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Nous nous situons aux alentours de mai/juin 1556.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
Nous recherchons aussi des membres du peuple.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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MessageSujet: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Dim 10 Mai - 20:32

De retour à la Cour




Les fêtes de fin d’année venaient de se terminer en beauté à la capitale lorsque j’y fis mon retour. Les premiers jours de janvier avaient été froids, très froids, et c’est donc chaudement vêtue que je quittai à regret le domaine familial du Nottinghamshire. Je savais en effet que je n’y reviendrais pas de sitôt, puisque le désir de mes parents était de me voir trouver enfin ma place dans le monde.
J’étais déjà venue à Londres, j’y avais même passé plusieurs années, mais je ne m’y étais jamais sentie chez moi. Peut-être parce que j’y résidais avec ma mère, et que nos relations étaient pour le moins glaciale ; peut-être à cause de l’ambiance de la Cour royale, fourmillante de complots et d’intrigues. Quoi qu’il en fût, j’avais beaucoup appréhendé ce retour.
Tellement que j’en avais oublié à quel point Londres était belle sous la neige. Non, pas belle. Magnifique, plutôt. Les toits du palais de Whitehall, qui portait bien son nom en ces circonstances, étaient blanchis par le givre, le sol craquait sous les pas des chevaux ; et la Tamise resplendissait au froid soleil d’hiver.
Je n’avais rien oublié de mon précédent séjour, excepté les sensations qui explosaient. Odeur de cuisines, blanc aveuglant de la neige, rudesse des marches de pierre qui menaient aux appartements des nobles de la Cour, légers accords de viole dans une chambre lointaine, tous mes sens étaient exploités par la vie trépidante du lieu.

Le lendemain de mon arrivée, j’avais dormi tard, fatiguée par le voyage. Et puis, ce n’était pas exactement comme si j’avais des choses à faire, ou des personnes à voir. Je n’étais qu’une jeune demoiselle de petite noblesse, et la reine Mary ne m’attendait pas pour sa prochaine partie de cartes (ce qui valait sans doute mieux, vu l’opinion exécrable que j’avais d’elle). Je m’installai donc dans la petite suite qui m’avait été attribuée sans me presser, jusqu’au moment où, ouvrant ma dernière malle, celle qui contenait mes quelques objets de valeur, je trouvai un mot manuscrit de ma mère. Ce mot manuscrit était, je me le rappelai seulement alors, une lettre de recommandation que je devais présenter à une vieille amie de ma génitrice.
Son nom ne me rappelait pas grand-chose, mais peut-être que le fait de la voir me rafraîchirait la mémoire. Je choisis pour la rencontrer une robe simple, couleur turquoise, et enfilai un rang de perles simples autour de mon cou, pendant que j’en plaçais un double dans mes cheveux. Enfin prête, je me rendis dans les appartements de Lady Stanhope, tâchant de me rappeler quelques maigres souvenirs de la susdite lady.

J’entrai dans ses appartements, le cœur battant la chamade. Après tout, peut-être que de cette dame allait dépendre mon avenir à la Cour… Lorsque j’arrivai devant elle, je plongeai tout de suite dans une profonde révérence, serrant le mot de ma mère dans ma main tremblante, tentant de raffermir ma prise. Je relevai la tête après quelques lentes secondes, et saluai d’une voix que j’espérais ferme et claire :

Bonjour, Lady Stanhope. Je suis Catherine Holmes, fille d’Arabella Winthorpe. C’est elle qui m’a conseillée de venir vous voir dès mon arrivée à Londres... J'ai ici une lettre de sa main.

Je tendis la missive à son expéditrice, ne sachant trop ce que ma mère avait écrit précisément.



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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Lun 18 Mai - 21:29

Première rencontre.



Janvier 1555.
Appartements d'Anne Seymour.


