la lettre.

Une seule pensée n'avait eu de cesse de traverser mon esprit : Oh Seigneur, non !

J'avais alors refusé d'y croire et je m'étais alors exclamée, bouleversée, en me précipitant vers les appartements de ma belle-mère :

-Laissez-moi passer ! Je dois m'entretenir de toute urgence avec Sa Majesté la Régente !

Bien que je la déteste, elle seule pouvait m'infirmer cette affreuse nouvelle et je ne faisais que prier pour que ce soit le cas en me dirigeant vers elle.

Quelques temps après...

Dans le carrosse me menant chez ma soeur, mon regard se fait vague tandis que je regarde le paysage défilé à travers la fenêtre. Malheureusement, la Reine n'a que pu me confirmer l'horrible nouvelle.

Pauvre Jane ! Elle qui était si heureuse de pouvoir avoir un enfant, se le voir arraché de cette façon est injuste ! Moi aussi, je m'étais fait une joie de pouvoir serré mon neveu dans mes bras le moment venu. Je m'étais alors imaginée étant une tante des plus gentilles envers cet enfant et j'étais prête à tout pour aider la future maman pour qu'elle se repose un peu, une fois l'accouchement passé.

Malheureusement, il avait fallu tout d'un après-midi pour que ce futur joyeux disparaisse. Dieu, êtes-vous si cruel pour retirer la joie d'une famille ?

En effet, Jane n'était pas la seule à ressentir la peine de cette perte, c'était aussi la peine de toute la famille Stuart. C'est aussi pourquoi ma belle-mère, Agnès et moi-même, une fois la nouvelle su, que nous sommes hâtées de prendre le premier carrosse pour aider Jane à traverser cette épreuve. En cette heure, pour Jane, je me devais de mettre de côté mon animosité envers ma belle-mère car elle aussi aime Jane et veut l'aider à passer cette épreuve.

Tout du moins, je l'espère. Mais en tout cas, si confrontation il doit avoir, ce ne sera pas moi qui la commencerait !
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Sam 27 Déc - 14:33
Dans notre vie, il n'y a pas que des bonnes nouvelles mais également des mauvaises nouvelles, en effet, ma chère cousine Jane Stuart a perdu son enfant. Pauvre Jane, c'est si triste …. Je suis retournée en Écosse après avoir assisté au mariage de la Reine Mary Tudor. Je n'ai pas pu revoir Priam, mais, j'ai revu Mary, une connaissance de Paris. Cette dernière et moi, nous sommes connus pendant mon passage à Paris, elle était domestique et aujourd'hui, elle est devenue une duchesse car elle est une bâtarde du feu roi de France. Nous avons parlé avec Mary, il est bon de lui avoir parlé ! Tant de rencontres dans ce bas monde, je pose ma main sur mon ventre. J'ai peur, peur de mourir en couche et la mort de l'enfant de Jane ne fait qu'empirer cette peur qui ronge les mailles de mon corps. Pourquoi ? Depuis quelques mois, j'ai peur de mourir en couche, peur de ne pas connaître mon enfant ni de voir grandir Alexander. Mon cher fils est resté en Angleterre, avec William, en effet, Alexander, mon cher fils sera élevé en Angleterre, auprès de Lady Stanhope pour qu'il devient un anglais. En revanche, ce que j'ai peur que mon fils devient un protestant, il serait intolérable pour moi qu'il change de religion. Je ne pourrais pas vivre s'il devient un protestant. Cette curieuse religion va détruire la vraie religion ! Je n'ai pas évoqué ceci à Marie de Guise et à Margaret. Aujourd'hui, il faut se soucier de Jane, seulement de Jane. Il faut protéger Jane et lui ramener un sourire ! Oui, il faut qu'elle soit heureuse.

J'ai peur de retrouver Jane et de voir mon état. Je regarde ma tante Marie de Guise et Margaret, ma cousine. Je fais un petit sourire, toutes les trois, nous allons apporter du sourire à Jane. J'ai entre mes mains, une rose blanche. Une rose que j'aimerais donner à ma cousine. Je respire doucement, je sens mon enfant donner quelques coups de pieds. Je n'ose pas réagir, de peur de chagriner encore plus l’atmosphère que nous allons connaître.
Je regarde les paysages défiler, je me laisse bercer par le carrosse. Je continue de regarder ma famille. Je tiens nerveusement la rose, je la fais tomber, je voulais la ramasser mais le carrosse est encore en route. Nous sommes enfin arrivé chez Jane, nous descendons.

Je ramasse enfin ma rose, nous marchons vers les appartements de Jane. Je suis angoissée face cette rencontre avec elle. Je regarde ma tante et ma cousine, je sais qu'à nous trois, on pourra aider Jane à surmonter ce choc. Il fallait que nous colorons cette atmosphère …. Bien terne. Nous arrivons aux portes de Jane. Je respire doucement. Comment va réagir Jane face à ceci ? Je me le demande. Je suis toujours nerveuse. J'ai peur de sa réaction quand elle me verra. J 'aurais du refuser mais Jane est ma cousine. Mon front est plissé. Je donne ma main à Margaret pour me sentir apaisée.


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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Dim 18 Jan - 17:22

Voyage éprouvant. Horrible. Démoniaque. Epouvantable. Tant de mots pour décrire tout ce que j’avais ressenti lors de ce voyage de retour vers l’Ecosse, ce n’était pas cette facette qui ne me plaisait guère. C’était le « bon » côté de la chose. Retourner chez moi. Malgré tout, ce voyage n’était pas réjouissant, Jane venait de perdre son enfant, elle qui l’avait tant attendu, qui avait du le voir comme une libération envers cette femme qui partage la couche de son mari. J’avais été la première au courant de cette tragédie. Une missive avait également été envoyée à Margaret qui était venue me voir, bouleversée par cette nouvelle que j’avais pu que confirmer. Le pire dans toute cette histoire c’était bien entendu la situation de Jane mais d’avoir du partager mon carrosse avec Margaret. Agnès ne me dérangeait pas, elle me vouait un amour immodéré, marraine de son enfant qui plus est. Mais, Margaret… Margaret était une forte tête, refusant de se marier ! Je maudissais Jacques de m’avoir laissée une pareille fille. Elle m’exaspérait. Elle n’arriverait jamais à rien dans la vie en agissant ainsi. On avait passé le trajet à se lancer des pics. Enfant difficile. J’avais beaucoup de mal avec elle. J’avais de nature du mal à accepter les bâtards du feu Roi alors que ma fille était si loin et eux si près. En acceptant James, j’avais du « accepter » tous les autres. Peu me plaignait de devoir entretenir des enfants qui n’étaient pas les miens. Nés de relations illégitimes de mon époux. J’évitais de trop y penser, c’était comme un poison que l’on m’injectait quotidiennement, comme la croix que je devais porter. Agnès m’aimait, Jane me soutenait et Margaret me tenait tête, il en fallait une… J’avais pris sur moi, pour Jane, elle avait besoin de nous trois pour supporter cette épreuve. J’étais la mieux placée pour comprendre ce qu’elle ressentait. Les souhaits de tranquillités envolés. Ses rêves de liberté enlevés. La joie de tenir un enfant dans ses bras, elle ne le connaîtrait pas encore…. En Jane, je voyais mon histoire, le même vécu, les mêmes doutes, les mêmes sentiments. Elle devait subir la maîtresse d’Archibald et peut-être de futurs enfants. Elle était seule dans cette grande maison, isolée de la Cour, isolée par son mari. J’étais impuissante, j’agissais ainsi soit en la demandant auprès de moi, soit en trouvant des prétextes, comme ici, pour aller la voir, amenant Margaret et Agnès pour éviter tous soupçons sur mon ressenti concernant Archibald. Une visite familiale pour soutenir la perte de son héritier.

« Vous ne perdrez pas votre enfant, n’ayez crainte Agnès. »

Lançais-je à tout hasard à une Agnès tracassée face à moi. Elle était nerveuse. Elle savait comme toutes les femmes les risques d’un accouchement, elle savait que son nouveau né allait arriver également. Elle devait avoir peur, peur de son avenir, peur de terminer comme Jane. Peut-être ne savait-elle pas à qui parler également ? Le moment était mal choisit pour faire preuve d’état d’âme à ce sujet-là au vu de la situation actuelle. Des serviteurs s’occupèrent de nos malles et bagages. Je demandais immédiatement d’avertir Jane de notre arrivé et demandais la permission de la voir. On nous mena jusqu’à ses appartements. Je faisais comme si Margaret n’était pas là. Je regardais Agnès d’un air inquiet, elle avait l’air tellement bouleversé cette enfant. Ce n’était peut-être pas une bonne idée de l’emmener, si c’était pour qu’elle apporte avec elle des ondes négatives. Je tapais deux fois doucement pour signaler notre présence et que quelqu’un allait rentrer. J’ouvris délicatement la porte.

« Oh Jane, ma douce. Mon enfant.»

