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Nous nous situons aux alentours de mai/juin 1556.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
Nous recherchons aussi des membres du peuple.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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La Noblesse Anglaise
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♕ Métier : Dame de la Cour, Mécène et Comploteuse. ♕ Age : 26 ans. ♕ Religion : Protestants. ♕ L'avatar a été fait par : Maquizz ♕ Mon nombre de messages est : 284 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 0 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 17/03/2013 ♕ Mon pseudo web est : Menthe. ♕ Mes autres visages : Thomas Howard

Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Dim 17 Mar - 0:17
Mary Sidney




“ Nothing is achieved before it be thoroughly attempted. ”

TON PERSONNAGE
PRÉNOM & NOM ♦ Mary Sidney, née Dudley.
AGE ♦ 23 ans.
DATE DE NAISSANCE ♦ 27 avril 1530.
ORIGINE ♦ Anglaise. Mary fait partie de l’ambitieuse famille Dudley, et est devenue une Sidney par son mariage.
SITUATION FAMILIALE ♦ Mariée.
MÉTIER ♦ Lady Sidney, digne épouse de Sir Henry Sidney (politicien et ancien compagnon de feu le roi Edward VI), femme de cour et mécène à ses heures.
GROUPE ♦ Noblesse Anglaise.
CRÉDITS ♦ mmorrow & Insuline

LE JOUEUR
PSEUDO ♦ Menthe.
AGE ♦ 21 ans.
OU AS-TU CONNU LE FORUM? ♦ Sur PRD, même sans être inscrite, je jette quelques coups d’œil du côté des forums historiques.
TON AVATAR ♦ Abbie Cornish.
VOTRE PERSONNAGE EST-IL HISTORIQUE OU FICTIF? ♦ Historique.
VOULEZ-VOUS ÊTRE PARRAINÉ? ♦ Non.



Audience devant la reine.


QUELLE EST VOTRE RELIGION ET QUE PENSEZ-VOUS DES CHANGEMENTS RELIGIEUX DU PAYS? ♦ Ce sont les sévères enseignements du Protestantisme qui ont bercé mon enfance. Je suis née alors que l’Angleterre se déchargeait peu à peu de son allégeance au Pape pour jurer fidélité et obéissance au roi Henry VIII en tant que chef de l’Eglise Anglicane. Ma famille, comme toujours, a suivi son souverain, et mon père nous entraina tous dans sa conversion. J’ai grandi dans cette foi, et me suis mariée selon ses sacrements : comment pourrais-je aujourd’hui en changer ? Mon époux est également Protestant et sa position à la Cour, appuyée par l’aide de ses sœurs qui occupent les rangs des demoiselles de compagnie de la Reine, lui permet quelques largesses dans son culte, du moins pour le moment. Depuis quelques temps, il me parle de conversion, et me suggère de retourner dans le giron de l’Eglise Catholique, du moins aux yeux de tous. Il est vrai qu’en nous convertissant, nous ne serions plus inquiétés par la menace que la nouvelle Reine fait peser sur nos têtes, mais je ne puis m’y résoudre. Pratiquer au grand jour un simulacre de culte, et prier en secret, à Penshurst, notre demeure dans le Kent, selon les rites de notre véritable foi ? Jamais ! Je ne me parjurerai point. A mes yeux, la religion n’est guère affaire de politique. Il est vrai que je ne suis qu’une femme, et que jamais je ne m’exprimerai au Parlement, mais cela ne m’empêche point d’espérer qu’un jour cette folie prenne fin.

