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Nous nous situons aux alentours de mai/juin 1556.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
Nous recherchons aussi des membres du peuple.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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MessageSujet: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Ven 27 Mar - 23:16

Une rencontre sur le départ



Novembre 1554.
Forteresse de Stirling.


Deux jours, il ne lui restait plus que deux jours et jamais Jane n’avait ressentie un tel soulagement de pouvoir quitter l’Ecosse, pour un séjour en Angleterre. Elle partait aux côtés de sa demi-sœur Margaret, qui s’y rendait pour rencontrer le fiancé que Marie de Guise lui avait imposé. La jeune femme ne savait rien de lui et Jane ne pouvait que ressentir un pincement au cœur, quand elle pensait à son propre mariage, qui était un fiasco. Elle ne pouvait pas divorcer d’Archibald Campbell, la lettre provenant de Rome était arrivée il y a une semaine et comme Jane se doutait, la consommation du mariage les forçait à rester ensemble, jusqu’à ce que la mort les sépare. Depuis la fausse couche, elle n’avait plus revu son mari et Jane se sentait soulagée, elle ne voulait plus affronter ses regards furieux, elle ne voulait plus lire la colère et la déception sur son visage. Au moins, loin d’elle, il pourrait faire appel à toutes les maîtresses qu’il voudrait, elle n’aurait pas à le subir.
Le froid ne cessait de s’installer un peu plus chaque jour sur le pays et Jane redoutait un peu ce voyage, de peur du brigandage, mais aussi de devoir subir les légendaires tempêtes écossaises et anglaises. Le voyage prendrait du temps et même si les deux écossaises auraient une bonne garde, tout pouvait arriver. La dernière fois, elle avait connu une très mauvaise mésaventure, puisque son attelage avait été attaqué par quelques brigands qui l’avaient dépouillé de ses bijoux. La jeune femme avait été marquée par cette mésaventure, si bien qu’elle craignait à nouveau un si long voyage, même si elle savait qu’il n’y aurait aucun danger, avec la protection de la garde royale. Jane était toujours une femme angoissée, bien plus encore depuis sa fausse couche et que son avenir était devenu plus que jamais incertain.
Partir, changer d’air, Jane, malgré ses craintes, en avait plus que jamais hâte. L’Ecosse était la terre de tous ses problèmes, là où l’unique enfant qu’elle aurait été enterré, mais aussi là où se trouvait Archibald. Elle voulait mettre le plus de distance possible entre lui et elle et partir en Angleterre, revoir Anne Somerset et certaines de ses connaissances, la rendait heureuse. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas ressenti de la joie dans un projet, surtout depuis cette nuit effroyable de Samain. Elle n’était pas présente à ce moment-là, mais elle avait vu tout ce sang dans la salle des banquets et dans certains couloirs du château. Tout ceci, ainsi que les récits de Margaret et Agnès lui avaient glacé le sang. L’Angleterre n’était pas une terre pacifique, mais au moins, elle avait le sentiment qu’elle ne risquerait pas de mourir.

Ses bagages étaient prêts, Jane avait tout supervisé et maintenant, il ne lui restait plus qu’à attendre le jour de son départ avec Margaret, dans deux jours. Maintenant que ses robes étaient dans les malles, que les chapeaux étaient correctement rangés dans leurs boîtes, elle pouvait s’accorder un moment de pause et de calme. Durant quelques jours, elle avait eu le sentiment que ses appartements s’étaient transformés en un bruyant nid d’abeilles, qui ne cessaient de bourdonner à ses oreilles. Maintenant, qu’elle était à nouveau au calme, elle souhaitait se rendre dans les jardins du palais, bien couverte dans ses fourrures, pour respirer l’air frais. Elle s’était tellement coupée du dehors durant sa fausse couche, que maintenant, elle souhaitait passer le plus de temps possible à l’extérieur, même avec l’hiver qui allait arriver.
La jeune femme se rendit dans les jardins, quittant les sommets de la forteresse, pour se rendre dans la basse cours et découvrir un petit jardin à la française, que Marie de Guise avait créé peu de temps après son arrivée en Ecosse. Cet endroit était un véritable havre de paix. Jane fit quelques pas et trouva un banc sur lequel elle s’installa. Il ne lui restait plus que deux jours et après cela, elle pourrait mettre ses soucis de côté. Un sourire apparut sur son visage, ce qui était chose rare depuis la perte de son bébé, puis elle sursauta, entendant des craquements de branches. Elle se leva.

« Qui est là ? » Demanda-t-elle d’une voix hésitante, tout en espérant que cela ne soit pas l’un des tueurs qui étaient venus le jour de Samain au palais.


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MessageSujet: Re: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Lun 6 Avr - 0:01


Une rencontre sur le départ
Jane & Agnès

La Forteresse de Stirling. Bien sombre et étrange forteresse, perchée sur son caillou surplombant la lande. À bien y réfléchir, elle ressemblait très fortement à mon très cher château de Dunnottar, perdu dans la verdure, simplement visible parce qu’il avait été construit sur une petite falaise. Pourtant, l’ambiance qui y régnait était toute autre. Alors que mon chez moi était familier, Stirling me semblait bien froid. J’avais été habitué à connaitre chaque pierre, chaque ombre et chaque tas de poussière de notre demeure. En revanche, le plus grand château d’Ecosse était un repaire d’étranger et de visages inconnus. J’avais beau y avoir été quelques fois au cours de mon existence, il restait toujours pour moi cette boite mystérieuse où s’enfermait les plus noirs désirs de pouvoir et d’ambition. Je n’appréciais pas l’atmosphère lourde et étouffante qui y régnait. Surannée, le sourire forcé et la flatterie en étaient les reines et je voyais en horreur leurs engeances, l’hypocrisie, la haine et le secret.

Moi qui portait si peu les trames et les complots dans mon coeur, comment survivrais-je à l’Angleterre ? Car oui, j’avais entendu les pires rumeurs à l’encontre de notre pays voisin. Était-il raisonnable de penser que la vie à Stirling pouvait s’étendre à tout une nation ? Nation dans laquelle je m’apprêtais à mettre les pieds ? Si j’avais jusqu’alors pris notre voyage de façon assez légère, je commençais à prendre conscience de toute l’ampleur de ma décision. J’allais quitter tout ce que je connaissais pour plonger dans l’inconnu. C’était à la fois excitant et déroutant. J’allais rencontrer des dizaines d’étrangers… Heureusement que Père, William et Robert étaient avec moi. Je ne serais jamais partie sans eux. D’ailleurs, où étaient passés mes imbéciles de frères ?