Je regardais cette chambre aux rideaux fermés, une ambiance morbide et déprimante régnait dans cette atmosphère sordide. Je faisais comme si tout ceci ne m’atteignait pas mais, j’avais beaucoup de peine pour Jane. Or, si nous nous laissions toute dominer par nos sentiments de tristesse, on courait à notre plus grande perte de ne pas être en mesure de faire remonter la pente à Jane et de sombre dans ses noires pensées à ses côtés. Elle était toujours alitée, je la pris dans mes bras tendrement, restant un moment ainsi sans bouger, à la caresser comme une mère le ferait en réconfortant son enfant. Je lui chuchotais :

« Agnès a quelque chose pour toi. »

Je lui fis un petit sourire de réconfort pour lui montrer que nous étions là pour elle, pour la soutenir face à tout cela et que désormais elle n’était plus seule. Puis, je me retirais et me dirigeais tout de suite vers la fenêtre afin de laisser entrer la lumière. J’ouvrais les rideaux laissant le temps à Margaret et Agnès de dire un mot à leur sœur, avant de m’asseoir dans un fauteuil à côté du lit.
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Lun 19 Jan - 23:18

La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme.



Septembre 1554.
Forteresse de Stirling.


Elle était détruite de l’intérieur, tout son être la faisait souffrir et lui faisait revivre les douleurs de l’accouchement. Jane ne parvenait pas à dormir, malgré les potions des médecins et la fatigue, elle avait peur de revoir le corps mort de son enfant. Elle avait toutes ces images en tête, à chaque instant et savoir qu’elle ne pourrait plus serrer contre elle son bébé, lui brisait le cœur. Un cœur, elle avait le sentiment de ne plus en avoir, tellement elle était vide de l’intérieur. Avec son enfant, tout était parti, sa joie de vivre, son bonheur, son amour pour les choses simples de la vie. Tout était fade à ses yeux, tout était triste, même cette chambre où elle était censée accueillir son bébé, juste après son baptême. La perte d’un enfant brisé une femme, la stérilité tuait tout but pour elle. La jolie brune aurait pu survivre, si son mari Archibald était resté à ses côtés, mais l’homme, qui ne l’avait jamais réellement aimé avait préféré fuir loin d’elle et de la laisser à la cour, pour ruminer sa rage. Ce bébé aurait dû signifier leur retour à une union sincère et respectueuse, mais en le perdant, elle avait scellé la fin de son mariage. Si elle ne mourrait pas, elle voulait absolument divorcer et ainsi libérer son mari de sa présence si honteuse.
Jane était étonnée, mais alors qu’elle se pensait seule au monde, en compagnie d’une servante, elle entendit frapper à la porte et le visage rassurant de Marie de Guise apparaître. En l’ayant à peine vu, ses yeux se baignèrent de larmes, la brune était honteuse de se montrer ainsi, devant une femme aussi forte que la reine douairière. Elle était son modèle, mais en raison de sa faiblesse, jamais elle ne pourra lui ressembler. Aussitôt, celle qu’elle considérait comme sa mère, la prit dans ses bras, ce que jamais Elizabeth Beaton aurait fait. Elle pleura sur l’épaule de sa belle-mère, se laissant consoler et sentait sa chaleur maternelle. Comme n’importe quelle jeune fille, elle avait besoin de sa mère et pour elle Marie de Guise était celle qui se rapprochait le plus de la figure maternelle.

« Je suis si désolée de me montrer comme ça auprès de vous, mais je ne parviens pas à revenir, cet enfant était tout pour moi. » Elle sanglotait toujours contre l’épaule de la reine douairière, qui lui disait quelques paroles réconfortantes.

Jane ne l’avait pas remarqué, mais deux autres jeunes femmes accompagnaient sa belle-mère, il y avait sa demi-sœur Margaret, mais aussi Agnès Livingstone, sa cousine, qui était enceinte. A la vue de son ventre arrondi, le cœur de la jeune femme se serra, elle se détourna, comme pour fuir Agnès, mais bien vite elle se ressaisie, faisant apparaître un maigre sourire sur ses lèvres. Sa cousine lui avait apporté un cadeau, une jolie rose, qui se tenait entre ses mains.

« Je te remercie Agnès, tu peux la mettre dans ce vase là-bas en compagnie des autres roses. Margaret vient, tu peux t'asseoir ici.» Elle montrait le lit pour sa demi-soeur et le vase pour sa cousine. Ce vase, elle découvrit sa présence, quand Marie de Guise ouvrit les rideaux, pour faire entrer la lumière. Jane ferma les yeux quelques instants pour s’habituer à cette nouvelle luminosité, il y avait tellement de temps qu’elle n’avait pas vu le soleil. Son visage pâle et ses yeux rougis apparurent à la vue de tous. Même si elle tentait de se montrer digne face à sa belle-mère, Jane avait le visage d’une femme à bout de force. La lumière signifiait qu’elle sortait de son confinement, mais elle n’était pas certaine de pouvoir avoir la force de s’en sortir. Cependant, la présence de sa famille, de cette famille de femmes la rassurait, elles seules pouvaient la comprendre dans une telle situation.

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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Ven 23 Jan - 19:34
Comme c'était à prévoir, cette démone qui me sert de belle-mère n'a pas de cesse de me critiquer pour tout et n'importe quoi. Comme à mon habitude, je n'ai pas pu m'empêcher de répliquer. N'ayant que pour seul public Agnès, je ne me sens guère obligée de me contenir en sa présence. Bien sûr, elle demeure la Régente, je n'irais jamais jusqu'à l'offenser assez pour qu'elle ait une raison pour me faire perdre la tête au sens littéral. Bien que je sois certaine que cela ne la dérangerait guère, j'en suis sûre !

Presque abruptement, Marie déclare à Agnès qu'elle ne perdrait pas son enfant, elle-aussi. Je palis brusquement à cette phrase. Pauvre Jane ! Même si le soutien d'Agnès va être apprécié, elle risque d'être davantage malheureuse en voyant le ventre rond de notre cousine, symbole de tout ce qui lui a été arraché injustement. Je n'ai guère pu discuté avec ma cousine depuis que je connais la funeste nouvelle mais je suis à prête à devenir nonne si celle-ci n'est pas chamboulée par ces évènements. Et quand on sait que je ne m'imagine pas finir marier à Dieu, cela veut tout dire !

A mon grand soulagement, on arrive enfin à la Forteresse de Stirling. Après que ma belle-mère soit descendu du carrosse en première comme le veut le protocole, je descends à mon tour. D'un pas conquérant que César n'aurait surement pas renié, ma belle-mère part devant. En m'apercevant que je suis la seule à la suivre, je me retourne pour apercevoir ma cousine en train de ramasser la fleur qu'elle tenait durant le voyage et qui doit être un cadeau pour Jane.

-Ne t'inquiètes pas Agnès, je suis certaine que Jane va apprécier l'attention, lui sourie-je en posant pendant quelques secondes une main sur son bras dans un geste réconfortant.

On finit par rejoindre Marie de Guise afin de pouvoir rentrer dans les appartements de Jane. Ma belle-mère se précipite pour prendre ma demi-soeur pour la laisser pleurer sur son épaule. Inconfortablement, je reste debout non loin de l'entrée de la pièce. Toute la pièce transpire la tristesse de son occupante et cela en ait limite insupportable.

Après s'être éloignée du lit, ma belle-mère ouvre les rideaux pour laisser entrer la lumière dans la pièce. Les rayons du soleil nous dévoilent ma soeur avec une bien mauvaise mine. Cela me déchire davantage le coeur de la voir ainsi. Jane était décidément la dernière à devoir mériter ça !

A son invitation, je m'assieds sur le lit, non loin d'elle. Même si je m'efforce de paraître le plus naturel possible, je ne sais pas quoi dire pour engager la conversation. De toutes évidences, je ne peux pas évoquer un mariage ou un bébé, Jane ne risque de ne pas le supporter, d'autant plus que la présence d'Agnès doit lui être déjà très difficile.

Rapidement, je remarque que l'homme qui serre de mari à Jane n'est pas là. Je retiens un juron fort peu élégant. Ce goujat se permet de ne pas être là dans ses instants tragiques ? Il ne mérite décidément pas son mariage avec ma demi-soeur !

N'y tenant plus, je finis par lui offrir une étreinte qui se veut réconfortante. Je ne peux pas prétendre connaître ce qu'elle ressent. Je peux seulement être présente dans ces moments difficiles.

-Si tu souhaites que je reste auprès de toi plus longtemps que ce voyage, je serais ravie de le faire, Jane. Dis-je d'une voix émue à son oreille.

