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Nous nous situons aux alentours de mai/juin 1556.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
Nous recherchons aussi des membres du peuple.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Ven 16 Jan - 21:59
Si un jour je mettais la main sur le connard fini qui avait inventé le matin, je l'embrocherais volontiers à une rôtissoire, et le mangerais entier à mon petit-déjeuner. Sans rire, c'était la chose la plus stupide qui existât au monde. C'est en tout cas les premières pensées qui parvinrent à se frayer un chemin vers mon esprit embrumé lorsque les premiers rayons du soleil balayèrent mon visage, en ce matin de septembre. Bien vite, cependant, je récupérais l'essentiel de mes facultés mentales. Je détestais le moment du réveil, mais n'avais pas forcément de temps à perdre une fois les premières secondes écoulées. Un très léger mal de crâne était sans doute le résultat d'une pinte de trop la veille, mais autrement, je me sentais relativement en forme. Les cloches de la ville sonnèrent sept coups. Je me débarrassais des draps et me rhabillais, en vitesse et en silence, alors qu'Avaline Clives, la charmante espagnole rousse avec qui j'avais passé la nuit, se réveillait également.

" - Déjà debout ?
- J'ai à faire. Voilà pour ton service,"
fis-je en laissant une bourse pleine sur la table basse non loin. "Bonne journée."

Et sans attendre sa réponse, ni même avec un regard en arrière, je sortis et refermai la porte derrière moi. Pas désagréable, comme jeune femme, cette Avaline. Parfois un peu trop inquisitrice à mon goût, mais pas assez pour me convaincre de partir définitivement. J'eus un coup d'oeil rapide vers ma main gauche, dénuée de mon alliance, comme presque toujours. Je n'aimais pas que l'on sache que j'étais marié. A cela s'ajoutait un sentiment que je ne n'avais jamais connu, même du temps où je vivais avec les miens au Pays de Galles, et que je volais les bourses des plus riches pour acheter de quoi nourrir ma mère. Un sentiment diffus, presque inaudible, mais de plus en plus présent. La culpabilité. Je déglutis. Me sentir coupable n'entrait ni dans mes habitudes, ni dans ce mode de vie que j'avais fait mien, avec plus de gré que de force. L'idée que je n'étais sûrement pas le seul homme marié à tromper sa femme ne parvenait pas à faire taire cette minuscule petite voix que certains appelaient conscience, qui prenait tour à tour les traits de Luisa ou de son amie Annabeth, et qui commençait sincèrement à me courir sur le système. Oui, je trompais ma femme, une femme que j'avais épousé ivre mort et que je ne connaissais que bien peu. Peu de gens étaient au courant, j'avais tout fait pour éviter que le bruit se répande, par mesure de sécurité, pour nous deux.

Nous deux.

J'eus un grognement mauvais. Ombre et solitude étaient mes meilleurs alliés, depuis toujours. J'étais un électron libre, je travaillais sans l'aide de personne. Nul n'est mieux servi que par soi-même, n'est-ce pas ? J'étais l'exemple même du proverbe. Ma place, c'était à moi seul que je la devais. Les risques, je les prenais seul, trop content d'être le seul en jeu. Attache signifiant problème, j'avais renoncé aux attaches, et donc aux problèmes en tout genre. Seul, j'étais invulnérable. Sauf que je n'étais plus seul. Je devais compter avec Luisa, maintenant, qui risquait déjà sa vie en piquant de la fourchette dans l'assiette de la gamine Habsbourg, qui la risquait doublement si quelqu'un, un jour, avait le malheur de découvrir qu'elle avait épousé l'homme le plus haï de tous les criminels d'Angleterre. Mon nom devait être le premier sur la liste de cette joyeuse troupe de malfrats. Comprendraient-ils jamais qu'au fond, je ne valais pas mieux qu'eux, que j'agissais pour l'or, seulement pour l'or, et non pour la gloire ? J'étais un hors-la-loi au même titre que ceux à qui j'offrais indirectement un aller simple pour le cimetière, sauf qu'on tolérait mes incartades. Ou qu'on en avait besoin. A croire que les types de la garde n'étaient pas fichus de faire le sale boulot eux-mêmes. Enfin... Tant que j'étais payé, tout m'allait. Je songeais à la bourse pleine que j'avais laissé à Avaline, et à Luisa qui me trouvait trop économe. C'était bien trop ironique, comme situation.

Alors que je m'apprêtais à sortir du Red Lantern, je me retrouvais nez à nez avec une de mes connaissances, et pas des moindres. Un sourire moqueur naquit de lui-même sur mon visage d'ordinaire fermé, et j'assenai une grande claque dans le dos de l'homme, qui pourtant n'entrait pas dans le cercle, très, très restreint, de mes amis. Alliance pouvait parfois rimer avec méfiance, et le presque contrat que j'avais avec cet homme en était la preuve.

"Eh bien, Mortimer ! Ça en fait, du temps ! Tu t'es offert un voyage en Espagne ? C'est la mode, paraît-il, en ce moment." Je marquais une pause, haussai les sourcils. Voilà bien une année que je n'avais eu le capitaine Jack Mortimer en chair et en os face à moi. La dernière fois, nous étions tous deux si ivres que nous avions réussi à nous battre, ce qui arrivait assez souvent lorsque nous étions ivres et dans la même pièce. Je crois même qu'il avait réussi à me casser le nez. Où était-ce moi qui avais cassé le sien ? "Tu sens le rhum, mon vieux. Pauvre Mary-Ann, j'espère qu'elle avait un mouchoir à se mettre sous le nez, ça devait pas être la joie... Un jour, décerne lui une médaille, elle le mérite bien." Enfin, entre moi et ma bière, Avaline avait dû prendre pour cher aussi. "Bon, et sinon, qu'est-ce que tu racontes ? Ça fait combien de navires espagnols coulés par le fond, depuis douze mois que tu es en mer ? Tu devrais te présenter à notre cher nouveau roi, il devrait beaucoup t'apprécier..."

Et voilà, j'étais lancé. Un an que je n'avais pu boire avec Jack et lui casser le nez, les dents, un quelconque membre, et vice-versa. Au fond, ça devait m'avoir manqué.


Dernière édition par Richard Ballantrae le Mar 5 Mai - 20:03, édité 1 fois
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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Ven 23 Jan - 18:41

Forbans sans âme et sans coeur.



Année 1554.
Au Red Lantern.


Dans toute l’Angleterre, il n’y avait pas deux femmes comme la plantureuse, l’indépendante, la belle Mary-Ann Paton. Peu la connaissait réellement, à moins qu’ils ne soient de grands habitués de sa maison close, ou encore qu’ils en soient tout simplement les instruments. Jack devait être l’un des rares hommes à pouvoir se vanter de connaître par cœur la belle maquerelle et cela, sous toutes les coutures. Il connaissait le moindre de ses grains de beauté, de même que ses cicatrices. Après sept longues années de relation soutenue, ils avaient eu le temps de se découvrir, encore et encore, à chaque retrouvaille. Mary-Ann était l’unique femme qu’il revoyait et vers qui il revenait chaque fois. Il y en avait eu d’autres, beaucoup d’autres femmes, mais la belle était la seule qui avait le monopole. Il ne l’aimait pas, mais d’un côté Jack Mortimer détestait qu’elle reçoive des amants, quand il se trouvait en ville, de même qu’il n’aimait pas se faire repousser par elle. Une fois, en la revoyant, il avait même senti son cœur battre un peu plus fort, mais cela l’avait tellement mis en colère, qu’il avait préféré partir. Le capitaine ne voulait pas aimer, mais il ne pouvait pas non plus nier, qu’il n’était pas attaché à celle qui le recevait depuis sept longues années dans sa couche. Ils étaient indépendants, n’avaient pas de routine, si bien qu’elle ne savait jamais réellement quand il venait. Il aimait lui offrir des bijoux et la voir les porter, mais les choses n’allaient pas plus loin. Il n’était pas un poète, il n’irait pas lui écrire une ode à sa beauté, ni coucher sur le papier la description de son cœur. Il n’était pas un noble, il n’irait jamais la demander en mariage, ni vivre avec elle une vie rangée. Il était un forban, sans foi, ni loi, il allait et venait sur son navire et un jour, la mer serait son dernier tombeau, comme elle fut celui de son propre père.
Il était tôt ce matin, quand Jack quitta la couche de sa maîtresse, ils avaient œuvré toute la nuit, mais lui-même devait se rendre sur son navire, pour donner des ordres à ses hommes, voir si certains n’avaient pas finis à Fleet Prison, et surtout préparer leur prochaine expédition. L’homme ne prit donc pas la peine de se lever, il ferait ça plus tard avant de ressortir pour ses sorties nocturnes. Mary-Ann se leva en même temps que lui et se prépara, avec toutes les bonnes manières d’une noble. Il la regarda quelques minutes, sous son indifférence, puis après un baiser, il quitta la chambre de la maquerelle. Il descendit les escaliers et marcha dans l’une des salles de la maison close, pour mieux tomber nez à nez avec l’une de ses nombreuses connaissances, un autre forban, une autre pourriture comme lui : Richard Ballantrae.