Déambulant sans but dans le château, je me mis en tête de retrouver mes deux aînés. Eux aussi avaient dû finir leurs bagages et rangé leurs dernières malles. Le départ était dans deux jours et Père avait insisté pour que nous partions avec une escorte royale et certains de ses amis qui se rendaient à Londres. Ainsi, le convoi, plus impressionnant, dissuaderait les quelques brigands qui oseraient s’en prendre à nous. S’il nous avait fallu partir à trois, simplement protégés par une poignée de nos soldats, il fallait avouer que mon inquiétude aurait été largement plus grande qu’aujourd’hui.

Mes pieds martelaient les couloirs, dont les affairements et les bruits de rangement s’étaient désormais tu. Un silence tranquille baignait la forteresse. Mes frères étaient-ils sortis prendre l’air ? Je trottinais jusqu’à mes appartements où des valises étaient sagement posées vers le bureau où je m’asseyais pour écrire des lettres à ma famille, restée dans l’Aberdeenshire. Une de mes suivantes m’aida à enfiler un lourd manteau de fourrure, pour m’aider à affronter la bise et la fraicheur écossaise qui fouettait les plaines.

Une autre chose m’ayant particulièrement choqué et laissée béate. En dévalant la colline de Stirling, nous débouchions sur un petit jardin superbement agencé. Tout avait été pensé pour le rendre distingué et agréable. Je préférais de loin les contrées sauvages et joyeusement désordonnées de notre terre, mais j’avais toujours apprécié ce petit carré de France qui apparaissait à mes yeux comme un bout d’exotisme et de raffinement. Le froid mordant du jour avait chassé les visiteurs des allées qui étaient désespérément désertes. Aucune fleur ne venait colorer les taillis et seule le sifflement aérien du vent venait briser le morne silence qui hantait les lieux. Tout ceci avait quelque chose d’apaisant.

Retroussant ma robe sur mes chevilles, je me mis en quête de Robert et William. Aussi étrange que cela puisse paraitre, je n’osais les appeler, de peur de briser la cérémonie de l’instant. Mes pas dans les feuilles résonnaient comme des coups de tonnerre. Je grimaçais de chaque bruit et furetais entre les rosiers endormis. Mais bien évidemment, mon manteau se prit dans un amas d’épine et je manquais de me casser la figure alors que je luttais contre le maudit végétal. « Vas-tu me lâcher, oui ? » grognais-je.

Une voix me fit sursauter. Je réussis à m’arracher et titubais dans une allée pour me trouver face à une jeune femme qui ne semblait pas plus rassurée que moi. Je m’époussetais et chassais les quelques feuilles brunes de mes vêtements pour avoir l’air présentable. « A-Agnès Keith. Je suis la fille de William Keith, le comte de Marischal, » me présentais-je en faisait une rapide révérence. « Je suis navrée, je ne voulais pas vous effrayer… Je recherchais mes frères et j’ai manqué d’attention devant ce rosier qui s’en est pris à moi. » Je rougis légèrement, remarquant soudain que je devais avoir l’air ridicule. Je serais les plis de ma cape entre mes doigts gantés.

Fiche bye Ethna
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MessageSujet: Re: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Sam 18 Avr - 13:01

Une rencontre sur le départ



Novembre 1554.
Forteresse de Stirling.


En ce monde, il n’y avait pas de place pour elle, perdue dans les limbes de la souffrance, elle n’avait pas le sentiment que l’avenir lui serait clément par la suite. Les Stuart étaient maudits. Jamais ils ne pourraient être heureux, même s’ils feraient tout pour pouvoir l’être un jour. Les rois mourraient sans pouvoir réellement assurer leur avenir, les reines avaient dû mal à assurer un héritier à la couronne. Aujourd’hui, les Stuart n’étaient plus que raccrochés à un unique espoir, celui de voir enfin leur reine revenir, mais en attendant, ils devraient subir les pires tournants. Les filles étaient des pions sur des échiquiers, mariées au parti le plus intéressant, elles ne pouvaient guère choisir leur destinée. Jane, la douce Jane, qui ne méritait point le tournant, avait été offerte à l’héritier des Campbell, un puissant clan protestant. Heureuse, puis malheureuse, elle avait perdu son unique espoir pour pouvoir connaître le bonheur, en faisant une fausse couche. Aujourd’hui, elle devait se reconstruire, elle tentait de retrouver le sourire et pour cela, elle devait partir, mais en allant assister à un autre mariage qui pouvait s’avérer malheureux. Sa demi-sœur Margaret n’avait jamais été la plus heureuse à la cour, mais elle était parvenue à s’en accommoder. Jane avait même appris à l’aimer à la protéger et voilà qu’elle allait devoir lui dire adieu, pour la laisser en Angleterre. Cette pensée lui fendait le cœur. Jane avait l’impression de voir son monde s’effondrer. Elle avait le sentiment de perdre tout le monde, sans possibilité de retour en arrière. Les épreuves s’accumulaient et au fur et à mesure, elle n’avait plus les clés pour apprendre à les affronter.
Jane espérait que son départ pour quelques mois en Angleterre changerait sa situation, que les tensions s’apaiseraient et que peut-être Archibald serait plus clément à son égard. Malgré le fait qu’elle soit malheureuse, elle l’aimait toujours, il était son mari celui à qui elle a juré fidélité sous le regard de Dieu. Sa promesse, elle ne pouvait pas la révoquer, mais elle ne voulait pas non plus subir la haine de son mari. L’éloignement les réunirait peut-être, mais pour le moment Jane avait dû mal à y croire, Archibald resterait Archibald, il avait cette fierté que tous les Campbell ont et il ne changerait pas pour deux sous.

Dans les jardins du palais d’Edimbourg, Jane se pensait seule et pourtant, bien vite une autre jeune femme se fit remarquer. Effrayée dans un premier temps, la princesse bâtarde fut vite rassurée de voir la présence de cette jeune fille, dont le manteau était prisonnier des épines, de quelques végétaux. Jane sourit en voyant la situation et se dirigea vers la jeune fille qui se présenta aussitôt comme étant Agnès Keith, la fille de William Keith, comte de Marischal. Elle s’excusa ensuite de l’avoir effrayée et lui expliqua, qu’elle était à la recherche de ses frères, quand sa robe fut prise dans les rosiers.
« Vous n’avez pas à vous excuser, vous auriez pu vous faire mal, ses rosiers sont traitres, une fois j’ai terminé le nez en sang, quand j’avais huit ans. » Souriait la jeune femme. « Jane Stuart. » Elle s’inclina pour se présenter et continuant ensuite, tout en lui proposant de l’aider à chercher ses frères. « Vous souhaitez de l’aide pour retrouver vos frères ? » Demanda la princesse bâtarde, assez contente d’avoir une présence, avec qui passer un moment. Elle ne connaissait pas cette jeune fille et elle serait ravie de faire sa connaissance, surtout qu’au vue de son jeune âge, elle devait faire ses premiers pas à la cour.
« Vous êtes à la cour depuis longtemps ? » Jane s’était tellement retirée de la vie de cour qu’elle avait le sentiment d’avoir raté beaucoup de chose, dont l’arrivée de nouveaux membres. Avec son départ, ce sentiment serait bien pire, mais au moins, elle participerait à un autre style de vie.


