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Nous nous situons aux alentours de mai/juin 1556.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
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Invité

Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Lun 2 Fév - 9:43
Novembre 1554
Whitehall Palace, Londres.

Ma très chère Agnès,

D'inquiétantes nouvelles sont parvenues depuis l'Ecosse jusqu'à la Cour de la reine Mary, qui n'a guère quitté Whitehall depuis votre départ et son mariage. Inquiétantes, oui, c'est là le mot : l'avancée du protestantisme sur vos terres m'a laissée croire que de jeunes catholiques, tels que vous et votre cher époux William, pourraient être importunés. Je me permets aujourd'hui de venir aux nouvelles : comment vous portez-vous, ma chère amie ? Les rumeurs vont bon train, et vous savez sûrement comment sont les rumeurs : à une distance telle que celle séparant Edimbourg de Londres, elles ont tôt fait de s'amplifier, voire de se dénaturer complètement. Ici, l'élément qui revient le plus souvent est celui du bal de la Samain (une célébration que nous ne connaissons point, en Angleterre, et qui me laisse fort curieuse !) qui aurait mal tourné. Du moins est-ce ainsi que j'ai eu connaissance de l'affaire, non sans effroi : l'idée que vous ayez pu être blessée m'a profondément inquiétée, et je n'ai pas été longue à demander à Michèle d'écrire pour moi cette lettre. Vous connaissez ma lenteur à la tâche, aussi je préfère dicter cette missive, qui vous arrivera plus vite par ce biais, d'autant que ma très française gouvernante a, comme vous le savez, ma totale confiance.

J'espère que ces rumeurs fausses et que mon inquiétude est vaine, ou qu'à défaut de pouvoir les démentir, vous pourrez m'assurer que vous, votre époux ainsi que votre enfant à venir allez bien. J'ai il y a peu croisé Lady Stanhope, sans lui avoir parlé (je ne m'y risquerais guère, moi qui déteste cette femme !), mais elle était accompagnée de votre petit Alexander, qui se porte comme un charme, quoique je reste persuadée que vous lui manquez beaucoup. Veillez sur vous, ma chère amie, et sur votre famille : vous avez là de vrais trésors. Je vous transmets également les amitiés des musiciens de Whitehall, que j'ai eu l'occasion de croiser ce matin, qui déplorent votre départ autant que votre fils aîné. Serez-vous assez aimable pour saluer William de ma part ? Je n'ai guère eu l'occasion de lui parler vraiment, mais je sais l'amour que vous lui portez, et dès lors, il m'a paru digne de vous.

Dans l'attente de recevoir de vos nouvelles, que j'espère de meilleure portée que ces détestables rumeurs, soyez assurée de mon amitié la plus sincère et de mon soutien indéfectible.

Lady Katherine Grey.
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Invité

Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Lun 9 Fév - 17:59

Agnès

ft. Katherine
chapitre un
10 novembre 1554 à Édimbourg

Ma chère Katherine


Je m'excuse du temps que j'ai mis pour écrire cette missive, j'avais besoin de temps pour composer. Des malheurs ont ravagé la cour écossaise, en effet, lors de Samain, une de nos fêtes locales, des protestants masqués, nous ont attaqué … Concernant mon époux adoré, je n'ai pas de nouvelles de lui. Il n'était pas présent quand ce jour funeste et sanglant ont ravagé nos cœurs. Pour moi, je dois vous avouer que je ne suis pas encore remise de ce choc, je suis encore secouée et j'ai peur de perdre les eaux bien avant le terme prévu en décembre. J'ai peur de mourir en couche … Oh Katherine … Mon cœur est ravagé ! Par rapport à cette fête samain, il est coutume de nous déguiser et de célébrer la renaissance. Je m'étais déguisée en Damara, la déesse de la fertilité chez les celtes. Tout allait pour le mieux, ce soir là, j'avais conversé avec mon cousin James et ma cousine Margaret. Puis, il y a un spectacle où des hommes crachent du feu … Je me suis rendue auprès de deux amis quand la folie sanglante a éclaté dans le palais. C'est passé si vite … Quelqu'un a mis sa lame près de ma gorge mais heureusement que mon cousin James m'a sauvé la vie. Oh Katherine, j'ai eu si peur. Si peur de mourir … Il est dit que quand on meurt, on voit sa vie défiler, pensez-vous que c'est vrai ? Ce n'est rien ma chère amie, comment allez-vous ? Quand je reviendrais en Angleterre, je pourrais vous lire ce livre que vous aimez tant, qu'en pensez-vous ? Il me tarde vous voir. Comment se porte votre famille ? Et sa majesté Mary Tudor ? Il est dit qu'elle enceinte, je suis heureuse d'apprendre que la Reine porte un enfant. Gloire à l'Angleterre et à l’église Catholique.

Comment va mon cher fils ? Il est sage ? Est-ce que cette Lady le nourrit bien ? J'ai peur qu'elle le détruit entièrement. Un enfant ne doit pas être confié à des inconnues ! Surtout à des femmes comme cette Lady. Embrassez de ma part, nos amis les musiciens ! Promettez leur que dès que je serais remise de mes couches, nous pourrions danser et nous amuser comme avant. Katherine, nous allons nous amuser et profites de la vie. Quand je verrais William, je le saluerais, je vous le promet, chère amie. Peut-être que mon époux s'est perdu en cours de route ? Ou qu'il est resté pour pouvoir récupérer Alexander ?

Je vous envoie toute mon affection et j'espère que vous portez bien, chère amie,

Agnès

agnès dark clouds are now ahead
(c) ystananas


Dernière édition par Agnès Livingstone le Ven 24 Juil - 21:47, édité 2 fois
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Invité

Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Sam 14 Fév - 16:20
Novembre 1554
Whitehall Palace, Londres.

Ma chère amie,

Que d'émotions ais-je traversé en recevant votre missive ! Evidemment, je ne saurais vous en vouloir pour le temps de réponse, je comprends tout à fait votre besoin de calme, jusqu'à ce que vos esprits vous soient revenus. Mes inquiétudes étaient donc fondées ! Quelle horreur, vraiment, une telle abomination en un jour de fête ! S'en prendre ainsi à de nobles gens, et pire, à une femme enceinte, je trouve cela déloyal et proprement affreux. Michèle est d'ailleurs de mon avis, elle affirme qu'il n'est rien de plus abominable au monde que d'atteindre des innocents par de si vils procédés. Entre l'indignation et la crainte, mon cœur balance, ma chère amie ! J'entends vos peurs, évidemment, l'absence de William à vos côtés est assurément une source d'inquiétudes supplémentaires pour vous, dont vous n'avez selon moi pas besoin. Je n'ai pas eu l'occasion de croiser William à Whitehall, mais soyez certaine que si cela se produit, j'irais lui sommer de rentrer au plus vite en Ecosse à vos côtés. Je lis avec effroi que vous redoutez votre accouchement à venir, et j'avoue être bien mal à l'aise pour vous répondre, n'ayant jamais été confrontée à ce problème. Michèle m'assure que vous êtes entourée des meilleurs médecins et que la reine Marie veillera sur vous comme sur sa propre fille ; néanmoins si vous avez besoin d'une quelconque assistance et que vous vous sentez apte à faire le voyage, n'hésitez pas à venir à Londres. Nous vous accueillerons avec plaisir et grand soin, évidemment ! J'aimerais tant être en Ecosse à vos côtés, vous soutenir du mieux que je le puis, mais cela m'est hélas impossible : ici aussi, de nombreux et tragiques évènements ont eu lieu.

La communauté protestante du pays a fait parler d'elle récemment, lors d'une chasse, lors d'une joute aussi. Il y a eu des morts, des explosions et beaucoup de souffrance, je le crains. Dieu merci, j'ai eu la chance de n'avoir été présente à aucun de ces tragiques moments, mais ils m'ont affectée comme ils ont affecté le tout-Londres. Vous le savez bien, ma famille n'est guère en odeur de sainteté auprès de la couronne, et la reine Mary répugne à nous laisser franchir les portes de Londres, sans doute dans la crainte d'un complot. Catholiques tueurs de protestants, protestants tueurs de catholiques, pensez-vous qu'une paix soit un jour possible ? Ces deux religions ont pourtant bien des traits communs, et une base solide sur laquelle bâtir une Europe nouvelle, fondée sur les hautes valeurs de la chrétienté : la loyauté, la générosité, le partage, l'amour. Or, loin de pacifiques projets, nous voilà aux portes de la guerre. Oh ma chère Agnès, que l'on ait pu vous menacer d'une lame, vous ma chère amie, vous qui portez la vie en votre sein, cela m'empêche de trouver le sommeil et le repos. Un tel comportement est indigne de la religion chrétienne, et si Jésus Christ s'en revenait en ce bas-monde, il serait bien malheureux de voir ce que les hommes ont fait de sa sainte parole. Omis ces bien tristes évènements, je me porte bien : ma mère voyage entre Ipswich et Londres avec son nouvel époux, je demeure à Whitehall avec Mary comme le veut la reine. Certains, effectivement, la disent enceinte, pour ma part j'ignore ce qu'il en est réellement, n'étant pas dans la confidence. Si effectivement elle l'est, je suis prête à parier que le sang continuera de couler aux pieds du trône, car rares sont des anglais prêts à voir un Habsbourg s'asseoir sur le trône de St Edward. De sombres nuages s'amoncellent à l'horizon, mon amie, nous aurons besoin de tout le soutien que nous pouvons nous donner pour faire face.

Mais il reste toujours de l'espoir : votre fils Alexander en est une preuve. Autant que je sache, il se porte bien, il est sage et correctement nourri, néanmoins si cela est une source de soucis pour vous, soyez certaine que je lui offrirais ces délicieux gâteaux au miel que Michèle me rapporte des cuisines. Je m'efforce de veiller de loin à son bonheur, par amitié pour vous, mais avec la Stanhope qui veille, c'est fort difficile, vous le comprenez bien. Dieu merci, sa fille Jane est différente, et m'assure que votre petit trésor est au sommet de sa forme. Nos amis musiciens seront évidemment les premiers au courant des saluts que vous leur transmettez, ils en seront ravis ! Je crois qu'excepté votre fils et moi-même, ils sont ceux qui gardent le plus vivace souvenir de vous, et de votre virtuosité, à la cour. Savoir que vous allez mieux en dépit de tout me réjouit, car Michèle dit qu'il est mauvais de s'inquiéter lorsqu'on est enceinte. En ces heures sombres, il est bon de savoir que l'on aune amie sur qui on peut toujours compter.

C'est à présent à mon tour de vous envoyer toute mon affection et tout mon soutien, si vous avez besoin de quoi que ce soit que je puisse vous fournir, n'hésitez pas : il n'est rien que je ne ferais pas pour l'amie sincère que vous êtes pour moi.

Lady Katherine Grey.
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Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Sam 14 Fév - 19:53

Agnès

ft. Katherine
chapitre deux
15 novembre 1554 à Édimbourg,

Ma chère amie,


J'aimerais vous serrer dans mes bras, ma chère amie, j'ai besoin d'affection, bien que dames Louise et Anne soient là pour moi, j'ai besoin que toutes les personnes que j'aime ou que j'apprécie soit avec moi, j'ai l'impression d'être égoïste dans ce côté là. Je vous remercie mon amie, mon ami Thomas de Percy que je viens de répondre m'a répondu qu'il n'avait pas vu au Devonshire. Où se trouve mon époux ? Je remercie Michelle et vous pour vos tendres paroles, elles m'aident à supporter ce futur accouchement. Ma tante sera là, elle sera présente comme mon cousin enfin s'il tient sa promesse ! Mais mes cousines Jane et Margaret ne seront pas présentes, elles viendront en Angleterre. Si vous voulez, vous pourriez les voir, elles sont gentilles et adorables. Prenez soin de ma cousine Jane, elle doit être heureuse. Je comprends ma chère amie, ne vous en faites pas, ce n'est rien. Je vous promet dès que je suis rétablie de ma délivrance, je viendrais vous voir, je séjournerais chez Thomas Percy et je vous verrais mais je dois également retrouver mon service auprès d'Isabel d'Isembourg.

C'est si affreux … Comment osent-ils s'attaquer à des innocents ? J'ai des connaissances qui sont allés à joute, j'espère qu'il ne leur ait rien arriver de fâcheux ! Je suis heureuse que vous portez bien. J'espère qu'il aura une entente cordiale entre les deux clans. Il le faut, nous ne pouvons pas continuer à nous détruire. Si seulement nos hommes nous écouteraient, peut-être que la situation changerait. Reposez vous ma chère amie, ne vous en faites pas, je vais aller mieux, quand William sera là, j'irais mieux. Mais, je dois vous avouer que j'ai encore cette sensation de glace sur ma peau chaude. Je remercie mon cousin de m'avoir sauvé et je regrette que lui et moi, nous ne sommes plus proches qu'avant … Comment est ce nouvel époux de votre mère ? Est-ce qu'il vous traite bien ? Embrassez votre sœur, Mary. C'est si horrible … Pourquoi continuer à se battre ? Le sang a tant coulé ma chère amie, c'est si … Triste, je ne sais plus quoi penser.


Je vous remercie ma chère amie de m'apporter de la lumière dans la pénombre où je me trouve. Merci ma chère amie d'être là pour lui, veiller sur lui, aimez-le et si je venais à mourir, protégez le contre cette odieuse femme ! Heureusement qu'elle est, une douce personne, je me soucie d'elle, pauvre enfant. Oh ! Ils jouent quels morceaux ? Comment vont Edward et Henri ? Ils me semblent que l'un va se marier avec Elizabeth et le second est le futur père d'un enfant … Michèle a bien raison surtout qu'en ce moment, je suis alitée dans mon lit. Embrassez là et je vous promet qu'on se reverra très vite, dans deux mois ou trois si Dieu le veut.

Avec toute mon affection dévouée,

Agnès

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(c) ystananas


Dernière édition par Agnès Livingstone le Ven 24 Juil - 21:48, édité 1 fois
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Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Mer 18 Fév - 15:14
Novembre 1554
Whitehall Palace, Londres.

Ma très chère amie,

Ne craignez point d'être égoïste ! La place de ceux qui vous sont chers est à vos côtés en ces temps difficiles, aussi bien physiquement que par la pensée. Ne pouvant être là pour vous tenir la main, mes prières vous accompagnent chaque jour. Je suis soulagée d'apprendre que vous n'êtes pas laissée pour compte à Edimbourg, le contraire m'aurait fortement peinée. Fiez-vous aux bons soins de vos amies, et surtout évitez les contrariétés, je ne sais si cela vous aidera beaucoup, mais Michèle m'assure que oui. Je regrette que vos cousines, qui semblent tant compter pour vous, ne soient pas là à vos côtés, mais je suis persuadée qu'elles prieront toutes deux pour vous comme je le fais. Si l'occasion se présente, je serais ravie de me recommander à votre bon souvenir auprès d'elles, je suis sûre qu'elles ne peuvent être qu'aimables et charmantes. Mais malgré tout, j'espère vous revoir bientôt en dépit de la distance.