« Ouai, la prochaine fois je t’emmène, tu verrais les minettes là-bas, toutes des brunes et à côté des gazelles frigides de la noblesse, il y en a elles font de ces choses, mais tu ne le dis pas. Mary-Ann est en haut. » Disait-il tout en saluant le mercenaire, avec qui il faisait de nombreuses affaires.
La dernière fois qu’il avait vu ce jeunot, ils étaient ivres, chantant dans les tavernes de la ville, se bagarrant et revenant bras dessus, bras dessous, avec le nez en sang. Jack ne l’avouait pas, mais il était de bonne humeur, en découvrant, en ce bon matin, l’homme. Ce soir, il allait peut-être prévoir une tournée des tavernes en sa compagnie. A moins que l’autre ne continue à l’asticoter comme ça. Jack grommela face à ses moqueries et sentit ses dessous de bras. Quoique, il avait peut-être raison.
« Tu t’es vu, tu ferais fuir n’importe quelle minette avec ton haleine. » Renchérit le capitaine, tout en conduisant le mercenaire vers un tas de coussin, pour mieux pouvoir parler. La suite le fit rire à pleine dent, quand il se rappela lui-même de ses aventures.
« Je n’ai coulé qu’un navire, mais j’ai été me servir à la source, dans le Nouveau Monde. Ces foutus espagnols n’étaient pas spécialement heureux de me voir leur siffler leurs richesses, mais c’était un vrai plaisir de les semer en mer. » Il fit de grands gestes pour expliquer ses aventures, comme à son habitude, il en rajouta toujours un petit peu, mais tout en disant la vérité.

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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Ven 30 Jan - 21:59
Alors que je prenais place aux côtés d'un Jack Mortimer particulièrement en verve, et enchanté par son séjour en Espagne, je songeais que c'était précisément dans ces lieux qu'avait eu lieu, voilà quelques années, notre rencontre. Mémorable rencontre, d'ailleurs, Mary-Ann Paton devait encore s'en souvenir. Les choses auraient pu très mal tourner dès les premiers instants, moi qui avait eu le malheur d'approcher d'un peu trop près l'ardente tenancière, ce qui n'avait pas du tout plu à ce cher Jack. Et pourtant, nous discutions là, comme les deux associés que nous avions fini par devenir. Le destin était parfois bien étrange ; mais les affaires était les affaires, et j'avais besoin d'un pirate comme le pirate avait besoin d'un chasseur de prîmes. Tant pis pour les femmes. J'éclatai de rire lorsque Mortimer narra son séjour hispanique, et répliquai sur le même ton : "la prochaine fois, crois-moi que je m'invite, hors de question que tu épuises les pauvres espagnoles à toi tout seul, tiens !" Mais oui, j'irais dire à mon espagnole d'épouse que je partais dans son pays natal pour voir à quoi y ressemblaient les prostituées. Trop de malhonnêteté tue la malhonnêteté, je m'imaginais difficilement faire ce genre de déclarations à Luisa. A la rigueur, partir en la laissant devant le fait accompli, pour ne pas avoir à donner d'explications, et encore... A croire que je commençais à me ramollir, depuis que j'étais marié. Un élément que ce brave capitaine Jack Mortimer ne devait strictement jamais savoir, pour rien au monde, je ne lui faisais pas assez confiance pour ça.

"Tu t’es vu, tu ferais fuir n’importe quelle minette avec ton haleine." J'eus un nouveau rire. Ce n'était pas faux, il fallait le reconnaître. "Ouais, pauvre Avaline. Si j'étais un peu moins pourri, je lui lâcherais plus d'argent, simplement pour le mérite de me supporter. Mais" - je m'installais sur les coussins - "comme je suis un pourri, je ne lui donnerais rien de plus." Je songeais à nouveau à la bourse pleine d'or que j'avais laissé en haut. C'était suffisant, non ? J'étais presque sûr d'y avoir laissé plus d'argent que je n'aurais dû, vu le temps que j'avais passé là-haut. Si certaines filles du Red Lantern se plaignaient de devoir mettre leurs clients dehors parce-qu'ils passaient trop de temps chez elles et ne payaient pas assez, c'était au moins une chose qu'on ne pouvait pas me reprocher. Bien vite cependant, j'écartais de mes pensées ces considérations financières quelque peu douteuses, et me concentrai davantage sur les récits de Mortimer. On pouvait dire ce que l'on voulait, et sans doute n'étais-je pas le dernier à pester après lui, mais ce type était quand même extraordinaire. Son culot était inimitable. Et ses paroles réveillaient un peu mes rêves de pauvre gamin gallois qui n'avait pu évoluer que dans l'ombre et le crime. Les richesses du Nouveau Monde, les navires pillés, au nez et à la barbe de ces damnés espagnols - navré, Luisa ! - dont le roi était bien déterminé à mettre la main sur notre île. Quel gosse n'en avait jamais rêvé ? "Pauvre roi Philippe," fis-je avec un soupir moqueur, "non content de lui siffler ses prostituées, voilà que tu lui prends ses richesses. Il va faire une dépression, à force ! Avec un peu de bol, il se mettra en tête d'engrosser une de ces françaises, et désertera nos terres. Il doit bien y en avoir une ou deux qui lui courent après !" J'étais nul en politique étrangère, je l'avoue, mais les rumeurs qui me parvenaient m'assuraient de l'impopularité certaine du prince des Asturies à la cour d'Henri II. Dommage, j'aurais préféré qu'il pactise avec la France et laisse l'Angleterre en paix. Mais avec ses sbires peuplant Londres, le commerce entre l'Angleterre et le Nouveau Monde devenait bien plus difficile ; un problème qui ne m'aurait sans doute pas concerné sans Jack Mortimer et cette charmante Helen Bird, Lady le jour et gérante d'une compagnie maritime la nuit.

Je me redressai un peu et jetai un regard à Mortimer, plus sérieux. "J'imagine que c'est à cause du mariage de la reine que tu as brillé par ton absence cette dernière année ? Les affaires avec le Nouveau Monde ne doivent pas aller fort, sauf quand tu te sers." Je n'émettais évidemment aucun jugement, je savais qu'à sa place, j'aurais agi de même. "Certains disent que ces enfoirés d'espagnols veulent nous imposer leurs taxes et leurs navires, tu es au courant de ça ?" Ce n'était qu'une rumeur parmi d'autres qui circulaient plus vite qu'un éclair dans les rues londoniennes, mais celle-ci avait le don de me faire grincer des dents. Je n'avais rien contre les espagnols, en réalité, chez eux. Ici, ils me perturbaient un peu plus. A croire qu'ils s'étaient tous mués en problèmes, Luisa et Philippe en tête. "Ils ne leur faudra pas trente ans avant de mettre ta tête à prix, mon vieux, s'ils ne l'ont pas déjà fait." J'eus un sourire acide : "au cas où tu t'inquiétais de ne plus avoir d'espagnol à découper en morceaux, ne t'inquiètes plus, tu n'en as pas fini avec eux." Et c'était assez réjouissant d'imaginer Mortimer régler leurs comptes à ces espagnols de l'Enfer dans ce pays que le fils de Charles Quint espérait mettre à sa solde. Pour peu que je sois dans les parages alors, même sans avoir trop bu - ce qui ne m'arrivait que rarement, il fallait le reconnaître - j'irais lui prêter main forte sans la moindre parcelle d'hésitation. Des espagnols aux affaires frauduleuses de Jack, et de ces affaires-là aux miennes, mes pensées tombèrent sur les écossais, et leur prince bâtard protestant, James Stuart. Je ne pus retenir un grognement sourd. "Dis-moi, en parlant d'étrangers pénibles, tu ne serais pas tombé sur des écossais trop bruyants, ces derniers temps ? Leur très royal bâtard est passé maître dans l'art de me casser les pieds, presque autant que Philippe, mais si nos amis impériaux deviennent trop bruyants, un semblant de solution viendra peut-être de là-haut, en Écosse."

Honnêtement, les affaires de Mortimer ne m'intéressaient que parce-que j'y étais impliqué de loin. Il me payait assez correctement à mon goût pour que je me charge de réduire au silence ceux qui l'importunaient le plus sur le territoire anglais, et qui étaient de moins en moins anglais, et de plus en plus espagnols. En échange, il éliminait ceux qui tentaient de m'échapper par la voie maritime. Mon accord avec le pirate m'était fort utile, je n'avais aucunement l'intention de le laisser me filer entre les doigts, quitte à pactiser avec ce dingue de James Stuart aux rêves de gloire complètement fous.
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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Dim 8 Fév - 23:46

Forbans sans âme et sans coeur.



Année 1554.
Au Red Lantern.


Il était le pire des salauds, un forban sans foi ni âme qui n’hésitait pas à user des pires violences pour pouvoir obtenir ce qu’il voulait. Que les biens soient matériels ou humains. Ce qui différencié Jack Mortimer de tous les hommes, c’était qu’il était un homme libre, un homme sans épouse, qui sans se préoccuper le moins du monde de ses maîtresses pouvaient fuir pour traverses les océans. Sans attache. L’homme n’avait pas de faiblesse à part son avenir, qui s’il le voyait un jour détruit serait sans doute un homme à qui on avait brisé les ailes. Mary-Ann ? Malheureusement pour elle, elle comptait que pour une infime part. Il tenait à elle, mais quand il en avait besoin, il n’hésitait pas à l’abandonner quelques mois pour aller voir ailleurs, mais aussi suivre ses propres aventures. Il se plaisait à Londres, néanmoins, dès que le pirate se trouvait trop loin de l’océan, il perdait pied et sentait un vide dans son corps. La mer était son épouse, son élément, sa vie, un milieu qu’il quittait à chaque fois à regret pour s’échouer sur la Tamise, une maîtresse bien trop calme pour lui. Si Mary-Ann avait été une femme comme sa bâtarde Mary-Jane, il l’aurait certainement emmené sur son navire pour lui faire découvrir les merveilles de ce monde, mais aussi ses dangers. Cependant, la maquerelle, malgré son esprit indépendant, était une femme délicate et avec ses hommes, jamais elle ne serait en sécurité.
Avec des hommes comme eux, les femmes n’étaient pas en sécurité, Richard et Jack étaient des hommes à les traiter comme des objets, à profiter d’elles pour mieux les rejeter. Parfois, le capitaine du Blacklantern était même parti sans payer des prostituées, tel le goujat qu’il était. En ce qui concernait Richard, il ne parvenait pas vraiment à le cerner, il pouvait se comporter comme un salaud, mais était bien souvent un homme d’une normalité effroyable, malgré son occupation de mercenaire. Un type comme lui, aussi changeant, il fallait s’en méfier et c’était pour cela que Jack était son ami, tout en le gardant à bonnes distances de ses petites affaires.
Il se prêtait tout de même à rire avec lui, à parler des femmes et surtout de leurs nombreuses aventures, autour d’un verre d’alcool. Il était ainsi, ceux qui aimaient le rhum étaient bien souvent ses amis.