L’année 1554 était une année qui avait été sous de bons augures pour les Seymour. Anne récupérait petit à petit son prestige, tout en restant discrète et elle était parvenue à protéger sa fille ainée, de son mari, en faisant purement et simplement tuer ce dernier. Sa Anne était libre et désormais, elle pourrait choisir le mari qui lui plaisait, comme ses sœurs. Cependant, même si elle ne le disait pas, la mère de famille n’était pas contre pour garder sa première née, plus longtemps à ses côtés. Unis, les Seymour étaient plus forts et Anne craignait que sa fille et les autres ne soient malheureuses. Maintenant que tout allait pour le mieux pour elle, que ses ennemis étaient anéantis, les uns après les autres, Anne avait des préoccupations plus moindres, qui concernaient principalement ses nombreux enfants. Les plus vieux devenaient de jeunes adultes, les plus jeunes des enfants. Anne avait beaucoup de travail, elle passait du temps avec chacun d’eux, elles faisaient en sorte que tous aient l’éducation qui lui convenaient. Ses trois filles ainées avaient des études centrées sur les lettres, en plus de celles qu’elles recevaient pour devenir des femmes et des mères modèles. Elle avait la quarantaine et la duchesse de Somerset avait le sentiment d’avoir vécu mille vies. Elle n’était qu’une jeune fille de famille plus ou moins connue, héritière de son père. Elle était la femme d’un homme qui n’a cessé de monter. Elle était la belle-sœur d’une reine. Elle était l’épouse du Lord Protecteur. Elle a été prisonnière. Elle est aujourd’hui veuve, mais surtout mère de famille, de huit beaux enfants. Anne avait tant vu et vécu, qu’elle ne vivait maintenant que pour ses enfants. Elle n’avait pas besoin de plus de chose, elle avait un titre, sa fortune qu’elle léguerait à ses descendants. Que pouvait-elle demander d’autre à part la tranquillité ? Cependant, ne vous méprenez pas, Anne Seymour n’a pas l’intention de laisser tomber les armes. Elle est une femme de cour, au cœur des nombreux complots qui s’y jouaient et elle continuerait de jouer le jeu. La femme de cour qu’elle était, continuait à recevoir des personnes dans son service, des personnes qui respectaient le nom des Seymour et qui voyaient en eux un avenir. La mère de famille avait toujours les conseillers de son mari, à ses côtés, comme Francis Newdigate et elle avait même en pupille, le fils d’une jeune écossaise, un pauvre enfant qui avait été abandonné par sa mère, à la cour anglaise, sans rien ni personne pour l’aider. Anne qui ne pouvait pas voir un enfant abandonné, avait accueilli le petit, bien généreusement, malgré ses huit enfants.

Cela lui arrivait souvent et Anne ne fut pas étonnée quand on lui annonça une visite. La duchesse de Somerset reçut son invité dans ses appartements, la jeune fille rousse était plutôt charmante et semblait avoir dépassé la vingtaine. La jeune femme en signe de politesse fit une révérence et Anne lui demanda de se relever et d’exposer ce qu’elle avait à faire. Elle se présenta comme étant Catherine Holmes, la fille d’Arabella Winthorpe, une vieille connaissance, qu’Anne n’avait jamais vraiment appréciée, mais elle s’était contentée de sa présence à l’époque, la trouvant parfois agréable, selon ses humeurs. Ainsi donc, cette vieille connaissance lui recommandait sa fille. Anne était assez étonnée, mais flattée de voir qu’on continuait toujours à vouloir son influence, pour lancer les destins, des jeunes personnes. La jeune fille lui tendit une missive qui venait de sa mère et Anne la parcourut entre les lignes et la posa à côté d’elle.

« Eh bien lady Holmes, je dois avouer que cette demande de la part de votre mère m’étonne assez, mais pourquoi je refuserai une telle demande ? Installez-vous lady Holmes et parlez-moi de vous, je veux tout savoir. » Elle indiqua le fauteuil face à elle, tout en souriant avec bienveillance.