Vos paroles concernant les événements bien fâcheux ayant eu lieu dans nos deux pays ne peuvent que trouver un écho en mon coeur. Plus que jamais, je crains une guerre civile. Son ombre s'étend déjà sur la France, sur le Saint Empire Germanique, pourquoi tant de haine entre deux religions si proches ? Cela me semble être, je vous l'avoue, une guerre fratricide. C'est affreux, infâme, inhumain, hélas nul n'est mieux placé que moi pour savoir que rien n'est plus désuni qu'une famille. Ma soeur et moi sommes toujours traitées en moins que rien par l'entourage de la reine, et le mariage de ma mère, en mars dernier, n'a fait qu'empirer les choses. Les erreurs de mon père s'abattent sur nous comme des vautours sur des cadavres, et ma douce Mary et moi sommes seules face aux rapaces. Ma lignée est princière, jadis royale, si on remonte à ma grand-mère Tudor, à mon aïeule Elizabeth Woodville, et aujourd'hui nous ne sommes plus que les filles d'un traître. La situation de la famille royale anglaise m'évoque celle de la chrétienté toute entière à l'heure actuelle. Des pensées qui diffèrent, est-ce là une raison valable pour perpétrer ces abominables crimes ? Quelle sera la honte qui marquera à jamais l'Europe lorsque l'horreur de ces crimes sera découverte ? Je vous suis, chère amie, lorsque vous semblez penser que si les hommes cessaient de dicter leur loi aveuglément, le monde se porterait mieux. Mon coeur va de concert avec le vôtre. Si la gent masculine se penchait un peu plus vers la douceur, la compassion et la générosité qu'on dit apanage des femmes, c'est l'honneur de nos pays qui serait sauf. Mais ces messieurs préfèrent la guerre à la paix, les armes aux paroles, et tout court vers une catastrophe. Menacer une femme enceinte en est la preuve : où va le monde, si celles qui portent une vie en leur sein ne sont plus à l'abri de la folie meurtrière de ces extrémistes ? Dieu est grand, votre cousin vous a sauvée. Je lui en serais gré toute ma vie, je le crois... Je regrette que vous ne soyez plus aussi proches que vous me le décrivez : peut-être que si vous lui parliez, cela s'arrangerait ? Michèle dit que les paroles expriment bien mieux les ressentis du coeur que les armes. Peut-être devrais-je parler à mon beau-père, mais j'avoue ne pas en avoir la force, ou l'envie. Pour répondre à votre question, soyez sans crainte : Sir Stokes s'est toujours montré aimable à notre égard. Il aimerait, je le vois, que Mary et moi l'acceptions comme un père, mais ni elle ni moi le pouvons. Mon père est mort voilà des mois, et la blessure n'est pas guérie, loin de là. Et ce mariage qui a eu lieu onze jours seulement plus tard... Une honte, vraiment, la pire de toutes. J'aurais pu tout pardonner à ma mère, sa froideur, sa distance, sa dureté, mais pas cette injure à mon père. Chaque fois que mon regard croise celui de Stokes, c'est mon père qui se rappelle à mon souvenir, mon père bafoué par le pays et sa propre femme, et c'est comme si on frottait mes blessures avec du sel.

Je veillerais sur votre fils de mon mieux, ma chère Agnès, pour vous, pour lui, et contre Anne Stanhope que je ne supporte en aucune façon. Cette garce... Là voilà qui s'arroge le rôle de la veuve vertueuse et sincère, alors que toute la cour respire sa félonie, et qu'elle ne fait que profiter des lamentables erreurs de ma mère ! Mais votre fils reste pur, lui, aussi pur et sans péché que l'enfant que vous portez. Il le restera, j'en suis sûre, car il reste votre fils, en dépit de cette odieuse Stanhope. Et puisque nous parlons de Whitehall, je répond sur le champ : les morceaux de Thomas Tallis et les compositions du roi Henry VIII retentissent à bien des banquets, malgré que les espagnols rajoutent de plus en plus de leur influence. Leur présence en Angleterre a quelque chose de déplaisant (je ne puis m'empêcher de penser qu'ils cherchent à asservir mon pays comme ils l'ont fait pour le Nouveau Monde), mais leurs musiciens ne sont pas dénués de talent. J'ai le plaisir de vous annoncer que le fils d'Henri est né il y a peu : un beau garçon du nom d'Arthur, comme le premier fils d'Henry VII et le héros des légendes. J'espère que l'enfant survivra a sa prime enfance, après tout s'il y a bien une période où l'on est fragile, c'est celle-ci. Quant au mariage d'Edward, il approche à grands pas, et les rires des fiancés résonnent assez fort pour que je les entende, assez sincères pour me faire sourire à mon tour. Que ne donnerais-je pas pour, moi aussi, vivre un amour sincère ? Portez-vous bien, mon amie, prenez grand soin de vous. Les sombres nuages nous font face, mais une simple trouée permet de voir les étoiles, parfois la lune, et parfois même le soleil. L'espoir demeure, nous devons y croire, pour vos enfants.

Avec toute mon amitié,

Lady Katherine Grey.
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Invité

Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Jeu 9 Avr - 20:20

Agnès

ft. Katherine
chapitre trois
8 décembre 1554 à Édimbourg

Ma chère amie,
Je vous remercie pour vos belles paroles et je m'excuse d'avoir tarder à répondre, entre votre missive et celle que vous allez recevoir, j'étais fatiguée et je me remet à peine de mes couches, j'ai la joie de vous annoncer que je viens de donner naissance à une petite fille, il y a quelques jours. Je suis heureuse, elle est si belle, si magnifique. Comment allez-vous ma chère amie ?
Ma chère amie, remerciez Michèle. avez-vous rencontré mes cousines, il me semble qu'elles sont encore en Angleterre ? Aujourd'hui, la cour écossaise, nous fêtons l'anniversaire de notre petite Reine mais je ne pourrais pas assister à l'anniversaire en raison de mes couches récentes, et vous en Angleterre que se passe-t-il ?

Concernant ces guerres de religions, je ne sais quoi vous répondre. Je déplore que notre monde soit remplis de guerre. Pourquoi tuer nos frères et nos sœurs ? Je ne comprends pas … J'ai peur que ce monstre, ce fléau touche la France et l'Empire Germanique. Concernant votre sœur et vous même, je me sens désolée. C'est injuste, ma chère amie, vous devez être moins traitée, bien que vous soyez la fille d'un traître, je ne pense pas que vous soyez une traîtresse. On est que les enfants de nos parents et nous ne reproduisons pas leurs crimes. Pourquoi tant de haine envers les enfants ? Vous êtes si jeune mon amie. Concernant la gente masculine, j'ose espérer qu'un jour, elle sera plus clémente, plus douce comme nous les femmes. Imaginons si les gouvernements de l'Occident soient des femmes, la vie serait plus différent. Je suis heureuse que votre cour anglaise et la mienne ont des Reines. La politique est très compliquée, je n'ose pas trop m'avancer là-dessus. Après tout, je suis qu'une femme et les femmes doivent obéir aux hommes mais également à notre Seigneur. Pour mon cousin, nous avons quelques problèmes à régler mais je ne pourrais pas le revoir avant quelque temps. Je suis heureuse que votre beau-père soit bon avec vous et votre sœur. Personne ne pourra remplacer un père, je le sais. Mon père est mort sur le champ de bataille, il y a quelques années. Ma mère a aimé un autre homme, je n'ose point dire le nom de cet amant mais je suis furieuse que ma mère ait pu trahir mon père. Il était bon avec nous, il était mon héros. Donc, je vous comprends ma chère amie. Pourquoi nos mères trahissent la pensée de nos défunts pères ? Sommes-nous destinée à ne pas rester avec l'homme qui nous est destiné ?

Je vous remercie ma chère amie de veiller sur mon fils. Je ne supportes pas cette Lady, je ne comprends pas que William ait accepté qu'elle s'occupe de notre fils surtout que des rumeurs accusent cette Lady d'être une ancienne protestante. Je ne veux pas qu'elle endoctrine mon fils de ces pensées. Je ne veux pas de cette guerre entre lui et moi. Pour cette sorcière de Stanhope, je la déteste. Je ne veux pas que se soit elle qui s'occupe de mon fils, je ne voulais même pas qu'il parte sous la tutelle pour moi, c'est pour cette raison que pour moi, c'est un vol. Qu'en pensez-vous ma chère amie ? Pensez-vous que j'exagère ? J'aimerais tant écouter ces morceaux à nouveaux. Pensez-vous que les Espagnols cherchent à faire de l'Angleterre l'un de leur territoire ? L'Angleterre est puissante. Pour nos amis, je suis heureuse pour Henri, donnez-lui mes hommages à lui et à sa femme ! A-t-il trouvé des parrains et marraines pour le bébé ? J'en suis sûre qu'il vivra longtemps ! Que le seigneur veille sur lui. Je suis heureuse que le mariage d'Edward avance vite. Portez-vous bien chère amie et j'espère vous revoir très vite.

Je vous embrasse,

Agnès

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(c) ystananas


Dernière édition par Agnès Livingstone le Ven 24 Juil - 21:54, édité 1 fois
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Invité

Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Mar 14 Avr - 13:40
Décembre 1554
Whitehall Palace, Londres.

Ma très, très chère amie,

Quelle ne fut pas ma joie lorsque je reçus enfin votre missive ! Et quelle ne fut pas ma joie, plus grande encore, en apprenant l'heureuse nouvelle ! Ma chère amie, vous n'imaginez point combien je me réjouis de votre bonheur. Votre fille, c'est un merveilleux présent du ciel que vous avez reçu là ! Dites-moi tout : comment l'avez-vous appelée ? Est-elle de belle santé ? Qui sont les heureux parrain et marraine ? Les couches n'ont pas été trop difficiles ? Et comment va William, est-il heureux de la naissance de votre petite princesse ? Je vous en prie, acceptez mes félicitations et tous mes voeux de bonheur, c'est une splendide famille que vous avez là. Michèle et Mary vous saluent, vous félicitent et vous embrassent. Encore une fois, mes prières vous accompagnent. J'ai eu l'occasion de voir votre cousine Margaret lors de festivités données à Whitehall au nom de la couronne. J'ignore si la nouvelle est parvenue jusqu'à l'Ecosse, mais je soupçonne que oui : notre Reine, Mary Iere, est enceinte. Voilà qui ne doit guère plaire à votre régente Marie de Guise, et qui, je vous l'avoue, ne me plait guère non plus : je ne connais que peu le monde de la politique, mais j'aurais préféré une alliance anglo-écossaise nous rapprochant également de la France, qu'un petit-fils de Charles Quint sur le trône. Diable, l'Empire des Espagnes est assez vaste comme ça ! Mais notre Reine se réjouit sans doute, et en tant que sa fidèle et loyale pupille, je ne puis que me réjouir aussi. J'espère que les festivités données pour votre petite Reine Mary Stuart se dérouleront sous de meilleures augures que celles de la Samain, et que vous retrouverez bientôt votre vaillance : la Cour d'Edimbourg doit être bien vide, sans vous. Je n'ai guère davantage de nouvelles intéressantes de Londres, la vie suit son cours. Certains parlent de nouvelles révoltes protestantes, certains maudissent notre Roi consort et l'enfant à venir, d'autres se réjouissent au contraire. Mais chacun se tait et observe, dans l'attente de Dieu sait quoi. C'est une étrange atmosphère qui a envahi les couloirs de Whitehall, une atmosphère plus pesante encore qu'à l'accoutumée. Je trouve cependant du réconfort dans vos lettres, ainsi que dans la présence continuelle de Michèle et de ma tendre petite soeur Mary. De la même manière, une de mes proches amies, Mary Sidney, a mis au monde un petit Philip à la fin du mois de novembre, et le fils de notre cher Henri, le vaillant petit Arthur, est l'un des enfants les plus énergiques qui me soit donné de voir. C'est un vrai bonheur de m'occuper de lui, de temps à autres. Vous me posez la question de ses parrains et marraines, je vous répond sans plus attendre : Edward, toujours préoccupé par son mariage au demeurant, est le parrain, quant à la marraine, il s'agit de ma gouvernante Michèle. Elle a été très flattée d'être choisie, et se fait une joie de couvrir son filleul de mille et un présents.

Il est une chose, ma chère amie, dont je ne vous ait point parlé encore. Sans doute avais-je trop honte, sans doute avais-je peur aussi, mais en cette fin d'année 1554 où les mères semblent bénies du Ciel, l'une d'elle a fait exception. Ma propre mère, Frances. Je m'excuse par avance d'avoir tu ce que je m'apprête à vous écrire, et je souhaiterais avoir votre avis sur un point qui me préoccupe : ma mère, comme vous ne le savez hélas que trop bien, s'est fourvoyée dix jours après la mort de mon père en épousant Sir Adrian. Par ce geste, elle a précipité le déshonneur de notre famille et nous a à jamais exclues de la succession au trône d'Angleterre, qui demeurait encore possible, malgré tout. Ce que j'ai tenu secret est le fait que peu de temps après, ma mère a compris qu'elle portait l'enfant de Sir Adrian. Comprenez, dès lors, le chagrin ravageur qui s'est emparé de moi : l'enfant était innocent, certes, mais ces parents ne l'étaient pas. Quelle insulte, quel affront à mon père qui plaçait l'honneur en haute estime ! Quelle trahison infâme était-ce là ! Une traîtresse - car c'est bien ce qu'est ma mère - qui portait l'enfant d'un traître, a-t-on jamais vu chose plus vile ! J'ai haï ma mère et mon beau-père, mais plus encore, et à ma grande honte, j'ai haï l'enfant à naître. Alors que je me réjouissais de votre grossesse, je maudissais celle de ma mère. Ais-je mal agi, ma chère Agnès ? Jamais je n'ai prié pour que l'enfant s'éteigne, non, mais jamais je n'ai prié pour qu'il vive. J'ai mis un voile sur cette grossesse, j'ai agi comme si de rien n'était. J'ai rongé mon frein, je me suis efforcée de contenir les accès de colère de ma petite soeur, toujours plus virulente que moi. L'enfant, une petite Elizabeth, est morte quelques heures après être venue au monde, et aujourd'hui, je m'interroge. Suis-je coupable de cette mort, par mes malédictions silencieuses ? Ou est-ce le mariage de ma mère qui soit en réalité maudit ? Cette mort, n'est-elle pas la preuve que l'union de Frances et Adrian n'est pas approuvée par Dieu ? Est-ce là la manière divine de punir les agissements de ma mère, qui font honte à mon père et à notre noble et ancienne famille ? Sont-ce les péchés des parents qui retombent sur leurs enfants ? Ce cercle infernal ne prendra-t-il donc jamais fin ? Je suis perdue, je ne sais que penser. Quel est votre avis sur la question, chère Agnès ? Pensez-vous que ma chère petite Mary et moi-même auront à souffrir plus encore à cause des agissements de cette traîtresse qui nous a donné vie, et qui ose se faire appeler Mère ? Nous avons déjà assez souffert à mon sens - Diable, n'ais-je pas vu de mes propres yeux le bourreau fendre le cou de ma soeur aînée, puis de mon cher père ? - et j'affronterais mille morts plutôt que voir ma cadette souffrir à nouveau. Je me demande si un jour, nous trouverons la paix, elle et moi. Parfois, je crois que seule la mort nous apportera le repos.
Concernant votre mère, je crois que vous savez combien je vous comprends et vous soutiens. J'ignore pourquoi nos mères agissent de façon aussi peu respectueuses envers leurs époux. Ils ont été unis devant Dieu, or l'homme ne peut défaire ce que Dieu a fait. J'ignore pourquoi elles se refusent à demeurer fidèle à celui qui leur était destiné. Mais je crois que les femmes d'honneur certain ne sont pas concernées par cette question : vous, par exemple, ne l'êtes pas. Vous aimez William, je le sais, et heureusement il vous le rend bien. Je sais que vous lui serez fidèle, c'est là le devoir d'une épouse. Je serais volontiers restée fidèle à jamais à mon époux Henry Herbert, mais lui n'a plus voulu de moi, alors j'ai respecté son ordre et suis partie. Encore aujourd'hui, ma mère me le reproche, mais je ne me sens pas coupable de quoi que ce soit. J'ai juré de lui obéir, j'ai respecté ma parole. Si lui a été parjure, ce n'est pas mon cas. Et si un jour, Dieu m'accorde le bonheur de me marier, je resterais fidèle à mon époux, même après la mort. Se remarier, pourquoi pas, mais jamais dans le déshonneur, et uniquement si l'Eglise bénit et approuve cette union. Et alors que ma mère passe pour une infâme aux yeux du monde - ce que j'estime mérité - c'est cette sorcière d'Anne Stanhope qui reçoit les honneurs. Je crois que nul ne déteste plus que moi cette vipère aux dents longues, sinon vous, ma très chère amie. Soyez rassurée cependant : Alexander va très bien, je l'ai vu la semaine dernière. C'est un véritable petit ange, et je doute fort que le venin de la duchesse de Somerset puisse un jour prendre d'assaut son âme pure. Je comprends évidemment vos craintes, mais je crois sincèrement qu'il est votre fils avant d'être le protégé d'Anne Stanhope, et bon sang ne saurait mentir. En dépit de la distance, il reste votre enfant, et il le sait. Mais je conçois que la chose soit difficile pour vous : n'y a-t-il pas moyen pour vous de demander à William de retirer cette tutelle ? S'il tient à ce qu'Alexander soit élevé à la Cour d'Angleterre, d'autres nobles dames seraient infiniment préférables à Anne Stanhope, je ne pense pas à moi et encore moins à ma mère, mais à une Lady comme Frances Radclyffe, que je connais bien et apprécie énormément. C'est une dame d'atour de notre Reine Mary, ainsi qu'une femme de jugement sûr, et à qui le Ciel n'a pas encore permis d'avoir des enfants. Ce n'est que le premier nom qui me vient, et vous n'êtes évidemment pas obligée de l'accepter, qui d'autre qu'une mère aimante peut savoir ce qui est le mieux pour son enfant ? Mais ce peut-être une solution pour vous, pour convaincre William de libérer Alexander des griffes d'Anne Stanhope. J'espère de tout coeur que vous trouverez une solution.