« La prochaine fois rejoint l’équipage du Blacklantern et tu en verras des minettes. Je pourrais même te conduire jusqu’au Nouveau Monde, là-bas, elles vivent nues et ont de ces poitrines, tu verrais. » Disait-il tout en montrant ses mains, doigts écartés, pour montrer à Richard à quel point les poitrines de ces dames étaient volumineuses. Si Mary-Ann passait par là, elle lui ferait sûrement la tête durant quelques jours, en raison de ce qu’il venait de dire. Il se mit à rire, imaginant très bien le mercenaire à bord de son navire. Au moins, ce jeune pourceau saurait se servir d’une arme, ce qui n’était pas négligeable pour parcourir les océans aux milles dangers.
Ils continuaient à parler des femmes, notamment de cette petite Avaline que Richard venait de visiter. Cette donzelle-là, Jack avait craqué une fois à la faire sienne, mais depuis, il n’avait plus retenté, il y avait trop de risques, surtout avec une maquerelle jalouse dans le coin.
« La question est, méritait-elle d’être payée plus ? Après tout, même si cette rouquine est très bien roulée, c’est nous qui faisons tout le boulot dans cette affaire ! » Le goujat en lui ne cessait de sortir et à nouveau, Mary-Ann le traiterait de rapace, si elle se trouvait dans le coin. A quoi cela servait de payer certaines filles quand elles ne valaient pas la peine ? Bon il était vrai qu’au Redlantern, elles étaient toutes mignonnes, propres sur elles et très expertes, mais réellement, elles n’avaient rien d’exceptionnelles, elles étaient toutes des femmes, avec les mêmes attributs. Des femmes, c’était utile à quoi en fait à part faire ce qu’elles avaient à faire avec les hommes ? A nouveau, il mettait de côté sa bâtarde Mary-Jane qui n’était en rien une fille, mais un homme à qui il manquait l’équipage d’un homme.
Dans un coin, l’homme trouva une bouteille de vin, un cadavre sûrement oublié par un client de la nuit dernière. Il prit deux verres dans un coin et versa le précieux liquide.

« Buvons à nos retrouvailles mon ami. » Il but d’une traite son verre, qu’il reposa en le claquant violemment sur la table. « Et à la santé du roi Philippe et à sa vieille peau ! » Il se mit à rire face aux paroles du mercenaire et il reprit à sa suite. « Qu’il prenne une corde et se la mette autour du cou. Ce gredin n’a rien à faire ici. Si j’avais pu lui ruiner son navire avant qu’il ne débarque, je l’aurai fait, mis le bougre était bien gardé. Avec la vieille peau qu’il a prise pour femme, ça ne m’étonnerait pas qu’une ou deux catins traînent dans son lit, quand la reine fait ses prières. » Jack n’y connaissait pas grand-chose en royauté, mais il savait une chose, c’était que l’Espagnol n’irait pas fricoter avec des françaises, puisque le pirate profitait de la guerre entre la France et l’Espagne, pour vendre les marchandises volaient aux Espagnols, aux Français. Les guerres pouvaient faire de très bonnes choses, surtout en matière de piraterie et de commerces.
« Ouai, j’ai dû partir à cause de la vieille et d’un gredin qui m’a dénoncé. Crois-moi je lui ai fait sa fête avant de partir, mais me revoilà, j’ai profité du mariage pour faire une petite escale en France et m’en mettre plein les poches. Bizarrement de nombreux navires sont partis d’Espagne, mais ne sont jamais arrivés à bon port. » Il ricana et repris sur un ton faussement idiot. « C’est quoi une taxe ? » Avant de se servir un verre de vin et de le boire cette fois-ci plus lentement.
Jack se moquait bien des lois des Espagnols, pour lui, la mer appartenait à tout le monde et surtout à lui-même. Personne ne pouvait rien lui imposer, à part, si on venait à l’attraper, ce qui n’était encore jamais arrivé. Le Blacklantern n’appartenait à aucun pays et les taxes n’allaient donc pas sur sa marchandise.
« Ces Espagnols sont des envahisseurs. Je commerçais bien tranquillement avec les indigènes et crois-moi, ils sont très généreux quand ils le veulent et il a fallu que ses maudits blanc bec débarque pour tous les massacrer. J’avais un bon contact et ils ont ruiné mon commerce ! Donc je les ais massacré en retour ! Le crois-tu, ils débarquent tels des rois et pensent que tout est à eux, ils vont faire pareil avec ce pays, mais moi heureusement, je serai loin. » Soupira l’homme, tout en regrettant le bon vieux temps où le roi Henry faisait la guerre avec les Espagnols.
A la suite de cela, Richard lui parla des Ecossais et de leur bâtard royal, qui lui avait fait des ennuis. Jack secoua la tête, pour lui les Ecossais étaient des moins que rien, ils n’avaient même pas de flotte.
« Nan. Pour moi un Ecossais c’est aussi inutile qu’un tas de boue et encore, même un tas de boue peut servir à quelque chose à côté d’eux. » Il ricana et but d’une traite son verre. « Mais si tu veux l’ami, je pourrais me renseigner sur ton bâtard. » Lui proposa-t-il sachant très bien qu’il lui demanderait quelque chose en retour.

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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Mar 17 Fév - 15:22
Le Nouveau Monde. J'en avais tant rêvé lorsque, enfant, je n'étais qu'un de ces traîne-misères condamnés à regarder les autres crever de faim, lorsqu'ils n'avaient pas la décence de crever de faim avant eux. Et Mortimer qui en parlait comme je parlais du jardin de mes voisins, que je traversais en totale illégalité chaque matin pour ne pas passer par la rue, piétinant allègrement au passage les quelques fleurs qu'ils essayaient de faire pousser... "Quand tu veux je signe, mon vieux. Des vacances me feraient le plus grand bien, quoique les pauvres gardes seraient bien emmerdés, sans moi pour les dépanner. Ils sont d'un mou, je te jure ! Jamais foutus de coffrer eux-mêmes qui que ce soit." Avait-on jamais vu garde plus inutile ? Certes, cela m'arrangeait, après tout ils fournissaient l'essentiel de ma paye. Mais l'idée de Jack était plutôt sympathique, au moins aurais-je l'occasion de faire de la viande hachée d'espagnol en totale impunité. La perspective m'enchantait. Ma seule crainte était qu'en bon enfant de la terre qui n'avait jamais mis un pied sur un navire, je dégobille tripes et boyaux sous les yeux du capitaine, qui risquait fort de m'expédier par-dessus bord. La réflexion du pirate sur les poitrines des indigènes, par-delà les océans, me tira un grand éclat de rire : "parle moins fort, Mary-Ann va te bannir de sa couche pour les dix prochaines années si elle t'entend... Ce serait bête de te priver de la meilleure adresse de Londres !" Exagérait-il son récit ? Je l'ignorais, et bizarrement, l'idée de poser la question à Luisa me paru si étrange qu'elle ne resta pas longtemps dans mon esprit. Je pris la coupe que me tendait Mortimer, et alors qu'il finissait de parler de cette ravissante Avaline, je renchéris : "pas faux. Enfin, elle a son talent, 'faut bien le dire. Qui ne vaut rien n'a rien." On pouvait trouver mieux, comme proverbe. Mais il me plaisait bien. "Béni soit le dieu des truands, des voleurs et des buveurs !", avant de boire d'un trait l'intégralité du verre de vin. "Même s'il n'existe pas," ajoutais-je en me servant, sans plus attendre, un autre verre.