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MessageSujet: Re: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Ven 1 Mai - 17:06


Une rencontre sur le départ
Jane & Agnès

Un jour, alors que je devais avoir six ou sept ans, j’étais tombée de poney. En plein dans une grosse flaque de boue puante où s’étaient logées quelques limaces et autres insectes répugnants. Pas gênée pour deux sous sur le moment, mais plutôt frustrée d’être tombée, j’avais ravalé ma fierté lorsque j’avais vu mes frères pouffer de rire d’abord, avant de s’esclaffer à gorge déployée. Ils se moquaient bien de moi et je m’étais sentie alors ridicule et honteuse. Le rouge m’était montée aux joues. Penaude, je m’étais relevée, la robe tachée et empêtrée. À l’époque, je n’avais pas encore bien conscience des bonnes manières ou de ce sentiment qu’était l’embarras. Je crois que c’était la première fois que je l’éprouvais. Bien évidemment, revêche comme j’étais durant mon enfance, je m’étais mise en colère et emportée pour masquer cette petite humiliation qui grandissait en moi comme une graine de pommier sous le soleil. Cela avait doublé les rires de mes adorables frères auxquels j’avais allègrement lancé une, voire deux, limaces.

Avec le temps, je m’étais adoucie, mais j’avais connue beaucoup plus de petites gênes passagères. Être grondée par ma Mère en pleine salle de réception devant des dizaines d’invités, recevoir de la purée sur le visage de la part de ma chère soeur Béatrice, trébucher en faisant ma révérence devant quelques nobles dont j’avais aujourd’hui oublié le nom… En réalité, j’avais l’impression d’être une petite catastrophe ambulante, en particulier depuis que j’étais arrivée à Edimbourg pour faire mes débuts à la cour. Même si cela me faisait plus rire qu’autre chose aujourd’hui, je n’aimais toujours pas voir les autres me juger ou me lancer des regards désapprobateurs lorsqu’il m’arrivait de bafouiller ou de renverser mon verre sur le riche habit de mon voisin.

Pourtant, la jolie demoiselle qui se tenait devant moi ne levait ni les yeux au ciel devant ma maladresse ni ne pinçait ses lèvres de me voir ainsi débarquer dans sa petite bulle. Au contraire, ses yeux bleus n’inspiraient que bienveillance et douceur… ainsi qu’une profonde mélancolie. La surprise de mon arrivée fut bien vite balayée alors qu’elle s’approchait de moi. La rougeur de mes joues disparue aussi vite qu’elle était apparue et j’entrepris, discrètement, d’enlever soigneusement les quelques épines, encore fichées dans le tissu épais de ma cape. Je m’esclaffais sans honte alors qu’elle me racontait sa propre triste expérience avec les rosiers de la malchance. « Je suis plus dure qu’il n’y parait ! » souris-je en faisant mine d’être robuste, malgré ma silhouette gracile. « Le nez en sang dites-vous ? Peut-être ces rosiers ont-ils des instincts assassins… » Je lançais un regard meurtrier aux dits végétaux avant de rire, les mains sur les hanches.

Lorsqu’elle me dit son nom, je compris la tristesse dans ses yeux. Janes Stuart. Mon père m’avait souvent parlé des enfants illégitimes de James V. Et ces derniers temps, j’avais entendu une rumeur sur la perte d’un enfant, une fausse couche ou quoi que ce soit d’autre. En réalité, je tentais de me tenir éloignée de ces racontars. Je n’aimais pas le mensonge et si quelqu’un avait quelque chose à me dire, je préférais l’entendre de sa bouche. « Enchantée dans ce cas, Jane Stuart ! » lui répondis-je en la saluant d’une courbette rapide. « Oh… » murmurais-je lorsqu’elle me proposa son aide, « c’est vraiment très gentil de votre part, mais je ne voudrais pas vous déranger. » En effet, la jolie demoiselle Stuart semblait bien lasse et fatiguée, je ne souhaitais pas l’embarquer avec moi pour arpenter tout le château. « Mais nous pouvons marcher ensemble jusqu’aux portes de la forteresse ? Mes frères ne sont certainement pas dans les jardins, nous les aurions déjà entendu se chamailler sinon… » Nous engageâmes lentement le mouvement et je resserrais mon vêtement autour de moi. Le temps commençait vraiment à se refroidir.

Alors que nous marchions, je l’observais à la dérobée. Son visage était grave. Elle était de quelques années plus âgée que moi et pourtant, elle ressemblait déjà à une femme alors que je n’étais qu’une fillette. Avait-elle eu une enfance heureuse, Jane Stuart, fille bâtarde de James V ? Je n’en savais rien. Lors de mes rares séjours à Stirling, je ne l’avais jamais vue. Ou si c’était le cas, je ne me rappelais pas d’elle. « Si je suis à la cour depuis longtemps ? Je suis déjà venue quelques fois, lorsque j’étais encore petite fille. J’accompagnais mes parents et pour être honnête, je ne me souviens que de très peu de choses… Je crois ne me souvenir que d’une chose d’ailleurs, la délicieuse tourte à la viande servie lors d’un dîner. » Ça et l’atmosphère pesante. Mais je gardais la dernière remarque pour moi. « Mais ces dernières semaines, j’ai séjourné ici, en effet. Voyez-vous, je pars bientôt pour Londres et mon père souhaite partir de Stirling. Nous devions préparer les bagages… » Je baissais les yeux et me rendis compte que j’avais parlé sans grand entrain. Pourtant, il me semblait que le voyage m’enchantait. Mon coeur se serra alors que nous continuions de marcher tranquillement vers le château, perché sur la falaise.

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MessageSujet: Re: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Sam 9 Mai - 19:14

Une rencontre sur le départ



Novembre 1554.
Forteresse de Stirling.