En attendant, je vous embrasse et vous félicite à nouveau, ma chère Agnès, de la naissance de cette fillette que je ne connais pas encore, mais qui née de vous, ne peut-être que merveilleuse.

Lady Katherine Grey.
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Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Dim 19 Avr - 14:22

Agnès

ft. Katherine
chapitre quatre

15 décembre 1554 à Édimbourg
Ma chère amie,

Je suis tellement heureuse d'avoir eu ma fille, je me remet doucement de mes couches. La princesse se porte bien, je l'ai prénommé Jane comme ma cousine avec l'aval de mon bien-aimé. Elle est si belle, elle a les cheveux clairs comme moi, mais, elle a le regard de son père. Le parrain est Damian Blackwood et sa marraine Anne Somerset. Elles ont été pénible mais grâce à mes proches tout s'est bien passé. Je vous remercie ma chère amie et j'espère qu'on pourra se voir et que je pourrais vous présenter ma petite princesse. Comment vont Mary, Michèle et vous même ? Ma cousine se porte bien ? En effet, oui, j'ai entendu que la Reine est enceinte. Lors de cette fête en l'honneur de ma Reine, il y a eu un accident mais je n'en sais pas plus. Ils ont sans doute voulu rien me dire pour éviter que je me fasse du soucis. J'aurais préféré également une alliance entre nos deux pays mais le destin a décidé que votre Reine épouse un fils de Charles Quint. Je reviendrais à la cour écossaise après que je sois rétablie mais je ne sais quand. Seul notre Seigneur peut le savoir. Oh, il y a encore des révoltes protestantes ? Je dois avouer que depuis cette tragédie à Samain, je ne sais plus quoi penser des protestants. Je prie pour que la cour de Whitehall soit meilleure. Oh, félicitez votre amie de ma part et témoignez lui mes respects. J'aimerais tant revoir nos chers amis et vous revoir. Félicitez Edward et Michèle. Quand Edward va se marier ? J'aimerais tant assister à ces noces, s'il souhaite que je sois conviée, je ne souhaite pas m'imposer. Embrassez les de ma part. Je pourrais essayer de vous faire passer un présent pour le jeune Arthur . Avez-vous une idée du présent que je pourrais donner ?

Concernant votre mère, je ne sais quoi vous penser. Sachez que je vous soutiens ma chère amie, toujours. Je comprends ce que vous ressentez face au fait que votre mère a pu porter l'enfant de la honte dans ses entrailles. Non ma chère amie, vous n'avez pas mal agis. Non, il est naturel qu'on peut détester les mauvaises actions de nos mères . Comment ont-elles osé déshonneur notre sang ? Cet enfant que votre mère est perdue est dans le Ciel auprès de nos pères bien-aimés et avec les petits anges. Oh ne dites pas cela, vous êtes l'innocence même, Katherine. Vous êtes un ange de pureté. Jamais, on ne vous enverra en enfer. Je ferais tout pour éviter que vous tombez. Mais, je pense que c'est une malédiction qui est tombée sur votre mère en trahissant votre père. Elle n'aurait jamais dû épouser un autre homme après la mort horrible de votre père. Ceux qui trahissent l'union sacrée sont maudits. Mais, les enfants de l'union sacrée ne sont pas maudits. Katherine et votre sœur, vous n'êtes pas maudites. Croyez-moi. Vous ne l'êtes pas. Les fées reviendront vous voir et vous combleront de présents. J'en suis sûre. Vous me donnez des frissons ma chère amie, vous êtes courageuse et forte. Je prie de tout mon être pour que vous et votre sœur, vous allez mieux. Je vous apporte toute mon affection ma chère amie.
Je me demande la même question ma chère amie, je serais toujours fidèle à mon époux. Je ne pourrais pas le tromper par la chaire. Je ne peux pas, mais, je dois vous avouer un secret ma chère amie. Il y a très longtemps, avant que je connaisse mon époux, j'ai aimé mon cousin James. Je l'ai aimé, je désirais me marier avec lui. Puis, j'ai rencontré mon époux et je suis tombée follement amoureuse de lui . Il y a peu quand j'ai revu mon cousin, je ressentais encore les affreux sentiments que j'ai eu pour lui. Mais, je jure par la Vierge et Dieu que rien ne s'est passé . Je ne l'aurais pas permis. Je ne suis pas une femme qui trompe son mari. Que pensez-vous ma chère amie ? Pensez-vous que je dois dire à William ce que j'ai ressenti pour James ? Je ne sais plus quoi penser. J'ai peur qu'il pense que j'aime encore James et que je le trahisse mais mon cœur ne pourra pas le trahir. J'aime tellement mon époux. Il est mon ciel et ma lumière. Pour votre époux, pourquoi a-t-il voulu ceci ? J'en suis sûre que vous serez une bonne épouse et que vous trouverez l'amour. Avez-vous trouvé un bel homme à Londres ? Pour cette sorcière, je ne sais pas s'il souhaite retirer Alexander de la tutelle de cette sorcière. Pouvez-vous demander à votre amie si elle voudrait s'occuper de mon fils ? Mais avant, il faut que je consulte mon époux et ma tante concernant cette tutelle. Il faut que je le fasse. Pouvez-vous transmettre mes salutations à Arthur Platon ? C'est un garde et j'aimerais s'il est possible que vous lui disiez que je pense à lui et qu'il est de mes amis. Enfin, si je devais choisir un tuteur pour mon enfant, je penserais à vous ma chère amie ou à Arthur Platon. Mais, je ne pense pas que la Reine soit d'accord avec mes prépositions.

Je vous embrasse ma chère amie et que mes prières guident les fées sur vous,



Agnès

agnès dark clouds are now ahead
(c) ystananas


Dernière édition par Agnès Livingstone le Ven 24 Juil - 21:57, édité 2 fois
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Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Jeu 30 Avr - 13:20
Décembre 1554
Whitehall Palace, Londres.

Ma très chère amie,

Recevez une fois nouvelle tous mes voeux de bonheur. Jane, quel charmant prénom ! Votre fille recevra, je n'en doute pas, toutes les qualités que votre cousine ne peut qu'avoir, étant de votre parenté. Je n'ai point la chance de connaître Lord Blackwood et Lady Somerset, mais si ce choix est le vôtre, il ne peut être que le meilleur. J'en profite pour faire un aparté, et pour vous dire que je ne connais point non plus Mr Paton dont vous parlez, mais que je me hâterais bientôt de lui porter vos salutations. Mary et Michèle se portent comme des charmes, elles vous félicitent encore pour ce merveilleux événement. Vous avez également tous les voeux de félicité de nos amis musiciens, qui se languissent de votre présence. Edward devrait se marier à la mi-mai, pensez-vous que d'ici là, vous nous ferez la joie d'une visite en Angleterre ? Il serait en tout cas enchanté, j'en suis sûre, de vous inviter à son mariage ! De votre côté, comment allez-vous ? La fatigue se fait-elle moindre ? Le froid n'est-il pas trop mordant, si loin au nord ? Nos hivers anglais doivent paraître bien doux à côté des échos que j'ai de l'Ecosse ! Mais Michèle m'assure pourtant que de là où elle vient, en Navarre, la neige de décembre est une dentelle, et qu'il fait bien plus froid en Angleterre. J'espère que vous restez à l'abri des vicissitudes du temps, vous savoir malade après un accouchement fatiguant me désolerait.

Je crois, très chère, que votre cousine Margaret va bien. Je ne la connais guère, je l'avoue, mais je l'ai vue il y a peu lors de ces fameuses fêtes dispensées par la Reine Mary en l'honneur de son royal enfant à naître. En dépit de la tragédie que fut cet événement, il m'a semblé qu'elle se portait au mieux. J'ignore si les nouvelles dudit événement sont parvenues jusqu'à Edimbourg, et si vous en avez eu les échos, si tel n'est pas le cas, laissez moi vous les expliquer. Sachez, pour commencer, que je ne crois avoir dénombré que des blessés, mais guère de morts, j'espère que cette précision vous rassurera sur la suite. Nous avons, voyez-vous, une coutume particulière en Angleterre - j'ignore si elle existe aussi en Ecosse - qui veut que lors de festivités telles que celles accordées par la Reine, nous inscrivons des voeux de bonheur sur de petits rouleaux de parchemins glissés ensuite dans de petits bateaux de bois richement ornés, posés sur l'eau. Des archers doivent tirer des flèches enflammées sur les bateaux pour que ceux-ci brûlent et que nos voeux, avec la fumée, montent au ciel et soient accueillis par Dieu. Tout avait admirablement bien commencé, si ce n'est qu'à un moment, et pour une raison que je ne saurais donner, les archers ont cessé de tirer sur les bateaux pour tirer sur la foule. Imaginez, alors, la crainte qui s'est emparée de moi ! Ma petite soeur était là aussi, je n'aurais pas supporté que quiconque s'en prenne à elle ! J'ai eu peur, c'est certain, surtout lorsque la perruque d'une femme a pris feu à quelques mètres de moi. Dieu merci, elle s'en est sortie indemne, mais ce fut impressionnant. J'aurais d'ailleurs été touchée si une de mes amies n'était pas intervenue - sacrifiant sa cape au passage - pour m'écarter de la trajectoire de la flèche. Ce fut une belle panique dans tout le jardin. A l'heure ou je vous écrit, le nom du coupable reste ignoré. Les protestants, en revanche, sont accusés de tout, mais sans preuve, or je ne tiens pas à juger sans preuve, aussi je ne préfère pas m'avancer. Après tout, l'acte n'a pas été revendiqué par quiconque ! Mais par dessus tout, mon amie, je redoute la violence, or plus le temps passe, et plus je me rends compte qu'elle est omniprésente.

Car après tout, ce que nos mères nous ont fait subir, à vous comme à moi, et ont fait subir à la mémoire et à l'honneur de nos pères respectifs, relève d'une forme de violence, certes différente, mais bel et bien redoutable. Tout autant à craindre que les sanglants événements, par ailleurs, car j'en viens, comme vous avez pu le voir, à douter de moi. Mais vos tendres paroles m'ont rassurée : si à vos yeux purs je n'ai rien d'une mauvaise, c'est que là doit être la vérité. Contrairement à ma mère, je n'ai pas déshonnoré mon sang, je n'ai pas fait honte à mon nom et à mon âme, c'est bien vrai. J'ai de remords, cependant, concernant cette enfant, dont la mort est indépendante de ma volonté c'est vrai, mais que je n'ai pas réussi à aimer comme une soeur dans ses quelques heures de vie. Pauvre enfant, j'espère que vous avez raison, qu'elle a été guidée par les fées dont vous parlez si aimablement, auprès des anges et dans la lumière divine. Elle ne méritait pas de naître au sein d'un mariage maudit. Votre mère a-t-elle eu des enfants de l'homme qu'elle a connu avec votre père ? Ont-il vécu ? Votre soutien, ma très chère amie, me rassure et me guide, un jour je saurais vous rendre tous les bienfaits que vous m'avez apporté. Si c'est dans les moments difficiles que l'on sait qui est un ami et qui ne l'est pas, vous êtes l'une des meilleures et des plus fiables amies que j'ai jamais eu, Agnès, et pour cela je ne vous remercierez jamais assez. J'espère que la roue de la fortune finira par tourner en notre faveur, à ma soeur et moi, alors je serais pleinement en mesure de vous rendre tout ce que je vous dois. J'ai longtemps réfléchi à vos mots concernant votre cousin James, et je sais que vous avez la chance, le bonheur de ne faire qu'un avec votre époux. Vous l'aimez corps et âme, je le sais, et il en va de même pour lui, vous êtes une femme à l'honneur irréprochable et au jugement sûr, à la droiture conséquente. Votre époux le sait, et vous aime aussi pour cela. Je vous crois sur parole, ma chère amie, lorsque vous m'écrivez que jamais votre affection pour James n'a dépassé le stade du coeur, et il ne me viendrait pas à l'idée de mettre en doute votre parole. La sincérité de vos sentiments pour William est connue de tous, et de William en premier, je pense que pour soulager votre âme, lui parler serait peut-être le mieux. Il vous aime et comprendra, je n'en doute guère. Si toutefois vous craignez sa réaction, la présence du prêtre au confessionnal peut peut-être vous apporter le secours et l'aide nécessaire. Michèle dit qu'un premier amour laisse toujours des cicatrices, mais que l'amour vrai gagne partout et toujours. J'espère que vous trouverez la paix que vous cherchez, sincèrement.
Vous me parlez de mon ancien époux, le Comte de Pembroke, je vais répondre à vos questions sans plus tarder. S'il a demandé ce divorce, c'est parce-que en plus de trahir sa parole - il avait juré de m'aimer et de me protéger devant Dieu et mon père ! - il est un lâche doublé d'un félon. Il est incapable de respecter le moindre serment sur l'honneur et de tenir sa parole, ou d'assumer son acte jusqu'au bout. Il m'a épousée parce-que j'étais Grey, il a voulu divorcer pour la même raison, lors de la chute de ma famille. Je lui en veux terriblement, et mon coeur tressaute de colère chaque fois que son visage se rappelle à ma mémoire, pour avoir ainsi fait faux bond à mon père et l'avoir privé de son soutien. Mais lorsqu'il m'arrive de le croiser à Whitehall, je puis le regarder dans les yeux sans honte, car s'il est parjure, je ne le suis pas. Et le voir détourner le regard est pour moi la plus douce des victoires. Me trouvez-vous trop véhémente, trop dure avec lui ? Pensez-vous que j'ai tort ?