Philippe de Habsbourg et sa damnée présence en Angleterre revinrent vite sur le devant de la scène. C'était sans doute le nom qui provoquait le plus d'émoi, depuis son mariage avec la reine. Même si je n'aimais pas vraiment entendre parler de la petite-fille d'Henry VII comme d'une vieille peau - dix-sept ans sous le même toit que mon père, ça laissait des traces, l'air de rien - l'idée d'un Jack Mortimer coulant par le fond le navire de l'autre crétin des Asturies me plût tant que j'en oubliais presque, l'espace d'un instant, que cela ne s'était jamais produit. Dommage. "Pour le coup, j'espère qu'il les paie bien ! Un crétin pareil, elles mériteraient le double des filles d'ici..." Je haussais les épaules. "Si Avaline ose un jour se plaindre de ce que je lui laisse, qu'elle se dise qu'après tout, elle aurait pu tomber sur Philippe. Tu crois qu'il laisse tomber le col noir, avec elles ? Il ne le réserve que pour la reine ?" Depuis qu'il avait posé le pied en Angleterre, je ne l'avais jamais vu habillé autrement qu'en noir. Aurais-je porté une croix et des velours, on aurait pu nous confondre. Peut-être avait-il été vêtu différemment le jour de son mariage, mais j'y avais été tellement occupé à surveiller que personne de mes connaissances ne me croise en compagnie de Luisa que je n'avais même pas prêté attention à l'espagnol. De toute manière, lorsque je le faisais, c'était en rêvant de voir une hache fendre en deux sa sale tête. Sans que je ne contrôle quoi que ce soit, un sourie ravi se dessina sur mon visage lorsque Mortimer s'amusa des espagnols qui n'avaient jamais vu leur point d'arriver. "Tant mieux !" M'exclamais-je. "Un bon espagnol est un espagnol mort, telle sera ma devise jusqu'à ce que Philippe aille se mêler d'autres affaires que de celles de l'Angleterre." C'était le deuxième proverbe stupide de la matinée, prononcé par un type qui s'était marié - complètement ivre, certes, mais marié quand même - à une espagnole. J'avais de quoi me reconvertir en philosophe schizophrène, si un jour les affaires n'étaient plus payantes. Au "c'est quoi, une taxe ?" du capitaine Mortimer, j'eus à nouveau un grand éclat de rire. Certes, ce type était aussi pourri que je l'étais. Un salaud, un forban, un homme sans foi ni loi, un monstre. Je m'en méfiais comme de la peste. Mais il fallait reconnaître qu'il pouvait être assez génial. Je repris sur le même ton : "ben tu vois, les types en noir qui te bloquent à l'entrée des ports et que tu dois certainement embrocher avant qu'ils n'aient prononcé un mot ? En gros, ils te prennent des sous. Moralité, continue de les embrocher, ça fera moins d'abrutis et plus d'argent." Il y avait des moments, comme celui-là, où j'appréciais vraiment Mortimer. Ce qu'il raconta sur son commerce outre-océan, ruiné par les hispaniques, ne m'étonna guère. "Foutus colonisateurs," grognais-je. "Henry VIII doit se retourner dans son tombeau, avec les conneries de sa fille." Certes Mary Ière était une Tudor, et en tant que telle, elle avait mon respect, ou semblant de respect. Néanmoins, sa façon de faire alliance avec l'Empire des Asturies était détestable. Parfois, j'en venais presque à espérer qu'elle passe vite l'arme a gauche pour laisser le trône à sa petite soeur qui, avec un peu de chance, ne serait pas aussi stupide. "Pas étonnant, ce que tu me dis là. A croire qu'il ne sont bons qu'à ça, ces crétins. L'orgueil de leur prince ignare doit sacrément leur monter à la tête... Je sais pas si je vais pas rejoindre ta bande plus tôt que prévu," fis-je en me servant un nouveau verre de vin. Pirate, c'était bien mieux que philosophe.

La question du bâtard Stuart ne sembla guère enflammer le capitaine. "C'est utile, un tas de boue. L'autre soir, j'ai noyé un type complètement ivre dedans." Et moi, contrairement à ce brave homme devenu cadavre, non seulement je tenais mieux l'alcool, mais en plus, j'étais aussi dangereux sobre que saoul. "Mais si tu veux l’ami, je pourrais me renseigner sur ton bâtard." J'eus un haussement d'épaules. Un contrat, voilà ce qui était en train d'arriver. Je savais pertinemment que bientôt, Jack me demanderait quelque chose en retour, si il ne l'avait pas déjà en tête. "Ce pauvre dingue. Tu sais pas ce qu'il veut ? Une sorte de vendetta contre les catholiques. A l'heure ou la Guise se pointe au mariage de la reine en brandissant le blason de la papauté, ce type a vraiment pris la foudre." Et dans les rejetons royaux particulièrement casse-pieds, j'omis sciemment de parler du cas Jeanne de Habsbourg. J'étais pourri peut-être, mais je savais que la cadette de Philippe intéresserait bien plus Jack que le Stuart, or il risquait aussi de remonter jusqu'à Luisa. Et cela, c'était inenvisageable, même pour un pourri comme moi. J'en revins donc au Stuart : "il essaie de mener son projet à bien, je le dénonce à la Guise, et à moi le pactole. T'auras ta part si tu m'aides, et si tu la veux. A moins que tu n'aies en plus besoin d'éliminer un gêneur ?" J'eus un sourire mauvais, terminais mon verre de vin et m'en servis un autre. "Si c'est un espagnol, je prends gratuitement." Et que Dieu bénisse les contrats.
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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Jeu 26 Fév - 20:30

Forbans sans âme et sans coeur.



Année 1554.
Au Red Lantern.


Parcourir les océans, ce n’était pas donné à tout le monde. Ces contrées sauvages que l’on découvrait, les tempêtes, tout n’était que danger à bord du Blacklantern et ce n’était pas Jack Mortimer qui allait dire le contraire. Depuis l’âge de six ans, il en avait vu des vertes et des pas mures. Les longues nuits sous la pluie, à se faire tremper dans les cales à cause d’une tempête. La pénurie de rhum, ce qui était pire que tout à bord d’un navire, les longues traversées interminables de l’Océan Atlantique. Beaucoup rêvait de mers et d’océans, mais peu savait à quoi s’attendre, quand ils s’engageaient auprès d’un capitaine.
« Des vacances ? Je n’avais jamais pensé qu’à chaque fois que je montais sur mon navire, j’étais en vacances. Peut-être parce que je suis le capitaine. Je devrais penser à prendre ma retraite alors. » Commença l’homme avant de rire aux éclats à propos des paroles du jeune homme, quand il évoqua les gardes, qu’il aidait.
« Des gardes. Pour sûr ils portent bien leur nom, ils restent devant des portes et ne font rien, je serai prêt à parier que bien endimanché je peux entrer dans le palais de Whitehall ! En plus, il ne devrait pas te faire confiance, après tout, tu me laisse faire ce que je veux ! »Et il était bien heureux d’avoir un tel partenariat, s’il avait Richard aux fesses, il aurait été malheureusement contraint de le tuer ou pire de se faire tuer. Il avait tellement peu d’amis, qu’il ne voudrait pas se séparer de cette collaboration. Surtout que Richard Ballantrae, en échange de quelques informations, lui permettait de se balader comme il le voulait dans Londres, sans se voir dénoncer par personne. Cette liberté de déplacement, Jack Mortimer la chérissait, surtout que ses hommes d’équipage préféraient nettement être à Londres, là où il y avait de nombreux bordels, plutôt que dans un village de campagne où ils seraient réduits à violer les vierges et les gueuses. En parlant de gueuse, Jack avait évoqué les indigènes du Nouveau Monde en plus de complimenter la belle Avaline, il était vrai qu’elle était bien roulée, mais cette fille faisait parfois froid dans le dos, si bien que jamais Jack ne prendrait la peine de la payer. Son commentaire à propos de ces femmes tira une recommandation de la part de Richard, à propos de Mary-Ann.

« Je lui ramène un collier de perle et elle est à mes pieds. Le secret Richard, pour se faire pardonner est de les combler de joyaux et quand on est pirate, c’est bien plus facile qu’on ne le pense. » Se mit-il à rire, tout en repensant au collier de perle qu’il a ramené à sa belle, après son année d’absence. Richard fit ensuite une prière au dieu des truands, des voleurs et des buveurs, disant juste après qu’il n’existait pas. Jack renchérit à sa suite : « Oh mais si qu’il existe, sinon nous ne serions pas là. » Il but dans son verre, qu’il claqua sur la table.

Le roi, la reine, Jack les détestait tous pour ce qu’ils étaient. Lui était un Espagnol, un triste sire d’une sale engeance de rois et de gueuses. Il les détestait ces Espagnols, tous sans exception et l’homme ne se gênait jamais pour en tuer un, dès qu’il le pouvait. Lors de ses pillages, il ne laissait jamais de survivants, après tout, ces hispaniques se reproduisaient trop vite, il fallait bien en éliminer quelques-uns. Il n’avait pas froid aux yeux et si le roi Philippe ne voyageait pas avec toute une Armada, il y a bien longtemps qu’il l’aurait égorgé sur son navire pour le jeter par-dessus bord, au moins, il aurait appris à nager. La reine, Jack ne la supportait plus depuis qu’elle avait intégré le trône. Trop frigide, trop mesquine, elle avait instauré un gouvernement d’ordre et les hommes comme Mortimer n’étaient plus les bienvenues en Angleterre. Pour se faire oublier, il avait dû fuir et cela, il ne le supportait pas et il avait bien l’intention de ne plus se comporter comme un lâche. Ce couple royal le débectait d’autant plus qu’ils étaient mal assortis, cette vieille chouette encore vierge à trente-sept ans avait dû faire peur à son mari, dès la nuit de noce. Jack devrait d’ailleurs demander à sa chère et tendre, si elle fournissait la cour en catin, pour les bons désirs du roi.
« Il n’y a pas plus radin qu’un Espagnol et plus frigide, tu les verrais les nobles là-bas tous en noir et voilées, on ne peut même pas contempler la beauté des femmes. » Il soupira et s’affala sur son fauteuil avant de reprendre. « Pour sûr, qu’il doit garder son col, attend, la reine doit être aussi frigide qu’une nonne. » Il rit aux éclats face à sa blague et écouta la devise de son ami à propos des Espagnols. « Belle devise, je me permets de te la voler pour la prochaine fois que j’en croise un. » Disait-il de son ton malicieux qui en disait long.