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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Jeu 21 Mai - 20:30

De retour à la Cour


Le regard de Lady Stanhope était impénétrable. Pensive et à la fois concentrée sur l’instant présent, elle s’empara de la missive maternelle, la parcourut rapidement avant de la déposer et de relever les yeux vers moi.
Ce ne fut que lorsqu’elle prit la parole que les souvenirs affluèrent. Je me rappelais une vague connaissance de ma mère, qui était sans cesse occupée à mille projets, sans arrêt entre deux quêtes. Elle était mère de plusieurs enfants, que je n’avais jamais rencontrés, mais dont elle parlait parfois. Elle appartenait à une famille riche et proche du pouvoir et elle-même avait été autrefois très puissante, elle devait certainement en garder encore aujourd’hui des relations. Je comprenais mieux pourquoi Arabella (car j’avais pris l’habitude de l’appeler par son prénom, lorsque je pensais à elle) souhaitait que je la rencontre.

Eh bien lady Holmes, je dois avouer que cette demande de la part de votre mère m’étonne assez, mais pourquoi je refuserai une telle demande ? Installez-vous lady Holmes et parlez-moi de vous, je veux tout savoir.

Visiblement, Lady Stanhope ne voyait pas les choses du même œil. Néanmoins, étonnement ne signifiait pas réponse négative, et c’est avec un soulagement tout relatif que je m’assis dans l’un des confortables fauteuils qui faisaient face à la noble dame. Qu’attendait-elle de mes confessions ? Lorsqu’elle disait que je devais lui parler de tout, s’attendait-elle à me voir aborder mon éducation, ma foi, ou juste des banalités ?
Je conclus rapidement que Lady Stanhope, amie ou du moins connaissance de ma mère, devait savoir que la famille Holmes était protestante depuis deux générations et que, même si nous faisions très attention, nous restions malgré tout protestants. Inutile donc de prendre un risque et d’aborder la question épineuse de la foi dès maintenant. Si je plaisais à cette dame, nous aurions sans doute tout loisir d’en reparler par la suite. Et sinon, mieux valait que je ne mentionne pas cela.
Je tâchai de prendre un air dégagé, tout en réfléchissant à mes paroles au fur et à mesure.

J’ai maintenant vingt-cinq ans, comme vous le savez sans doute, et je viens d’arriver à la Cour. Je suis l’aînée de trois enfants, trois filles, pour être exacte ; j’ai reçu une éducation fort complète et principalement axée sur la politique et la philosophie. Mais mon père a toujours prétendu que j’avais un don pour les lettres, un peu exagérément, je le crains… Je sais parler français et allemand, et jouer de la harpe.

Était-ce suffisant ? J’en doutais fort. Mais que pouvais-je lui dire d’autre ? Après tout, je ne connaissais pas cette femme, pas vraiment. Et s’il était une chose, une seule, que j’avais apprise de la femme de Cour qui était ma mère, c’était qu’il ne fallait jamais se confier totalement. À personne.
Peut-être fallait-il lui dire ce qu’elle avait envie d’entendre, mais je n’avais aucune idée de ce qu’elle apprécierait de moi… Je pris une discrète inspiration et me lançai :

J’aimerais vous en dire plus, mais j’ai toujours préféré les actes aux paroles. Alors dites-moi, que puis-je faire pour vous, Lady Stanhope ?

C’était franc. C’était risqué, un peu trop peut-être. Mais je voulais montrer à Lady Stanhope que je me mettais à son service, peu importe à quel point le disait la lettre que je lui avais apportée.
J’étais téméraire, un peu trop peut-être. Mais j’espérais que cette prise de risques aurait l’heur de changer un peu Lady Anne des manières trop policées de la Cour.



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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Sam 30 Mai - 14:26

Première rencontre.



Janvier 1555.
Appartements d'Anne Seymour.