Les difficultés, même les plus insoutenables, les femmes se devaient de les braver et de lever la tête haute, pour montrer que rien ne pouvait les atteindre. Jane Stuart s’était laissée abattre, elle n’avait plus quitté son lit, pleurant son malheur, elle avait montré à tous sa faiblesse d’être une femme abandonnée par son mari. Elle n’avait pas assumé son rang de princesse bâtarde, ni fait honneur à sa famille. Cependant après quelques semaines, malgré la douleur qui étreignait son cœur, elle parvenait à marcher dans les couloirs et à croiser les regards de ceux qui murmuraient, à chacun de ses passages, dans son dos. Il lui arrivait encore de pleurer quand elle voyait un bébé, elle n’arrivait pas à regarder le ventre arrondi de sa cousine Agnès, mais Jane arrivait tout de même à aller de l’avant et elle était enjouée à l’idée de quitter l’Ecosse, pour partir quelques temps, avec sa demi-sœur Margaret, en Angleterre. Avec Archibald dans les Hightlands et elle-même loin de l’Ecosse, elle pourrait profiter de quelques instants de paix, pour pouvoir faire le vide et se remettre des mauvaises nouvelles qui se sont accumulés depuis quelques mois. Ses affaires étaient prêtes et dès le lendemain, les deux Stuart allaient quitter leur pays, pour un voyage qui serait sûrement sans retour pour Margaret. Jane s’ennuierait beaucoup de cette demi-sœur, qu’elle avait connu tardivement et qui était si enjouée. Elle avait appris à l’aimer et sa joie avait été un vrai baume au cœur ces dernières semaines. Margaret loin, l’Ecosse n’aurait plus la même saveur.
Jane ne pensait pas rencontrer une jeune personne, à l’aube de son départ. Celle-ci était Agnès Keith, une jeune fille de noble famille écossaise, que Jane n’avait encore jamais vu jusqu’à maintenant. La jeune fille était en train de jouer dans les jardins et recherchait ses frères qui avaient soudainement disparus. Malheureusement, ses recherches ont été stoppées par les rosiers, donc Jane gardait un terrible souvenir.

« On raconte que les plus belles fleurs sont aussi les plus dangereuses. Je pense que pour celles-ci, c’est le cas. » Disait la jeune femme tout en désignant les roses, qui ont été planté, il y a quelques années, par Marie de Guise.
Jane qui n’était pas contre de passer sa dernière soirée en compagnie d’une nouvelle rencontre, proposa ses services à la jeune femme pour retrouver ses frères. Pour la belle Stuart, s’était surtout un moyen pour elle de ne pas retourner tout de suite au château et de ne pas affronter les regards des personnalités de la cour.
« Ne vous inquiétez pas, cela ne me dérange pas. En plus, je pourrais faire un dernier tour du domaine, avant de partir demain pour l’Angleterre. » Rassura la jeune femme qui commença à prendre le chemin de la forteresse. Jane s’emmitoufla un peu plus dans ses fourrures, l’hiver commençait à arriver et elle pensait déjà à sa traverser vers l’Angleterre, qui serait certainement pénible, avec le froid qui arrivé. La princesse bâtarde engagea la conversation avec sa jeune compagne de promenade et lui demanda si elle était depuis longtemps présente à la cour. Elle eut sa réponse, en effet, Agnès était déjà venue à la cour, quand elle n’était qu’une fillette, pour accompagner ses parents, mais elle en gardait peu de souvenir, en dehors de la tourte à la viande. Ce souvenir fit sourire Jane, ce qui était bien rare, ces derniers temps.
« Oui cette tourte à la viande est divine, je crois que c’est ce qui me manquera le plus lors de mon séjour en Angleterre. » Souriait-elle, avant d’écouter la jeune fille expliquer que ces dernières semaines elle était beaucoup présente à la cour, mais aussi qu’elle allait bientôt partir pour Londres. « Oh vous aussi, votre père y a reçu une mission ? » Demanda la jeune femme, curieuse de savoir pourquoi elle allait retrouver la jeune fille en Angleterre. Jane se rendait compte qu’elle n’était plus vraiment au fait des personnalités politiques qui allaient et venaient à la cour. A son retour, elle devrait se remettre au bon chapitre.

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MessageSujet: Re: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Mar 2 Juin - 22:33


Une rencontre sur le départ
Jane & Agnès

Je n’avais jamais pensé une seule seconde que Robert se décide, un jour, à vouloir devenir un de garde de la Reine d’Angleterre. De cette reine du sud, dans ce pays si proche et si lointain. Aujourd’hui encore, je ne voyais cette nation que comme une terre exotique et distante où les hommes et les femmes avaient des coutumes bien différentes des nôtres. Je ne me rendais pas encore compte que Londres deviendrait pas ville d’accueil dans peu de temps. Comment de temps allais-je y séjourner ? Seul Dieu le savait. Cependant, j’avais été plus étonnée encore lorsque Mère m’avait autorisée à accompagner mes frères et Père. À l’origine, le voyage aurait dû être exclusivement masculin. Pourtant, curieuse et aventureuse, je m’étais derechef proposée en accompagnatrice. Si j’avais redouté une réponse négative de ma génitrice, conservatrice et méfiante, je savais mon père plus qu’enclin à me faire découvrir le monde. Aussi, lorsque Mère avait pépié d’impatience devant ma proposition, je savais pertinemment que j’aurais dû me douter de son engouement. C’est quelques semaines plus tard que William m’avait annoncée que James Stuart, le fils illégitime de feu notre ancien roi, se rendait également à Londres. Elle m’en avait souvent parlé en bien. Je ne l’avais absolument jamais rencontré, mais elle caressait l’idée de me le présenter. Et seule une profonde idiote n’aurait pas compris les motivations profondes qui l’animaient. Ma mère avait plus d’un tour dans son sac et sa tête n’était que trop pleine d’idées saugrenues. Enfin, c’étaient à ses sottes arrières pensées que je pouvais me rendre en capitale anglaise. Je pouvais les remercier, pour une fois !

La présence de Jane Stuart à mes côtés ne faisait que renforcer ces deux pensées bien distinctes : mon départ futur pour l’Angleterre et les mystères maternelles autour de James. Car oui, je ne m’apercevais qu’à l’instant que ma nouvelle rencontre partageait des liens fraternels avec l’objet des plans de Mère. Quelle sotte j’étais ! Je restais cependant muette à ce propos, trop embarrassée et peu amène d’amener un sujet pareil sur la table alors que je venais tout juste de faire sa connaissance. Et je ne voulais point rentrer dans le jeu tordu de ma mère.