A la suite de cela, Mortimer eut une leçon à propos des taxes, qui l’amusa beaucoup. Même s’il savait très bien ce que s’était, pour pouvoir les éviter à chaque fois qu’il entrait au port, il s’amusa à écouter le jeune Ballantrae, qui n’avait pas tort, les contrôleurs étaient bien mieux morts.
« Ah d’accord, je les tue toujours avant qu’ils ne parlent, quand ils me barrent le chemin, c’est pour ça que je ne les connais pas. » Il roula des yeux et se resservie à boire et continua de remplir le verre de Richard.
Si vous ne l’aviez pas compris, Jack Mortimer était un homme qui se croyait toujours au-dessus des lois et qui tâchait à ne jamais les appliquer, même quand il se rendait dans un pays étranger. Les lois l’ennuyaient et il préférait nettement les bafouer, même si pour cela, il s’était déjà retrouvé quelque fois en prison.
« Ouai, à la santé du bon roi Henry, au moins, lui il était amusant. Quoique j’ai entendu parler d’un roi en Russie qui paraissait être très amusant, il s’appelle comment déjà… AH oui Ivan. Un nom à coucher par terre, mais il a son compte de massacre. » La Russie, si ce n’était pas un pays de paysan, il y a bien longtemps que Jack y serait allé pour commercer. Ces terres glacées ne lui apporteraient sûrement rien de bon et l’homme préférait ne pas y aller, tant qu’il ne sera pas ouvert au commerce avec les Anglais.
Ballantrae lui posa alors des questions à propos de l’Ecosse et de son bâtard James Stuart. Jack n’en savait guère plus que cela, il ne se rendait presque jamais au nord de l’Angleterre, pour lui, ces terres étaient aussi inutiles qu’insignifiantes.
« Ouai un tas de boue ça peut être utile, dans ce sens. » Ricana-t-il. Bien souvent quand il noyait quelqu’un, c’était pour le balancer à la flotte. Jack en apprit plus sur le bâtard écossais et il découvrit qu’il voulait faire une vendetta contre l’actuelle reine. Le môme avait de la suite dans les idées. Si des Anglais faisaient ça ici, au moins ils seraient tous libérés de la vieille peau. Mortimer écouta la suite du discours de son ami, qui lui proposait de de l’aider à confondre le bâtard, pour avoir du pognon. Le capitaine du Blacklantern était tenté et comme à chaque fois que cela touchait à l’argent, il ne put qu’accepter.
« Je te suis mon pote. Surtout si c’est pour le pognon. Mais crois-moi, l’Ecosse je m’en moque comme de ma dernière catin. Avec un peu de chance, ça me permettra de commercer avec certains d’entre eux. » Il termina ses paroles sur un ton mystérieux et il leva son verre : « A notre nouvelle collaboration Ballantrae ! »

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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Ven 13 Mar - 21:14
J'eus un grand éclat de rire à la réponse de Jack quant à ma réflexion sur les vacances : "attends, mais c'est le pied ! Des espagnols à hacher, du rhum plein les cales, des indigènes et de l'or, on est en plein dans les vacances, là !" Bon, en omettant les tempêtes, les maladies, les rats qui dévoraient les réserves, d'éventuels autres pirates, et autre sympathie du genre. La navigation m'avait toujours fasciné, depuis que j'étais en âge de marcher. Mais même si l'idée me plaisait, je craignais de ne pas tenir bon. Fendre des crânes en deux sur la terre ferme ne me posait aucun problème, en mer, c'était moins évident. Je me savais débrouillard, je n'aurais pas survécu longtemps sinon, mais l'idée de passer pour un incapable aux yeux de Jack avait quelque chose de très, très désagréable... Non que je le considérais comme un modèle à suivre, ou que je me souciais un tant soit peu de son avis, ce n'était pas le cas. Mais ici, à Londres, nous étions égaux. Sans doute était-ce mieux que chacun ait son terrain ; à lui la mer, à moi la terre. Mais la perspective d'une expédition au Nouveau Monde était plaisante. Si Saint Arthur Wayne le Pieux me casse trop les pieds, je saurais par où partir ! A condition qu'il ne coffre pas Jack avant, évidemment. Même si je m'efforçais d'effacer les pistes, si le capitaine s'amusait à déambuler dans Whitehall, comme il prétendait pouvoir le faire si aisément, je risquais fort de ne rien pouvoir pour lui, à part le faire évader. "Tu devrais essayer, ça mettrait un peu d'ambiance. Depuis que Philippe et sa clique de crétins sont arrivés, c'est ambiance monacale dans le château. Avec messe trois fois par jour," fis-je en mimant un vomissement. "Tu sais qu'ils te réclament, en plus, à la Garde ! Enfin, pas depuis un an, mais ils ne sont pas près de t'oublier. Je suis sûr que tu hantes les cauchemars de ce brave Herbert ! Mais c'est bien plus drôle pour moi de les regarder essayer de te courir après en agitant les bras comme des imbéciles. Ils sont impayables !" Sur ce, je pris une nouvelle rasade de vin.

La mer, les gardes de la Reine, voilà qu'un autre sujet fut abordé : les femmes. Ah, les femmes ! Sans doute les créatures dont les hommes parlaient le plus, en fait. La remarque de Jack à propos du collier de perles me tira un rire jaune. "Merci du conseil," souris-je, "le jour où je serais moins avare, je m'en souviendras." C'est à dire pas tout de suite. Voire jamais. Et puis, à qui offrir des bijoux, Avaline ? Merci, mais non merci. Charmante peut-être, mais elle posait trop de questions, et force était de reconnaître qu'en réalité, je m'en fichais pas mal. Luisa ? Ce serait peut-être le plus judicieux. Mais m'imaginer offrir des bijoux à ma femme comme tout mari aimant en offre à la sienne était trop étrange pour paraître réaliste. Luisa n'y croirait pas un instant. En fait, ça valait mieux pour moi de ne rien offrir du tout, c'était plus sûr. Au moins, Mortimer ne s’embarrassait pas de questions financières, et il avait bien raison : à sa place, j'en aurais fait autant. Pourquoi verser un sou alors qu'il était possible de se servir comme on le souhaitait ? D'autant que ce serait toujours ça de pris aux galions espagnols. La méthode de Jack me plaisait bien, c'était fort appréciable d'imaginer un Philippe rageant après les pirates anglais qui s'étaient allègrement servi dans un butin qu'il considérait comme sien. Lorsque le capitaine argua qu'un Dieu des truands avait bien sa place au panthéon céleste, je me servis un nouveau verre de vin. "Qu'il en soit ainsi ! Après tout, ils ont beau tous pester après nous, reconnais que si nous n'étions pas là, ce serait beaucoup moins marrant. Et Mary-Ann devrait certainement mettre la clef sous la porte, ce serait dommage." J'exagérais peut-être un peu, entre Jack qui n'était pas venu depuis un an et moi qui venais de moins en moins, ce n'était sûrement pas sur nous que comptait le plus la belle et redoutable maquerelle. Et parlant de bordel, la question se porta à nouveau sur le Prince des Asturies, et les potentielles prostituées qu'il devait forcément fréquenter, du moins si il était un homme normalement constitué. "C'est peut-être pour ça qu'il lui a passé la bague au doigt... Elle doit lui rappeler l'Espagne," fis-je pensivement. "Il aurait mieux fait de s'épouser une anglaise bien de chez nous, ça l'aurait changé ! Quoique, il aurait encore fallu qu'elle accepte... Riche et Prince, certes, mais tellement insupportable..." Le spectacle que j'imaginais via les paroles de Jack avait quelque chose d'angoissant : si les femmes espagnoles se drapaient ainsi dans des tissus sombres sans jamais se montrer au grand jour, je n'irais jamais en Espagne. Un instant, j'imaginais Luisa ainsi vêtue, et mon estomac se noua d'une façon détestable. Et dire que j'aurais pu tomber sur une de ces pseudo-saintes frigides et dévotes... Au moins, Luisa avait de l'humour. "Garde-là, je sais que tu en feras bon usage," souris-je lorsque Jack sembla apprécier ma devise.

Un bon espagnol était un espagnol mort, c'était bien connu, a fortiori lorsque ledit espagnol s'amusait à imposer ses taxes aux commerces anglais. Evidemment, ce n'était pas un problème pour Mortimer, à qui la loi semblait s'appliquer autant qu'à moi. A quoi bon se soumettre aux diktats d'un abruti de Roi consort et étranger, alors que ni lui ni moi n'obéissions aux lois anglaises ? "Santé, Henry !" Braillais-je en vidant d'un trait mon verre. "Et en espérant que ta stupide fille passe vite l'arme à gauche avec son crétin de mari, ce sera mieux pour tout le monde !" Mary était Tudor par son père, mais je la soupçonnais de se sentir plus Trastamare, plus espagnole, pas assez anglaise. Pourquoi s'être nantie d'un espagnol ignare, sinon ? Au moins, sa soeur était anglaise des deux côtés. "Ivan, non mais ils me l'ont péché ou, un nom pareil ?" M'amusais-je, songeant qu'en réalité, je ne savais même pas où se trouvait la Russie. Quelque part à l'est, sur le continent, très loin d'ici, me semblait-il... Mais sans plus. Mon éducation n'avait jamais été très poussée, et nul ne s'était soucié de savoir si je connaissais bien ma géographie. Je savais lire, écrire, calculer, c'était suffisant. Déjà que j'identifiais avec peine la France du Saint-Empire Germanique, que l'on ne vienne pas me parler de la Russie ! Même si leur Ivan m'avait tout l'air d'un drôle.