En tant que duchesse de Somerset, Anne Seymour avait déjà reçu de nombreuses demandes, de la part de nobles, pour lui confier l’éducation de leurs jeunes filles. Il était connu qu’Anne avait les meilleurs conseils et pouvait élever n’importe quelle jeune fille, même les plus démunis. Lady Seymour donnait un nom, même aux personnes les moins connus et au vu de l’éducation qu’elle donne à ses propres enfants, la duchesse était la plus à même à donner de la rigueur à n’importe quelle petite rebelle. En effet, lady Seymour pouvait s’enorgueillir d’avoir parmi ses trois filles ainées, trois brillantes auteurs, l’une des plus petites avait une voix enchanteresse et pour les autres, l’avenir nous le dira. Parmi ses fils, Edward n’allait pas tarder à devenir comme son père et parmi les autres, l’un brillait par son maniement des armes et l’autre avait un certain don pour la poésie. L’éducation qu’avait donnée Anne à ses enfants les rendait doués et ils étaient désormais reconnus comme cela. Contrairement à beaucoup de mère, elle avait tenu à diriger la moindre des leçons de ses enfants, donnés par des précepteurs. C’était là, la clé de sa réussite. Maintenant qu’elle prenait de plus en plus un second rôle, Anne faisait tout pour élever ses enfants, son ainée, brillante comme elle était, pouvait facilement prendre sa place et lady Seymour l’éduquait en ce sens, pour que sa première fille devienne aussi redoutable que sa mère. C’était un avantage de paraître dans l’entourage de la duchesse de Somerset, ainsi, Anne ne s’étonne guère, quand elle vit une jeune femme se présenter à elle, avec une recommandation de sa propre mère. La jeune femme Catherine Holmes était la fille d’une vieille connaissance de la duchesse, qui lui demanda de se présenter un peu plus, pour mieux savoir si la fille ferait l’affaire. Catherine Holmes avait vingt-cinq ans, ainée de trois filles, elle était certainement l’héritière de son père. De ce qu’elle entendait, Anne voyait que la fille avait eu une très bonne éducation, elle parlait le français et l’allemand, en plus de l’anglais. C’était bien, mais certainement pas assez pour une héritière. Cependant, Anne aimait le tact de la jeune fille et elle voyait déjà qu’elle pourrait en faire quelque chose. Il faudrait juste l’entrainer sur certaines disciplines. Elle ferait confiance en ses filles pour l’y aider.

« Je vois que votre père vous a très bien éduqué, mais il a oublié vos humanités. Ce n’est pas grave, il n’est jamais trop tard. » Disait Anne tout en se levant et se dirigeant vers l’une de ses bibliothèques. La duchesse réfléchit quelques instants et elle prit l’un de ses livres préférés. « Voici Le Prince de Machiavel, une lecture qui vous sera très distrayante, croyez-moi. Savez-vous lire le latin ? En ces temps, il est bien plus utile de connaître par cœur sa Bible en latin, plutôt qu’en anglais. Nous vivons des moments risqués et je dois vous apprendre à vous en sortir, au sein de cette cour. Moi qui suis dans la confidence de la reine, je sais d’ors et déjà que nous protestant, allons être mis à mal. Donc soyons tous catholique. Est-ce que vous avez compris ? C’est la seule condition pour laquelle je vous garderai près de moi et de ma famille, à la moindre incartade, je serai contrainte de vous renvoyer à votre père. » Elle était dure, mais son ton était bien plus protecteur, la duchesse de Somerset savait qu’elle allait perdre des personnes qui lui étaient chères par le passé et elle ne supporterait pas de voir des jeunes gens se faire condamner, parce qu’ils auront fait des sottises, qui auraient pu être évité.