Aussi, je préférais me concentrer sur une chose qu’elle avait soulevé et qui m’intéressait beaucoup plus. « Oh ! » m’exclamais-je, « Vous partez donc en Angleterre, vous aussi ? Et demain ! » Si je m’angoissais pour mon voyage qui aurait lieu dans quelques semaines, la jeune femme en face de moi devait se ronger les sangs. On ne pouvait décemment point appréhender pareille traversée sereinement, non ? « J’imagine que vous êtes fin prête ! » lui dis-je avec un sourire. « Êtes-vous inquiète ? Je veux dire… par le voyage bien sûr, mais également par ce que vous trouverez là-bas ? » Je m’intéressais à son ressenti et son état d’esprit. État d’esprit qui allait probablement être similaire au mien la vieille de mon propre départ. Lorsqu’elle me demanda si mon père avait également reçu une mission, je fis non de la tête. « Non, c’est mon frère, Robert, qui s’est mis en tête de servir la Reine… Nous avons donc décidé de l’accompagner, mon frère William, mon père et moi. J’y vais pour enfin me forger une connaissance du monde ! » lui expliquais-je en souriant. J’espérais vraiment être accueillie avec bienveillance en ce pays qui m’était inconnu et que les rencontres faites là-bas m’éviteraient d’avoir le mal du pays.

Nous franchîmes tranquillement l’entrée de la forteresse et déambulâmes dans les couloirs, à la recherche de mes frères. Les couloirs n’étaient pas encore désert, mais ils se vidaient lentement à mesure que le temps passait. « Vous dîtes que votre père y a reçu une mission ? Si ce n’est point indiscret, quelle est sa nature ? » La curiosité était un vilain défaut, mais je ne pouvais pas luter contre ma nature. Jane n’était pas obligée de me répondre et je ne lui en tiendrais nullement rigueur. Il me fallait cependant demander. « Par ailleurs, je sais que nous venons de nous rencontrer, mais… » Je me mordillais la lèvre inférieure tandis que nous jetions un oeil dans la grande bibliothèque de Stirling. Je savais pertinemment que Robert ne s’y trouverait pas, lui qui détestait tant les livres, mais je me disais que, peut-être, William hanterait les allées. « Même si je suis impatiente, l’idée de vivre quelques temps en Angleterre, loin des miens, me trouble un peu… » C’était la première fois, en quinze ans d’existence, que j’allais être séparée de mes frères et soeurs que j’aimais tant. Je m’angoissais plus pour eux que pour moi, mais cela ne m’empêchait pas de songer à mon propre séjour. « Lors de votre installation, cela vous dérangerait-il de me donner de vos nouvelles ? De me dire comment les choses se passent pour vous, là-bas ? »

Je lui souris doucement, consciente de ce que je lui demandais. Cependant, je ne connaissais personne déjà sur place et je devais avouer qu’avoir un oeil écossais en terres anglaises m’apaiserait un peu avant que je ne fasse moi même le grand saut.

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MessageSujet: Re: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Mar 16 Juin - 16:06

Une rencontre sur le départ



Novembre 1554.
Forteresse de Stirling.


Depuis son mariage, son cœur n’était plus ce qu’il était. Les déconvenues, l’angoisse et la peur ont été son quotidien, sans qu’elle ne puisse retourner en arrière. Jane avait eu peur, elle avait pleuré, elle avait souffert. Vendue, donnée en mariage à un homme qui n’était pas fait pour elle et pour qui elle n’était pas faite, elle avait vite compris, ce que signifiait le mariage de raison. Il y avait eu des efforts des deux côtés, mais les choses s’étaient vite dégradées, sans qu’elle ne puisse rien contrôler. Son malheur, Jane l’avait peut-être provoqué, mais elle n’en était pas certaine, Archibald avait ses fautes, il l’avait ignoré, la trouvant trop ennuyante par rapport à ses maîtresses, cela avait tout déclenché. Elle était sûrement fautive de la mort de son bébé, ce petit être innocent, qu’elle n’était pas parvenue à protéger. Mère, elle ne le serait jamais, Jane Stuart ne serait jamais une maman et c’était bien là son plus grand malheur. Elle voyait sa cousine Agnès et son ventre arrondi, elle pensait à son enfant, qu’elle avait laissé en Angleterre. Sans qu’elle ne puisse le contrôler, Jane était en colère envers Agnès, elle, elle avait eu la chance d’avoir un fils et elle l’avait laissé à une famille anglaise.
Jane ne contrôlait plus rien. Ses sentiments, ses larmes, elle n’avait plus le bon comportement d’une bonne jeune femme noble. Elle essayait de se reprendre, parfois elle souriait faussement pour montrer qu’elle se portait bien, mais parfois, elle ne parvenait pas à le faire. La jeune femme espérait que son éloignement d’Ecosse lui permettrait de retrouver ce contrôle, mais aussi, une nouvelle impulsion, à propos de sa vie.
Jane était troublée par la rencontre qu’elle venait de faire. Elle croyait au destin et elle se disait, que ce n’était pas anodin, si elle venait de rencontrer Agnès Keith, la veille de son départ et qui allait aussi venir durant quelques temps en Angleterre. C’était avec une certaine surprise que Jane accueillit cette nouvelle, bien qu’elle soit enchantée d’apprendre qu’elle reverrait sous peu, cette jeune fille. Agnès était curieuse et voulait sûrement apprendre de son expérience, pour pouvoir réussir son propre voyage. Quitter son pays devait être angoissant, surtout pour une jeune fille de son âge et Jane se devait de la guider un peu et de la rassurer.

« Oui, je le suis. Prête ! » Souriait la jeune femme. « Vous savez, l’Angleterre n’est pas un pays aussi hostile que cela. Pour le moment, la reine Mary tient à la paix entre nos deux pays, vous ne risquez donc rien. J’y suis déjà allée lors de l’avènement de la reine et en dehors d’un petit incident avec des brigands, il ne m’est rien arrivé. » Peut-être n’aurait-elle pas dû inquiéter la jeune fille, en lui parlant de brigands, mais la lady se doutait bien que les Keith ne voyageraient pas sans escorte, comme elle avait pu le faire. Avec une bonne garde, rien ne pouvait arriver durant un voyage et cette leçon, Jane n’était pas prête de l’oublier. Agnès lui expliqua alors que l’un de ses frères voulait servir la reine d’Angleterre. Aux yeux de Jane, c’était une étrange décision, mais aussi courageuse pour un Ecossais.
« Votre frère a beaucoup de courage pour changer ainsi de vie et vous verrez, vous apprendrez beaucoup de l’Angleterre. » Souriait Jane, tout en parlant d’une voix douce.
La bâtarde de James V avait probablement dû mal s’exprimer, puisqu’un quiproquo s’était installé entre les deux jeunes femmes, puisque Agnès pensait que le père de Jane avait aussi une mission en Angleterre. La brune préféra rectifier son erreur.
« Mon père est mort depuis bien longtemps maintenant. Non, j’accompagne seulement ma demi-sœur Margaret, qui doit rencontrer son fiancé en Angleterre, comme je suis mariée, j’ai pour mission de la chaperonner durant son séjour. » Le trouble qui vient par la suite ne put que faire fondre Jane, qui voyait bien qu’Agnès espérait bien pouvoir trouver un certain réconfort en Angleterre. La jeune fille avait peur de se sentir seule, loin de ses proches et Jane était tout à fait disposer à la retrouver là-bas.
« Ne vous inquiétez pas, cela sera un plaisir de vous revoir en Angleterre et je vous présenterai aussi ma sœur, vous savez elle a beaucoup de mal à accepter ces fiançailles, elle sera sûrement heureuse de voir un nouveau visage. » Disait la jeune femme d’une voix douce.