Des femmes appartenant au clan Stuart, je dois effectivement être celle qui a le moins d'obligation et il me sera donc aisé de rester à ses côtés. Malgré mon affection pour Agnès ou mon animosité pour ma belle-mère, je ne doute pas de leur amour pour Jane. Seulement, Marie a un pays à gouverner et Agnès a un mari qu'elle doit rejoindre. Néanmoins, je doute que ma demi-soeur accepte ma proposition mais la formuler à haute voix a permis un peu de soulager la peine que je partage avec elle.
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Sam 24 Jan - 0:08
La vie peut apporter son lot de bonheur ou de malheur. En ce jour sombre, elle a lancé des sorts maléfiques sur Jane, ma chère cousine a perdu son enfant. Son mari n'est pas clément avec elle. Je suis dans le carrosse pour aller la voir en compagnie de ma tante Marie de Guise et de ma cousine Margaret. J'ai peur de ma rencontre avec Jane. En effet, je porte un fruit dans mon ventre qui grandit mais elle … Elle ne l'a plus. Je suis si nerveuse que je fais tomber ma rose entre les mains.

Marie de Guise - Vous ne perdrez pas votre enfant, n’ayez crainte Agnès.

Face à cette remarque, je regarde ma cousine .Cette dernière et ma tante ne pouvait supporter, j’espère qu'en ce triste et douloureux moment, elles seront dans un terrain neutre. Il le faut pour Jane. Nous arrivons enfin, Marie de Guise descends la première tandis que nos serviteurs défont les malles et amènent tout au palais. Margaret sort du carrosse, je ramasse la rose.

Margaret - Ne t'inquiètes pas Agnès, je suis certaine que Jane va apprécier l'attention. Elle pose sa main sur mon bras. Je la regarde avec un sourire timide.

Agnès – Tu crois ? J'ai tellement peur … Peur qu'elle me rejette.

Je lui fais un petit sourire. Nous rejoignons Marie, elle est près de Jane. Je regarde ma cousine Jane, presque apeurée. Peur de sa réaction, je me sens mal par rapport à elle . Ma tante lui dit que j'ai un présent pour elle, je m'avance vers elle lentement. Elle détourne le regard. Oh .. Je n'aurais pas du venir. Je le sais. Ma tante s'assoit plus loin après avoir tiré les rideaux. Je lui montre ma rose blanche après qu'elle me regarde de nouveau.

Jane - Je te remercie Agnès, tu peux la mettre dans ce vase là-bas en compagnie des autres roses. Margaret vient, tu peux t'asseoir ici. Elle me montre un vase.

Margaret s'assoit, je me rapproche des fenêtres . Je suis à côté de Marie de Guise, je ne sais pas comment rendre l'atmosphère. J'ai peur de provoquer encore plus du chagrin à Jane . Il est difficile de voir quelqu'un qu'on aime triste. Si je vois ce crétin d’Archibald, je jure de venger ma cousine et laver son honneur ! Je serais capable de le défier en duel ! Comme un chevalier quand il lance un défi à un autre. Il paiera ce qu'il a fait subir à Jane. Ma cousine Margaret propose à Jane de rester près d'elle. Je les regarde. Je n'arrive pas à parler. Je me sens tétanisée face à tout ceci. Où est la jeune écossaise remplie de joie et de bonheur ? Elle s'est recoquillée dans les profondeurs de son âme. Je regarde ma tante Marie de Guise, en espérant qu'elle puisse réchauffer la pièce de ces paroles. Je respire doucement. Nous sommes quatre femmes, une Reine, deux princesses et moi. Nous sommes le clan Stuart, prêtes à défendre notre famille. Je n'ose pas me caresser le ventre ou faire quoique que ce soit à l'égard de ma cousine si coureuse. Je la regarde et je décide de m'approcher un peu plus.

Agnès – Jane, désirez-vous boire quelque chose ? Je vais vous chercher une boisson. Ma tante et Margaret, voulez-vous quelque chose également ?

Je préfère partir pour les laisser discuter, après tout, avec mon état, je suis quelqu'un de gênant et je ne veux pas peiner encore plus Jane. Je souris en attendant leurs réponses. Mais en priant qu'elles acceptent de me laisser prendre quelque chose pour elles. Je respire.
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Mer 25 Fév - 23:20

Margaret, Jane, Agnès. Trois prénoms. Trois femmes. Elles avaient grandi tellement vite, je ne m’en rendais compte que maintenant. Je les considérais toutes les trois comme mes filles, même Margaret malgré nos rapports délicats. Une certaine rancœur persistait pour les bâtardes du feu roi, j’avais appris à vivre avec. Jane se mit à pleurer lorsqu’elle m’aperçut, cette vue me brisa le cœur. Comme toujours, je restais forte. Je savais très bien ce que cela faisait de perdre un enfant, de ne pas donner d’héritier à son époux… j’avais du vivre avec cela durant plusieurs années. Je compatissais à sa douleur que je ressentais moi-même au plus profond de mes entrailles. Elle ne s’en remettrait jamais – je me garderais bien de lui dire. Elle serait marquée à vie, elle aurait toujours le souvenir de cet enfant perdu. Son corps ne s’en remettrait jamais totalement. Traumatisée à vie, tel était désormais le fardeau que devrait porter Jane sur ses épaules. Elle s’excusait. Je ne répondis rien mais, ses larmes qui venaient mouiller les draps été justifiées, j’aurais trouvé cela très étrange qu’aucunes larmes ne coulent de ses jolies yeux. Le choc, oui. Elle avait le corps brisé, le cœur blessé, elle réagissait normalement. Malheureusement, il n’y avait aucun remède à son mal. Le temps devait faire son travail, la douleur deviendrait souvenir, elle s’estomperait au fil des jours, des mois, des années.

« Point de manières, Jane. Pleurer est normal dans une telle situation. »

La lumière l’éblouit, je ne fus pas étonnée mais, le soleil était le premier pas vers une renaissance. Surprise, par la proposition de Margaret, j’acquiesçais d’un discret signe de la tête. Pour une fois que nous tombions d’accords sur la même chose. C’était un miracle. Elle ne serait plus dans mes jupons durant un court temps même si, je prévoyais déjà un mariage pour elle ! Agnès me surprit également, la petite devait se sentir terriblement mal à côté de Jane et Jane également. Nous étions un semblant de famille, de clan – l’une des raisons principales qui m’avait poussée à tolérer tous ces enfants issus d’ici et là c’était ça, maintenir mon clan.

« Quelle délicate attention de ta part, Agnès. Tu peux, si tu le souhaites, aller nous chercher de l’eau coupée avec du vin. Le voyage m’a assoiffée. »

J’avais compris pourquoi la douce Agnès avait proposé cela, elle m’avait lancée un regard de détresse, dans d’autres circonstances j’aurais proposé qu’on aille quémander une servante ou que sais-je encore. Je m’attendais dire que ce n’était pas à elle de faire ça mais, elle voulait quitter la pièce et je la comprenais. Le doute m’envahit. Aurais-je du la dissuader de nous accompagner ? En même temps, le voyage, seule avec Margaret, je n’aurais pas survécu ! Je savais que ça faisait plaisir à Agnès de venir, d’être là pour soutenir Jane. C’était un mal pour un bien. Jane ne pourrait pas tourner le dos durant toute sa vie à Agnès, autant qu’elle se fasse à l’idée que sa cousine était enceinte dés à présent. Elle ne pouvait pas renier sa famille avec ce prétexte. Elle avait besoin de nous, aujourd’hui plus que jamais. Jane le savait, elle s’était efforcée de faire bonne figure esquissant un petit sourire. Son ventre devait être serré, elle était vide de l’intérieur mais, peu à peu elle reprendrait vie. Elle était comme une fleur qu’il fallait arroser. Nous étions là pour ça, toutes les trois, Margaret Agnès et moi. Je souris d’un air désolé à Agnès, j’essayais de me mettre à sa place cela ne devait pas être facile. Nous étions, de toute manière, dans une situation fort délicate.
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Mer 4 Mar - 21:54

La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme.



Septembre 1554.
Forteresse de Stirling.


Voir une femme enceinte à ses côtés, était au-dessus des forces de Jane. Même si elle ne voulait pas décevoir sa jeune cousine, elle ne pouvait s’empêcher d’envier son bonheur et de la détester pour cela. Elle, elle n’avait rien demandé et elle avait tout perdu, en quelques secondes. Jamais, elle ne serait heureuse, alors qu’Agnès avait tout. Elle avait déjà eu le bonheur d’avoir un enfant, qui était à ce jour loin d’elle. Cette situation était incompréhensible pour la demoiselle, qui avait du mal à imaginer qu’une mère, sans qu’il n’y ait de raison apparente abandonne son enfant. Quand cela était arrivé, elle n’avait pas été plus choquée que cela, mais aujourd’hui, elle voyait les choses différemment. Elle était déçue et surtout en colère. La jeune femme en larme remercia tout de même sa cousine pour la jolie rose qu’elle lui avait offerte, mais elle ne jeta pas un œil sur son ventre arrondi, cela lui faisait trop mal. Marie de Guise, Margaret, Agnès. Jane était soulagée de les avoir à ses côtés, même si la présence de sa cousine lui procurait beaucoup de douleur, leur présence lui permettait de se sentir moins seule.
Margaret était installée à ses côtés et Marie et Agnès se trouvaient non loin de là, à côté du lit. Sa demi-sœur se pencha sur elle pour lui demander si elle avait besoin qu’elle reste. Jane serra sa main en guise de réponse, oui elle avait besoin de Maggy, elle saurait enchanter ses journées et lui redonner un peu de soleil à ses ténèbres.
Agnès semblait se sentir de trop et elle demanda à toutes les trois si elles avaient besoin de quelques choses à boire. Jane acquiesça et laissa Marie de Guise choisir, boire un peu de vin ne lui ferait sûrement pas de mal. Surtout maintenant, qu’elle ne portait plus la vie dans son ventre. La jeune femme était lasse, fatiguée de cette vie, de tous ces problèmes. Elle pleura à nouveau et attendit qu’Agnès parte avant de parler.