Je parlerais à Lady Radclyffe de votre fils Alexander. Cela n'engage absolument à rien, mais si nous planifions tout à l'avance, William sera peut-être plus enclin à vous écouter et à retirer l'enfant des griffes de la Stanhope. Je suis fort flattée de savoir que vous pensez à me confier la responsabilité de votre fils, et si je doute que ma protectrice, la Reine Mary Ière, accepte cette proposition au vu de la position précaire des miens, sachez que cela me touche énormément et que je suis très heureuse de vous inspirer à ce point confiance. Quant à Mr Paton, s'il est Garde Royal, la Reine n'y verra pas d'inconvénient... A moins que son niveau de vie soit jugé trop bas pour qu'il prenne en charge le fils d'un Lord et d'une Lady. Toutefois, si un miracle se produisait et que Mary Ière acceptait que je m'occupe de votre bien-aimé enfant, je prendrais cette mission très à coeur et ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour rendre Alexander heureux et en contact régulier avec vous. Malgré la vipère, pouvez-vous avoir de ses nouvelles ? J'espère, ma tendre amie, que vous vous portez pour le mieux. Embrassez pour moi votre petite princesse, que je serais enchantée de rencontrer lorsque vous vous sentirez suffisamment bien pour nous faire l'immense joie d'une visite en Angleterre. La layette que je vous envoie a été tricotée par mes soins, et est un modeste présent pour votre fille - j'espère qu'elle vous plaira.

Je vous embrasse, ma chère amie, en vous donnant à nouveau l'assurance de ma parfaite considération et de ma plus grande amitié.

Lady Katherine Grey.
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Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Mar 19 Mai - 15:17

Agnès

ft. Katherine
chapitre cinq


Décembre 1554 à Édimbourg


Ma chère amie,
Je vous remercie pour vos belles paroles, chère amie, elles me font du bien. C'est si gentil pour ma fille. Oui, j'en suis sûre qu'elle recevra les vertus de ma cousine, la bravoure, le courage, la gentillesse. Ils sont des anglais, vous pourriez les voir à la cour quand vous irez là-bas. Je vous remercie de transmettre mon message à Mr Platon. Dites à nos amis que je pense revenir avant le printemps sauf s'il y a un problème majeur mais je pense me rendre au pays de la rose vers mars. Je ne sais quand précisément mais sachez que vous serez la première informée de mon retour à Londres. Ainsi, je pourrais assister au mariage d'Arthur. A-t-il besoin de quelque chose pour ses noces ? Je me porte bien, je suis moins fatiguée mais ma fille me comble de joie. Elle est si belle, si douce. Hélas, il fait toujours froid chez nous. Mais, j'attends qu'une chose, le printemps. L'Écosse est magnifique avec sa verdure, ses fleurs et sa végétation. Pourriez-vous venir un jour ? Où est-ce la Navarre ? Je vous promet de rester au chaud, surtout que ma famille me recommande de rester au lit pour éviter de me fatiguer. Je déteste d'être confinée mais puisque je suis obligée, j'y resterais jusqu'à mon retour à la cour. Comment allez-vous douce amie ? La saison hivernale londonienne est-elle paisible ? Sortez-vous ? Que faites-vous chère amie ?

Je vous remercie de me transmettre qu'elle se porte bien. Il y a eu un accident ? Comment cela est possible ? Pourquoi ? Pourquoi les protestants et les catholiques ne peuvent pas s'entendre ? C'est rassurant qu'il n'a pas eu de morts. Comment un heureux événement peut être terni par les querelles ? Ma chère amie, nous n'avons pas cette coutume chez nous. C'est si affreux pour cette pauvre dame ! Comment se porte votre sœur ? Elle n'a rien ? C'est scandaleux surtout pour un jour joyeux. Qui vous a secouru chère amie ? Je remercie cet ange du ciel de vous a sauvé. Je n'aurais pas supporté que vous ne soyez plus dans ce monde chère amie. J'espère qu'ils trouveront le coupable et qu'il sera jugé en conséquence. Vous avez raison, il n'est pas bon de juger sans preuve. Il ne faut pas continuer d'allumer le feu mais l'éteindre. Enfin bref. Chère amie, pensez-vous que cette violence va-t-elle s'éteindre ? Les hommes sont connus pour leur cruauté …


Je ne peux pas douter de vous, chère amie. J'ai confiance en vous. L'humanité est un nuancé de couleur, je pense que chaque personne n'est pas tout à fait blanc ni tout à fait noir. On a toujours commis des crimes ou fait des bonnes actions. Chère amie, ne pensez jamais être une personne ! Vous êtes une douce colombe dans une jungle de vipère ! Ce n'est pas de votre faute si ce cher ange est allé au ciel. Ne vous blâmez pas. C'est Dieu, notre Suzerain qui a préféré l'amener au paradis car c'était un enfant du pêché. Concernant ma mère, elle a eu un fils de son amant. Je ne connais pas mon demi-frère mais je connais son père. Mais, je ne pourrais pas énoncer ici le véritable nom du père, je pourrais vous le dire, un jour quand on se verra. Je suis désolée si je ne peux pas dire son nom ici sur papier. Peut-être que le dire sera plus facile que l'écrire. Pour répondre à votre question, mon demi-frère vit encore, je ne sais pas, j'ai très peu de nouvelles de ma mère, en même temps, elle nous a fait souffrir, ma sœur Magaret et moi … Je ne pourrais jamais lui pardonner son acte avec cet homme-là. Pourquoi lui ? Pourquoi s'est-elle laissée aller à ses pulsions ? Pourquoi sommes-nous faibles ? Oh ma chère amie, c'est si beau ce que vous dites, j'ai des larmes aux yeux. Je ne sais pas quoi dire mais sachez que je vous porte dans mon cœur. Je vous admire et je vous apprécie comme une sœur. Ne me rendez rien, chère amie. Soyez heureuse, juste heureuse et je le serais. Et comptez sur la roue du destin, elle change toujours. Souvenez-vous de Jules César qui a eu la Gloire mais qui a fini par mourir assassiné ? De ces gens qui n'avaient rien et qui ont eu tout par la suite ? La roue du destin viendra pour voir et elle vous donnera ce que vous aurez désiré, la joie et le bonheur. J'en suis sûre et je prie que ce soit le cas. Je vous remercie pour vos belles paroles concernant James, mon cousin. Je n'aime que William, il est le seul homme que je désire au monde. Je ne pourrais pas m'imaginer dans les bras d'un autre, non. Mon cousin était un amour de jeunesse, d'enfance. Vous avez raison, je pense aller me confesser. Je crois que j'ai besoin de confesser ce pêché. Elle a raison. Concernant votre ancien époux, c'est un misérable. Comment ose-t-il vous tourner le dos ? Pourquoi les noms de familles sont maudits comme les Grey ? Ou avant les York ? Non, c'est normal chère amie que votre cœur soit colérique envers lui. Tord ? Non. Puis-je vous demander quelque chose, ma chère amie, est-ce que les Grey sont issus du premier mariage d'Elizabeth Woodville ? Il me semble que j'ai déjà vu votre patronyme quelque part.

Je vous remercie, vous êtes un ange. Pour la vipère, j'en ai quelques unes mais je tente de convaincre mon cher époux que notre fils doit revenir à la maison. Je comprends que mon fils soit élevé en anglais comme pupille mais je n'accepte pas que Lady Stanhope soit cette tutrice ! Elle doit savoir que je la déteste de tout mon cœur. Je ne la désirais pas comme tutrice pour mon fils, j'aurais aimé avoir mon mot à dire dans cette histoire mais William m'a prise au dépourvu. J'aime mon époux mais son choix me fait souffrir. Alexander est un petit garçon qui a besoin de sa mère ou de quelqu'un qui soit choisi avec soin ! J'embrasserais ma petite princesse de votre part, cette layette est magnifique, merci beaucoup mon amie, j'en suis touchée, je ne mérite pas tant.Je vous offre en retour, un petit hochet pour Alexander et pour Arthur. Et pour vous, je vous transmet la chanson que vous adorez tant, celle du froid et de feu.

Que dieu vous protège !


Agnès

agnès dark clouds are now ahead
(c) ystananas


Dernière édition par Agnès Livingstone le Ven 24 Juil - 22:00, édité 1 fois
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Invité

Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Mar 9 Juin - 11:43
Février 1555
Whitehall Palace, Londres

Ma très chère Agnès,

J'espère que vous saurez me pardonner pour le temps que j'ai mis à vous répondre : ces derniers mois ont été terriblement agités, à la fois au sein de ma famille et de mon royaume d'Angleterre. Comment vous portez-vous ? Comment se porte la petite Jane ? Je suis ravie que la layette vous ai plu ; de mon côté j'ai évidemment fait don de vos présents à Alexander et au petit Arthur - Diable, que cet enfant grandit vite ! - qui ont été plus que ravis. Votre fils, ma chère, se porte à merveille, quoique ses pensées soient quelque peu assombries par votre absence. Il m'a récemment fait part de sa curiosité envers sa petite soeur. Pour lui et moi moi, j'avoue avoir grand hâte de vous revoir bientôt sur nos terres. Vers mars, dites-vous ? D'ici là, je compterais les heures. Les préparatifs du mariage vont bon train, j'ai terminé hier soir les broderies de la robe de la mariée ! Je doute cependant qu'ils aient besoin de quoi que ce soit, sinon de votre présence : j'ai fait part à nos amis de votre désir d'être des nôtres, et ils ont acquiescé avec grand plaisir avant d'applaudir des deux mains. Vous et votre charmante enfant serez accueillies comme des souveraines, je puis vous l'assurer. Vous verrez, le mois de mars est très joli en Angleterre, en dépit de nos pluies. Les arbres commencent à reverdir et les prés à fleurir, c'est une belle saison. Si le temps, votre santé et la reine Mary nous le permettent, pourrais-je vous mener dans mon duché natal, le Suffolk, et vous présenter les lieux où j'ai grandi ? Pour moi, il n'est de plus bel endroit sur terre, et je crois que je pourrais faire cent fois le tour de la terre sans trouver lieu où je me sente mieux... Ce qui ne signifie en rien que je ne suis pas curieuse ! L'Ecosse m'intrigue, en effet, j'aimerais pouvoir m'y rendre, un jour. Pour l'heure, ce sera difficile : négocier avec Mary Ière mon départ de la Cour nécessite plusieurs semaines, alors vous imaginez bien qu'une sortie du royaume est pour l'instant inenvisageable. Mais lorsque notre situation s'améliorera, je visiterais avec plaisir votre terre bercée de légendes. Après l'Ecosse, j'aimerais me rendre en Navarre, la région de ma gouvernante : c'est au sud de la France, à la frontière du royaume espagnol, dans les montagnes. On dit que ces lieux sont fort jolis, quoique je redoute qu'il n'y fasse trop chaud.

Mais au vu des récents événements, c'est l'Angleterre qui m'inquiète. Aucune mauvaise nouvelle n'est encore venue d'Ecosse, aussi j'espère que tout ce passe pour le mieux par chez vous. Mais ici, la situation est de pire en pire. Le drame survenu aux jardins de Whitehall que je vous évoquais dans ma précédente missive n'a toujours pas de coupable formel, mais notre souveraine a eu tôt fait d'accuser la communauté protestante. Et en réponse à ces actes odieux, quatre protestants ont été brûlés vifs en place publique. J'ai eu le malheur d'assister à l'une de ces mises à mort, et les hurlements du supplicié hantent chacune de mes nuits. Le pauvre homme a souffert le martyre : méritait-il de mourir ainsi pour une simple question de croyances ? Rien n'est simple, dans les croyances, je le conçois, et la lutte entre protestants et catholiques comprend des rouages dont je ne soupçonne même pas l'existence. Mais si je reste persuadée qu'une paix est possible, je vois cette perspective s'éloigner à grands pas. Déjà, tout Londres murmure, et au lieu du nom de Mary Ière, c'est celui de Bloody Mary qui commence à circuler. Une réputation qui commence à sentir le souffre, après le mariage impopulaire, mais à laquelle la reine ne semble pas vouloir remédier. La cruauté des hommes semble parfois dépourvue des gardes-fous nécessaires, si je vivais encore dans le Suffolk je pourrais m'en préserver, mais je suis contrainte de demeurer à Londres, et d'être le témoin involontaire de ces actes de barbarie. Car au delà des considérations religieuses, tout ceci n'est que pure est simple barbarie : les protestants tuent, les catholiques tuent, les uns et les autres souffrent, et au bout d'un moment nul ne sait qui s'en prend à qui et pourquoi, pourquoi cette guerre, pourquoi cet enfer. Mon voeu le plus cher serait de voir s'écrire la fin de cette sanglante histoire, mais quelque chose me dit que ce n'est pas pour bientôt. Je crains que nous soyons destinés à nous battre entre frères : regardez la dernière guerre civile anglaise, la Guerre des Deux-Roses. York contre Lancastre, Plantagenêt contre Plantagenêt. Qu'était-ce, sinon une guerre fratricide ? Parfois, je pense que depuis Son royaume céleste, Dieu doit se lamenter en voyant ce que les hommes font des terres qu'Il nous a laissées. Je profite de cette référence à la guerre civile pour répondre à votre question concernant l'arbre généalogique de ma famille : nous sommes en effet descendants de Thomas Grey, marquis de Dorset et fils aîné de la reine Elizabeth Woodville. Prestigieux et mystérieux ancêtre que cette femme-là... Mon père, quoi qu'il en soi, nous a toujours dit que ces noms avaient marqué l'Histoire d'Angleterre et qu'en être les descendants devait être pour nous une source de fierté.

Puisqu'il est question de ma famille, c'est avec un pincement au coeur que je vous transmet une fois encore la nouvelle : ma mère Frances est enceinte. Les médecins prévoient la naissance pour cet été, vers juillet, les astrologues prédisent la naissance d'un fils, mais leur flagornerie est telle que je prends avec des pincettes leurs soi-disant prédictions. Je ne sais qu'en penser, je vous l'avoue. Dieu a rappelé à lui la petite Elizabeth que j'avais toujours détestée, et j'ignore si je dois ou non aimer l'enfant à venir. Si le Seigneur accorde à ma mère une nouvelle grossesse, cela signifie sans doute que son union est valide, mais je me refuse à envisager pareille hypothèse. La seule union valide est celle du coeur et de l'âme, accomplie dans les purs desseins divins, comme celle que vous avez nouée avec William. Le mariage de ma mère, célébré deux semaines après la mort de mon père, ne peut être validé par Dieu. Libre à ma mère de vouer son âme au Diable, je me dois par conséquent d'être toujours digne de l'honneur de mon père, pour racheter sa conduite et ne jamais connaître les foudres que connaîtra tôt ou tard ma génitrice. Mais c'est cet enfant qui me préoccupe : est-il mon frère ou ma soeur avant d'être l'enfant du péché ? A votre avis, Agnès, dois-je aimer ce bébé ? Ma soeur Mary jure que non, que nous devons le haïr, pour oser nous rappeler la trahison maternelle. Je comprends évidemment son avis, mais mon coeur va vers l'amour plus que vers la haine, et je ne sais quoi faire. Je comprends évidemment, et sûrement mieux que beaucoup, ce que vous ressentez à l'égard de votre mère, son amant et l'enfant né d'eux deux. Je le vis moi-même au quotidien, et j'ai la plus grande admiration pour votre soeur et vous-même d'avoir fait face à cette infâme trahison. Vous ne souhaitez pas donner le nom de cet homme, et je le comprends : je ne vous y forcerez pas. Je ne comprendrais jamais pourquoi nos mères entachent de la sorte le nom et la mémoire de leurs époux, mais je crois qu'elles seules sont faibles. Vous ne l'êtes pas, et je me refuserais toujours à l'être. Je le connais point votre mère, mais je connais la mienne, et je puis vous dire exactement où est sa faiblesse : elle ne croit qu'à la force. Elle pense, je le vois, que les sentiments purs et vrais, la sensibilité, la douceur et la générosité sont des signes de faiblesse, que la rigidité, l'ambition, la hauteur, la méchanceté parfois, sont des forces. Elle a tord. Je pense qu'il n'est rien de plus forts que les sentiments purs et sincères, tels ceux que vous avez pour William, et que l'honneur, la loyauté et la justice sont infiniment plus salvateurs que tout le venin du monde. A ce jeu là, les femmes telles que ma mère ou l'infernale Stanhope sont perdantes, mais vous serez indemne et célébrée. J'aspire à l'être aussi : je suis jeune, je le sais, plus jeune que vous, mais mon coeur déborde de l'envie d'être amoureuse d'un homme comme vous l'êtes de William, et si j'en crois cet exemple que vous me citez - la roue de la fortune - cela m'arrivera un jour. Et je fais le serment de n'aimer jamais que cet homme-là, de l'aimer, de le chérir et de le respecter de toute mon âme. Vous paroles, ma tendre amie, mon rendu confiance en l'avenir, elles ont été une étoile dans ces temps de plus en plus sombres, et je vous en remercie encore et encore. Si la seule expression de mon bonheur vous suffit, soyez heureuse, car chacune de vos missives est une sorte de joie inconditionnelle. J'ai peur du futur, mais vos savoir à mes côtés malgré la distance illumine mon chemin. Je citerais à nouveau la roue de la fortune pour ce qui est d'Alexander : bientôt, vous pourrez récupérer la garde de votre fils bien-aimé : la naissance de Jane aidant, William serait peut-être plus disposé à entendre vos revendications ?