QUE PENSEZ-VOUS DE LA NOUVELLE REINE D'ANGLETERRE? ♦ Hélas, quelle ironie de poser cette question à celle qui portait autrefois le nom de Dudley ! La nouvelle Reine est la ruine de ma famille, et la rébellion de mon père n’a fait qu’augmenter sa rage. Aujourd’hui toute puissante, elle n’hésitera point à frapper de toute sa force pour faire plier, et se briser cette noble lignée à laquelle j’appartiens. Son avènement marque notre fin, puisque mon père, Duc de Northumberland, et mes frères, Guildford, Ambrose et Robert sont à ce jour en prison. J’ai pu échapper à ce sort grâce à mon mariage qui a fait de moi une Sidney et me place désormais sous l’autorité de mon époux, lui-même étant encore en faveur à la Cour. Je suis sauve, malgré la honte qui entache mon nom, et pourtant mon cœur est terrassé par l’angoisse. On murmure que mon père risque sa tête, accusé de haute trahison envers la couronne, et l’impopularité qu’il génère en ce jour me fait craindre le pire. Les pamphlets se multiplient contre lui, raillant son ambition en le faisant passer pour un démon. ‘The great devil Dudley ruleth, Duke I should have said’, stipulait la dernière trouvaille de ces écrivaillons satiristes, trouvaille que l’on trouva fort aimablement glissée sous notre porte il y a trois jours. Il est vrai que la position de mentor que mon père a fidèlement occupée auprès du jeune roi Edward VI a apporté de nombreux privilèges à notre famille, mais est-ce une raison pour l’accuser d’avoir comploté contre son royal protégé afin de mettre un Dudley sur le trône ? Je ne crois point en toutes ces rumeurs, et prie le seigneur pour que la nouvelle Reine se montre clémente envers les miens. Qui sait ? Peut-être que dans l’allégresse de son avènement proclamera-t-elle le pardon du Duc de Northumberland ?

QUE PENSEZ-VOUS DE JANE GREY? ♦ Pauvre Jane ! Et dire qu’il y a encore quelques mois, j’assistais à son mariage avec mon jeune frère Guildford ! La voilà aujourd’hui en prison, si jeune et bien innocente. C’est elle qui devrait être reine, et non cette usurpatrice de Mary I. Son frère en avait décidé ainsi, et il m’arrive parfois de songer qu’il a pris cette décision sous le conseil de mon père. Ah, je tremble d’y songer ! J’admets que son union avec Guildford était purement politique, puisque cela permettait effectivement d’asseoir un Dudley sur le trône d’Angleterre, et il m’arrive de me sentir coupable au nom de mon père. La pauvre enfant, devenue Reine si jeune, et si aisément manipulée de par sa jeunesse et son inexpérience en matière de politique ! Elle n’aura été—et je dois être une fille bien indigne de le dire—qu’un pantin entre les mains habiles de mon père. Même Guildford, son époux, était bien trop jeune pour prendre part à ce projet orchestré par mon père. J’aurais tant aimé que Jane reste sur le trône et prenne de l’assurance, mais hélas, la blanche colombe aura eu les ailes coupées par sa propre sœur. Il ne lui reste plus rien à présent, et je peine à lui rendre visite en prison où je dois sans cesse user du nom de Sidney pour pouvoir lui parler quelques instants, et lui apporter mon soutien. Et dire que c’était moi qui avait été chargée de lui faire parvenir la nouvelle de son couronnement. Comme j’aimerais être un jour en mesure de lui faire part de sa libération prochaine !

AGISSEZ-VOUS DANS L'OMBRE POUR VOTRE CAUSE OU VOTRE FOI, SI OUI QUE SERIEZ-VOUS PRÊT A FAIRE ? ♦ Mon nom a beau être Sidney depuis mon mariage, je n’en reste pas moins une Dudley par naissance, et jamais je ne renierai les miens. J’œuvre en silence comme je le peux, pour servir ma famille. Quelques pièces glissées entre les mains de geôliers peu scrupuleux me permettent de garder contact avec mon père, et d’être la colombe qui porte ses messages à mes frères. Les gardes se prémuniront bien de vérifier le corset d’une dame, et surtout pas celui de l’épouse de Sir Henry Sidney ! Je prie et supplie Dieu de bien vouloir accorder son pardon à mon père pour sa trop grande ambition. Que le Seigneur insuffle à Mary I la bonté qui calmera sa colère envers le Duc de Northumberland ! En tant que femme, ma parole n’a que peu de poids au milieu de toutes ces affaires de Cour et ces complots éclairés par la lumière de chandelles. Aussi ai-je donc décidé de contrer la nouvelle Reine avec les faibles moyens dont je dispose. En tant que mécène, il m’arrive de m’intéresser à ces nouvelles plumes, ces satiristes avides d’inspiration pour leurs pamphlets. Certains viennent de Middle Temple, Gray’s Inn, Inner Temple, ou encore Lincoln’s Inn, et mêlent à leurs critiques leur désire de reconnaissance pour une plume qui se veut habile. La plupart écrivent leurs ‘œuvres’ pour railler pour père, mais je suis parvenue, à l’aide de quelques piécettes, à convaincre certains de tourner leurs foudres sur Mary I, d’autres de redorer le nom du Duc de Northumberland. C’est une guerre des mots que j’essaie de mener, mais je ne suis que le général d’une armée d’écrivaillons dont les plumes ne sont point encore aussi acérées que celles de leurs aînés. Bien sûr, je risque de me compromettre en me livrant à ce petit commerce, et c’est pour cela que je garde cela secret, même pour mon époux. Grâce à lui, j’ai accès à la Cour—même si je me fais discrète puisque nombreux sont ceux qui connaissent mes affiliations au ‘clan’ Dudley—et c’est un avantage certain dans ma lutte pour libérer les miens. Cela me permet de me tenir au courant de ce qui se trame, et j’entends parfois que l’on murmure le nom de la Princesse Elizabeth. Si j’en avais l’occasion, nul doute que je supporterais son ascension. Jane ou Elizabeth seraient de bien meilleures reines que Mary I !