Espagne, Russie, nous voilà partis sur l'Ecosse, et sur un écossais en particulier, gêneur au possible, mais un moyen appréciable de grappiller une somme d'argent fort sympathique. "Tu vois que ça sert, la boue !" M'amusais-je. "Bon, le port est bien plus rapide et efficace, je le l'accorde, mais j'étais trop loin, trop bourré et l'autre beuglait comme un porc qu'on égorge, la boue est arrivée à point nommé." Je me servis un nouveau verre et remplis celui de Jack en souriant. Evidemment qu'il était partant, dès que l'on touchais aux affaires pécuniaires, Jack répondait présent. J'espérais sincèrement que les choses fonctionnent comme prévu : avec ou sans l'aide de cette blondinette angélique d'Agnès Lvingstone, à qui j'avais quelques difficultés à tirer les vers du nez, je surveillerais le moindre faux pas du bâtard trop ambitieux. La Guise n'apprécierait sans doute pas beaucoup que son avorton de beau-fils tente de spolier le trône de sa gamine ; et l'affaire se finirait par la potence pour le Stuart - paix à son âme - et le pactole pour Jack et moi. Parce-qu'il ne fallait pas rêver trop longtemps quand même, je ne dénoncerais pas gratuitement le bâtard Stuart. "Ravi que tu sois partant. James Stuart, second Prince des abrutis après Philippe, le sera beaucoup moins quand sa belle-mère lui fera trancher la tête, mais tant pis pour lui. Tu pourras t'offrir le Red Lantern, un navire neuf et filer à l'autre bout du monde éventrer deux ou trois espagnols en mon nom." Je levai à mon tour mon verre. "Santé, Capitaine ! Que notre Dieu veille sur ta peau, Londres est nettement moins drôle sans toi pour agiter quelque peu nos gardes royaux."

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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Mer 25 Mar - 14:12

Forbans sans âme et sans coeur.



Année 1554.
Au Red Lantern.


S’il y avait bien une chose dont Jack Mortimer n’avait pas à se plaindre, c’était bien de son équipage, qui était toujours fidèle au rendez-vous, quand il s’agissait d’aventure et loyal à son encontre. Après tout, son équipage n’avait rien à lui reprocher, il lui rapportait de l’argent et même s’il savait qu’à la moindre grosse faiblesse il pourrait être détrôné, il s’était juré que personne en dehors d’un Mortimer n’aurait le Blacklantern. Il préférait voir le navire coulé au fond de l’océan, plutôt que de voir un autre à sa barre. Il était vrai que Ballantrae ferait un bon pirate, mais même s’il avait les pieds sur terre, est-ce qu’il avait le pied marin ? Jack serait enchanté de découvrir cela et surtout de voir le mercenaire vomir boyaux et tripes à cause d’un mal de mer, cela serait très distrayant.
« Lors de ma prochaine expédition, je t’embarque, tu n’auras pas le choix, on va voir, si tu as le pied marin ! Ahah ! » Riait-il, tout en se souvenant que lui-même à six ans avait très mal vécu ses premiers jours à bord du navire. Ce qui était le pied en mer, c’est que les hommes qui y naviguaient, n’avaient pas de règles, Jack se disait même être le roi de cet océan sans fin, qu’il aimait explorer et y faire régner sa terreur. Son navire était une légende, tel un fantôme écumant les mers et cela ne cessait de gonfler son orgueil de capitaine. Pas de loi. La mer était la liberté, son épouse. Ce choix, tout homme aspirant à une vie sans règles se devait de la faire et Jack n’avait jamais regretté le jour où il avait suivi, à six ans, son père. Il n’y avait aucun sacrifice dans cette vie-là et en plus, il était même parvenu à se constituer une descendance, rien que pour cela, il savait qu’il n’avait pas vécu pour rien. Les Mortimer continueraient à écumer les mers et cela pour encore de très nombreuses années.

Jack Mortimer à la cour, Mary-Ann serait sûrement morte de honte, à moins qu’elle n’essaye de le vêtir comme l’un de ces nobles qui sentent bon. Cela serait sûrement drôle et en plus Ballantrae approuvait l’idée. Cependant, Mortimer était certain qu’il ne franchirait pas les grilles qu’une troupe d’Espagnols seraient déjà à ses trousses, si ce n’était pas ce fameux John Herbert, l’un de ses ennemis qui avait une fois croisé sa route. Depuis, Jack n’avait qu’une envie, le pourfendre de son épée et être enfin débarrassé de ce blondinet.
« Il va falloir que je m’achète des vêtements et surtout que je me sente bon. Tu paries combien si j’arrive jusqu’à la salle du trône sans me faire prendre ? Non, ça n’ira pas, parce que si je m’habille bien et que je sens bon, je pourrais courir moins vite, autant changer de stratégie et venir comme je suis. » Disait-il tout en se montrant, lui et ses vêtements tâchés d’alcool. « Tu seras là pour regarder le spectacle j’espère ? » Souriait-il de son air malicieux. En effet, s’il se mouillait la chemise, ça ne serait pas seul et il tenait à ce que certaines personnes soient là pour raconter son exploit, celui d’avoir une fois de plus truandé le roi Philippe à son nez et à sa barbe. Ce qui était un réel plaisir pour lui. Il détestait tellement les Espagnols, depuis qu’ils se disaient être les maîtres des océans, que dès qu’il pouvait faire une chose, qui pouvait les nuire, il le faisait. Mortimer était ainsi, revanchard jusqu’au bout des ongles.

Ils étaient des truands et parfois Jack avait le sentiment que Richard Ballantrae pouvait être encore plus macho que lui en ce qui concernait les femmes. La pauvre Avaline ne devait avoir guère de chance, d’avoir un tel client, mais bon une catin n’avait pas le choix, elle devait prendre ce qui arrivait et cela en toute circonstance. Comme le mercenaire l’affirmait, si les truands n’étaient pas là pour dépenser leur argent au Red Lantern, Mary-Ann Paton mettrait très rapidement la clé sous la porte. Les infidèles, les voleurs, les pirates, ils étaient tous des truands et s’étaient eux qui faisaient marcher le commerce des maquerelles de la ville.
« Je n’arrête pas de la dire à Mary-Ann, mais elle ne veut jamais me croire, pourtant tout mon fric, je le laisse ici pratiquement et aussi dans les tavernes, je l’admets. De toute façon, nous les hommes libres, nous n’avons pas besoin de rien d’autre, de l’alcool, des femmes, quelques meurtres et nous sommes heureux. Je suis certain que ma vie est bien plus riche que celle de tous ces nobliaux dans leurs grands châteaux. » Il philosophait presque, ce qui prouvait que l’alcool lui montait à nouveau à la tête. Quand il sortait de belles paroles, c’était presque toujours avec un verre dans le nez, sinon Mortimer étant sobre, était un homme dangereux et surtout très grossier.
Les Espagnols, la reine, Jack comme Richard les mettaient tous dans le même panier. Après tout la reine Mary était une bonne grosse espagnole comme sa mère. Cela devait être pour ça que l’autre prince l’avait épousé, mais Jack s’en moquait, pour lui, ils seraient bien mieux en Espagne, plutôt que de venir perturber le bon équilibre de son pays.
« Faudrait peut-être penser à les renvoyer et nous mettre une bonne anglaise sur le trône. Il parait que la Elizabeth est bien roulée, ça serait sûrement plus agréable à regarder une telle reine. » Ricana-t-il à pleine dent avant de retourner sa bouteille, vide. Il la laissa choir sur le sol et se briser, avant de se concentrer à nouveau sur sa conversation avec le mercenaire. Il n’avait plus besoin de boire, son corps devait être plein d’alcool jusqu’à la tête et s’il voulait diriger son équipage, il allait devoir stopper rapidement. En plus, si Mary-Ann le voyait encore boire, il passerait un mauvais quart d’heure. La mémoire du bon roi Henry n’aura pas été célébrée très longtemps. Maintenant, les deux hommes parlaient du roi russe, dont les rumeurs ne cessaient de dire qu’il était l’un des hommes les plus cruels de la terre.
« Je sais pas, en tout cas il est encore plus barjot que moi, mais bon, il est loin lui, il ne viendra pas nous emmerder comme l’autre Espagnol. »
Jack découvrit ensuite que les ambitions de son ami mercenaire étaient ailleurs, en Ecosse, un pays sûrement aussi troublé que l’Angleterre et qui n’avait même pas de roi. Le pirate trouvait ça ridicule et il n’avait d’ailleurs jamais prêté attention à ce royaume au nord de l’Angleterre, qu’il trouvait trop insignifiant et peu riche. Cependant, maintenant que Richard en parlait, il pourrait peut-être y faire une escale prochainement pour découvrir, ce qu’était la boue écossaise. Un complot se tramait contre un prince bâtard et quand cela lui promettait du sang, Mortimer était toujours partant, d’ailleurs, il avait peut-être une idée.
« L’ami, que dis-tu de venir en Ecosse avec moi ? On irait tester quelques donzelles et pourquoi ne pas aller voir ton ami le prince bâtard, il serait sûrement enchanté de faire la connaissance de deux hommes aussi classe que nous. » Il tendit la main vers Richard attendant son accord ou son refus.