J'espère de tout coeur que vous trouverez une solution, et si vous avez besoin de quoi que ce soit, d'une indication concernant tel ou tel membre de la Cour anglaise qui pourraient prendre en charge Alexander, n'hésitez pas : je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour vous venir en aide. Votre amitié, ma chère Agnès, m'est précieuse au delà de tout. Recevez une fois nouvelle toute mon affection et mon soutien indéfectible, embrassez pour moi votre princesse Jane et j'embrasserais évidemment votre prince pour vous. Et merci encore pour la chanson ! Dieu, j'avais oublié à quel point elle était belle ! Je me permets de vous transmettre les derniers airs en vogue à la Cour, dans l'espoir qu'ils vous plairont.

Lady Katherine Grey.
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Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Dim 14 Juin - 21:02

Agnès

ft. Katherine
chapitre six


Février 1555 à Édimbourg
Ma chère amie,
Ne vous en faites pas, chère amie, je vous pardonne. Ce n'est rien, ne vous en faites pas ! Reposez vous et faites attention à vous, promettez-moi le. Je ne veux pas que vous soyez fatiguée ou autre chose. Pardonnez-moi de m'inquiéter pour vous. Pour ma santé, tout se passe bien, je me remet doucement de mes couches. Je commence à sortir de ma chambre et croyez-moi, je préfère être dehors qu'être enfermée dans cette maudite ! Je déteste être dans celle-ci, je préfère sortir et m'amuser en lançant de la neige. Pour ma princesse, elle se porte comme un charme, elle a du mal à faire ses nuits. Pauvre petite, mais, je reste avec elle et je l'endors en chantant des chansons écossaise. Elle porte souvent votre layette chère amie, elle est si belle dedans. Je vous remercie encore, c'est un joli présent que vous m'avez offert. Comment vont Alexander et Arthur ? Il est grand comment Arthur ? Alexander est si adorable, j'espère pouvoir lui montrer sa petite sœur quand je viendrais en Angleterre. En revanche, on m'a informé que pour le mois de mars, ce n'était pas possible que j'arrive chez vous. Je pense alors que je prendrais une caravelle vers mars et que j'arriverais en Avril. Pour la petite Jane, je ne sais pas encore si je vais la faire venir. J'ai peur qu'elle tombe malade ou qu'elle meurt. Mais, je vous tient au courant. En revanche, si je prends une calèche, je la prendrais. Mais, je vous tiens au courant, ne vous en faites pas. Et vous ma chère amie, comment allez-vous ? Votre sœur et Michelle ? J'espère que je ne prendrais pas le navire pour me rendre chez vous ! Je déteste ce genre de locomotion ! Ça me rappelle des mauvais souvenirs quand j'ai fait le voyage l'Écosse et la France. Pensez-vous qu'un jour, on pourra faire les trajets dans les airs ? Ou sans utiliser les caravelles ? J'espère que plus tard, on trouvera des moyens pour aller plus vite dans nos trajets. Comment est la robe ? De quel tissus ? Orne-t-elle sa robe de fleurs ? J'ai hâte de les voir ! Oh, mon cœur se serre à cette pensée qu'ils sont d'accord pour que je sois là. Il faut que je prépare une robe pour le mariage, un couleur clair ? Qu'allez-vous porter ma chère amie ? Et, j'espère que la Reine ainsi que ma santé pourra nous permettre de visiter vos terres. Comment sont-elles ? Racontez-moi tout ? Avez-vous de la verdure verdoyante ? Des fleurs ? Comment sont les maisons ? On dit souvent qu'on est bien seulement chez soi et je crois que c'est vrai. On est bien là où le soleil nous a caressé de ses rayons, là où nos mères nous ont embrassé, là où nos pères nous a vu grandir avec fierté. Pardon, je m'égare ma chère amie. Ce que je veux dire c'est que nous, pauvres âmes, nous sommes heureux seulement sur les terres qui nous ont vu naître et grandi. L'Écosse est magnifique, surtout au printemps avec ses verdures verdoyantes. Les personnes ont l'air froide, un peu bourrin parfois, je vous l'accorde. Mais, peut-être que la Reine accepteras que vous pussiez découvrir nos terres. Oh, je comprends mieux pour la Navarre. Comment sont les paysages ? Un jour, on visitera le monde, qu'en pensez-vous ?

J'ai parcouru les lignes de votre missive avec angoisse, c'est fâcheux ce qui arrive en Angleterre. Comment peut-on incriminer un groupe quand on connaît pas le véritable criminel ? C'est affreux de voir brûler des personnes au bûcher. Je n'ai jamais assisté à des pareilles tortures. Bien que je sois Catholique, je ne peux pas apprécier que des personnes brûlent à cause de leur croyance. Ce n'est pas humain d'aimer de voir des corps qui se déchirent par les flammes. Comme vous, je pense que la paix entre les Catholiques et les Protestants s'éloigne doucement, c'est si injuste. Pourquoi verser le sang entre nous ? Nous sommes tous frères et sœurs. Je suis triste. Quand la Reine vous permettra de rentrer chez vous, sur vos terres ? Un peu de repos vous ferait du bien ? Je suis d'accord avec vous, notre Père est mécontent de nous. Et, nous serions châtié, un jour ou l'autre. On sera puni par plusieurs éléments, comme la maladie, la faim ou pire encore. Quand cesserons-nous de nous quereller ? Quand les guerres cesseront ? Sommes-nous destinée à nous tuer jusqu'à la dernière vie ? De tuer chaque âmes innocentes ? Le monde de la guerre ne doit pas être gouverné par des hommes car ils ne souhaitent que destruction. De plus, chaque guerre nous laisse un goût amère dans la bouche, nous sommes réduits en cendre et de poussière et l'envie de vendetta est encore plus féroce par la suite. Je crois que l'Homme est incapable de vivre sans guerre mon amie, et nous, les femmes … On est obligé de subir ceci. On est obligé de voir nos pères, nos frères, nos hommes, nos fils mourir. On est obligé de subir d'autres atrocités … On est obligé de payer la décision des plus Grands. Enfin bref. Concernant votre famille, je comprends mieux les liens qui vous unit à la famille de la Reine Blanche. Pour la mienne, du côté de ma mère, je suis la petite fille du feu roi Jacques IV, ce dernier a épousé Lady Marguerite Tudor, fille de la Reine Elizabeth d' York et d'Henry Tudor, le roi écossai a eu une liaison avec une femme et de cette union, ma mère est née . Une enfant adultérin. Mais, on peut dire que nous sommes parentes par alliance. En raison, du faite que vous soyez la descendante de la noble lignée des Grey et moi, par le simple mariage mariage de mon grand-père avec la reine Marguerite Tudor. Qu'en pensez-vous ? Est-ce exact ?

Je ne sais pas quoi vous dire face à cette nouvelle, je ne peux pas me réjouir face à la nouvelle de cette nouvelle grossesse de votre mère. Il ne faut pas croire les astrologues, ils sont des menteurs. Pour l'enfant à venir, je pense que le mieux c'est d'attendre sa venue au monde. Peut-être que vous aimerez ce fruit du péché ou vous le détesterez. L'union entre deux êtres est valide est celle de l'âme et du corps. Épouser une autre personne après la mort de l'autre est puni par Dieu. Regardez la troisième femme d'Henry VIII, il a épousé cette dernière mais elle est morte en donnant la vie à un fils. On ne peut pas épouser quelqu'un après les funérailles d'un proche, seulement après que le deuil soit fait. Oui, il faut que nous pleurons l'âme qu'on a perdu. Concernant l'enfant, je vous dirais d'attendre, mon amie. Votre sœur peut avoir raison. Mais sachez que cet enfant est un fruit damné. Il n'est pas légitime. Bien que votre mère soit mariée avec votre beau-père, l'enfant n'est pas légitime pour Dieu. Mais, c'est un enfant. Un enfant est innocent des péchés des parents. Il est certes issu d'une union non conforme mais c'est un enfant. Devenons nous le blâmer de la traîtrise de votre génitrice ? Soyons fortes et bienveillante mon amie. Pour l'homme, je pourrais vous le dire quand on se verra si vous voulez bien. Après il se peut que vous avez entendu des rumeurs sur lady ma mère à la cour mais je préfère vous le dire. Les rumeurs sont sources de confusion bien que certaines ont une partielle de véracité. Je ne sais pas ma chère amie, nos mères sont cruelles et difficile à cerner. En effet, elles sont faibles d'aimer un autre homme que leur époux. Après je peux comprendre que parfois les mariages d'intérêt ne sont pas fait d'amour, mais, ceux fait avec l'amour, ce n'est pas possible. La force, vous dîtes ? Quel genre de force ? Oh je vois. Pourtant ce que vous dîtes font de vous comme de moi, des personnes fortes. Nous sommes fortes car nous aimons les personnes d'un sentiment pur et loyal. Nous sommes fortes car nous sommes humaines. Et vous avez raison chère amie, nous irons au Paradis toutes les deux car nous n'avions point commis de péchés. Le trio, votre mère, ma mère et cette infâme Stanhope ne seront pas au Paradis. Pourquoi serais-je célébrée ? Je n'ai rien fait d'exceptionnel ma chère amie. Je n'ai fait que donner mon amour aux gens qui le méritent. Vous avez que six ans de moins que chère amie. Et j'en suis sûre, mon amie, que vous trouverez la personne qu'il vous faut. Je suis sûre que Dieu vous donnera le bonheur, vous le méritez tellement. Vous devez être heureuse et c'est injuste tout les maux qui vous accablent depuis quelques temps … Croyez à la roue de la fortune. Croyez à la Fortuna. Oui, vous devez aimer cet homme. Vous devez le chérir. Vous devez épouser un homme, celui que vous avez choisis. Chère amie, vous me donnez envie de pleurer. Vous êtes vous aussi une lumière dans la pénombre. N'ayez point peur chère amie, je suis là, je vous soutiens. Toujours. Vous croyez que je peux récupérer Alexander ? Pour l'instant, mon époux n'est pas encore décidé à avoir une conversation avec moi sur ce sujet. Que dois-je faire ? Dois-je pleurer ? Dois-je hurler et tempêter ? Je ne sais plus quoi faire. Dois-je utiliser un moyen de pression ? Bientôt mon fils aura un an de plus et je ne serais pas là avec lui.

Je vous remercie chère amie, vous êtes ma lumière dans cet océan de pénombre. Pensez-vous que je dois le reprendre ou le laisser ? Je suis perdue chère amie. Je comprends qu'un enfant doit être sous la tutelle mais je n'approuve pas que ce soit cette vipère de Stanhope. Non, je ne peux pas approuver que ce soit elle qui garde ma tête blonde. Pensez-vous honnêtement que je pourrais le reprendre ? Que ferez-vous à ma place ? Que dois-je faire ? Je suis perdue, je demande des conseils, je tente d'avoir des avis mais je ne peux pas mêler ma tante à tout ceci. Elle doit gérer notre royaume . Que dois-je faire ? Je vous remercie ma chère amie, j'ai hâte de vous serrer dans mes bras et de vous parlez. J'embrasserais la petite pour vous, embrassez mon fils pour moi. Dites lui que je l'aime et que sa chère mère ne l'oublie pas. De rien, elle vous plaît ? Je pense bientôt composer une autre chanson mais l'inspiration ne vient pas. Pour la partition de la cour, j'aime la mélodie. Comment se portent nos amis ?


Que dieu vous garde et que les fées veillent sur votre bonheur,


Agnès

agnès dark clouds are now ahead
(c) ystananas


Dernière édition par Agnès Livingstone le Ven 24 Juil - 22:06, édité 1 fois
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Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Mar 21 Juil - 21:48
Février 1555
Whitehall Palace, Londres.

Ma très chère amie,

La nouvelle de votre arrivée imminente me donne envie de déambuler avec un sourire béat dans les couloirs de Whitehall. Prenez le moyen de transport que vous estimez le meilleur pour vous et éventuellement votre fille : point de navire si cela ne vous sied guère, mon amie ! Et si la santé et la sécurité de votre précieuse enfant sont en jeu, surtout qu'elle reste au chaud en Ecosse ! Votre fils va bien, celui de nos amis également, il mange avec vigueur et dort mieux qu'un bébé, il fait la joie de ses parents. Ma soeur se porte comme un charme, aussi bien que le permettent les circonstances, de même pour Michèle : chacune vous transmet ses amitiés. Quant à nos autres amis, ceu qui se marient, ils sont tout à leurs préparatifs : j'ai hier aidé à peaufiner les broderies de la robe d'Elizabeth : blanche et pure, d'une feutrine de belle qualité, sans fleurs sur la traîne mais avec une couronne de roses que nous irons cueillir le jour dit. Votre présence est plus que réclamée ! Ils se disent prêts à déplacer la date de la noce pour que vous puissiez être présente. Une robe claire est sûrement de mise, la mienne est de la couleur d'un ciel de printemps. Si vous le souhaitez, je pourrais vous montrer la boutique de notre drapière : elle s'appelle Joane Barrow et je puis vous promettre que c'est une fée des tissus. Je me vêts presque toujours chez elle, et je n'ai jamais eu à me plaindre de ses services, c'est l'une des personnes les plus gentilles que je connaisse. Autrement, je me porte plutôt bien, et je serais la plus heureuse des jeunes filles si la reine me permettait de vous montrer mes terres natales. La nature y est verte et fleurie, les forêts luxuriantes et propres à la chasse, et les ports fourmillent d'histoires abracadabrantes narrées par les marins, je suis sûre que vous apprécierez. La lumière, celle du soleil qui transperce les brumes pluvieuses et les nuages blancs, y est magnifique, presque irréelle. Je profite de cette évocation de mes terres pour reprendre le sujet de ma famille : effectivement, mon père est le descendant de la reine blanche, Elizabeth Woodville. Quant à savoir si vous êtes ou non ma parente éloignée, l'idée me plaît tant que je pense que dorénavant, j'aurais une raison supplémentaire de vous considérer comme de ma famille ! A défaut de pouvoir nous dire soeurs de sang, pourrais-je vous présenter comme étant ma cousine lointaine ? Cela serait si réjouissant, ne trouvez-vous pas ?