Dernière édition par Mary Sidney le Dim 8 Mar - 0:57, édité 3 fois
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La Noblesse Anglaise
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Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Dim 17 Mar - 0:18
‘I seek no better warrant than my own conscience’

31 juillet 1553


‘Je suis Mary Sidney, épouse de Sir Henry Sidney, et j’exige que vous me laissiez voir mon frère Guildford !’

Le garde jaugea la jeune femme en face de lui. Elle était vêtue d’une robe sombre, comme si elle portait le deuil—ce qui, au reste, ne tarderait guère—et arborait la mine pâle de ces âmes tourmentées qu’un sommeil salvateur ne parvient point à soulager. Scrutant son visage impassible, il s’étonna d’y trouver encore la fraicheur de la jeunesse et pas une once de diablerie dans le regard, et il lui sembla presque impensable que ce traître de John Dudley ait pu engendrer ce minois si délicat, mais néanmoins déterminé. La fine pluie qui s’abattait sur Londres en cette matinée de grisailles ne semblait même pas l’atteindre, et elle continuait de fixer le garde patiemment, attendant qu’il veuille bien la conduire auprès de son frère. Lady Mary n’avait que vingt-trois ans, mais portait déjà sur ses épaules l’effroyable fardeau que représentait le nom de Dudley. Son père, le Duc de Northumberland, avait été arrêté pour haute trahison envers la couronne et séjournait en compagnie de ses fils, Ambrose, Henry, Robert et Guildford, à la Tour de Londres, chacun dans une cellule différente afin qu’ils ne puissent point communiquer, attendant leur jugement. De son mariage avec Jane Guidlford, John Dudley avait eu treize enfants, huit fils et cinq filles, certains morts en bas âge, mais à ce jour, il ne lui restait plus que sa fille aînée, Mary, hors des murs de la Tour de Londres. Son épouse était effondrée, et la jeune Katherine séjournait dans le Kent, où elle avait été envoyée afin de l’épargner dans le cas où il arriverait quelque chose au patriarche de la famille. De par son mariage, Mary portait le nom de Sidney, et bénéficiait de l’influence de son mari, ancien compagnon de feu le roi Edward VI. Mais le Bill of Attainder que la nouvelle reine avait fait promulguer au nom du Duc de Northumberland entraînait cependant la ruine de tout le clan Dudley, y compris Mary qui, sans le soutien des Sidney, se serait retrouvée sans le sou.