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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Jeu 2 Avr - 13:11
Lorsque Jack Mortimer, pirate de son état, m'annonça avec un grand rire qu'à sa prochaine expédition Dieu savait où, il m'embarquait pour vérifier si oui ou non, j'avais le pied marin, je me serais volontiers étranglé avec ma gorgée de vin. Dans quel merdier me suis-je encore fourré, moi... Mais comme j'avais quand même un minimum de fierté, et que je ne souhaitais en aucun cas avouer à Mortimer que c'était sans doute une très mauvaise idée de me traîner sur un navire, je répondis que le même ton : "je suis gallois, mon vieux, un peu que j'ai le pied marin !" Sauf que pour le coup, je n'avais strictement jamais posé le pied sur les planches d'un navire. "Va pour la prochaine expédition ! Si on peut charcuter des espagnols au passage, crois-moi que je vais vite oublier le mal de mer, si mal de mer il y a." Mal de mer il y aurait, c'était certain. Je haussais les épaules. "Dans le pire des cas, je vomis sur les espagnols, ça leur fera les pieds." Et sur ses entrefaites, je bus d'une traite mon verre de vin, espérant que Mortimer oublie vite ma pseudo-bravoure et cette histoire d'expédition avec. J'en mourrais d'envie, mais l'idée de perdre la face devant un équipage complet de pirates me déplaisait assez pour me couper toute envie de mettre les voiles. En revanche, il y avait une idée qui me plaisait bien : celle du même capitaine Mortimer en train de se balader dans Whitehall au nez et à la barde du prince Abruti Ier des Asturies. L'idée du pirate vêtu comme les gens de l'aristocratie, peigné et parfumé, me fit rire aux éclats. C'était un spectacle inconcevable, et Dieu savait que j'aurais donné très cher pour le voir. Radin peut-être, mais là, j'aurais lâché ma fortune. Même s'il renonça vite à cet aspect-là des choses, le projet me sembla absolument magistral. "Et plutôt deux fois qu'une !" Répondis-je en nous servant deux verres de vin. "Faudra bien quelqu'un pour te faire évader de Fleet Prison et écrire des chansons à ta gloire qui animeront les rues de Londres pendant les six-cent prochains années. On pourra même demander à Mary-Ann de rédiger les chansons au propre, pour les envoyer au prince Philippe, avec ta signature. Il adorera le cadeau." Et puis honnêtement, ça me ferait enrager de ne pas être là pour voir Mortimer ridiculiser l'autre crétin de Philippe. Plus les espagnols étaient mis à mal et mieux je me portais. Et si cette vieille légende disant que le rire prolongeait l'existence... Je haussais les épaules. "Je gagnerais trente ans de vie grâce à toi !"

Des monstres sans foi ni loi, sans âme ni coeur, des truands sans Dieu ni maître, voilà ce qu'en résumé, Jack et moi étions. Des hommes de l'ombre, des ordures sans doute, mais au moins avions-nous le mérite de l'assumer complètement. Pas de scrupules, c'était inutile, pas de regrets, c'était encore plus inutile. Jack ne vivait que pour la piraterie, moi pour la chasse. Au moins suivions nous des voies que nous avions nous-même choisis, et auxquelles nous n'étions pas prêts à renoncer. Par dessus tout, nous étions libres : les rois ne pouvaient rien contre nous, les règles établies ne s’appliquaient pas à nous. Des marginaux sans doute, des êtres exemptés de toute contrainte surtout. Car si même la loi ne nous empêchait pas d'agir, qui le pouvait ? "De même, je claque ma paye en putains et en bière, en fait je me demande si on ne devrait pas avoir des jours gratuits au Red Lantern, après tout, nous sommes des clients fidèles, pas vrai ?" Enfin, presque. Mortimer avait disparu pendant un an, moi, je disparaissais aussi, progressivement. Mais nous étions quand même là, en parfaits forbans, verre en main et bouteille bientôt vide. "Un peu que notre vie est plus riche, au moins on s'amuse. Pas besoin de plier le genou devant qui que ce soit, on peut faire ce qu'on veut, quand on veut, où on veut. Crois-moi que la reine peut me faire comte, je ne bougerais pas d'ici, pas besoin d'un château pourri ou je serais fichu de me perdre. Et les nobliaux, ils finissent à la potence... Moi, je conduis les gens à la potence, c'est quand même vachement plus drôle." Et sur ce, je repris un verre de vin. Le niveau de la bouteille diminuait à une vitesse phénoménale, alors que je sentais déjà monter les effluves de l'alcool. Cela ne me freina en aucun cas, cependant : j'avais passé ma soirée à boire, ce n'était quand même pas une malheureuse bouteille de vin qui allait me faire tourner la tête !

"Je l'ai vue, la Elizabeth, le jour du mariage de la reine !" Fis-je, tentant de me remémorer les événements, ce qui était plus difficile que je l'aurais cru, merci la bouteille de vin. Evidemment, je n'étais pas encore assez saoul pour parler de Luisa, et omis sciemment le sujet. "Une rouquine comme seule l'Angleterre peut avoir, et plutôt mignonne, si mes souvenirs sont bons. Je me suis quand même bien ennuyé, en plus, les espagnols étaient partout... Ah si, quand un anglais et un des autres nuls de la clique de Philippe ont commencé à se battre, c'était marrant, sauf qu'ils se bagarraient comme des gamines. Je me serais bien mis au milieu pour montrer à l'anglais comment mettre une rouste à l'espagnol, mais j'étais là incognito, alors..." Je haussais les épaules. En plus, j'étais incapable de me souvenir qui avait été le vainqueur. Avisant que Jack avait fini sa bouteille de vin et la laissait tomber - et se briser - sur le sol, j'eus un grognement sourd et terminais à mon tour la mienne, au goulot. N'ayant aucune envie de réveiller Mary-Ann, je pris cependant soin de la poser par terre. De l'Espagne à la Russie, de souverain en souverain, voilà que vint le sujet écossais. James Stuart, bâtard royal trop ambitieux, sa très catholique belle-mère française, et sa fillette qui vivait en France et sur la tête de qui la Guise rêvait de poser trois couronnes. Après les espagnols, les écossais ? Ne pourrait-on pas avoir un anglais, un vrai, sur le trône ? Au moins, mon plan pour coincer le Stuart plut à Jack : quant il était question d'or, je faisais volontiers un trait sur mon patriotisme, sauf dans le cas des espagnols. Au moins, les écossais parlaient la même langue que nous. "Je me demande bien si les filles des bordels d'Edimbourg ressemblent à celles de Londres," riais-je en jouant poussant distraitement du pied les morceaux de verre qui jonchaient le sol. "Ce sera l'occasion de vérifier !" Entre temps, il me faudrait bien inventer une excuse pour Luisa... "Un peu qu'il sera content, c'est pas tous les jours qu'on traîne avec deux types aussi distingués !" Je serrais la main de Jack. "Me voilà tout à fait partant, pirate !" Au moins, en Ecosse, ils n'avaient pas de flotte. Pas de risque pour moi d'avoir le mal de mer. Et l'accord me convenait à merveille : des filles, sans doute de l'alcool au programme, et beaucoup d'or à la clé, que demande le peuple ?
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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Ven 17 Avr - 22:20

Forbans sans âme et sans coeur.



Année 1554.
Au Red Lantern.


Un pirate savait toujours quand il partait en mer, mais il ne savait jamais quand il revenait. Mort ou vivant, le destin du pirate était libre, il pouvait faire ce qu’il voulait, dans la contrée qu’il désirait. Un pirate rentrait toujours à la maison, mais toujours à une date incertaine et seulement s’il rentrait vraiment. La mort était omniprésente sur les navires, surtout quand les marins étaient des pirates sans foi ni loi et qu’ils n’hésitaient pas à attaquer des bateaux hautement armés. Jack n’était pas fou, il savait que son complice Richard Ballantrae n’était pas un marin et certainement pas un bon pirate, en le mettant au défi de l’accompagner, il voulait savoir jusqu’où pouvait aller le courage de l’homme et surtout s’il pourrait le faire confiance par la suite. C’était ça le problème avec le mercenaire, on ne pouvait pas savoir si on pouvait lui faire confiance et surtout s’il ne viendrait pas à nous trahir, une fois qu’il en aurait envie. Les hommes fourbes ne pouvaient que se comprendre, c’était pour ça aussi qu’ils se méfiaient les uns et les autres.
« Pas sûr que tu sois encore vivant après avoir vomi sur un Espagnol, ils sont tellement propres sur eux, qu’ils laveraient les tâches de sang sur leurs chemises en plein combat. » Qu’ils le dégoutaient ces Espagnols, s’il le pouvait, il cracherait sur leurs dos toute la journée et seulement pour le plaisir de le faire. D’ailleurs, à force de parler de combat en tout genre, il n’avait qu’une hâte, reprendre la mer, voguer, là où il le voulait et pourquoi pas retourner au Nouveau Monde, mais cette fois-ci plus au nord. Il n’y avait jamais été et Jack était très curieux de voir ce qu’il pourrait y trouver. De l’Espagnol et du Portugais, ça s’était certain, mais l’homme dans sa soif d’aventure s’en moquait bien, tout ce qu’il voulait, s’était écrire sa propre histoire.
Sa vie d’homme libre lui permettait de faire tout ce qu’il souhaitait, il s’enrichissait quand il le voulait, pouvait rentrer au bercail, quand ça lui chantait ou encore, il pouvait rester sur son cher navire autant qu’il le désirait, sans que personne ne vienne lui demander des comptes. Jack pouvait agir en tout impunité et s’était bien cela sa grande force.
« Fleet Prison, j’y ai des amis, je ne reste jamais bien longtemps là-bas, même quand je saccage une taverne. Mais j’approuve les chansons, je ne voudrais pas que ma gloire soit oubliée. » Il parlait sur un ton très sérieux, mais son sourire goguenard le trahissait. « Mary-Ann me tuerait avant d’écrire une chanson sur moi et encore, je suis certain qu’elle y raconterait de nombreuses saloperies. Les femmes sont fourbes ! » Ronchonna l’homme, tout en pensant à sa maîtresse qui se trouvait à l’étage. Oh que oui, Mary-Ann avait déjà eu du mal à lui pardonner son année d’absence, alors s’il venait à se faire mettre en prison, il était mort, avant même d’avoir mis les pieds dehors. Le pire c’était que Mortimer pouvait à n’importe quel moment s’y retrouver, si on venait à la dénoncer. Il n’était guère le bienvenu en Angleterre, ce qui le forçait à quitter assez souvent le pays, pour se faire oublier et mieux revenir. Tant que Mary Tudor et son roitelet espagnol seraient sur le trône, il ne pourrait jamais circuler aussi librement que possible dans le pays. Il rêvait avec Ballantrae de pouvoir marche librement au palais royal, mais sa tête était connue, surtout par ce John Herbert, dont il ferait bien la peau. Jack disait être un homme sans règles, mais même en étant libre, il devait se plier aux exigences des souverains.
« Les affaires sont les affaires, si on ne payait pas, comment veux-tu que les catins portent des robes affriolantes ? D’ailleurs ça doit être pour ça qu’on paye, on est des clients trop fidèles. » Riait-il tout en levant les yeux au plafond où il venait t’entendre des bruits de talons. «Mais avoue qu’il n’y a pas meilleur endroit que le RedLantern ? » Mary-Ann, Avaline, Bess, les plus belles créatures du pays se trouvaient ici, dans cette maison close que sa maîtresse tenait. Pour avoir fréquentait de nombreuses femmes, Jack avait conscience, qu’il n’y aurait pas plus belle femme que Mary-Ann. Même en prenant de l’âge, elle était attirante, ce qui valait bien quelques poignées d’or à dépenser dans son établissement.
« Ouai, tu as raison mon ami, j’ai arrêté de compter le nombre de nobliaux que le bon roi Henry a fait tuer, en plus de ses deux femmes ! Cet homme était bien quand même ! » La nostalgie du bon vieux temps et du bon roi, Jack la ressentait toujours et au fur et à mesure que les règles devenaient plus dures à contourner en Angleterre, le capitaine regrettait ce temps où il était beaucoup plus libre.