« Je ne veux pas être méchante avec elle, mais c’est dur. Elle en est déjà à son deuxième enfant et moi je n’aurai jamais ce bonheur. » Elle pleurait de plus belle et se ressaisit après quelques secondes. « Je m’excuserai auprès d’elle plus tard. » Disait-elle tout en essuyant frénétiquement sa joue. La dépression commençait à pointer son nez dans le moral de la jeune femme. Elle ne le savait pas encore, mais elle aurait beaucoup de mal à sortir de cette longue litanie de larme. Elle passerait de nombreuses semaines à toucher son ventre autrefois arrondi et désormais vide. Elle hurlerait encore la nuit, dans son lit, encore un mois, à la suite de terribles cauchemars.

Il y avait un sujet que Jane avait besoin de parler, celui de son mari Archibald, qui devait être considéré par tous les membres de sa famille, comme un monstre. Elle-même le voyait parfois comme tel, mais la jeune femme se disait que ce n’était pas leur faute. Mal mariés, l’enfant aurait pu les réunir, mais aujourd’hui, ce n’était plus le cas. Jane voulait rester séparée de son mari, si elle ne pouvait pas demander le divorce et cela serait le cas, si Archibald n’avait pas besoin d’elle. A cette époque, une épouse était soumise à l’autorité de son mari, même s’il la battait, par chance, cela n’était pas le cas de son époux.
« Je ne veux pas que l’on fasse de mal à Archibald, je sais que James voudra me venger, mais je le refuse. Ce n’est pas sa faute et je sais que vous comptez sur le soutien des Campbell. » Disait-elle à l’intention de Marie de Guise. « Il n’est peut-être pas le meilleur des maris, mais il aurait pu être pire. » Elle continuait de pleurer, pensant son mari qui devait être bien loin d’Edimbourg aujourd’hui.


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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Sam 7 Mar - 13:25
C'est réellement une surprise pour moi que de sentir la main de Jane serrer la mienne pour dire qu'elle accepte ma proposition. Je ne pensais sincèrement pas qu'elle accepterait ma proposition, préférant surement rester seule pour épancher sa peine. De toutes évidences, je me trompais. sa main agrippant la mienne semble désespérée que je rétracte ma proposition. Cela me brise le coeur de voir ma demi-soeur ainsi. Oh Seigneur ! Vous êtes si cruel ! Pourquoi punir Jane à la place d'Archibald ? Je suis certaine que Jane n'a jamais fait un péché qui aurait pu conduire à une telle chose !

Si j'avais le pouvoir de le faire, j'aurais été à l'encontre de la volonté divine sans l'ombre d'une hésitation, mais je ne peux pas. Je ne peux que juste me montrer forte pour soutenir Jane dans cette épreuve horriblement injuste. Les prochains jours vont être difficile mais nous les surmonterons, j'en suis convaincue !

Avec un léger embarras, Agnès se propose d'aller chercher de la boisson. Si ma belle-mère veut du vin avec de l'eau, je demande s'il est possible qu'on ramène également des biscuits. Je reconnais que le voyage m'a affamé, mais ma manoeuvre a également pour but de m'assurer que Jane mange un peu. Cela ne m'a pas été formulé clairement devant moi, néanmoins, il n'est pas bien difficile de deviner au visage blafard que ma demie-soeur n'a pas beaucoup mangé depuis ce funeste jour.

Le départ d'Agnès a laissé apparaître soudainement un profond mal-être chez Jane. Inutile d'être divin pour comprendre que c'est à cause de la grossesse toujours en cours de notre cousine. Ne sachant que dire face à son désarroi, je la prends dans mes bras afin qu'elle puisse pleurer sur mon épaule. Je parviens difficilement à ne pas pleurer avec elle mais je me dois d'être forte pour elle. Si je me mets également à pleurer, mon soutien dans les prochains jours sera inutile. Je reconnais toutefois avoir peut-être les yeux un peu billant.

Puis, Jane se met à évoquer son mari. Je ne cache pas la moue en entendant Jane dire qu'elle ne veut pas qu'on fasse du mal à Archibald. Qu'est-ce que j'aurais aimé pouvoir le traîner par son pantalon pour le ramener auprès de ma soeur afin qu'il la soutienne dans cette épreuve !

-On s'assurera que James soit au courant de ta volonté, Jane. Ne t'en fais pas pour ça ! Par contre, je pense que nous pouvons difficilement te promettre de ne pas lui rendre la vie impossible si jamais il venait à paraître devant nous, ne serait-ce que parce qu'il a juré devant Dieu de t'assister dans la joie et le chagrin !

Au fur et à mesure que je parle, mon ton badin devient féroce alors que j'imite sur les derniers mots un prélat quelconque officiant un mariage. Clairement, le non respect de son serment de mariage sera ma raison officielle de mon comportement à son égard dans les prochains mois, que dis-je, années. Quant au modèle que je prendrais pour être insupportable, je n'ai pas besoin de chercher bien loin : ma belle-mère fera tout à fait l'affaire !

-De toutes façons, puisque je vais rester quelque temps avec toi, continue-je sur un ton badin, il devra fournir une bonne excuse pour ne pas être présent en ce moment s'il veut te voir !

Je sais que je n'ai pas le droit d'interférer entre les affaires de Jane et de son mari, mais je n'hésiterai pas à le faire si c'est nécessaire pour que Jane retrouve une certaine sérénité. Et puis, je suis princesse d'Ecosse, même si je suis bâtarde, je pense que j'ai surement le pouvoir d'ordonner de tel acte à Archibald s'il le faut.
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Sam 4 Avr - 18:59
Perdre un enfant est la chose la plus terrible pour une mère, les parents ne doivent pas suivre leurs enfants dans leurs tombeaux, non, les géniteurs doivent mourir avant. Or, ma cousine, ma chère et douce Jane a perdu son enfant. Son premier-né, pauvre Jane. Avec ma tante, ma cousine Margaret, nous avons décidé de lui rendre visite bien que j'ai peur que ma présence pour Jane ne soit pas supportable à cause de mon état. Je suis enceinte et elle … Elle a perdu son bébé. Pourquoi les fées sont detestables avec nous ? Pourquoi avoir enlever l'enfant de Jane ? Pouquoi ? Jane est une femme qui mérite plus, mais le destin a décidé qu'elle soit triste ! Cela est horrible ! Pourquoi les augures ne sont jamais bon pour cette princesse ? Nous arrivons près d'elle, puis, par la suite, Margaret s'assoit près de Jane, tandis que ma tante et moi, nous sommes plus éloignées, je pose ma rose dans un vase, ma cousine me remercie. Je propose par la suite d'aller chercher des boissons, histoire de les laisser seules. Je me sens comme une intruse, une pertiférée à cause de mon état. Je me mordilles les lèvres, je regarde ma tante avec un regard plein de détresse. Je devais partir, il le fallait.

Marie de Guise - Quelle délicate attention de ta part, Agnès. Tu peux, si tu le souhaites, aller nous chercher de l’eau coupée avec du vin. Le voyage m’a assoifée.

Je souris à ma tante, j'observe mes deux cousines, nous étions différentes toutes les trois, l'une rousse, l'une brune et moi blonde. Jane acquisse pour boire du vin, tandis que Maggy me demande des petits biscuits. Une idée me vient, faire des gâteaux. Je sortis de la chambre après avoir entendu Jane pleurer. J'aurais aimer la serrer dans mes bras, lui apporter plus de couleurs mais pour l'instant, je lui donne que la pénombre et la tristesse. Je n'aurais jamais dû venir ici pour la voir, je n'aurais pas dû écouter mon cœur … Je vais dans les cuisines, je souris au cuisinier puis je lui demande si je peux préparer avec eux quelques biscuits et les gâteaux que rafolle Jane. Je leur demande également du vin et quelques boissons, les serviteurs amènent le vin et l'eau ainsi quelques biscuits tandis que moi, je reste ici pour préparer d'autres biscuits et les gâteaux que Jane aime. Oui, je voulais faire plaisir à ma cousine, je voulais que dans son regard, on voit de la lueur dans ses yeux et non la pénombre. Je souris et je suis contente de pouvoir l'aider autrement à retrouver son sourire. Il fallait que je l'aide ! Oui, ma cousine Jane est précieuse pour moi. Le cuisiner me donne un tablier, je retrousse mes manches et je commence à préparer les gâteaux. Il devait être parfait, je me demande ce que disent les filles. Je souris, une de mes mèches tombe, je la ramasse et je continue de préparer le gâteau pour Jane. Je souris.