Mais cessons-là momentanément les joies, e crains que le chagrin fasse par trop partie intégrante de ma vie pour que je puisse le laisser de côté. Catholiques contre protestants, protestants contre catholiques, deux religions si proches : pourquoi tant de conflits ? Pourquoi tant de malheurs ? Le monde ne se porterait-il pas mieux si le dialogue était privilégié par rapport aux armes ? Car enfin, ces courants ne diffèrent guère, seule l'approche de la Bible est différente. J'aurais tant souhaité un autre monde, mon amie, un monde où la guerre ne serait pas proscrite - je doute que l'Homme laisse la guerre être proscrite ! - mais soit évitée au maximum. Car qu'est-ce qu'une guerre, sinon du sang versé pour rien, des morts vaines et des destructions sans nom ? Je crains, ma douce amie, qu'en épousant un homme tendrement aimé je le perde sur le champ de bataille, je refuse de voir ainsi mourir mes fils, quand Dieu m'accordera d'en avoir. Il n'est rien de pire : une mère n'a pas a enterrer ses enfants, c'est contraire à l'ordre des choses. Les Grands décident pour les vies des plus petits, les hommes pour les vies des femmes, nous sommes contraintes à attendre sans mot dire. Quel autre choix s'offre à nous, sinon pleurer dans le silence de nos prières ? Dieu nous punira pour nos crimes, cela est certain, et je connais celle qui sera punie avant toutes les autres : ma mère. Mais puis-je encore la considérer comme telle ? Là voilà qui parade, ses deux mains posées sur son ventre doucement rebondi, à prier pour que naisse un fils. J'ai beau tout faire, je n'arriverais à aimer cet enfant que si c'est une fille, je le sais. Je ne saurais tolérer que Dieu exauce le souhait de ma mère en lui donnant le garçon tant désiré. Oui, nos mères sont cruelles et indignes, l'attitude de la mienne m’écœure et me désole. Je ne serais jamais semblable à elle, je serais davantage une épouse et une mère comme vous l'êtes. Du moins, j'essayerais. Je serais tentée de craindre que nous répétions les erreurs de nos mères, mais à vous voir agir alors que je sais que votre mère a eu une attitude semblable à la mienne, je me dis que cet écueil pourra m'être épargné.
Je reviens sur vos propos concernant la personne "qu'il me faut" : je sais, ma douce amie, que vous avez dans vos contacts les nobles du nord de l'Angleterre, connaîtriez-vous un dénommé Thomas Percy ? J'ai eu l'occasion de le rencontrer en de fâcheuses circonstances en novembre dernier, il a ensuite tenu à s'excuser, et je considérerais cet acte comme louable si ma mère n'avait pas sous-entendu en souriant qu'il cherchait à obtenir davantage de moi qu'un simple pardon. Je redoute, ma chère, qu'il cherche en réalité à m'épouser, c'est en tout cas ce que bien des rumeurs prétendent. Aussi aimable est-il en ma présence, cet homme me fait peur, pensez-vous que je doive chercher à en savoir plus sur ses intentions ? Car de mon côté, je n'ai pas la moindre envie de m'unir à lui, en dépit de ses indéniables qualités. Il m'effraie, je vous l'avoue. Je refuse de devenir son épouse. Que dois-je faire, mon amie ?

Je ne sais parfois ce que je ferais sans vous et vos précieux conseils. Je me réjouis de même à l'idée de vous revoir bientôt ! Et j'espère de tout coeur que vous trouverez une solution pour Alexander. Parlez à William, vous avez je crois assez de tact et de finesse pour reconnaître le bon moment, parlez-lui et il vous écoutera, puisqu'il vous aime. C'est une chose de souhaiter que votre précieux fils reçoive une éducation anglaise - ce n'est pas moi qui irait dire le contraire ! - s'en est une autre de le confier à cette vipère en mal de victimes qu'est Anne Stanhope. Mon père honnissait la duchesse de Somerset, et il a toujours eu un jugement très sûr. Cette femme est un poison, il faut retirer votre fils de sa garde. Je lui transmettrais vos baisers et votre amour, il doit savoir que sa mère l'aime et pense à lui chaque jour. Avec de la persévérance, ma chère Agnès, nous parviendrons à reprendre votre enfant : oui, nous, car je n'ai aucunement l'intention de ne pas vous venir en aide dans cette terrible épreuve. Alexander doit reprendre sa place, à vos côtés et loin de la Stanhope. Lorsque je vous reverrais, votre fils sera avec nous et je me réjouis de savoir qu'enfin, vous allez vous revoir. A nous deux, nous convaincrons William. Dieu, ce que j'ai hâte de vous revoir !

Je vous embrasse encore et encore, mon amie si chère, et vous renouvelle tous mes voeux de bonheur.

Lady Katherine Grey.
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Invité

Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Ven 24 Juil - 21:43

Agnès

ft. Katherine
chapitre sept
Début mars 1555 à Édimbourg

Ma chère amie,

Je suis heureuse que vous soyez comblée ma chère amie, j'ai tellement hâte de vous serrer dans mes bras. Vous me manquez Katherine. Pour le voyage, avec William, nous avons décidé de prendre un carrosse, nous arrêterons dans un premier temps sur les terres de Lord Thomas Percy, je vous parlerais de lui un peu plus tard pour la réponse de vos questionnement. Puis, nous irons à Londres. Je serais accompagnée de ma jeune sœur, j'ai réussi à la convaincre de venir nous rejoindre. En revanche, nous partirons entre fin avril et début mai, je ne pouvais pas plus. Surtout que ma petite princesse ne pourra pas nous accompagner, je ne veux pas prendre le risque qu'elle tombe malade sur le chemin, avec William, nous avons décidé de confier notre trésor à ma sœur Johanna. Je sais qui lui ne l'arrivera rien avec ma sœur. Et puis, si vous voulez, nous pourrons toutes les deux aller dans les boutiques de Londres, qu'en pensez-vous ?

Concernant les enfants, je suis heureuse que mon prince se porte bien et qu'Arthur également. Remerciez Michèle et votre sœur Mary. J'imagine la robe d'Elizabeth, elle doit être magnifique dedans, vous avez des doigts de fée, Katherine. Quels seront les couleurs des fleurs ? Préfères-t-elle la rose rouge ou la rose blanche ? Embrassez Elizabeth et Edward, ainsi qu'Henry et Alice de ma part, j'ai tellement hâte de vous revoir tous ! Cela ne les dérange pas d'avancer la date mon amie ? Je ne veux pas les déranger.

J'aimerais vous voir dans cette robe, j'en suis sûre qu'elle vous siéra à merveille. Pour la mienne, que pensez-vous du rose clair mélangé avec du bleu ? Pensez-vous que c'est une bonne composition ? Je veux bien vous accompagnez chez Lady Barrow, comment se porte-t-elle ? La dernière fois que je l'ai vu, c'était lors du mariage de la Reine. Il me semble que j'ai entendu qu'elle attendais un enfant pour cet année, va-t-il bien ? Passez lui le bonjour quand vous la verrez.

Je suis heureuse que vous allez bien mon amie, pensez-vous que la Reine pourra vous accorder de me montrer vos terres natales pendant qu'elle accouche ou devrez être là lors de son accouchement ? Vos terres doivent être magnifiques, on est bien chez soi, n'est-ce pas ? Nous sommes heureux quand on est entouré des êtres qui nous sont chers. Je comprend mieux votre relation avec la couronne, ainsi vous êtes la cousine de la Reine et de la Princesse Elizabeth ? J'aimerais tant qu'on soit cousine ! Après tout, c'est possible avec les divers unions entre les maisons écossaise et anglaise. J'ai demandé à un homme du palais qui s'occupent de l'arbre généalogique de notre grande maison mais ainsi des papiers de me parler de notre famille, il m'a dit que mon grand-père Jacques IV a été l'époux de Marguerite Tudor, la fille d'Elizabeth of York et d'Henry VII. Or, je ne viens pas de cette union car mon grand-père a eu une relation avec une dame du palais, Lady Isabelle Stuart. Ainsi, ma mère est une enfant illégitime …. Enfin bref, je crois que je ne suis pas très douée concernant notre famille. Je m'emmêle avec cet arbre généalogique. Mais d'après ce que j'ai pu voir, nous ne sommes pas parentes. Mais oui, nous pourrons nous considérés comme cousines ! Cela me plaît fortement.

J'aimerais tellement vous redonnez la joie de vivre, Katherine. J'aimerais être auprès de vous pour vous aider face à vos malheurs, mais sachez que je serais là pour vous et vous soutenir. Concernant les guerres entre ces deux fractions, je ne sais plus quoi vous dire … Mais, je pense que les guerres doivent être menée par des femmes et non des hommes. Si nous étions sur les champs de batailles, nous privilégieront le dialogue et non la violence. Seulement pour les hommes, nous ne sommes pas aptes pour mener une armée ou pour combattre, cela est bien dommage. Je ne suis pas pour les protestants mais je ne veux pas que des pauvres innocents protestants payent pour les ordres des plus Grands ni qu'ils meurent. Je ne veux plus de sang versé et que la guerre cesse entre ces deux partis. Je vous comprend concernant un époux ou des enfants … Il est difficile d'enterrer l'être qu'on aime ou l'enfant qu'on a choyé au fond de soi pendant neufs mois. Je sais que je ne pourrais pas s'il arrivait malheurs à William. Mon père est mort lors d'une terrible guerre et je ne me suis pas remise. Je ne veux pas que mon époux ou mon fils partent à la guerre mais ils doivent le faire par devoir. Vous avez raison, ce sont les Grands qui décident et choisissent notre destinée. Dieu juge nos actions et nos paroles, chère amie.
Comment votre mère ose-t-elle faire cela ? Elle n'a pas le droit. Pensez-vous qu'elle a aura ce fils ? J'ai entendu dire qu'il faut regarder une mèche de nos cheveux à la nuque, si elle est longue, c'est une fille, en revanche, si elle est courte, il s'agit d'un garçon. Il y a plusieurs méthodes pour déterminer si on attend un fils ou une fille mais ce sont des racontars de vieille femmes ou des superstitions, je ne peux pas approuver leur véracité. Je prie que votre mère donne une fille et non d'héritier à ce second mariage. Je sais ma douce amie que vous ne serez point le reflet de votre génitrice, vous êtes un ange, une étincelle parmi les nuages noires. Vous êtes très différente de votre mère, vous êtes courageuse, gentille et bienveillante. Ne doutez pas de vous, douce Katherine. Vous ne répéterez pas les mêmes erreurs de votre mère car vous êtes différente d'elle par nature. Pour ma mère, je dois vous avouer que moins je la vois, mieux je me porte. Heureusement qu'elle est France avec cet enfant que je déteste !
Pour Thomas Percy, je le connais bien. Comme je vous l'ai dit au début de ma lettre, je dois lui rendre visite. Il est un de mes amis les plus cher. Comment l'avez vous rencontré ? Oh ce sont des rumeurs. Je pense que le dénommé Thomas Percy est amoureux de Lady Anne Somerset, enfin, je tente que l'amour naît entre eux mais hélas leurs rancunes sont tenaces. Je m'excuse mon amie d'aider Anne et Thomas sur cette relation. Pour ce qui est de ces intentions, je dois vous avouer qu'il ne m'a pas encore parler. Il faut que je lui en parle lors d'une de nos lettres ou d'une rencontre, ne vous en faites pas, je ne dirais rien sur ce que nous parlons. Pour ce que vous devez faire chère amie, je pense que vous devez lui demander. Quand devez-vous rencontrer Lord Percy ?

Cela est normal, chère amie. Vous êtes une de mes amies, je ne veux pas vous perdre et je serais tellement triste si notre amitié n'était qu'une chimère. Je ne veux pas perdre une autre amie, je ne pourrais pas. J'en ai déjà une, je m'en veux. J'aurai préféré qu'elle me parle ce qu'elle est avant de le découvrir plus tard. Je ne veux pas qu'on a des secrets entre nous, je serais terriblement triste si on avait des secrets entre nous. Promettez moi de tout me dire ? Après tout dépend de votre secret, je ne vous promet pas de bien le prendre surtout s'il s'agit d'un secret terrible. Par la suite, il se peut que je devienne froide ou que je revienne jamais. Je ne veux pas vous faire des promesses, sachez que je vous apprécie beaucoup et que je ne veux pas vous perdre sur des secrets amères et cachés. De plus, je me réjouie également de vous voir. Je l'espère que je pourrais convaincre William de trouver un arrangement avec cette sorcière. J'aimerais revoir mon fils, l'embrasser. Mais, pensez-vous que je peux établir un contrat avec Lady Stanhope ? J'y songe depuis quelques temps, et je sais que William ne pliera pas … Je me demande ce qu'il sache. Pensez-vous qu'il soit amouraché de cette sorcière ? Oh j'ai peur mon amie … Que dira mes cousines ? Jane, ma douce cousine a perdu son enfant. Elle ne comprend pas ce que je vis, pour elle, j'ai abandonné mon fils sans mon battre. Mais, je me suis battue pour mon fils. Je veux qu'il me revienne mais si je n'arrive pas convaincre mon époux, la seule solution est de voir cette sorcière … Et de la confronter. Cette vipère a une faiblesse, enfin, je pense que ce sont ces enfants. Elle ne pourra pas laisser une jeune mère sans voir son enfant ? Qu'en-pensez-vous ? J'ai peur de vous décevoir mon amie.

Je vous embrasse et que Dieu vous garde,
Avec toute mon affection

Agnès

agnès dark clouds are now ahead
(c) ystananas
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Invité

Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Dim 16 Aoû - 19:44
Mars 1555
Whitehall Palace, Londres.

Ma très chère amie,

Votre impatience n'a d'égale que la mienne lorsque je songe que je pourrais très bientôt vous revoir : d'ici la fin avril - début mai, je compterais les minutes. Je regrette infiniment de ne pas avoir la chance de voir votre petite fille à l'occasion de votre séjour, mais évidemment, ne lisez nul blâme dans mes mots : prudence est mère de sûreté, vous avez vu juste en préférant laisser votre précieuse princesse aux bons soins de votre soeur. J'imagine qu'être loin de votre enfant sera pour vous difficile, mais je ferais de mon mieux pour vous distraire d'éventuels tourments, et au reste la présence d'Alexander ne pourra que vous réconforter, j'en suis sûre. Si il y a bien une personne qui vous attende avec plus d'impatience que moi, c'est bien votre fils ! Vous verrez à quel point il a grandi, il a certainement pris plusieurs pouces depuis quelques mois, et je crois bien qu'il a fallu lui faire faire de nouveaux costumes récemment. Il vous ressemble de façon frappante, et de plus en plus : il a vos yeux et votre sourire, cet enfant est aussi adorable et généreux que vous l'êtes. Pour ce qui est d'Arthur, il est presque aussi adorable que votre prince bien-aimé, et étonnamment grand pour son âge. C'est un enfant plein de vie qui fait le bonheur de ses parents, peut-être aurez-vous l'occasion de les voir tous trois lors de votre séjour ? Henry et Alice seront, quoi qu'il en soit, présents au mariage, dont la date a été fixée pour correspondre à vos disponibilités. Edward et Elizabeth ont été si enchantés de vous savoir de passage en Angleterre qu'ils se sont hâtés de déplacer la noce ! Au reste, je dois vous avouer que leur impatience à se marier est telle qu'ils ont vu dans votre visite le meilleur prétexte pour commencer plus tôt que prévu leur vie de couple ! Pour ce qui est de la robe de notre amie, j'avoue être assez satisfaite des broderies, j'en ai montré un échantillon à Mrs Barrow, et elle l'a déclaré parfait, j'avoue avoir rougi de bonheur. Le descriptif que vous m'envoyez des couleurs de votre robe me semble parfait : elles siéront à merveille à votre teint, vous serez parfaite. Les roses choisies par notre Elizabeth seront blanches, et pour connaître un peu cette variété - il en pousse de semblables dans le Suffolk - elle exhale un doux parfum absolument délicieux. Je serais ravie que nous nous rendions ensemble chez Mrs Barrow, elle est la plus compétente des couturières que j'ai eu la chance de connaître, et dans les commerces de notre capitale. C'est avec joie que j'accepte votre aimable proposition : faire des emplettes en votre délicieuse compagnie me remplit de joie. Pour ce qui est de Mrs Barrow en elle-même, elle est effectivement enceinte, et devrait mettre son enfant au monde d'ici peu, elle se porte plutôt bien à ce que je puis en dire. C'est une femme exceptionnellement gentille que j'apprécie énormément, et je vous avoue que parfois, je regrette de ne pas être née d'elle au lieu d'être née de Frances Brandon. Cela peut sembler futile, je le conçois, mais que voulez-vous... Dieu ne m'a pas accordé d'avoir une mère honorable, au moins ma couturière le sera ! Enfin, outre ces considérations, je lui passerais avec joie votre bonjour.