‘Bon suivez-moi, je vais vous y conduire’, grogna le garde à l’entrée de la Tour, quelque peu ému par tant de détermination de la part de la jeune femme. ‘Mais vous ne pourrez pas rester longtemps, ce sont les ordres.’ Lady Mary eut envie de lui répondre qu’elle avait bien le droit de passer tout le temps qu’elle voulait auprès de son frère, et que cela ne dérangerait point la nouvelle reine, mais elle estima que le sarcasme ne l’aiderait guère si elle se retrouvait à nouveau face à ce garde lors de sa prochaine visite, à Ambrose cette fois-ci. C’était déjà suffisamment difficile d’obtenir un laissez-passer pour approcher un Dudley, même en usant du nom de Sidney et de la position que son époux occupait autrefois auprès d’Edward VI. Elle se retourna pour lancer un dernier regard à sa suivante, Rebecca, une jeune fille à l’air craintif, originaire du Kent, récupéra le panier de victuailles que cette dernière portait, puis suivit le garde. Très vite, elle se mit à entendre les gémissements des suppliciés mêlés aux complaintes des prisonniers, mais surtout, ce qui lui glaçait le sang à chacune de ses visites, les cris de ces malheureux que l’enfermement avait rendu fous. Dix ans, quinze ans, vingt ans entre ces murs changeaient un homme à tout jamais. Pressant le pas, elle se força à ne pas écouter ces gémissements du fin fond de l’enfer, se concentrant sur le sol de pierre, et jetant un coup d’œil de temps à autre sur son ‘guide’, qui la mena finalement jusqu’à la cellule de son frère. Les cliquetis de la clé dans la serrure lui parurent interminables, et quand enfin la porte s’ouvrit, elle se jeta à l’intérieur pour serrer Guildford dans ses bras.

‘Mary !’ s’écria le jeune homme d’à peine dix-huit ans, ce même jeune homme qui se trouvait encore à la tête de l’Angleterre quelques temps plus tôt, en tant qu’époux de Jane Grey, héritière légitime d’Edward VI. ‘Comme le temps m’a paru long depuis ta dernière visite !’ L’interpellée ne répondit pas, serrant toujours son frère dans ses bras, étouffant au passage quelques larmes. Guildford n’avait point de nouvelles de ce qui se tramait à l’extérieur, et sa jeunesse, couplée de son inexpérience, lui occultait l’idée que sa vie se jouait en cet instant même. Mary se faisait la messagère entre les membres de sa famille, allant d’un frère à l’autre, tentant désespérément de voir son père, John Dudley, ou encore Jane Grey, rassurant sa mère comme elle le pouvait, envoyant parfois quelques brèves missives à sa jeune sœur Katherine, dans le Kent, et elle ne devait, ni ne pouvait, se montrer défaitiste en présence de ceux qui comptaient sur son soutien. Guildford en particulier l’inquiétait. Il n’avait que dix-huit ans, mais son mariage, orchestré par le Duc de Northumberland, le plaçait dans une position délicate aux yeux de Mary I. Il avait été un pantin entre les mains de son père, un pantin que l’ambition démesurée de John Dudley avait délibérément entraîné dans ces sombres intrigues de succession.

‘Comment vont les autres Mary ? Comment se porte notre père ? Et Ambrose ? Robert ? Et, comme se porte Jane, ma chère épouse ?’

Mary se mordit la lèvre et desserra son étreinte. Elle allait encore devoir mentir.

‘Ils se portent bien. Père me fait dire qu’il faut que tu tiennes bon, et Jane t’envoie mille baisers. Je les ai vus la semaine dernière.’ En réalité, Jane Grey maudissait son beau-père, l’accusant de mille maux, et John Dudley se montrait plus pessimiste que jamais, envisageant même de se convertir au catholicisme pour apaiser les foudres de Mary I à l’égard de sa famille. Mais la jeune femme n’avait point le cœur à avouer cela à Guildford. En tant que sœur ainée, elle devait tout faire pour le rassurer, jouer cette présence maternelle qui le réconforterait. Mary dissimula son trouble en posant au sol le panier qu’elle avait apporté, rempli de victuailles que la gouvernante des Sidney avait préparées pour le pauvre prisonnier.

‘Tiens, c’est Meg qui t’a fait cela. Il y a du pain, des pommes, et une tourte. Mets tout cela en hauteur, afin que les rats ne puissent l’atteindre.’ Guildford plongea une main avide dans le panier, attrapa une pomme et y mordit férocement, avant d’obéir à sa sœur et de placer le tout à l’abri. En un éclair, il dévora le fruit, sans se douter que cette vision bouleversait son ainée. Et le temps passa, quelques minutes en réalité, où tous deux échangèrent des paroles tremblantes, émues, des remerciements de Guildford, aux embrassades de Mary.