HJ : désolé pour le retard les filles I love you
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Mar 14 Avr - 18:05
Tant de bonheur sacrifiait pour Jane. La douleur s’estomperait. Le temps ferait son œuvre. Elle avait perdu son enfant. Hélas, c’était monnaie courante. Elle en aurait un jour, des enfants. Elle était trop triste pour pouvoir espérer une once de bonheur. Perdue dans mes pensées, je n’aimais pas l’idée que Jane rejette ainsi Agnès sous prétexte qu’elle soit enceinte. Agnès n’avait rien demandé à personne, tout comme Jane. C’était douloureux – la blessure se guérirait. Nous étions impuissantes face à son malheur. Nous pouvions essayer de la soulager mais rien n’effacerait le traumatisme qu’elle a subi. Margaret allait rester auprès d’elle, elle cherchait probablement une échappatoire à son futur qui lui ouvrait les bras. J’espérais que cela soit bénéfique autant pour l’une que pour l’autre. Nous étions toujours tout seul dans ce monde. Il fallait se montrer fort. Nos problèmes ont devait les garder pour nous. Margaret et Agnès compatissaient au malheur de Jane. Moi aussi, bien sur. Ce ne serait pas le cas de tout le monde à la cour même si tout le monde lui montrerait le contraire. « Tu connaîtras ce bonheur, Jane. Chasse ces pensées de ton esprit et ne remets pas la faute sur ta cousine. Agnès se faisait un plaisir de venir te voir, ne la rejette pas. Elle n’y est pour rien. » Des paroles justes afin de secouer un peu petit Jane, je comprendrais mieux quiconque celle qu’elle ressentait. J’estimais qu’il était temps de la remuer, lui remettre les idées en place, ce n’était jamais bon de se laisser morfondre ainsi.

Margaret réconfortait Jane. Je me levais et d’un pas lent pour me diriger vers la fenêtre. Je regardais ce qu’il se passait dehors. J’écoutais ce que mes filles disaient. Que James s’en prenne à Archibald et que les deux meurent dans un duel pourrait grandement arranger mes affaires. Je soupirais de lassitude, je savais d’avance que les deux resteraient en vie de toute manière. Jane n’avait pas totalement tord cela dit, Archibald n’était qu’un homme dicté par ses envies. La vie était ainsi faite. « Archibald Campbell n’a aucune excuse à te fournir, Margaret. » Mon ton se veut autoritaire, les paroles de Margaret sont déplacées. Archibald trouverait une bonne excuse pour ne pas avoir été là aux côtés de Jane. Nous serions toujours autant impuissantes. De plus, nous aurons remué le couteau dans la plaie et causé autour de nous encore plus de peine et de querelles. « Quand bien même, tu ne devrais pas le voir ou peu, il sera envoyé en mission dés que j’aurais quitté cette chambre. Cela évitera un quelconque débordement. Jane, tu as plus besoin de la présence de Margaret que celle de ton époux. »

Agnès comprenait le malheur que ressentait Jane, j’en étais certaine. C’était pour cela qu’elle ne revenait pas. Le temps avançait, nous parlions et Agnès n’était toujours pas là. « Mais où est-elle ? » marmonnais-je… Je me dirigeais vers la porte, je l’ouvrais et demandais à des servantes d’aller voir où était Agnès, sur un ton de plaisanterie je rajoutais que nous allions mourir de faim et de soif. Je voulais détendre l’atmosphère un peu. Agnès tardait et j’espérais qu’il ne lui soit rien arrivé. On était à l’abri de rien. Je m’attendais à tout. Plus rien ne m’étonnait. « Ce pourrait-il qu’elle se soit perdue ? » Je regardais Margaret et Jane d’un air plus que perplexe, je ne pensais pas qu’elle s’était perdue mais, elle mettait du temps à revenir…
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Jeu 23 Avr - 17:02

La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme.



Septembre 1554.
Forteresse de Stirling.


Elle devait paraître si faible, là dans son lit, telle une morte. Jane s’en voulait de cet état, mais son corps et son âme souffraient et ne cessaient de lui rappeler, qu’elle ne serait jamais heureuse. Ce bébé était le symbole de la dernière chance, un petit être qui aurait pu l’aidé à renouer avec Archibald et qui aurait aidé à faire en sorte que le couple soit heureux. Jane pensait qu’elle avait mal fait, qu’elle n’était pas parvenue à protéger son enfant, parce qu’elle était faible. Faible. Elle l’avait toujours été et rien ne changerait, pas même dans le futur. Quelle honte, son enfant était en bonne santé, il était beau et par sa faute, parce qu’elle n’était pas parvenue à le garder dans son ventre, il était mort. Elle était indigne de son rang. Indigne d’être un jour une mère.
Son attitude avait fini par faire fuir Agnès, qui était partie chercher Dieu sait quoi dans le château. Jane s’en voulait, mais voir le ventre arrondi de sa cousine lui donnait mal au cœur. Elle se sentait mal, rien qu’en sachant qu’Agnès allait avoir son deuxième enfant, alors qu’elle, elle n’en aurait plus jamais. Jane était plus semblable à sa belle-mère Marie de Guise, qui avait déjà perdu trois enfants, dont deux étaient morts et la troisième, la petite Mary se trouvait en France. En pensant à cela, elle ne put que serrer la main de sa belle-mère, pour chercher du réconfort auprès d’elle. Sous ses apparences froides, la reine douairière était une femme tendre et Jane la respectait beaucoup pour ça.

« Oui je sais, je ne lui en veux pas, mais pour le moment, je ne peux pas voir de femmes enceintes, ni de bébés, la douleur est trop intense. Cela s’apaisera, je le sais, mais pas pour le moment. Agnès comprendra. Je pense. » Répondit la jeune femme d’une voix faible. Elle ne voulait pas rejeter Agnès, mais pour le moment, elle n’avait pas le choix.

En ce qui concernait la suite, la jeune femme avait demandé aux deux personnes qui restaient dans la chambre, de ne rien faire à Archibald, Margaret comme à son habitude, indiqua elle ne pourrait guère s’empêcher de l’ennuyer quand elle le verrait. Elle eut un faible sourire en voyant tout l’amour que sa demi-sœur ressentait pour elle et lui serra à elle aussi la main. Si elle n’avait pas eu, il y avait bien longtemps qu’elle se serrait perdue. Marie de Guise était plus catégorique en ce qui concernait la question d’Archibald, un peu furieuse, elle lui indiqua qu’elle enverrait, dès qu’elle quitterait cette chambre, Archibald en mission, pour éviter qu’il ne la croise à nouveau. Jane était soulagée, même si son mari s’était éloigné du palais royal, ne plus le voir pour un certain temps, lui ferait sûrement beaucoup de bien.
« Je vous remercie. » Répondit la jeune femme, avant de reprendre. « Je ne sais pas ce que je ferais sans vous. » Elle regarda simultanément, sa demi-sœur et sa belle-mère. La guérison prendrait du temps, ça s’était certain, mais elle y parviendrait. Jane ne savait pas si elle redeviendrait un jour la jeune femme forte qu’elle avait été par le passé. Le chemin serait à nouveau long, mais c’était cette personne qu’elle aimerait devenir. Mourir n’était pas une solution, mais la vie était à ses yeux, trop longue et sans enfants, elle ne méritait pas d’être vécu. « Je ne sais si je pourrais être heureuse un jour, j’aspirais qu’à une chose, avoir un enfant, mais ce rêve est révolu. » Les larmes commencèrent à couler le long de ces joues. Elle pensait à ce petit être mort qu’on avait placé dans ses bras, un fils sans vie.

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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Jeu 7 Mai - 17:21
Mon coeur ne cesse de se serrer de voir Jane si faible, elle qui était si pleine de vie il y a quelques semaines ! Dieu est décidément bien cruel envers elle. A mes yeux, c'est une profonde injustice que de faire payer ma demi-soeur pour les erreurs de son mari.

-Oui, Jane ne t'inquiètes pas, Agnès comprend ton attitude. Dis-je afin d'approuver ses paroles concernant notre cousine. Je suis certaine qu'elle ne t'en veux pas.

Après tout, qui pourrait en vouloir à une femme venant de perdre son enfant pas encore né de la plus dure des façons ? Personne, à moins que ces personnes soient des gens sans coeur -comme Archibald, par exemple.