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MessageSujet: Re: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Dim 28 Juin - 13:48


Une rencontre sur le départ
Jane & Agnès

Le château de la famille royale écossaise, habituellement plein de voix et de visages était étonnamment vide. À part ma voix nerveuse et celle tranquille et douce de Jane Stuart, rien ne venait perturber la sérénité du lieu. Sérénité un peu étrange qu’était ce silence de mort dans ces couloirs de pierre centenaires. Mais ce calme me donnait un indice : Robert n’était surement pas là. Ce bout-en-train était bruyant et ne s’offusquait ni ne se gênait de rien. Aussi, s’il avait arpenté, comme nous, le labyrinthe d’allées de la partie Sud de la forteresse, nous l’aurions probablement entendu arriver avec fracas. L’imbécile devait surement se trouver dans le grand hall, là où on trouvait le plus de nobles hommes et nobles dames à cette heure de la journée, ou il était simplement retourné dans ses quartiers. Je décidais de guider ma nouvelle amie vers la première option, pour allonger mon temps en sa compagnie.

Jane Stuart était décidément une femme bien intéressante ! De la rencontrer de la sorte, par le plus pur hasard, ne pouvait qu’être inscrit dans le grand livre de la Destinée. Et qu’elle me précède dans son voyage en Angleterre ne pouvait pas être une coïncidence. En l’observant, peu discrètement il me fallait l’avouer, on voyait tout de suite la noblesse de ses traits et l’élégance de son visage, emprunt d’une extrême douceur et bienveillance. En elle, on ne décelait pas une once de malice. Ses jolis cheveux roux ondulaient comme une cascade de feu sur ses épaules et ses yeux d’un bleu profond étaient rassurant, comme le crépuscule d’un ciel d’été. Naturelle et avenante, elle aurait pu inspirer confiance au plus terrible des brigands. Pourtant, dans sa voix, trainait une certaine tristesse que je ne voulais pas aborder. La jolie Jane semblait tourmentée et je ne voulais pas me mêler des choses qui ne me regardaient pas. Même si de nombreuses questions me dévoraient la langue, je restais muette comme une carpe. Une grande première pour moi.

Arrivées dans l’immense sale de réception, je scrutais les personnes qui badinaient en se donnant des airs. J’essayais de dérober mon regard à chaque fois qu’un invité se sentait observé et lève les yeux vers moi, mais j’étais souvent trop lente. Mes joues n’étaient pas rouges, mais blême. Ainsi perdue au milieu d’une foule de titres et de regards hautains, je me trouvais souvent hésitante et gênée. Après tout, j’avais été élevée à la campagne et malgré le fait que je suis la fille du comte de Marishal, on me prenait souvent pour une fillette de la petite bourgeoisie, sans manière et dérangeante. Ma Mère avait toujours tenu à faire de ses filles et de ses fils de parfaites petites ladies et de parfaits petits lords, mais face à moi, il était clair qu’elle avait échoué. J’avais été une enfant terrible, ne pensant qu’à m’amuser et à grimper dans les arbres. Aujourd’hui, devenue jeune femme, je m’en mordais les doigts. Je savais que j’aurais dû l’écouter et me plier à ses envies pour pouvoir, un jour, faire bonne impression et me fondre dans la masse. Malheureusement, mon esprit libre d’autrefois n’en avait fait qu’à sa tête. Résultat, je craignais de faire honte à ma famille et d’apparaitre comme une fille ridicule. Je m’en mordais les doigts. Cependant, je me gardais bien de la dire à ma génitrice, de peur d’entendre le si fameux : « Tu aurais dû écouter ta mère ! Tu vois ! ». Et je ne voulais pas lui faire ce plaisir.

« Des brigands ?! » m’exclamais-je lorsque Jane reprit la parole. « Quelle horreur ! Avez-vous été blessée ? Comment vous en êtes-vous sortie ? » Je n’étais pas d’un naturel peureux, mais je craignais les attaques. Imbécile celui qui n’en avait pas peur d’ailleurs ! Il me semblait être si fragile qu’une épée aurait pu me faire hurler. « Mais vous avez donc vu la Reine ! Comment donc est-elle ? Car, vous dites que l’Angleterre n’est pas hostile, cependant j’ai entendu les pires rumeurs au sujet de la souveraine et de la nation… » En effet, depuis son accession au trône, la fille ainée d’Henry VIII se serait lancée dans une véritable guerre ouverte contre les protestants de son pays. Je n’avais jamais rencontré de personne pratiquant cette bien étrange et obscure religion, cependant, n’étaient-ils pas encore anglais ? Des citoyens de son pays qu’elle devait protéger ? N’étaient-ils point encore humains ? Je n’arrivais pas à comprendre les meurtres et encore moins les meurtres pour une question aussi intime que la religion. Lorsqu’elle parla de mon frère, je haussais les épaules. « Mon frère est plus stupide que courageux, » lui dis-je en haussant les épaules. « Je ne comprends toujours pas sa décision, mais j’espère que cela viendra. » Je restais de marbre lorsque Jane m’indiqua mon erreur quant à son père. Puis, mortifiée, je me confondis en excuse. « Pardonnez moi, j’ai parlé sans réfléchir pour votre père… Oh quelle idiote ! Je parle sans réfléchir ! » me lamentais-je. « Mes condoléances… » Elle était une des filles illégitimes de James V ! Feu notre roi était décédé depuis longtemps maintenant… Encore une fois, trop rapide à parler, pas assez à réfléchir. Honteuse, je baissais les yeux en me maudissant.

Heureusement, la conversation bifurqua bien vite, me tirant de l’embarras. Elle me parla de sa soeur, envoyée elle aussi en Angleterre. « Oh, nous allons donc former une véritable diaspora écossaise ! » m’exclamais-je en osant un petit sourire timide après ma gêne précédente. « Vous êtes vraiment bonne d’accéder à ma demande ! Vous ne pouvez vous rendre compte à quel point cela me soulage-t-il de pouvoir compter sur quelqu’un… » Je lui en étais redevable, à titre de revanche. « Qui donc votre soeur va-t-elle épouser ? Pourquoi ses fiançailles la rendent-elles malheureuse ? » Je me rendis compte que mes questions étaient peut-être indiscrètes et m’empressaient d’ajouter : « Je suis navrée, si vous ne souhaitez pas répondre, je comprendrais tout à fait. Vous avez surement dû vous rendre compte, mon cerveau est souvent plus lent que ma langue… »

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MessageSujet: Re: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Dim 12 Juil - 23:23

Une rencontre sur le départ



Novembre 1554.
Forteresse de Stirling.