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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Sam 20 Juin - 15:27

De retour à la Cour


Lady Stanhope semblait satisfaite de mes dires. Néanmoins, elle me fit remarquer que mon cher père avait négligé certains pans de mon éducation, notamment l’apprentissage du latin. Il était vrai que je n’en connaissais que quelques mots, mais cette langue me semblait tellement datée, ancienne, et pour tout dire peu attrayante que j’aurais encore préféré apprendre l’espagnol. Oui, l’espagnol, langue de catholiques fanatiques, langue des gens que j’exécrais pour ce même fanatisme ! Mais la duchesse de Somerset n’avait pas tort : de nos jours, mieux valait connaître sa messe en latin… Même si la famille Holmes célébrait la sienne en anglais depuis deux générations.

Ce désappointement (je n’aimais guère que l’on remît en cause les actes de mon père adoré) s’effaça vite toutefois, lorsque je réalisai que la noble dame qui me faisait face me tendait un livre. Pour moi qui adorais lire, c’était une aubaine ! De plus, le simple fait que la discussion continuât était le signe que j’étais désormais sous le protectorat de cette dame. Ce qui, si j’en jugeais à l’aspect quelque peu épuisé du livre que j’avais entre les mains, était bon signe. Une dame qui aimait tant la lecture devait être quelqu’un de bien, et je n’étais donc point mécontente d’être placée dans son entourage. Il faudrait que je remercie Arabella pour ce geste, d’ailleurs. L’écriture de la lettre, si elle m’était déjà désagréable en pensée, s’accompagnait tout de même d’un véritable sentiment de gratitude envers ma mère. Malgré nos désaccords nombreux, elle gardait pour moi des espoirs et même loin de moi, pensait encore à me donner une chance et une protection en ces lieux hostiles à notre foi.

La voix de la duchesse était ferme, et le message, clair. Hors de question de manifester ma véritable religion en ces lieux, je l’avais bien compris. Quoi qu’il m’en coûtât, je devrais renier en apparence ma foi et celle de mes parents, pour entrer dans une nouvelle famille, celle de ma protectrice.

Je ferai ce que vous me demandez, Madame. Je ne sais que quelques mots de latin, mais je me ferai un plaisir d’en découvrir plus par la lecture de cet ouvrage, dis-je en désignant le livre qu’elle venait de m’offrir.

Je n’étais pas venue à la Cour de gaieté de cœur, mais je n’imaginais dès à présent plus pouvoir rentrer chez moi. Un membre de notre famille se devait en effet de rester à Londres pour défendre nos intérêts, et dès lors que mon père était malade, c’était mon rôle d’aînée que d’être ici. Certes, j’étais prête à accomplir beaucoup pour Lady Stanhope, mais j’espérais secrètement plus que sa protection. Même si cette idée me déplaisait fortement, il me faudrait un jour trouver un mari pour assurer la survie du comté : appartenir à la maisonnée d’une dame connue et respectée ne pouvait alors être qu’un avantage.

D’un autre côté, et de façon surprenante, être de retour en ces lieux, malgré le danger qu’ils représentaient pour toute personne saine d’esprit, était une expérience excitante. Cette fois, plus question de rester dans les jupes d’Arabella, de n’apparaitre que pour saluer, être présentée et saluer encore. Non, cette fois, c’était bien moi qui étais au centre de l’action ! Je devenais enfin une véritable adulte, je prenais mon envol… Il ne tenait à moi de tout faire pour ne pas être clouée au sol trop rapidement.




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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Dim 12 Juil - 22:10

Première rencontre.



Janvier 1555.
Appartements d'Anne Seymour.