Je ne cache absolument pas mon expression outrée quand ma belle-mère me dit qu'Archibald ne me doit aucune excuse. Ne voulant pas provoquer une dispute inutile devant Jane je ravale à grand peine la remarque cinglante que j'ai sur le bout des lèvres. Et le fait qu'il ait détruit le bonheur de ma soeur, cela ne compte pas pour recevoir des excuses ? Néanmoins, je ne peux qu'approuver les dernières paroles de ma belle-mère : ma prochaine tâche va être de tout faire pour que les tristes pensées soit chassées de l'esprit de Jane.

-Tu entends Jane, Déclare-je dans une confidence qui se veut discrète même si je fais tout pour que Marie m'entende, notre belle-mère est d'accord avec moi ! Les neiges risquent d'être bien précoces et violentes en Ecosse cette année ! Tu vas voir, d'ici la fin du mois, on va avoir assez de neige pour que nous puissions aller dans le parc pour faire des balades en traîneau !

Si j'avais prononcé cette remarque à la Cour, j'aurais surement connu un châtiment des plus horribles pour mettre légèrement moquée de la Régente (quoique je reconnaisse que je risque tout de même de me faire houspiller). Néanmoins, c'est une veine tentative pour apporter un peu de gaieté dans cette pièce qui ne cesse de respirer la tristesse depuis quelques jours. Je n'ai plus qu'à prier pour que Marie ne me gâche pas mes efforts !

Toutefois sa question concernant Agnès attire également ma perplexité. C'est vrai qu'elle mettait beaucoup de temps pour revenir !

-Aucune idée, réponds-je à l'interrogation avec un haussement d'épaules. Peut-être qu'elle a été voir que le ciel ne tombe pas sur la tête en raison de notre accord sur le fait que je reste ces prochains jours avec Jane ?

Autant continuer sur cette lancée, peu importe quelle bêtise je pouvais dire, tout est bon pour éloigner Jane de ces pensées moroses. Et c'est quand elle évoque sa peine de voir son rêve de maternité s'envoler que je la prends dans mes bras pour lui offrir une étreinte qui se veut la plus réconfortante possible...
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Jeu 21 Mai - 17:07

Agnès

ft. la famille
Il était une fois
Pour remonter le moral de ma cousine Jane, je suis prête à tout, j'ai donc décidé de préparer les gâteaux que ma cousine aime tant. Au départ, je commence à préparer la pâte, puis le cuisiner me demande de le laisser faire pour l'opération suivante. Il prends les commandes, je le regarde faire. Un membre du personnel de la cuisine me demande par la suite si je voulais un met, je lui réponds que oui. Je goûte un petit biscuit après avoir remercier le membre du personnel. Que se passe-t-il là haut ? Je me demande ce qu'elles peuvent dire. Je soupire, je continue d'observer le cuisiner faire. J'aimerais tant qu'on me laisse cuisiner pour ma famille et moi et non que ce soit une autre personne qui cuisine pour nous. On dit que ceux qui cuisinent transmettre leurs émotions et sentiments lors de la préparation de leur plat. Je me pose la question si cette idée est vraie. Je souris, par la suite, le cuisiner dépose le gâteau sur un plat. Il finit les dernières finitions. Il me demande d'attendre un petit peu avant d'aller le servir à ma famille. J'acquisse ma tête et je regarde l’environnement. Je remarque également que j'ai de la farine sur mes joues, je ris doucement. Je finis par me nettoyer ma joue salit par la farine.


Par la suite, il est temps pour moi de revenir avec le gâteau, ce dernier est refroidit, les serviteurs le prennent avec délicatesse tandis que moi, j'apporte de nouveaux des boissons, de l'eau et du vin. Je souris. Comment Jane va réagir en voyant le gâteau que j'ai préparé pour elle ? Ma tante bien-aimée va-t-elle me réprimander d'être partie pour faire ce met pour Jane ? Je soupire en me demandant comment la suite des événements vont se dérouler. Un serviteur toque à la porte, nous rentrons chargés de nos victuailles. Je pose mon regard sur les trois femmes qui comptent pour moi. Marie de Guise est comme une mère pour moi, bien plus que la mienne. Pour moi, ma tante est quelqu'un sur qui on peut compter. Je sais que si j'ai un problème, elle saura là pour moi. Il faut que je vois avec elle une question concernant mon fils aîné, Alexander. Puis, il y a Jane … Ma cousine, celle que j'admire tant par son courage. Jane a toujours été pour moi, un repère. Elle est importante pour moi. Si j'ai une fille, elle se nommera Jane. J'aimerais que ma fille soit courageuse et bienveillante. Et, Margaret ? La petite rousse est ma cousine, je l'aime beaucoup. Je regarde ce trio impressionnant. J'ai peur, je me sens intimidée. Je me mordille les lèvres, un serviteur dépose le gâteau sur une table. J'observe ma tante et Jane. Que dire maintenant ? Je ne sais pas quoi dire maintenant. Peut-être m'excuser de mon absence. Oui, ça c'est une idée !

Agnès – Je suis désolée pour mon absence, je voulais préparer quelque chose pour Jane. Je baisse ma tête, et je rougis.


Agnèsla perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme
(c) ystananas
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Mar 26 Mai - 19:32
D’un air désolé, je regardais Jane. Je savais exactement ce qu’elle devait ressentir, ce qu’il se passait en ce moment-même dans sa tête. La douleur, la souffrance, le sentiment d’être la pire mère qu’il existe au monde, l’abandon total, les pensées comme quoi c’était la fin elle n’aurait plus jamais d’enfants. Tout était faux. Ce n’était que des illusions crées par les émotions ressentis par la perte de l’enfant tant attendu, tant espéré. Elle se remettrait, cela serait long. Il m’arrivait encore de penser à mes enfants mais, la douleur s’était estompée, effacée avec le temps. Le temps supprimait toutes nos peines et nos tristesses.

Très féministe, je défendais la valeur des femmes parfois elles étaient plus soldats que les soldats eux même. Certaines avaient plus de mérites que certains hommes. Jamais, ils ne comprendraient ce que pouvaient ressentir une femme par la perte de son enfant, ce que ça faisait de voir son enfant mort, son ventre infécond, son ventre vide. Jane serra ma main, je lui caressais tendrement le dos de sa main avec mon pouce, pour la réconforter. Je restais silencieuse même si je n’étais pas d’accord avec les paroles de Margaret. Aucune surprise... je n’approuvais pas ses propos. Agnès aurait du mal à comprendre pourquoi Jane la rejette ainsi, elle qui se faisait une joie de venir la voir. Ce n’était pas par hasard si elle s’était éloignée aussi longtemps de la chambre de Jane. Margaret ignorait tout de ces choses-là.

Indignée, toujours plus par ce que disait Margaret je soupirais de manière à ce que tout le monde le remarque. « Notre belle-mère est d’accord avec moi » Hélas...Je détournais la tête de Margaret, cette petite m’insupportait mais je ne gâcha pas ses efforts de faire sourire Jane et de lui changer les idées. Toutefois, je ne pu me contenir bien longtemps... « Margaret Stuart, vous me fatiguez. Vous n’imaginez pas à quel point... » Je prononçais ces mots tout en revenant me rassoir sur mon siège prés de la fenêtre. Je ne pu continuer, des serviteurs entrèrent dans la chambre l’un d’eux déposa un gâteau sur une des tables. J’étais dépitée. Tiraillée entre si je devais rire ou au contraire pleurer. Agnès avait fait une délicate attention pour Jane, je n’étais cependant pas certaine que cette dernière sache apprécier ce geste à sa juste valeur. Toutefois, à mon sens l’heure n’était pas à la cuisine et au gâteau. Son initiative risquait d’être relativement mal accueillie, je craignais une réaction impulsive de la part de Jane.

Je regardais Agnès dans les yeux. « C’est très gentils de ta part Agnès, à quoi est-il ce gâteau ? » Les serviteurs nous servirent à boire et découpèrent quatre parts du gâteau. Puis, je leur fis un signe pour qu’ils nous laissent seules. Et je repris la main de Jane en lui serrant légèrement, ce n’était plus un signe de réconfort c’était pour éviter tous conflits supplémentaires. J’attendais d’elle qu’elle comprenne malgré sa douleur, qu’elle modère ses propos et fasse preuve de bon sens. Agnès n’avait pas de mauvaises intentions malgré son ventre rond. Si elle n’était pas venue, on lui aurait reproché. Alors que faire ? « Nous commencions à nous inquiéter ! Nous avons bien cru que le ciel t’était tombée sur la tête, ma fille. » Je lançais un regard à Margaret, me moquant doucement de sa remarque précédente tant je la trouvais ridicule et ridiculement mal placée. Je pris un verre de vin que je portais à ma bouche tout en imaginant mille et un scénarios pour la suite...
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Mar 16 Juin - 17:30

La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme.



Septembre 1554.
Forteresse de Stirling.