‘Mary, il faut que tu me sortes d’ici. J’ai peur, la nuit il me parvient des cris terribles, on dirait ceux de damnés ! Et le jour aussi, et, et… Je t’en supplie, dis-moi que tu me sortiras de là. Ton mari, Henry, Henry peut nous aider ! Par pitié, demande-lui d’influer sur la reine, dis-lui !’
‘Henry fait tout ce qu’il peut Guildford, je te le promets. Et puis ses sœurs sont les demoiselles de compagnie de… de Mary Tudor—elle s’apprêtait à dire ‘de la nouvelle reine’—elles aussi vont tâcher de la convaincre. En attendant, joins-toi à moi et prions.’

Malheureusement, ce fut à cet instant que le garde jaillit à nouveau dans la cellule : ‘My Lady,’ commença-t-il d’un ton autoritaire, ‘le temps est écoulé, vous devez partir.’ Et ce fut sous les cris et les pleurs de Guildford que la jeune femme dut se résoudre à sortir.

‘Pense à nos prières Guildford, et prie, prie comme-ci nous étions tous les deux, comme lorsque nous étions enfants, comme-ci Jane était là !’

Quelques minutes plus tard, Mary se retrouva à nouveau sous la pluie. Le garde était retourné à son poste, et la jeune femme demeura seule. Ce fut seulement à cet instant qu’elle laissa couler ses larmes. Très vite, elle fut rejointe par sa suivante, présence muette mais néanmoins réconfortante, et toutes deux se hâtèrent vers le carrosse qui les avait amenées à la Tour de Londres.

‘Dois-je demander au cocher de nous ramener à Ely House my Lady ?’ demanda timidement la jeune fille. Mary laissa un silence, le temps d’essuyer ses larmes. ‘Non, dis-lui de nous emmener là où il sait, j’ai affaire avec l’un de mes… protégés.’ La suivante réprima un soupir, mais obéit.

Lorsque le carrosse s’immobilisa finalement près d’une auberge, elle en descendit, sachant bien que sa maîtresse souhaiterait se retrouver seule avec son protégé. D’ailleurs, celui-ci ne tarda pas, et monta discrètement à bord, s’asseyant en face de Mary.

‘Vous l’avez terminé ?’ s’enquit cette dernière, oubliant les politesses d’usages. Ils avaient depuis longtemps dépassé ce stade. Au reste, l’homme n’occupait point le même statut social qu’elle. Il était sans titre, certes, mais excellait dans l’art de la rhétorique, une qualité à laquelle Mary accordait beaucoup de valeur dernièrement.

‘Je l’ai achevé ce matin, tenez, le voici’ répondit le jeune homme en tendant à Mary un pamphlet en quarto composé de quelques feuillets rédigés dans une écriture soignée de copiste. Elle s’en saisit, et ses yeux y détaillèrent le contenu rapidement. An expostulation or complaynte agaynste the tragicke fate of the Dudleys by the order of the Usurper Mary Tudor and Summons to restore the Public Peace by the Rightful Queene Jane Grey… Le titre est un peu long à mon gout, mais vous y glissez l’essentiel. Le contenu me plait, mais pour la prochaine fois, j’aimerais que vous souligniez plus le rôle de mon père auprès de feu le roi Edward VI.’ Le jeune homme hocha la tête en silence. ‘Quand le ferez-vous imprimez ?’
‘Je peux m’arranger avec l’éditeur, qui est aussi imprimeur, afin de le faire circuler dès demain dans Londres.’
‘Bien, voici pour votre peine,’ répondit Mary en tendant une petite bourse à son interlocuteur qui s’en saisit avant de descendre du carrosse, emportant avec lui son œuvre. De sa fenêtre, Mary le regarda s’éloigner, attendant que sa suivante rentre à nouveau. Elle ne voulait pas que Rebecca soit au courant de ses affaires, ses commandes de pamphlets auprès de jeunes satiristes de talent en manque d’argent. Sir Henry Sidney, son époux, n’était même pas dans la confidence. Mais pour contrer Mary Tudor, une jeune femme comme Mary Sidney ne pouvait point faire grand-chose, à part essayer d’agiter le peuple à sa façon.