Depuis l'annonce de sa grossesse, Sa Majesté se montre un peu plus indulgente à mon égard, et je m'efforce d'avoir une conduite irréprochable pour la satisfaire : ainsi obtiendrais-je peut-être le droit de vous montrer mes terres, si belles à cette saison. Nous serons sans doute escortées de gardes choisis par la reine pour s'assurer à la fois de notre sécurité et de celle de la reine - comme si je pouvais comploter contre elle, c'est on-ne-peut plus absurde ! - et voilà longtemps que je me suis accoutumés à leur présence, mais je dois vous dire qu'ils ne nous lâcheront pas d'une semelle. J'espère que cela ne gâchera pas votre visite ? Les conditions pour vous rendre le Suffolk agréable ne seront pas toutes réunies, car hélas notre liberté sera partielle. Cette visite vous tente-t-elle malgré tout ? Oh, comme je serais heureuse de vous montrer ces lieux où j'ai été si heureuse étant enfant ! Je vous l'accorde, nous ne pouvons être heureux que par chez nous, et auprès de ceux qui nous sont chers. J'en ai perdu beaucoup, hélas, des êtres qui me sont chers, et je dois vous avouer qu'arpenter les allées du Suffolk seule me rendrait fort triste, car mes pensées laissées à elles-mêmes éveilleraient de doux souvenirs en compagnie de ceux qui m'ont laissés - mon père, ma soeur. Mais avec vous, ma chère Agnès, je ne redoute aucunement la mélancolie, elle s'évade dès que je suis en votre compagnie, et vous montrer mes terres sera un moment de joie intense. J'ose espérer que ces lieux vous combleront de ravissement autant que moi. Pour ce qui est de nos arbres généalogiques respectifs, je suis en effet la cousine au second degré de Sa Majesté la reine et de sa cadette Elizabeth : ma mère, unique enfant survivante de Charles Brandon duc de Suffolk et de Mary d'Angleterre, veuve de Louis de France, est leur cousine germaine. Elizabeth d'York, la reine d'Henry VII d'Angleterre, est mon arrière-grand-mère, par conséquent Margaret Tudor que vous évoquez est ma grand-tante. Quel dommage que nous n'ayons aucun réel lien de sang ! Mais les liens de sang ne sont pas toujours les plus forts, et celui qui me lie à vous l'est infiniment plus que celui que me lie à la reine Mary, malgré le respect que je lui dois. Il aurait été amusant de nous découvrir une parenté, comme vous le dites si bien, les royautés d'Ecosse et d'Angleterre sont intimement liées : pensez-vous qu'il soit possible d'unir nos deux royaumes, un jour ? Vous considérer comme ma cousine me plait aussi beaucoup, dorénavant je nous verrais comme telles.

Votre sollicitude, chère Agnès, me touche beaucoup. Chacune de vos lettres me procure un grand bonheur, et savoir que vous êtes avec moi me réconforte autant que je suis avec vous, moi aussi, par mes prières à défaut de l'être par ma présence. Je vous suis entièrement : les hommes peuvent dédaigner ou mépriser les talents diplomatiques des femmes, ce en quoi ils ont terriblement tort. Si les femmes pouvaient occuper le devant de la scène politique, le monde aurait sûrement connu moins de guerres et moins de morts. Protestants et catholiques peuvent différer par leurs opinions, mais je persiste à dire que seul un dialogue entre les deux religions peut conduire à quelque chose de constructif. Rien n'est pire, comme vous le dites, que le sang versé, et je comprends entièrement vos craintes quant à votre époux et votre fils, surtout après avoir perdu votre père sur le champ de bataille ! Je partage vos craintes, mon amie, car même si je n'ai encore ni époux ni fils, m'imaginer attendre désespérément de leurs nouvelles pendant qu'ils agonisent loin de moi me rend malade. Que Dieu nous préserve, vous et moi, de vivre de tels drames ! Vous et moi avons perdu nos pères, nous avons beaucoup perdu, beaucoup trop perdu à mon avis. Moi non plus ne me suis pas remise du décès de mon père, je ne puis que vous comprendre et vous soutenir dans votre chagrin. Prions pour n'avoir jamais plus à supporter de telles abominations, pour que tourne la roue et que viennent les jours meilleurs. Les grands régentent nos vies et choisissent pour nous, mais j'ai espoir que Dieu, qui lit en nous, sache ce que nous valons à l'intérieur, et ceux qui seront sauvés lors du Jugement Dernier ne seront pas toujours ceux que l'ont croit.
S'il y en a bien une qui ne connaîtra jamais la douceur de siéger aux côtés de Dieu dans l'Au-Delà, en tout cas, c'est bel et bien ma mère ! Et la vôtre, je crois bien, si je me fie à vos paroles la concernant. Je prie pour que le fils tant désiré ne vienne jamais, ne serait-ce que pour désappointer ma mère. J'ignorais cette superstition, mais nous ne sommes jamais à l'abri d'une véracité au milieu de ces racontars : au cas où, je demanderais à sa dame de parage de jeter un oeil. Si l'enfant doit vivre - et je ne suis pas assez cruelle pour souhaiter la mort d'un innocent bébé - pitié, que ce soit une fille ! Je ne saurais supporter de voir ma mère comblée par cette désastreuse union, et je crains de plus qu'elle complote et manigance pour nous déposséder, ma soeur et moi, de ce qui nous revient de notre père, en l’occurrence le marquisat de Dorset pour moi et divers biens et manoirs pour Mary, sans compter de duché du Suffolk, mais celui-ci vient davantage de notre mère... Je me perds quelque peu dans mes considérations d'héritage, mais j'ose espérer que vous comprenez mes craintes. Je ne suis point vénale, et encore moins avide de pouvoir, mais j'étais très proche de mon père et je refuse de voir ces possessions et son patrimoine partir dans le giron de l'hériter de Stokes. Je m'efforce d'être différente d'elle, par tous les moyens je l'érige en contre-exemple et prend un soin méticuleux à faire tout ce qu'elle ne ferait jamais. Je redoute effectivement de lui être semblable, mais je me dis que vous m'accordez votre amitié, et que votre intelligence et votre bon sens vous empêcheraient d'être amie avec une personne de la trempe de ma mère. Je sais évidemment combien vous souffrez de l'attitude de votre mère, sans doute autant que je souffre de l'attitude de la mienne, mais je suis satisfaite qu'elle soit loin de vous avec son enfant : c'est peut-être ce qu'il y a de mieux pour que vous puissiez mener la vie que vous souhaitez. J'aimerais beaucoup que ma propre mère disparaisse de ma vue et de nos vies, à ma soeur et moi, avec mari et enfant ! Mais cela ne laverait jamais son péché, pas plus que le séjour en France ne lave celui de votre mère. Que Dieu ait leurs âmes, même si je crains que le Ciel attende longtemps avant de les compter en son sein !

J'ai gardé jusque là le sujet de Lord Thomas Percy, mais il est temps maintenant de l'aborder, je le crois. Savoir qu'il compte parmi vos amis me réjouit : c'est là une preuve pour moi que cet homme a les indéniables qualités que je lui soupçonnais. Cependant nous nous sommes rencontrés en de fâcheuses circonstances, à la Tour de Londres. J'avais eu la mauvaise idée de me promener seule à la ménagerie et j'ai rencontré le Lord en compagnie d'autres jeunes gens plus prompts à me considérer comme la fille d'un traître et d'un hérétique. Ils ont été détestables avec moi, Lord Percy a peine moins que les autres, mais je prête cela à l'effet de groupe, car il est venu me présenter ses excuses avec une amabilité toute à son honneur. Nous nous sommes vus il y a peu dans les jardins de Lambeth Palace, le palais de l'archevêque de Canterbury, où nous avons causé quelques instants, et j'avoue m'être étonnée que la reine me laisse seule avant de voir arriver le Lord. Que Sa Majesté ait favorisé cette rencontré est indéniable, je ne puis savoir si ce fut volontaire ou non, mais autant vous dire que les rumeurs sont allées bon train, et je me suis quelque peu inquiétée : depuis mon mariage et mon divorce, je redoute une nouvelle union qui ne soit pas pour moi le résultat d'une réelle inclination. Tout plutôt qu'à nouveau, un mariage sans amour ! Et je ne dis pas cela seulement pour moi, mais aussi pour Lord Thomas : si effectivement il est épris de Lady Somerset comme vous le pensez, je serais un obstacle à leur bonheur, et je m'y refuse. Loin de moi l'idée de m'interposer entre deux jeunes gens qui s'aiment, même si apparemment, il y a entre eux quelques difficultés liées à des rancunes passées : entre ces deux grandes familles du nord de l'Angleterre, c'est un conflit d'héritage, je suppose ? J'espère que vous avez raison, que ce sont là de méchantes rumeurs, mais si cela ne vous ennuie pas et ne met pas en cause votre amitié avec Lord Percy, je vous serais reconnaissante de me tenir informé de ce que vous dit Lord Thomas à ce sujet, nul autre que lui sait mieux quels sont ses projets. Si quelqu'un peut démentir ces rumeurs détestables, c'est bien lui. Toutefois, je suivrais bien entendu votre conseil, et irais lui parler à la première occasion, vous avez raison, c'est le mieux. J'ignore quand je le reverrais toutefois, mais je vous tiendrais au courant, cela va sans dire.
Notre amitié, Agnès, est pour moi tout sauf une chimère. Croyez-moi entièrement quand j'écris que je tiens aussi grâce à vous, votre soutien me donne du courage et de la vaillance pour continuer. Je regrette, oui, je regrette infiniment que les choses aient mal tourné avec votre amie, j'ose espérer qu'un jour vous pourrez vous réconcilier : aucun sentiment n'est plus pur que l'amitié, sauf peut-être l'amour vrai, et rien n'est pire qu'une amitié - ou un amour - brisé. Mais il est hélas des choses que les temps qui courent ne me permettent ni de dire par courrier ni de vive voix, par crainte du courroux de Sa Majesté. Cependant, je dois vous avouer une chose : je suis chrétienne et soucieuse des paroles de l'Evangile, mais la religion de mon père conserve une certaine importance à mes yeux, au sens où je partage les souffrances de cette communauté aujourd'hui victime. Je ne veux plus voir de sang versé, comme je vous le disais plus haut, qu'il soit catholique ou protestant, mais je ne peux m'empêcher de songer à mon père et à ma soeur lorsque je vois souffrir certains adeptes de la Réforme. J'ai vu brûler il y a peu un homme coupable seulement d'avoir affirmé ses croyances, et je refuse de croire que les protestants méritent un tel sort... Mais parler ainsi devant Sa Majesté la reine Mary me vaudrait aussitôt d'être qualifiée d'hérétique, et je brûlerais aussitôt. Un seul faux pas, et je connaîtrais le même destin que ma soeur, morte à seize ans. Ais-je raison, ma chère Agnès, de me montrer excessivement prudente au vu des temps qui sont les nôtres ? J'ai l'impression que les secrets sont à la mode : bien des gens font semblant de me haïr alors qu'ils m'apprécient, mais bien plus encore sont mielleux à mon endroit alors qu'ils ne souhaitent qu'une chose, me voir morte. Je vous avoue, mon amie, que cette hypocrisie me fait haïr notre époque et nos moeurs, mais il n'y a hélas pas moyen d'échapper à son temps. Mais assez parlé de moi, la sorcière Stanhope est encore malheureusement trop présente dans votre vie ; j'avoue que je peine à comprendre William. Comment peut-il confier votre seul fils et votre héritier à une femme que vous abhorrez ? Cependant, je refuse de croire qu'il se soit épris d'Anne Stanhope, non, cela ne se peut. William vous aime, cela ne peut être autrement, je refuse de le croire, pour vous. Il est certain qu'il cache quelque chose, je le crains, mais point de cet ordre : peut-être a-t-il contracté une dette quelconque auprès de la Stanhope, et que cette tutelle est le moyen de la rembourser ? Peut-être croit-il agir pour le bien de votre famille ? Les hommes peuvent être terriblement obsessionnels, parfois, je le crains, mais ne désespérez pas : si William ne plie pas, la Stanhope le fera peut-être, c'est une femme d'airain mais vous avez vu juste, elle aime ses enfants. En jouant là-dessus, vous avez une chance, n'hésitez pas à la saisir. Je ne puis vous assister autrement que par mes prières, mais elles vous accompagneront continuellement, soyez-en sûre. Tout mon coeur est avec vous dans cette épreuve, douce amie. Votre cousine doit effectivement beaucoup souffrir de la perte de son bébé, mais ne croyez pas ce qu'elle vous dit : avec tout le respect que j'ai pour elle, et toute la sollicitude que je lui dois quant à sa perte, elle se trompe sur vous. Vous êtes une battante, une vraie, une mère courageuse et aimante, mais vous ne pouvez vous opposer à votre époux. Ne craignez pas de me décevoir, cela n'arrivera jamais. Je pense que vous devez faire tout ce qui est en votre pouvoir pour gagner du terrain dans cette bataille face à la sorcière, mais dire cela est vain : vous faites déjà votre possible. Dieu récompense les méritants, Il ne saura vous oublier, ni vous ni votre précieux prince, qui attend impatiemment de vous revoir. Aussi dure que soit Anne Stanhope - elle l'est ! - elle a des failles, comme le tout-un-chacun. Persévérez, mon amie, mes pensées et mes prières sont avec vous : ce combat est majeur dans votre vie, vous le remporterez, j'en suis sûre, fus-ce demain ou l'an prochain, vous le remporterez... Mais je préférerais pour vous que ce soit demain plutôt que l'an prochain !

Que Dieu vous garde, ma chère amie. D'ici là, recevez le renouvellement de mon éternelle amitié et de tout mon soutien.