Les gens bons étaient si peu nombreux au sein de notre monde, on ne pouvait guère faire confiance en ceux qui nous entouraient, même les plus proches. Quand on vivait dans une cour, on apprenait à se méfier, notamment de ceux qui voulaient profiter de notre personne pour grandir. Jane Stuart n’était qu’une bâtarde, mais étant une fille reconnue de James V Stuart, roi d’Ecosse, elle avait fait l’objet de nombreuses ambitions. Elle n’était qu’une jeune fille vivant à la cour, quand on regardait déjà son joli minois, pour voir si elle pouvait faire une bonne épouse. Comme beaucoup de demoiselles appartenant à un riche milieu, elle avait été le centre d’un marché, que les Campbell, le plus riche clan d’Ecosse, avaient remporté, bien malgré elle. Elle avait été apporté sur un plateau d’argent aux Campbell, dans l’espoir de faire un bon mariage, qui apporterait une riche progéniture, mais Jane n’avait été qu’un morceau de viande, vendue aux plus offrants. Naïvement, elle avait pensé au prince charmant, elle avait cru pouvoir être heureuse, mais rien ne s’était déroulé comme prévu. On avait trop attendu d’elle, on ne l’avait pas aimé pour ce qu’elle était et cela avait tout simplement brisé le cœur de Jane, qui avait perdu tout espoir et surtout toute foi en l’amour. A ses yeux, les mariages heureux n’existaient pas, il n’y avait que la famille, le pouvoir et le sang. Le sang de son enfant, qui n’avait jamais pu respirer l’air du dehors.
Quand elle posait ses yeux sur la jeune Agnès Keith, Jane avait le sentiment de se revoir quelques années en arrière, quand elle était aussi douce et innocente que cette jeune femme. En la voyant, elle avait l’impression de voir une jeune sœur qu’elle aurait pu avoir et elle n’avait qu’une envie, la protéger. Pourtant, elle venait à peine de la rencontrer, elle ne savait pas qui était réellement cette jeune fille, mais elle savait qu’elle pouvait lui faire confiance. Les Keith étaient une bonne famille et d’ici peu de temps, la jeune Agnès serait sûrement au centre d’alliances et par malheur, elle pouvait finir comme elle, dans la peine et la tristesse. Jane partageait ce destin avec beaucoup de jeunes femmes, mais pour une fois, elle avait envie de voir une personne qu’elle appréciait, être heureuse dans son mariage. Sa cousine Agnès Livingstone avait pu se trouver un bon mari, mais celui-ci avait fini par lui arracher son fils et le confier à l’Angleterre. Sa demi-sœur Margaret avait le malheur de devoir quitter sa nation, pour en épouser une autre. Les femmes Stuart étaient maudites et actuellement Jane portait le flambeau de cette malédiction.
Agnès allait elle aussi partir sous peu pour l’Angleterre et cette nouvelle réjouissait Jane, qui était déjà heureuse de retrouver sa nouvelle amie, loin de ses nombreux problèmes. Ce que la Stuart aurait sûrement dû éviter, c’était d’évoquer l’attaque qu’elle avait subis lors de son premier séjour sur les terres anglaises. Son récit avait sûrement dû effrayer la jeune Agnès qui ne devait plus être très enthousiaste à l’idée de faire ce voyage.

« Rassurez-vous il ne m’est rien arrivé, sauf à mes toilettes, mais ce n’est guère important, des objets cela se remplace. » Expliqua la jeune femme avant de rapporter la façon dont elle avait pu s’en sortir. « J’étais bien accompagnée, j’avais accueilli une jeune femme perdue et c’est elle qui a eu la présence d’esprit de prendre les chevaux, pour que nous échappions à nos ravisseurs. Moi qui ne suis pas vraiment une bonne cavalière, je n’ai jamais autant aimé monter à cheval. » Elle se mit à rire de bon cœur, pour montrer que cette affaire n’avait pas entaché son courage. En fait, c’était tout le contraire, puisque plus jamais Jane Stuart voyageait sans une escorte appartenant à la couronne, ou à la famille de son mari.
La jeune fille s’intéressa désormais à la reine d’Angleterre, dont les pires récits avaient traversé la frontière. Jane qui était, grâce à son amie Anne Somerset toujours très aux faits des nouvelles provenant d’Angleterre, pouvait répondre sans difficulté à Agnès Keith.
« N’ayez crainte, la reine Mary est une femme assez froide, mais c’est parce qu’elle a couru mille dangers avant de pouvoir accéder au trône. De mon côté, je trouve que c’est une femme vraiment courageuse, comme sa sœur Elizabeth, même si je dois avouer que pour cette dernière il vaut mieux s’en méfier. Cependant, je ne vais pas vous mentir, depuis le mariage de l’Angleterre avec l’Espagne, notre malheureux pays se trouve pris dans un étau, avec notre alliance avec la France, qui est ennemie avec l’Espagne. » Cette conjoncture l’inquiétait depuis qu’elle avait appris la nouvelle du mariage anglo-espagnol. Depuis la mort de son père, Jane avait toujours eu à cœur les affaires de son pays, qu’elle voulait protéger à n’importe quel prix. « Votre frère est d’un grand courage je trouve. » Souriait la jeune femme, qui se voulait rassurante.
Quant à la remarque d’Agnès à propos de son père, Jane ne s’en offusqua pas, elle trouva même la gêne de la jeune fille attachante et aussitôt, elle se voulut rassurante.
« Ne vous inquiétez pas, tout ceci remonte à il y a longtemps. » Expliqua la jeune femme, qui contrairement à sa jeune sœur Mary Stuart avait pu connaître un peu son père. Depuis toujours, elle en gardait l’image d’un homme fort et vaillant, pour qui elle conservait beaucoup d’admiration. A ses yeux, James V Stuart avait été le plus grand roi que l’Ecosse ait pu connaître.
« Oui nous serons nombreux à nous retrouver. Si vous le souhaitez, après mon départ, je vous recommanderai à une bonne amie, Anne Somerset. Elle est Anglaise, d’une excellente famille catholique, elle saura vous aider. » Expliqua la jeune femme, qui savait qu’Anne ne refuserait pas de guider une jeune écossaise, comme elle avait pu le faire avec elle-même. « Pour ce qui est de ma sœur, les seuls informations que nous possédons est que l’homme est fauconnier, d’une bonne famille de la noblesse, mais surtout plus vieux. Elle n’a encore jamais rencontré son futur mari et elle va devoir tout abandonner pour lui. » Margaret n’avait jamais quitté l’Ecosse jusqu’à ce jour et ce voyage ne la réjouissait nullement. Jane se souvenait encore des cris que sa sœur avait poussés envers Marie de Guise, mais malheureusement, les jeux étaient déjà faits. « Agnès, ne vous inquiétez pas, à mes yeux, vous êtes la personne la plus adorable, qu’il m’est été donné de voir, depuis bien longtemps. » Souriait la belle Stuart, pour mieux réconforter la jeune fille.