***
‘Henry, mon frère est au plus mal ! Il a maigri considérablement, il a peur, il… Il est si jeune, pourquoi le garde-t-elle en prison ?’ s’écria Mary. Après le retour de Rebecca, le carrosse les avait menées à Hampton Court, car la jeune femme souhaitait voir son époux. Ce dernier avait été un ami fidèle d’Edward VI, malgré leurs huit ans de différence, et le jeune roi était d’ailleurs mort dans ses bras. Henry Sidney avait bénéficié pendant de nombreuses années d’une certaine popularité à la Cour, sans pour autant succomber à ces vices de courtisans et ces flatteries hypocrites. Il avait été ce conseiller prudent et sage, guidant le jeune souverain du mieux qu’il le pouvait, et même si John Dudley avait eu bien plus d’influence sur lui, Edward avait su reconnaitre le dévouement d’Henry en le faisant Chevalier et Chief Gentleman de la Privy Chamber en octobre 1551—Dudley avait été fait Duc de Northumberland pour l’occasion—et en lui offrant le manoir de Penshurst, dans le Kent en 1552. Dame Fortune s’était montrée plus que généreuse envers les Sidney et les Dudley, mais à présent, avec Mary I au pouvoir, elle se faisait capricieuse. Sir Henry Sidney, autrefois apprécié à la Cour, était devenu suspicieux de par ses connections avec le clan Dudley. Après tout, n’avait-il point épousé la fille aînée de celui que l’on nommait couramment 'traître à la couronne' ? Heureusement pour lui, l’influence dont jouissaient ses sœurs auprès de la reine en tant que ses dames de compagnie favorites lui avait épargné le pire. Il ne profitait certes plus des faveurs royales d’antan, mais il était suffisamment rusé et habile en politique pour obtenir une place satisfaisante auprès de Mary I. Le temps ferait son œuvre, tout simplement. Pour le moment, Sidney s’efforçait d’œuvrer pour obtenir de la reine qu’elle pardonne aux Dudley leur offense. Le Duc de Northumberland avait clamé haut et fort avoir obéi aux dernières volontés d’Edward VI en mettant Jane Grey sur le trône, et c’était là un argument fort utile qui permettrait à Henry, si la reine se montrait prête à y croire, de faire disparaître les charges de haute trahison qui pesaient sur la fratrie Dudley.

‘Je fais tout mon possible Mary, mais il ne m’est point encore donné d’user de mon influence. Et vous savez bien que sur ce point, le prestige des Sidney n’est plus ce qu’il était…’ répondit Henry, à la fois embarrassé et terriblement ému par la détresse de son épouse. Mary avait placé en lui toute la confiance qu’une femme pouvait accorder à son mari, et la foi qu’elle avait en ses qualités de diplomate rivalisait presque avec ses croyances religieuses. Henry était son seul espoir. Ces dernières semaines, elle avait essayé de réunir des alliés potentiels pour soutenir la cause des Dudley, mais rares étaient ceux qui avaient répondu à son appel. Elle avait le soutient de son ami John Dee, ce scientifique brillant qui avait voyagé à travers l’Europe et stimulé son propre goût pour l’alchimie à travers leur correspondance, mais ce n’était qu’une voix au milieu de la foule qui hurlait pour réclamer la mort du Duc de Northumberland. Henry était pour le moment le seule soutient valable, et Mary lui était gré de se préoccuper autant du sort de sa belle-famille. Après tout, il aurait très bien pu les renier pour se promouvoir une réputation sans tâche auprès de Mary I.