Lady Katherine Grey.
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Invité

Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit Mar 18 Aoû - 11:12

Agnès

ft. Katherine
chapitre huit
Mars 1555 à ALNWICK CASTLE

Ma chère et douce amie,

Vous ne savez pas à quel point je suis heureuse d'être près de vous mais si loin encore. Maintenant, nous n'avons plus de frontière mais seulement quelques distances. En effet, chère amie, je suis sur les terres de Lord Percy. Je voulais m'excuser du temps de ma réponse également. Ceci est du que nous étions sur le trajet menant chez Lord Thomas Percy. De plus, j'ai eu de la chance d'avoir votre missive avant de partir, si je ne l'avais pas eu, j'aurais été triste de ne point vous parler. Mais je me dis que bientôt nous verrons, très bientôt. Nous arrivons en avril … J'ai si hâte de vous voir Katherine. Comment allez-vous ma précieuse amie ?
Pour vous répondre au sujet de ma chère princesse, ne vous en faites pas, je ne suis nullement offensée ni courroucée. J'espère que Jane se sentira bien chez Johanna, ma sœur aînée. Bien qu'autrefois avec Johanna, nous avons eu des divergents, elle semble vouloir se rapprocher de moi et de plus, elle s'est excusée pour ses mauvaises actions, je lui ai pardonné. Je ne pouvais pas l'en vouloir plus longtemps. Certaines choses, nous pouvons pardonner mais d'autres, non, n'est-ce pas Katherine ?
De plus, je vous avoue que depuis que j'ai quitté Jane, j'ai du mal à dormir, j'ai peur qu'elle tombe malade ou pire qu'elle meurt. Je vous avoue que je vis dans la crainte, mon bien-aimé me dit que je me fais du mauvais sang et que si je continue, je serais malade. Il a sans doute raison, mais, je ne pourrais pas vivre sans elle. Elle est ma lumière dans la pénombre de mon âme. Elle est le soleil de mes vies, la lune de mes jours … Et elle est le soleil étoilé de ma vie. Oh Katherine, il me serait difficile de supporter la perte de ma douce enfant. Je ne pourrais plus vivre. La vie serait pour moi si amère … Je prie le Seigneur de protéger mon enfant et qu'il lui arrive rien mais je vous promet chère amie qu'un jour, vous verrez ma douce enfant. Si Dieu m'accorde un autre enfant, voudrez-vous nommer cet enfant ?
Concernant mon cher fils, je suis impatiente de le retrouver et de le cajoler dans mes bras. Vous me donnez des frissons mon amie, mon doux prince a bien grandi. Comment est-il avec elle ? Se comporte-il bien ? Vous a-t-il parlé de moi ?
J'espère que je pourrais voir Arthur et féliciter ces heureux parents. Henry et Alice veulent-ils que j'offre un présent pour leur jeune Arthur ? Je suis heureuse qu'ils soient là. Notre joyeuse troupe sera réuni. Nous célébrons ce mariage avec joie et douceur ! Remerciez de tout mon cœur Elizabeth et Edward pour avoir avancé le mariage. Je suis heureuse que ma visite leur permette de commencer leur mariage.
J'imagine la robe d'Elizabeth, elle doit être magnifique dedans. Oh Katherine, je suis tellement impatiente de vous serrer tous dans mes bras ! Je vous remercie pour la composition de ma robe. Des roses blanches ce sont des jolies fleurs. Oh ! J'aimerais tant découvrir les douceurs du Suffolk et de sentir les arômes de votre jardin.
Pour notre sortie, quand serez-vous disponible chère amie ? Je suis forte aise que Miss Barrow se porte bien ainsi que son enfant. En effet, du peu que je l'ai vu, Miss Barrow m'a mise à l'aise, elle nous arrive à nous détendre. Je vous comprend ma douce amie et je vous remercie.

Concernant la Reine, je suis ravie qu'elle se montre plus agréable avec vous. Cela n'est rien ma chère amie si des gardes nous suivent. Ne vous en faites pas, nous éviterons de parler de sujets qui peuvent fâcher. De plus, j'espère ne pas vous mettre en péril en mettant ses mots … Je prie que sa Majesté ne lise pas notre courrier et qu'Elle interprète mal nos propos. En tous cas, mon amie, je serais honorée de venir avec vous sur vos terres. Avez-vous une date de prévue pour que je puisse en parler avec mon doux époux ainsi qu'à ma sœur ? Je ne souhaite pas qu'ils se sentent délaissés à cause du fait que je sois avec vous. Pensez-vous qu'ils peuvent venir ? Sinon, je pourrais suggérer à mon époux d'aller chasser en compagnie de ces messieurs et à ma sœur de se promener à Londres mais je doute que Margaret soit incline à me laisser partir au Suffolk surtout que c'est à cause de moi qu'elle est ici. Elle doit me maudire pour l'avoir traîné de force ici. Que dois-je faire Katherine ? Doit-elle venir avec nous ? Je peux m'échapper de ma sœur ainsi que William pour l'union de nos amis mais pour le Suffolk, je ne sais quoi faire. Que dois-je faire ma douce amie ? Mais soyez sans crainte, je serais près de vous pour déambuler sur vos terres natales. Pouvez-vous me parler de votre chambre ma douce amie ? Dormez-vous seule ou avec l'une de vos sœurs ? Je serais près de vous, toujours près de vous, Katherine pour vous consoler de la perte de vos êtres. Cela doit être difficile de revenir là-bas … Mais si vous voulez une épaule pour pleurer, pour vous écouter, sachez que je serais-là, Katherine, je vous en fait la promesse. Je suis heureuse qu'en ma compagnie que cette mélancolie soit évaporée. Je serais celle qui illuminera vos journées lors de ce périlleux chemin chez vous. Et, j'en suis sûre que mes yeux brilleront de milles feux en voyant vos terres. Je veux découvrir vos terres Katherine. Je comprends mieux maintenant votre arbre généalogique ! Vous êtes donc parente de la Princesse Elizabeth, la sœur cadette de sa Majesté ? Comment est la Princesse Elizabeth ? Et, je suis d'accord avec vous, il est dommage que nous n'ayons point de sang direct. Peut-être que si nous remontons plus haut dans nos arbres généalogiques, nous pourrons découvrir que nous avons du sang en commun ? J'espère que nos deux royaumes seront réunis. Peut-être que l'enfant de sa Majesté votre Reine sera uni avec l'enfant de ma Reine ? Ou que les aléas de la guerre et de la conquête permette à un héritier Tudor en Écosse de s'emparer de la couronne anglaise si jamais la branche Tudor s'éteint ? Mais loin de là de ma part d'imaginer ceci ! Je préférais que nos peuples soient unis. Imaginez un prince à la fois français, écossais, anglais et espagnol. Les quatre monarchies catholiques ensembles, mais, je pense que ce doux rêve ne se réalisera jamais … La France et l'Espagne ne sont pas des alliés, c'est dommage … Et tout cela à cause de ces fameuses guerres d'Italie … Si seulement les hommes pouvaient s'arrêter de se battre ! Mais j'imagine qu'ils nous écouteront jamais ! Bref, ma douce amie, je vous considérerais comme une parente. Une parente que je ne pourrais pas perdre. En plus de vous, je considère Lady Catherine Carey comme une parente. Je pense que même si nous n'avons pas une goûte de sang entremêlée dans notre famille, cela ne change pas ce que je pense de vous Katherine. Vous êtes une personne formidable et je vous apprécie.
Je ne l'ai pas évoqué plus haut mais sachez également que je ne suis pas retournée sur les terres de mon père après sa mort. Avec Margaret, nous n'avons pas pu aller là-bas … Je ne pourrais pas y retourner mais si Alexander et Jane souhaitent découvrir la maison où a grandi leur mère, je ferais un effort. Qu'est-ce qu'on ne ferait pas par amour ? L'Amour nous ferait brûler les ailes mais je suis prête à payer le risque pour que mes enfants soient heureux.

Katherine, ma douce amie, en lisant ce paragraphe, des larmes ont perlé le long de mes jours. Je suis émue de ce que vous avez écrit, sachez que vous lire et avoir de vos nouvelles sont pour moi une source de joie et de pure bonheur. Pensez-vous que les hommes nous écouteront ? Ou ont-ils honte de s'abaisser à parler à une femme ? Pourquoi les hommes écoutent leurs pulsions au lieu de nous écouter ? Nous sommes la voix de la raison. Quoique ...Si je ne me trompe point, une paix a été scellée entre la France et l'Espagne en 1529 mais il se peut que je me trompe … Cette paix été signée par des femmes. Comme vous, je pense qu'il est nécessaire qu'un dialogue entre les deux partis soient faits. J'ai peur que nous tombons encore en guerre civile.
Je vous remercie de prier pour nous ma douce amie, cela est gentil. Pensez-vous chère amie que la roue tournera et que nous cesserons de perdre les gens que nous aimons ? Je ne pourrais pas supporter la perte d'un autre être cher. Non, je ne pourrais pas. Prions ma chère, prions que la roue nous soit enfin favorable sur ce niveau-là. Je prie également que notre Sauveur nous protège et qu'ils nous réservent une place dans son paradis.
Pour votre mère, que vous a -t-elle fait ? Parade-t-elle avec son ventre de femme enceinte ? Je vous plains mon amie. Vous me direz quand l'enfant sera né ? J'espère également que ce soit une fille et non un fils ! Comment ose-t-elle faire cela ? Vous êtes les enfants aînés de son premier mari, il est tout naturel que ce soit vous et votre sœur qui obtiennent cet héritage paternel et non le fruit d'une seconde union non-désirée par notre Seigneur. Ma chère amie, ne vous en faites pas, je sais très bien que vous n'être pas une femme avide de pouvoir comme votre mère. Vous êtes la pureté même. Et j'espère que vous obtiendrez un souvenir de votre père. Avez-vous eu de lui des bijoux qu'il vous a offert lors de vos anniversaires ou un autre présent ? Je prie que votre beau-père n'ait rien de votre père ! Il ne le mérite pas. Sachez que si vous ressemblez à votre mère, je ne vous aurais pas adressé la parole, les femmes comme votre mère ou la mienne me répugnent et je ne peux les supporter. Concernant ma chère génitrice, je suis ravie qu'elle soit loin de moi. De plus, quand j'ai annoncé que j'ai eu Jane … Elle n'a rien dit, elle est restée de marbre. Elle ne me soutient même pas par rapport Alexander … Comment une grand-mère peut-elle faire cela ? Je veux bien que nous soyons dans une relation tendue mais elle pourrait faire une action pour mes enfants. Ils sont des êtres innocents ! Ils n'ont rien faire. Devons-nous punir les enfants qui n'ont rien à voir dans les histoires d'adultes ? Mes pauvres enfants. Ils ne connaîtront jamais leurs grands-parents. En effet, mon époux a perdu son père ainsi que sa mère, tandis que moi, mon père est mort … Et, ma mère … Elle semble sourde concernant ces petits-enfants. Mais, enfin … L'essentiel pour moi même si cela me chagrine c'est que mes deux trésors vivent heureux entourés de l'amour de William et de moi-même. Comme vous, mon amie, je ne pense pas que les péchés de nos mères soient lavées. Deviendront-elles pures un jour ? Je ne le pense pas.

Les jeunes gens sont injustes ! Ils devraient vous connaître avant de vous juger chère amie. Je suis fière de Thomas Percy de ce qu'il a accompli envers vous. Thomas Percy est un homme bon et généreux. Jamais, il ne fera mal à une mouche. Pensez-vous que la couronne projette de vous unir avec Thomas Percy ? Pouvez-vous m'éclairer sur l'éventualité d'un mariage entre vous et Lord Thomas ? Je vous comprend concernant l'éventualité d'un amour entre Lord Thomas et Lady Anne. Les concernant, cette querelle remonterait à la guerre des deux roses, nous revenons toujours à cette guerre, n'est-ce pas ? Comme vous, je pense qu'il s'agit d'héritage. Mais, j'avoue que je ne comprends pas ceci. Je ne suis pas sotte mais concernant l'héritage pour le pays de la rose me semble compliqué ! Je vous tiendrais informée des propos de mon ami, pour l'instant, nous n'avons pas eu la chance de converser de vous comme de Lady Anne. Thomas et William ainsi que les frères de Thomas chassent souvent ensemble, il m'est donc impossible de converser avec lui. J'espère que je pourrais le retenir ! Quant à moi chère amie, je suis avec ma sœur Margaret et les sœurs de lord Percy, nous faisons de la broderie ainsi que d'autres confections ! Dernièrement,j'ai brodé un mouchoir avec le dessin d'une colombe. Je suis ravie de mon œuvre, je pourrais vous le monter quand nous serons enfin réunies. Enfin, l'avez-vous revu depuis notre précédente missive ? Que s'est-il passé ? Enfin, je me demandais si votre famille avait des liens avec Lady Anne ou avec Lord Percy ?
Je suis heureuse que notre relation ne soit pas une illusion mais qu'elle soit bien réelle, je n'aurais pas supporté qu'elle soit basée sur un tissu de mensonge. Je vous crois Katherine, je vous crois. Je vous en conjure promettez-moi de ne jamais me mentir. Je ne pourrais supporter la déchéance de notre relation. Concernant, mon ancienne amie, il faudrait que je puisse la rencontrer et que je tente de lui parler mais j'ai bien peur qu'elle ne veuille plus me parler. Je comprendrais que pour elle, ça serait difficile de me pardonner.
Je comprends que vous êtes attaché aux valeurs de votre Père et je ne vous blâme pas. Je vous respecte Katherine et je jure que je ne ferais rien contre vous. Vous avez tant perdu à cause de tout ceci. Je ne permettrais pas que vous perdez encore plus. Voir un homme mourir, brûler sur nos yeux doit être une épreuve difficile. Bien que je tolère un seul protestant dans mon entourage, je ne voudrais pas qu'il arrive du mal aux autres protestants qui peuvent m'être proche. Je dois vous avouer que depuis les terribles événements qui sont survenus en Écosse, j'ai peur. Je ne pourrais pas pardonner ceci aux coupables ! Je ne stigmatise pas tout les protestants mais ceux qui ont fait du mal, dois-je les pardonner ? Dois-je les innocenter du mal qu'ils ont commis ? Dois-je vouloir qu'ils restent en vie alors que j'ai failli y passer ? Si mon cousin James n'avait pas intervenu ce jour-là, je ne sais ce qui se serait passé. Peut-être, je serais morte … Ou pire, ma fille Jane n'aurait jamais eu la douce lumière de ce monde. Et, Alexander serait devenu un Orphelin. Non, je ne peux pas les pardonner ! Je ne peux pas pardonner à ceux qui ont fait du mal à ma sœur Margaret ou à ceux qui attentent à la vie à des innocents. En revanche, comme je l'ai dit, je ne supporte pas que le sang soit versé pour les deux partis. Ma chère amie, je vous soutient par rapport à cette Reine. Ne vous en faites pas, je comprends. Je ne veux pas que vos ailes de pureté deviennent cendres à cause de ce que vous êtes. Soyez prudente Katherine, rien ne sera facile. Ne parlons plus de religion dans nos lettres, brûlez ce que nous écrivons. Brûlez les pour mieux vous protéger, je ferais de même. Je pense qu'un jour ou l'autre, nous pourrons êtres libres. Un jour, quand notre Seigneur l'aura décidé.
Concernant Lady Stanhope, j'ai bien réfléchi et je pense que j'irais la voir. Nous parlerons, je ferais tout pour que je puisse voir Alexander. Peut-être qu'elle n'acceptera pas que je puisse le voir et si je le fais, je jouerais les cartes des enfants. J'aimerais tant pouvoir amener Alexander voir sa sœur. Je prie qu'elle accepte que mon fils puisse venir me visiter … Peut-être à noël … Si seulement … Pour William, je pense qu'il cache également quelque chose. Pensez-vous qu'il soit un protestant ? Pensez-vous que c'est pour cette raison qu'il n'a pas été lors du Samain ? Je lui en veux encore de ne pas avoir été là … Il devait me protéger mais il n'a pas été là. Il ne m'a pas tellement expliqué les raisons de son absences. Oh Katherine, mon cœur de femme saigne. Je ne pourrais supporter sa trahison. Il est mon époux et je l'aime. Je l'aime mais j'ai peur que pour lui notre union n'est qu'un mirage …. Qu'il m'ait choisi pour servi ses intérêts politiques ou que sais-je ? J'ai mal à ma tête en pensant à tout ceci. Qu'ai-je fait pour lui déplaire ? Est-ce mon corps qui change qui le rebute encore plus ? Pourquoi a-t-il changé ? Katherine, aidez-moi, je vous en conjure. Je vais défaillir, je suis près d'un précipice. Pensez-vous qu'il a une dette envers elle ? Ou qu'il croit faire tout pour notre hymen et nos enfants ? Je vous remercie ma chère amie d'être là pour me soutenir envers cette épreuve douloureuse. Je souhaite qu'aucune mère ne vit ce que je vis. De plus, je vous remercie encore de vos paroles concernant ma cousine. J'espère que ma famille ne sera pas déçues de moi. Je ne veux pas perdre d'autres attaches et être isolée. Enfin, chère amie, je dois vous laisser, les soeurs de mon hôte ainsi que ma soeur souhaite que je leur joue une mélodie. Je pense leur jouer les roses d'hivers éternelles.

Je vous embrasse et je prie le Seigneur de vous apporter le bonheur,

Votre chère Agnès


agnès dark clouds are now ahead
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Message Dark clouds are now ahead ♦ Agnès & Katherine. ♦ écrit
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