Une reine en valait bien une autre et Jack et son compagnon pensait déjà à celle qui viendrait remplacer la vieille peau. Une autre rouquine, mais beaucoup plus jeune. Au moins, elle serait mieux à regarder et selon Ballantrae, elle était très charmante. Le mercenaire évoqua le mariage royal, auquel Jack avait assisté dans les tavernes et il lui parla que l’ambiance était mauvaise, sauf quand deux hommes s’étaient mis à se battre.
« Ces nobles ne savent plus se battre comme des hommes. Il manque une bonne guerre à ce pays pour les remplumer et aussi pour favoriser mes affaires. » Il ne put s’empêcher d’aller à son commentaire et écouta la suite. Ballantrae était partant pour quitter l’Angleterre pour l’Ecosse et Jack n’avait qu’une hâte découvrir ce pays qui lui était encore inconnu et mettre à l’épreuve le mercenaire, qui semblait avoir une trop grande bouche et peu de bras.
« Partout il y a des putains et bien souvent, ce sont de magnifiques femmes, par contre en Ecosse, je ne me fais guère d’illusion, les femmes doivent toutes être laides et avec des barbes ! » Les préjugés entre les deux pays ennemis n’étaient jamais loin et Jack n’était pas le dernier quand il s’agissait de critiquer l’étranger. « Bien mon ami, dès que je serai prêt à partir, je te ferais signe et tu auras le grand honneur de naviguer sur le Blacklanter ! » Il souriait à pleine dents tandis que Richard lui serrait la main pour conclure leur engagement. Mortimer n’avait même pas eu besoin de quitter le bordel pour conclure sa première affaire de la journée.


Spoiler:
 
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Message Forbans sans âme et sans coeur ♦ Jack & Richard. ♦ écrit Sam 2 Mai - 20:33
Ah, Jack Mortimer. Un poème à lui tout seul. Ce type était l'équivalent sur mer de ce que j'étais sur terre. Un pourri, un salopard sans foi ni loin, un forban sans âme ni coeur. Lui et moi menions des vies que peu seraient capables de mener, des vies de parias, de criminels, d'hommes de l'ombre. Car c'était ce que nous étions, des hommes de l'ombre. Des personnalités surtout connues et craintes dans les bas-fonds, qui ne côtoyaient les grands de ce monde que pour faire des affaires. Les règles et les lois valaient pour tout le monde... Seulement nous n'étions pas tout le monde. Nous suivions nos propres règles, nos propres lois. Notre histoire ne serait jamais écrite par quelqu'un d'autre que nous même. Ce qui faisait que nous nous respections, nous faisions affaires, notre collaboration était bénéfique et parfois, nécessaire. Jack et moi étions égaux. Alliés quand il l fallait. Compagnons de beuverie, souvent. Amis, jamais. Je ne lui accordais aucune confiance ; et je savais que la réciproque était vraie. Entre nous, les choses étaient claires. Ou presque : la seule chose que l'un ignorait de l'autre, c'était justement quand l'autre allait le trahir.

Je bus d'un trait mon verre de vin - ne me demandez pas à combien j'en étais - et eut un rire de nez. "Toutes les mêmes, pas vrai ? Impossible de compter sur les femmes. Tu peux pas leur faire confiance, on ne sait jamais quand elles décideront de retourner leur veste pour un type qui leur donnera plus d'or et de diamants. Non mais sans rire, elles s'intéressent à quoi, sinon à l'or et aux diamants, hein ?" Un petit quelque chose me disait que si Luisa s'était trouvée dans les parages, elle m'aurait expédié un verre de vin à la face. "Alors c'est ça qu'elles font de nos sous ? Elles s'achètent des chiffons ? Tu peux le dire : sans nous, pas de robes affriolantes, sans robes affriolantes, pas de clients. Elles nous doivent tout." Je remplis à nouveau mon verre et le vidais dans mon gosier d'un même geste. "Je te l'accorde, mon vieux. Pas de meilleur endroit sur Terre. Sauf ton bateau, peut-être ?" J'eus un demi-sourire. La grande histoire qui liait tout capitaine à son navire était presque devenue une légende, dans les ports de Londres. C'était une histoire qui fascinait le gosse qui sommeillait encore en moi, celui qui ne connaissait aucune autre perspective que la ferme à moitié décrépie de ses parents et qui contemplait la mer en sachant pertinemment qu'il n'aurait jamais l'occasion de voguer dessus. Quand Jack sentait le vent tourner pour lui au pays, il lui restait son Black Lantern. Moi, j'étais de ces criminels qu'on tolérait tant qu'ils étaient utiles, mais que le vent tourne pour moi et j'étais condamné à crever comme un rat. Les volontés des rois - ou en l’occurrence, des reines - étaient toujours au dessus de tout. Sous Henry VIII, au moins, c'était nettement plus drôle. Il faisait la guerre aux espagnols, envoyait balader le Pape, faisait exécuter à tout bout de champ. L'ambiance était dithyrambique. Mais maintenant que sa fille avait épousé son abruti d'espagnol aussi fat qu'imbécile, l'Angleterre n'était plus ce qu'elle avait été jadis. Tout se perd. A commencer par ces types au mariage qui ne savaient même pas déboîter une épaule ou tordre un bras. "Tu les aurais vus, mon vieux ! Des vraies fillettes ! J'ai vu le moment ou ils se tiraient les cheveux, c'était tellement ridicule ! Crois-moi, on s'est nettement plus amusés la dernière fois qu'on s'est battus tous les deux à l'auberge !" Ça, c'avait été une bonne soirée. Des bières, des putes, de la musique de taverne, des coups de poings, que du bonheur. Rien à voir avec cette ambiance d'Eglise qui dominait la Cour depuis que Philippe Crétin d'Espagne avait débarqué voilà quelques mois. "La guerre, c'est la solution. Mais la guerre avec les espagnols, hein ? Quoique, j'aime pas les français non plus, mais j'aime encore moins les espagnols." Vivement que la rouquine Elizabeth arrive sur le trône, là on tiendrait peut-être notre chance de brûler trois ou quatre navires espagnols.

Et les écossais, dans tout ça ? En voilà un de pays que je n'aimais pas non plus - soyons clairs, en dehors de l'Angleterre, je n'aimais personne - mais qui risquait de connaître bien des agitations d'ici les prochains mois, vu le bâtard à moitié dingue qui lorgnait trop près sur le trône tenu par sa belle-mère française et apparemment aussi frigide que Mary Tudor. Paraît qu'elles s'entendent bien, les deux... M'étonne pas... Et qui disait agitations, disait affaires pour moi, donc potentiellement pour Jack aussi, si l'affaire était conclue. "Aaaah, là permets-moi de t'arrêter !" Ricanais-je. "Bon, on doit bien avoir des hirsutes à barbe, mais je connais à peu près deux écossaises, une est sans intérêt, une oie blanche bien propre sur elle et maniérée, rien de marrant" - Agnès Livingstone de son nom - "mais l'autre, mon vieux ! Une meneuse de clan, Janet Beaton. Crois-moi, celle-là, elle te plaira. C'est la seule femme que je connaisse qui soit capable de jurer autant que moi." Elle était drôle, la Beaton. Elle plairait à Jack, je n'en doutais pas. Peut-être même qu'elle serait partante pour faire affaire avec nous et le Stuart ? La Guise lui avait refusé la vengeance qu'elle attendait. Mettre la régente dans l'embarras l'amuserait sans doute, c'était à voir. Après avoir descendu un nouveau verre de vin, je serrais la main de Mortimer. "Affaire conclue, pirate !" Voilà qui serait des plus prometteurs.
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