‘Je sais Henry, mais promettez-moi que vous ferez sortir Guildford, c’est lui qui souffre le plus, et il est pourtant le plus innocent d’entre tous…’

Des pas se firent entendre, et Henry eut le réflexe d’attirer son épouse dans un recoin sombre, derrière un pilier, afin que le courtisan ne puisse les voir et distinguer sur leurs mines inquiètes les prémices d’un complot contre la nouvelle reine. Le souffle court, Sidney se pencha sur son épouse et lui murmura à l’oreille : ‘je ne puis vous le promettre… Mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir.’ Puis, avec une extrême douceur, il prit la main de son épouse et déposa un baiser sur le bout de ses doigts, suivi d’un autre sur son front, tandis que les larmes coulaient à nouveau sur les joues de Mary. C’était un mariage d’amour qu’ils avaient contracté, lorsqu’ils s’étaient unis tous les deux en 1551. Elle avait vingt-et-un ans, et lui vingt-deux. Ils avaient d’abord célébré un premier mariage à Esher, dans le Surrey, le 29 mars, et avait répété la cérémonie publiquement le 17 mai, à Ely House, la demeure londonienne des Dudley. Et si aucune naissance n’était venue bénir cet union, Mary avait encore de nombreuses années pour donner un héritier aux Sidney. Au reste, ces derniers mois avaient bousculé l’existence du jeune couple. Le ‘trahison’ de John Dudley qui s’était arrangé pour marier son fils Guildford à Jane Grey, héritière de la couronne aux yeux de bon nombre de partisans, l’emprisonnement des frères de Mary à la Tour de Londres, les difficultés de la position de son époux… De la jeune fille sérieuse, étudiant avec application le latin, le français et l’italien comme ses frères et sœurs—John Dudley avait été bien avisé de fournir à ses enfants une solide éducation—lisant avec avidité les romans de chevalerie qu’abritait la grande bibliothèque de son père, et s’exerçant avec ardeur à la poésie, il ne restait que cette femme de Cour prête à tout pour sauver les siens. Elle était honnête, pieuse, droite et loyale, fidèle à sa famille et à son mari, l’épouse presque parfaite—il manquait au tableau un héritier mâle pour cela—mais au fond d’elle, Mary savait que sommeillait un aspect plus sombre de sa personnalité. Mary Tudor la privait des siens et menaçait de faire exécuter son père et ses frères, soit, mais elle n’avait point dit son dernier mot. Elle agissant dans l’ombre comme elle le pouvait, plaçant ses pions, invisibles pour le moment. Mais un jour, elle en était convaincue, la vérité éclaterait, du silence s’élèverait une clameur, et le peuple se soulèverait contre l’usurpatrice.

‘Mary, vous êtes épuisée,’ murmura Henry, la sortant momentanément de ses pensées, ‘faites-moi plaisir, et rentrez vous reposer à Ely House. Je vous y retrouverai plus tard, j’ai encore à faire ici.’

Sans un mot, Mary se détacha de son époux et se dirigea vers la sortie. Elle savait que le carrosse l’attendait avec Rebecca à l’intérieur. A Ely House, Old Meg lui demanderait des nouvelles de Guildford, et sans doute du reste de la fratrie, puis l’installerait auprès d’un bon feu. Elle aurait peut-être quelques lettres à lire, d’autres à écrire. Elle patienterait, comme toujours. Mais le lendemain, un nouveau pamphlet contre Mary I circulerait à travers Londres, et à cette pensée, Mary Sidney esquissa un sourire.





Dernière édition par Mary Sidney le Ven 22 Mar - 23:55, édité 9 fois
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Invité

Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Dim 17 Mar - 0:41
Bienvenue sur TTB Mary, Abbie n'est pas beaucoup prise sur les forums et ça fait bien plaisir de la voir ici.

Si tu as la moindre question, n'hésite pas à contacter un membre du staff. Bon courage pour l'écriture de ta fiche.
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Admin ❧ « Duchesse de vos coeurs.  »
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Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Dim 17 Mar - 0:41
La magnifique Abbie, mais quel superbe choix d'avatar
Bienvenue sur TTB, Mary (on commence à les collectionner Razz ) Si tu as des questions surtout n'hésites pas à me joindre sous ce compte ou sous Elizabeth Tudor
Bon courage pour la suite de ta fiche


    une guerrière portant des jupons
    code broadsword.

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La Noblesse Anglaise
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Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Dim 17 Mar - 1:18
Merciii ! Quel accueil, wahou !

Et oui, une autre Mary. Diantre, ils ne faisaient pas dans l'originalité à l'époque Laughing .