Ne pouvaient-elles donc pas arrêter de se lancer des pics, même dans un moment aussi grave ? Jane qui avait à ses côtés deux ennemies, sa belle-mère Marie de Guise et sa demi-sœur Margaret ne comprenait pas pourquoi les deux femmes n’étaient pas capable de faire une trêve, alors qu’elles se trouvaient à son chevet. Elle écoutait mais n’avait pas la force de pouvoir dire quelque chose, ni envoyer une brimade aux deux femmes. Surtout, que ce n’était pas l’envie qui lui manquait. Elle souffrait, elle ne voulait pas entendre de mal autour d’elle. La jeune femme détourna le visage, laissant sa belle-mère et sa sœur se lancer des brimades entre elle. Le sujet tournait autour de la disparition d’Agnès et même si Margaret avait tenté de rassurer sa sœur, à propos de son comportement envers sa cousine, Jane ne pouvait que se sentir coupable de la rejeter. Elle ne pouvait pas faire autrement, elle se sentait mal de voir le ventre arrondi d’Agnès, alors que le sien était vide et ne contiendrait jamais d’enfant. Elle était stérile, telle la terre, inutile et plus rien n’avait de sens pour la jeune femme qui aurait aimé rejoindre son bébé, plutôt que de rester ici. Seule. Elle ne le montrait pas, mais le départ d’Archibald l’affectait plus que de raison. Elle aurait aimé que son mari soit à ses côtés pour la soutenir, mais non, maintenant, elle savait qu’elle ne pourrait jamais compter sur Archibald Campbell et encore moins sur le reste de sa famille des Hightlands.

« J’espère qu’elle le comprendra, je ne souhaite pas la blesser… Mais… Me dire qu’elle a déjà un fils, qu’elle a laissé en Angleterre, alors que moi je ne peux pas en avoir un m’est insupportable. » Elle se détourna à nouveau, ne voulant pas juger sa cousine, même si au fond, elle désapprouvait vraiment le comportement de la jeune Agnès Livingstone.
Jane ne répondait pas face aux nouveaux piques que s’envoyaient Margaret Stuart et Marie de Guise, elle était lasse, elle préférait les voir toutes partir, mais c’était trop impoli de les congédier, si bien qu’elle n’osa pas entrouvrir les lèvres, pour leurs demander de partir. La dernière remarque de la régente d’Ecosse fit hérisser les poils sur les bras de la convalescente, qui osa enfin s’exprimer.

« S’il vous plait ! » Disait-elle d’une voix faible, qui n’avait pas beaucoup de portée et n’aurait eu certainement aucun impact auprès des deux femmes, si elles n’avaient pas eu le moindre égard pour Jane.
Bien qu’elle redoutait ce retour, Jane était contente de voir Agnès revenir, au moins, elle allait pouvoir mettre fin à toutes ces boutades. La lady la regarda quelques secondes, pour voir que sa cousine avait été préparé un dessert, qu’un serviteur déposa sur une table. Ce geste étonna Jane qui s’étonnait de voir que les cuisines avaient laissé une jeune noble préparer elle-même un met. Elle ne dit rien de plus et acquiesça simplement en guise de remerciement. Depuis des jours elle ne pouvait rien avaler à part du simple bouillon et la jeune femme avait l’estomac qui se retournait, rien qu’en pensant qu’elle pouvait manger un dessert qui paraissait copieux.
« Madame, Margaret ? Pouvez-vous me promettre de ne plus vous disputer devant moi, cela me peine. » Disait-elle d’une petite voix. La jeune femme avait pris son courage à deux mains, tout en sachant très bien que les deux femmes ne pourraient pas s’empêcher de s’envoyer des piques en présence de n’importe qui. Tout ce qu’elle voulait, c’était un peu de paix pour le moment.

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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Mar 30 Juin - 9:51

LA PERTE D'UN ENFANT EST LA CHOSE LA PLUS DURE POUR UNE FEMME

Comme il fallait s'en douter, ma belle-mère n'apprécie que fort peu ma tentative pour redonner le sourire à Jane. Son exaspération est plus que perceptible, même en ne la regardant pas ouvertement. Mais celle-ci a autant d'impact sur moi que si on me rapportait les derniers problèmes digestifs d'une obscure comtesse des Hightlands. Autrement dit, pour le dire de manière fort peu adéquate pour mon rang : je m'en cogne dans les grandes largeurs.

La seule personne dans cette pièce dont l'avis m'importe un peu est Jane et celle-ci a émis une petite protestation face à nos éternelles pics entre notre belle-mère et moi-même. A son égard, je ne répands pas davantage de venins à l'encontre de Marie de Guise. Mais que celle-ci n'imagine pas que je le fais à cause d'une intimidation de quelconque nature ! Ce n'est vraiment pas ses soupirs d'exaspération qui vont me faire peur cette fois-ci ! A cet effet, je la regarde pendant de longues secondes, comme pour la mettre au défi de le faire. Comme j'ai pris la résolution nous menant ici, ce ne sera pas moi qui n'enclencherait une dispute semblable au fameux incendie de Rome. Je lui laisse plus que volontiers ce plaisir !

Mon duel de regard s'interrompe face au retour de ma cousine dans la pièce. Celle-ci rougissante, avoue avoir fait un dessert pour plaire à Jane. Je me retiens à grand peine de hausser un sourcil dans sa direction. Agnès sait cuisiner ? Voilà une chose que je ne savais pas ! Pour ma part, je suis bien incapable de le faire, les serviteurs de ma mère ont tendance à me chasser des cuisines à grand fort de coup de torchon à cause de la véritable catastrophe ambulante que je suis à des fourneaux. Toutefois, cela ne les ont jamais empêché de me donner une ou deux sucreries quand j'étais petite fille sans que ma mère et mon beau-père ne le sache.

Avec tout de même une certaine perplexité, je mange précautionneusement le gâteau dans le cas où Agnès ne soit pas doué dans ce domaine. Avec un certain soulagement, je me rends compte qu'elle n'a pas hérité des même dons culinaires que moi. Son gâteau est plutôt bon, ma foi !

Toutefois, je manque d'avaler un morceau de travers en entendant la dernière phrase de Marie. Outrée, voilà l'expression qui apparaît quand je la regarde. Bah tiens ! Il y a quelques minutes, cette phrase était des plus incongrus pour elle et voilà maintenant qu'elle la réemploie ! Quelle hypocrisie !

Avant de lui répliquer une phrase bien acerbe, ma demi-soeur nous déclare son souhait d'éviter d'assister à l'avenir à nos disputes. Je lui adresse un sourire rassurant avant de lui déclarer :

-Nous respecterons ton souhait, Jane, n'est-ce-pas ma très chère belle-mère ?

A la fin de ma phrase, je lui adresse un regard noir pour la décourager de toutes idées de contestations. Inconsciemment, ce regard noir est également pour moi d'éviter de sentir mon coeur se serrer car j'ai bien été incapable de redonner le sourire à ma demi-soeur.

Finissant ma tasse de thé, mon regard est soudain animée par un mouvement dehors. Je fronce les sourcils en me redressant.

-Veuillez m'excuser, je vais voir les serviteurs, ils sembleraient qu'ils aient quelques soucis avec nos bagages. Ne te dérange pas Jane, je vais aller voir ! Dis-je pour la dissuader de vouloir accomplir son rôle d'hôtesse. Agnès, ton gâteau était très bon.

Je me contente d'un hochement de tête en direction de ma belle-mère pour prendre congé. La porte refermée, je m'adosse au mur pour essayer de reprendre le contrôle de mes émotions avant d'aller voir ce qui se passe avec les bagages. Les prochains mois s'annoncent bien difficile pour notre famille. Il va donc falloir que les Stuart se montre plus unis que jamais pour empêcher nos ennemis d'en profiter !

crackle bones
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Jeu 2 Juil - 18:27

Agnès

ft. la famille
Il était une fois
Je me suis excusée de mon absence, je regarde ma tante Marie de Guise ainsi que mes cousines. Je ne sais pas si les mets que j'ai apporté pourront plaire à leurs palais. Je voulais apporter une douceur dans l'enfer de ma douce Jane.

Marie - C’est très gentils de ta part Agnès, à quoi est-il ce gâteau ? Elle sert la main de Jane. Nous commencions à nous inquiéter ! Nous avons bien cru que le ciel t’était tombée sur la tête, ma fille.

Agnès – Merci ma tante, il s'agit d'une tourte bourbonnaise. Dis-je en souriant avec timidité. Ne vous en faites pas, il ne m'est rien arrivé.

Je regarde chacune des femmes présentes, elles font partie de ma vie, chacune d'elle avait sa place dans mon cœur. J'écoute Jane, elle souhaite que Marie de Guise et Margaret cessent de se disputer, je les regarde sans rien dire. Je voulais m'approcher de Jane, lui donner ma main, mais je me retient. J'avale ma salive péniblement. Que faire maintenant ? J'aimerais partir et me reposer loin d'ici. Mais, je ne peux pas, je dois veiller sur ma cousine. Pauvre Jane … Margaret mange le gâteau, je la regarde faire . Je reste de marbre, immobile. Ne sachant quoi faire de plus qu'être là. Par la suite, Margaret déclare qu'elle et Marie respecteront le contrat.