La duchesse de Somerset avait toujours aimé bien se faire servir et elle aimait avoir du bon personnel. Jusqu’à ce jour, elle n’avait jamais été déçue, en tant que brillante gestionnaire d’une maison et de son entourage, elle avait toujours su bien juger les personnes et attirer les meilleures à elle. Anne Stanhope était une femme avec un orgueil surdimensionné, qui dès l’ascension de son mari était parvenu à bien s’entourer des personnes qu’il fallait. Servantes, dames de parage, la duchesse avait su saisir toutes les opportunités possible pour soutenir ses amis et atteindre ses ennemis. On faisait souvent appel à la duchesse de Somerset, même maintenant, alors qu’elle n’était plus au sommet de la cour. Elle restait tout de même une femme influente, avec de nombreuses connaissances et surtout une femme cultivée qui pouvait beaucoup apporter à une jeune femme ou un jeune homme. Anne avait déjà aidé à marier des jeunes personnes, mais aussi à faire des carrières politiques. Son mari avait aussi encouragé un jeune fils de bourgeois, Francis Newdigate, qui devenait de plus en plus doué et aussi de plus en plus utile. Par chance, l’homme était resté du côté des Seymour, même après leur chute, ce qui en faisait pour Anne, un fidèle compagnon, dont elle appréciait la compagnie et l’esprit.
En plus d’éduquer sa nombreuse progéniture, Anne Stanhope était enchantée de pouvoir s’occuper d’une jeune femme en fleur, héritière d’une bonne famille et même si elle avait pu avoir des différents avec la mère de celle-ci, Anne s’en moquait. En rédigeant cette demande pour lady Catherine Holmes, la mère avait su frapper l’orgueil de la duchesse, qui aimait se savoir toujours utile pour son prochain. Elle avait accepté de prendre à ses côtés la jolie rousse, mais plus elle y pensait, plus elle se disait que la jeune femme pouvait lui être plus utile que cela. Elle détaillait la jeune lady et voyait en elle un réel potentiel. Bien sûr, elle devrait lui apprendre, mais cela ne prendrait pas longtemps, si comme elle pouvait le voir, la jeune femme était douée.
En entendant Catherine Holmes se plier à ses exigences, Anne se mit à sourire avec bienveillance et l’invita à s’asseoir à ses côtés et lui tendit une coupe de vin, qu’elle venait de remplir, avec un très bon Bordeaux, qu’elle faisait venir de France.

« Très chère, je suis ravie de voir que vous êtes disposés à apprendre, mais si je puis me permettre, une aussi jolie fleur ne peut éclore en restant inactive ou que dans les lectures. Je connais des personnes, dont vous pouvez vous rapprocher. Comme vous devez le savoir, ma famille est ennemie avec celle des Dudley, qui ont fait assassiner froidement mon mari, ainsi que d’autres membres qui m’étaient chers. Les Dudley sont malfaisants, mais maintenant qu’ils sont revenus en grâce, j’aimerai savoir ce qu’ils préparent, si vous voyez ce que je veux dire. » Elle marqua une courte pause, avant de reprendre, tout en étudiant les réactions de la jeune femme. « Ce que je désire, c’est que pour moi, vous espionniez chacun de ses membres. Ce que ça vous rapporte ? Mon amitié, mais aussi la chance de pouvoir entrer chez les plus grands et vous faire apprécier d’eux. Est-ce que vous accepteriez Catherine ? » Elle conclut, tout en agrémentant le prénom de la jeune femme d’un charmant sourire.



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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Mer 22 Juil - 23:15

De retour à la Cour


Mes sentiments avaient bien évolué depuis mon retour dans cette ville. J'avais oublié à quel point les émotions se cristallisaient en ces lieux ; à quelle vitesse une personne changeait elle aussi, au contact des courtisans. La Cour m'avait déjà profondément marquée lors de mon premier passage : j'y étais devenue une jeune fille moins naïve que l'enfant que j'avais été, une demoiselle plus discrète, une presque dame qui avait fait son entrée dans le monde.
Que m'arriverait-il cette fois ? En arrivant ici, j'étais persuadée que je ne resterais pas ; que je ne trouverais jamais de place, qu'il n'y en avait aucune pour moi. Et voilà qu'après quelques instants seulement de discussion avec l'une des ladies les plus influentes du royaume, je me voyais propulsée au rang de... de quoi, exactement ? De protégée, de demoiselle de compagnie, de quasi-membre de la renommée famille Seymour !