J'avoue que j'ai eu Abbie Cornish qui s'est tout de suite imposée dans ma tête pour le visage de Mary. Je l'avais bien aimée dans Elizabeth: The Golden Age, et l'avais trouvée époustouflante dans Bright Star I love you , ça a dû jouer.

Je tâche de finir ma fiche au plus tôt, mais je suis en période de rush avec mes cours, et malheureusement pour moi, mes recherches sur le satiriste John Marston ne s'avèrent pas aussi passionnantes que celles sur les Dudley et les Sidney Razz .
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Invité

Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Dim 17 Mar - 1:28
ABBIE Elle est magnifique *-*
Bienvenue ici Mary, bon courage pour ta fiche
Si tu as la moindre question, n'hésites pas surtout ♥

J'ai un lien avec ton frère Razz
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Invité

Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Dim 17 Mar - 10:57
Bienvenue Mary I love you
ABBIE est superbe pour ce rôle ! Bon courage pour la rédaction de ta fiche
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Invité

Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Dim 17 Mar - 11:15
Je te souhaite la bienvenue à la cour de Mary Tudor, Mary Very Happy
Je te souhaite bonne chance pour ta fiche
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Invité

Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Dim 17 Mar - 17:44
Bienvenue ^^
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Invité

Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Lun 18 Mar - 22:02
Bienvenue Mary Very Happy

Tu dois te douter qui se cache derrière un Stuart What a Face
Mais j'ai hâte de voir ton personnage en tout cas ♥
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Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Lun 18 Mar - 23:29
Merciii !

James: oh, tu m'as trouvée ! Comment tu as fait pour deviner ? Pour ma part, je ne suis pas surprise de te voir incarner un Stuart Laughing . J'ai hâte de pouvoir finir ma fiche pour passer au RP (et il va falloir qu'on se trouve un lien où je n'essaie pas de t'empoisonner cette fois-ci Razz ).
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Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Mar 19 Mar - 0:14
J'ai des pouvoirs extraordinaires qui me permettent de te retrouver partout sur les rpg et .... bon d'accord, quelqu'un m'a dit le nom de ton perso Promis on se trouvera un lien sans empoisonnement On lien qui déchire
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Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Sam 23 Mar - 0:25
Et bien Mary, cette fiche est excellente. Il y a eut 13 enfants, tu en as conscience tu n'as cité que les principaux j'ai pu voir ? =) En tout cas, je trouve ta fiche très bien. J'ai adoré les questions J'attends que tu répondes à ce petit point, et je pourrais te valider Very Happy
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La Noblesse Anglaise
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♕ Métier : Dame de la Cour, Mécène et Comploteuse. ♕ Age : 26 ans. ♕ Religion : Protestants. ♕ L'avatar a été fait par : Maquizz ♕ Mon nombre de messages est : 284 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 0 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 17/03/2013 ♕ Mon pseudo web est : Menthe. ♕ Mes autres visages : Thomas Howard

Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Sam 23 Mar - 0:36
Mamma mia, c'est du rapide . Merci du compliment Embarassed .

Pour les treize enfants de John Dudley, beaucoup son morts en bas âge, c'est pour cela que je me suis concentrée sur ceux qui ont survécu. J'avais un peu peur d'embrouiller le lecteur en ajoutant les prénoms de Charles, Temperance, Margaret, etc... Razz . J'ai mentionné que seule une partie des enfants avait survécu, mais si tu le souhaites, je peux toujours modifier le 'certains morts en bas âge' en ajoutant les prénoms des enfants décédés Wink .
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Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit Sam 23 Mar - 0:40
Parfait, je comprends^^ Je te valide.

Je te laisse faire ta fiche de liens et de rps. Si tu as besoin de quoi que ce soit n'hésites pas à venir me voir, tu trouveras un guide si tu as besoin pour te repérer sur le forum.

Pour bien commencer à RP, je t'invite à aller voir notre loterie RP du hasard pour trouver un partenaire RP aléatoirement ici ou bien de participer à notre event sur la nouvelle Reine : Mary Tudor.

Bienvenue parmi nous & bon jeu
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Message Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.' ♦ écrit
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Mary Sidney - 'They are never alone that are accompanied with noble thoughts.'
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