Par la suite, ma cousine nous laisse toutes les trois, elle me félicite. Je lui fais un petit sourire. Je respire doucement, et je me rapproche de la fenêtre. J'ai besoin de respirer, de prendre l'air. Je me mordille les lèvres, presque à les faire saigner. Mon bébé me donne des coups, mais je ne réponds pas. Je serre mes poings. Je respire doucement, je dois être forte pour Jane, pour elle. Mais c'est difficile. Difficile d'être là alors qu'elle a perdu son ange et que moi je sois fertile. Non, c'était une mauvaise idée. Je m'en veux, terriblement. Mais si je n'avais pas été là, Jane me l'aurait rapproché ? Sans doute oui. Je soupire, il faut que les Stuart s'aident ou notre famille finira mal. Je me retourne après plusieurs minutes de silence.

Agnès – Jane, avez-vous besoin de quoique ce soit ? Dis-je d'une petite voix. Vous voulez que je vous rajoute un coussin ? Je voulais l'aider. Je souris. Dites moi, Jane, je serais ravie de vous aider ou si vous préférez je peux partir ? Pour elle comme pour moi, il valait mieux que je parte. Je regarde ma tante.


agnèsla perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme
(c) ystananas
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Lun 27 Juil - 14:38
Le coeur de Jane était lourd. Le fardeau était insupportable à porter. Elle me faisait de la peine de la voir dans cet état, c’était encore trop frais. Elle reprendrait goût à la vie. J’allais réfléchir à une nouvelle fonction à lui donnait, un nouveau but, un nouvel objectif à atteindre. C’était tout ce que je pouvais faire pour qu’elle reprenne pied. Margaret m’insupportait. Nous dérangions Jane, je le voyais. Ses paroles étaient intolérables, elle en voulait certes à Archibald mais nul besoin de proclamer des calomnies. Je grommelais dans mon coin, me maudissant de ne pas avoir trouvé un prétexte pour ne pas emmener Margaret. « Naturellement. Ne vous en faites de rien, Jane. ». Je levais un sourcil à l’affirmation de Margaret, toujours dans mon habitude de silencieusement contredire tous les faits et gestes de ma belle-fille. Pourquoi Jane se lèverait-elle alors qu’elle est alitée ? Invraisemblable.

« Une tourte bourbonnaise. Vous êtes une excellente cuisinière, je suis fière de vous, Agnès. ». Mes compliments étaient sincères. Agnès était parfois maladroite par son comportement mais cette enfant me surprenait de jour en jour. Soulagée que Margaret ne soit plus la pièce, je saisis la main de Jane et la serra doucement pour lui montrer ma bienveillance et sans un mot m’excuser de l’avoir importunée. Agnès s’approche doucement de la fenêtre. Je compris qu’il était temps pour nous de prendre congé. Agnès demanda une dernière fois à Jane si elle avait besoin de quelque chose. Je lance un regard à Jane qui en dit long, qui la supplie de ne pas agir trop hâtivement. Agnès ne veut que son bien et l’aider. Elle n’est pas fautive du drame qui a touché Jane et encore moins d’elle-même porter un nourrisson.

« Nous allons nous retirer de toute manière, Agnès. Nous avons suffisamment abusé de son temps. Tu dois te reposer, Jane. Nous ne serons pas loin si tu as besoin de nous. Nous allons aller nous installer. Nous reviendrons te voir plus tard. ». Je me levais, posant mon assiette vide sur la table. Prenant une dernière gorgée de vin. J’embrasse Jane sur le front, tout ira mieux désormais - nous sommes auprès d’elle, elle n’est pas seule. « Je suis là si vous avez besoin de moi. » chuchotais-je à l’attention de la mère éplorée. « Venez avec moi, Agnès. ». Je lui souris pour que cette dernière me suive. Nous prenions congé, Agnès avait à peine vu Jane mais c’était suffisant pour aujourd’hui. Il ne fallait pas ébranler un peu plus l’humeur de Jane qui n’était pas au beau fixe.

Je sortis de la pièce ordonnant aux serviteurs de faire vite et de débarrasser les victuailles. J’attrapais une servante au passage lui demandant d’aller chercher un bouquet de fleurs et de l’ajouter pour orner et donner un peu de gaieté à cette pièce bien pauvre. « Veillez à ce que les rideaux restent ouverts. Le soleil doit rentrer et illuminer la pièce. Demain, dès l’aube aérez la chambre. Veillez à ce que des fleurs soient apportées là où repose l’enfant, également. Nous nous chargerons du reste.». La servante me répondit par un oui, madame. J’allais faire bouger les choses ici pour donner un peu de vie à ce lieu qui respirait la tristesse et la mort. Dés le lendemain, je prévoyais de lever Jane, une ballade dans le parc ne lui ferait pas de mal. Elle devait se lever, sortir de cette chambre et prendre l’air. Je comptais sur Margaret pour lui rendre le sourire.

Jane était une fleur fanée qui avec un peu d’eau, de l’amour et de l’attention reprendrait forme, recommencerai à fleurir et ferait des pousses. Ca prendrait du temps. Mais, pas à pas. Petit à petit, Jane reprendrait vie. La perte d’un enfant est la chose la plus dure pour une femme mais rien n’est insurmontable. Dans la vie, tout à une fin même la tristesse de Jane...
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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  Sam 19 Déc - 18:34

La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme.



Septembre 1554.
Forteresse de Stirling.


L’enfant qu’elle avait perdu, Jane ne le retrouverait jamais et cette perte serait pour toujours irremplaçable. Elle n’était plus qu’un ventre stérile, un gouffre, une miséreuse que l’on pouvait laisser dans un coin, sans plus jamais s’en préoccuper. Sans enfant, une femme était pour toujours inutile, elle était une perte, un investissement qui n’avait servi à rien pour deux familles.
Durant de longs mois, Jane avait pu sentir son enfant bouger, elle avait touché son ventre et avait pu sentir son contact. Son enfant avait été son espoir, un avenir durant lequel elle aurait pu être heureuse, mais aujourd’hui, elle n’avait plus rien. Tous ces espoirs étaient retombés, son enfant était mort et désormais, il ne lui restait plus rien.
Sa famille était autour d’elle. Jane les voyait, elle lisait parfois de la pitié, de la peine, mais surtout elle se sentait accompagnée, même si Marie, Agnès et Margaret ne pourraient jamais rien faire pour adoucir sa peine et compenser ce vide qu’elle ressentait intérieurement. Son cœur était éteint pour un long moment. Archibald partie, Jane devait supporter la solitude ainsi que l’ombre de l’échec. Pour son mari et la famille de ce dernier, elle avait perdu beaucoup, elle n’était plus rien.
Son avenir serait sans enfant et une fois qu’elle serait remise de cette épreuve, Jane allait devoir prendre son temps et voir ce qu’elle allait devenir. Est-ce qu’Archibald serait de nouveau présent ? Elle n’en était pas certaine. Seule ou accompagnée, elle devra vivre et non se laisser mourir.

Agnès était revenue avec une tourte bourbonnaise, si elle était plus enjouée ou si elle avait eu le cœur à regarder sa cousine enceinte, Jane l’aurait probablement remercié, mais elle ne le souhaitait pas. Elle avait mal à l’estomac et en sentant l’odeur de la nourriture, elle fut prise de nausée, mais Jane s’en cacha pour ne pas vexer sa cousine. Elle resta allonger sans rien faire, sans parler.
Elle se sentait épuisée par tout ça et elle se demandait si un jour elle serait en meilleur forme. Sa fausse couche l’avait fatigué, elle souffrait intérieurement, dans son corps et dans sa tête. Prise d’un soupir, Jane ferma quelques instants les yeux. A ce moment-là, Marie de Guise indiqua qu’elle allait partir en compagnie d’Agnès. C’était sûrement mieux ainsi. Margaret resterait à ses côtés, elle prendrait soin d’elle et si elle ressentait le besoin de parler, elle serait présente.

« Je vous remercie pour votre visite. » Disait-elle d’une voix lasse. Elle voulait tout de même exprimer sa gratitude, même si la vue de sa cousine enceinte lui brisée bien plus le cœur. Elle ferma les yeux et attendit que les deux femmes soient parties avant de se tourner vers Margaret. Elle lui prit la main et la serra. Margaret partageait son sang et sans avoir besoin de lui parler, elle savait qu’elle la comprenait. Les Stuart étaient unis et même si Archibald était parti, Jane ne serait jamais seule.

FIN


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MessageSujet: Re: La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.  
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La perte d'un enfant est la chose la plus dure pour une femme. ► Marie, Margaret & Agnès.
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