La femme qui se tenait face à moi allait m'apprendre tant de choses, j'en étais certaine ! Elle m'avait déjà offert un livre, accédant ainsi à ma confiance et gagnant au passage mon affection. Et apparemment, cela continuait, puisqu'elle me servait maintenant un verre de vin. Je n'étais pas une experte en matière de cépages, mais j'admettais volontiers que celui-là était délicieux. Français, sans doute. Ou peut-être italien ? Dans chaque cas, cela signifiait de la part de ma toute nouvelle tutrice et employeuse une opulence manifeste. Une preuve de plus que j'avais bien choisi mon camp. Apparemment, le fait de cacher sa véritable confession pouvait vous offrir bien plus que la vie. Une leçon que je comptais bien retenir.

La duchesse Seymour avait visiblement un autre sujet dont elle souhaitait me faire part, puisqu'elle m'invita d'un geste soudain à la rejoindre sur son sofa. Ce que je fis, tâchant de ne pas trahir les diverses pensées qui m'animaient. Il semblait qu'à peine arrivée, je sois déjà admise aux confidences, mieux valait ne pas tout gâcher en souriant comme une enfant stupide.
Je ne m'étais pas trompée, compris-je vite. En effet, ce n'était pas un secret que la dame me confiait, mais bien plus : une mission. Me rapprocher des Dudley et de leurs alliés, et les observer, les espionner même. Et les avantages de telles pratiques paraissaient correspondre exactement à ce que je recherchais : me faire un nom, être connue à la Cour. Comment aurais-je pu refuser ? J'exprimai aussitôt mon consentement à ma nouvelle employeuse.

J'accepte, Madame.

Je répondis à son sourire en espérant que le mien soit aussi sincère et distingué à la fois que le sien.

Je ne vous décevrai pas, vous pouvez me faire confiance. S'il y a bien une qualité que mon père a su m'inculquer, c'est la loyauté. Et la mienne vous est acquise.

Regardant la lady droit dans les yeux, je l'assurai de ma toute nouvelle fidélité. J'étais donc devenue une espionne, en quelque sorte. Je mettrais tout en oeuvre pour être la meilleure possible, à commencer par les lectures et fréquentations recommandées par ma protectrice. Je ne connaissais pas encore les membres de la famille Dudley, mais cela ne saurait tarder...




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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Mer 19 Aoû - 17:10

Première rencontre.



Janvier 1555.
Appartements d'Anne Seymour.


Depuis sa sortie de prison il y a plus d’un an et demi, les choses avaient bien changé pour lady Anne Stanhope, duchesse de Somerset et veuve d’Edward Seymour. Elle qui n’avait plus rien était parvenue à retrouver une grande partie de sa fortune, tout cela en restant fidèle à la reine Mary Tudor, qui durant de longues années avait été une bonne amie. Bien que protestante, Anne avait toujours préféré la princesse Mary, à sa sœur Elizabeth, qui était la fille d’Anne Boleyn. Lady Stanhope était une Seymour et le souvenir de la seconde femme d’Henry VIII était encore synonyme d’une certaine frustration, qui avait animé tous les Seymour le temps de cette affaire.
Anne était revenue dans les affaires depuis quelques temps déjà, elle complotait contre ses ennemis, elle avait fait assassiner le mari de sa fille ainée, par les moyens fourbes du poison et surtout, elle faisait tout pour gravir à nouveau les échelons de la bonne société, pour permettre à ses enfants de se faire une place. Son fils grandissait, bientôt, il allait pouvoir prendre la succession de son père dans les affaires de famille. Il avait encore beaucoup à apprendre, mais Anne serait là pour l’épauler et en faire un homme aussi grand d’Edward Seymour père. Elle avait beaucoup appris du passé, elle avait su en tirer des leçons et tout ce qui comptait maintenant pour elle, c’étaient ses enfants et personne d’autre. Sa fille Anne, désormais veuve pourrait embrasser son destin et épouser un homme qu’elle aimerait, si celui-ci pouvait être influant bien sûr. Jamais un roturier ne mêlerait son nom aux Seymour, en tout cas, pas de son vivant.
Anne était une mère omniprésente, surtout depuis la mort de son mari, ce qui pouvait parfois étouffer ses enfants, elle en avait conscience, mais elle ne relâcherait pas pour autant la pression qu’elle mettait sur eux.