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MessageSujet: Re: Une rencontre sur le départ ☼ avec Agnès Keith  Dim 26 Juil - 12:45


Une rencontre sur le départ
Jane & Agnès

Dans le grand hall, les visages se faisaient absents. Quelques personnes étaient assises, d’autres discutaient à l’ombre de colonnes grises de la salle. D’ordinaire si bruyante, la salle de réception était désespérément calme. Quelques chuchotements et quelques murmures venaient troubler le silence de cathédrale. Des regards en coin se tournèrent vers nous alors que nous arpentions l’endroit, à la recherche des mes frères qui, décidément, n’étaient pas là. Je n’aimais guère être la cible des attentions et n’appréciais que très peu cette atmosphère pesante qui nous signalait presque comme indésirables. Je me doutais que parmi les hommes et les femmes de la coure, peu connaissait mon prénom et mon nom. Après tout, je n’étais que très rarement venue dans la forteresse de Stirling dans mon enfance. Il était donc naturel que mon visage soit inconnu. En revanche, l’on devait connaitre ma famille. Les Keith étaient assez influents et possédaient un certain pouvoir, bien que je ne l’ai jamais vu en oeuvre. Pour moi, nous n’agissions pas dans la sphère politique. Je ne me préoccupais que de mes frères et soeurs. J’avais toujours cru que père et mère en faisaient de même et surtout, ne s’occupaient que de cela. J’avais appris bien plus tard les mystères sournois de la politique et des mascarades. Au contraire, le visage de ma nouvelle amie devait être connu, ici.

Nous continuâmes pourtant à discuter dans le grand hall en faisant mine d’ignorer les autres. Mon rire fit écho à celui de Jane lorsqu’elle me parla de sa mésaventures. J’avais été effrayée de l’entendre parler de brigands, mais à présent, j’étais rassurée de savoir qu’elle s’en était sortie sans anicroche. Elle n’en gardait d’ailleurs aucune séquelle, puisqu’elle était capable d’en sourire aujourd’hui. Jane Stuart était une femme d’une autre trempe que la mienne. Beaucoup plus forte. À côté d’elle, je n’étais encore qu’une fillette ne connaissant rien au monde. Si j’avais été attaquée, je sais qu’aujourd’hui, j’en ferais encore des cauchemars, la nuit.

Sa description de la Reine d’Angleterre me laissa quelque peu dubitative. J’acquiesçais lorsqu’elle évoqua ses inquiétudes au sujet du mariage de Marie la Sanglante avec un espagnol. Même si je ne m’y connaissais guère en politiques étrangère et en stratégie, j’avais pu observer l’air atterré de mon père lorsqu’il avait appris la nouvelle. Calmement, il m’avait expliqué les raisons de ses inquiétudes. « Je comprends, » lui dis-je en hochant la tête. « Cela est quelque peu embarrassant. » Pour ce fait, je trouvais également la fille ainée d’Henry VIII légèrement égoïste. À croire qu’épouse un espagnol valait mieux que la sécurité de son pays et de l’Écosse, pourtant alliés. En ce moment, elle pensait à son propre petit plaisir et non aux centaines et aux milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui comptaient sur elle. Pour moi, cette décision était douteuse et je n’y croyais guère.

Je fus ravie d’entendre que Jane ne me tenait pas rigueur de mon manque de délicatesse vis-à-vis de son défunt père, feu le roi d’Écosse. Elle avait le coeur bon et généreux, à n’en point douter. D’appeler une nouvelle fois mon frère « courageux » témoignait de cette bonté d’âme. Mais enfin, elle ne le connaissait pas. Pas encore. Elle était polie, voilà tout.

Nous quittâmes par la suite le grand hall pour nous diriger vers les appartements de ma famille. Robert et William devaient se terrer là-bas. Ils n’étaient pas là quand j’étais partie, mais nous avions dû les manquer de peu, les croiser sans nous en rendre compte et ils étaient retournés au point de départ avant nous. « C’est très aimable à vous ! » m’exclamais-je. « Anne Somerset, j’en prends bonne note ! »

L’évocation du mariage de la soeur de Jane me fit soupirer. Pauvre Margaret… Épouser un homme qu’elle ne connaissait pas, un anglais ! Et résider si loin des siens… Je comprenais maintenant sa tristesse. C’était un grand saut dans l’inconnu et j’imaginais nettement ses tourments et ses angoisses. Pour ma part, j’étais encore libre -enfin, aussi libre que puisse l’être une fille de noble famille-, mais les choses risquaient de changer. Mère était beaucoup trop encline à me parler d’épousailles, ses derniers temps. Et je n’aimais guère cela. Je la chassais de mon esprit, elle et ses idées saugrenues. « J’espère pouvoir rencontrer votre soeur également, lorsque j’arriverais à mon tour en Angleterre. Peut-être réussirons-nous à devenir amies ! » Je ne pouvais que prier pour espérer que son union se déroule bien.

Arrivées devant la porte de mes appartements, je rougis sous le compliment de Jane Stuart. Gênée, je contemplais mes pieds, peu à l’aise. « Pas du tout… Je suis d’une maladresse ridicule. » Je me mordis les lèvres. « Mais… merci. » Un sourire illumina mes traits, sans pour autant que mon embarras ne s’évapore. « Et vous Jane, vous êtes une des personnes les plus admirables qu’il m’ait été donné de rencontrer ! Vous avez le coeur bon et chaleureux, deux qualités rares ces temps-ci ! » Derrière ma porte, j’entendis des voix argumenter sur un sujet inconnu, mais je reconnus les timbres de William et Robert. Ils étaient donc là ! Après s’être cachés toute la journée ! Je reportais mon attention sur Jane. « Ecoutez ! » lui dis-je en tendant l’oreille. « Il me semble que nous ayons enfin mis la main dessus ! »

Alors que je m’apprêtais à prendre congé, je lui lançais, avant de nous séparer. « Faites bon voyage ! Mes prières vont accompagneront et je penserai souvent à vous. J’espère que l’on se reverra très vite. » Oui, très vite. En terres anglaises.


FIN


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