Maintenant, elle avait en plus de ses enfants, la charge d’une autre jeune femme, appartenant à une bonne famille de nobles anglais, pour qui Anne avait rapidement trouvait des tâches à accomplir. C’était un vrai compliment pour elle d’être l’éducatrice jeune personne en plein apprentissage. Anne connaissait beaucoup de monde, elle avait tant à offrir, mais aussi beaucoup à prendre. C’était un vrai pacte avec le Diable que venait de conclure la jeune Catherine Holmes. Elle apprendrait, elle ferait connaissance avec beaucoup de membres de bonnes familles, mais surtout elle devra se plier en quatre pour lady Stanhope, qui avait tellement d’ennemis. Rien n’arriverait à Catherine, l’argent et le pouvoir de la Seymour la protégerait. Cependant, Anne ne pouvait pas tout lui garantir, ni la protéger complètement de ses ennemis. Pour sa propre sécurité, Catherine apprendrait seule et elle aurait tout.
La jeune femme montrait un engouement qui plaisait beaucoup à la duchesse de Somerset, au moins, elle aurait une personne fidèle sur qui compter surtout si comme venait de l’expliquer la jeune Catherine, sa loyauté allait envers lady Seymour.

« Votre loyauté m’honore jeune Catherine. Vous avez beaucoup à apprendre, mais je vois déjà en vous une personne qui ne demande que ça et qui n’a pas peur du travail qui l’attend. Parlez-vous un peu Espagnol, vous ne l’avez pas mentionné précédemment ? Cela pourrait vous être très utile à la cour et si ce n’est pas le cas, je vous conduirai vers un excellent professeur. » Expliquait la duchesse de son large sourire malicieux. Si Catherine arrivait à parler un peu l’Espagnol, elle pourrait ouvrir de nouvelles portes dans les plans de lady Seymour, ce qui serait très profitable pour toutes les deux.



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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Jeu 20 Aoû - 13:35

De retour à la Cour


J'avais été une enfant innocente, une fois. Une petite fille à la chevelure de feu et de flammes, qui aimait à courir dans les champs mais aussi à apprendre sans cesse de nouvelles choses. Seul ce dernier aspect restait encore, tel un relief de repas pris à la hâte, vestige de la fillette aux cheveux de feu. Je n'étais plus guère une enfant, désormais : mes vingt ans étaient de loin révolus. J'étais devenue une demoiselle, une héritière, une courtisane... Voire même davantage une espionne. J'aimais ce terme, qui permettait de me cacher à moi-même ce que j'étais réellement : une menteuse. J'avais toujours, depuis toute petite, détesté mentir, mais voilà que j'acceptais de le faire de mon plein gré.
Une part de moi, que certains auraient pu appeler conscience soutenait que j'étais en train de devenir un monstre. Mais elle fut bien vite réduite au silence par d'autres, que l'on aurait pu nommer instincts de survie. À la Cour de Mary Tudor, il fallait mentir pour vivre. Mentir sur sa religion, sur ses sentiments à l'égard de la souveraine ou de n'importe qui d'autre en vérité. Mentir sur ses motivations, sur son statut social... Et seuls les meilleurs menteurs restaient en vie. Les autres étaient envoyés à la Tour, sinistre endroit s'il en était, ou pire encore...

Le vin était toujours aussi délicieux, mais il avait maintenant un arrière-goût de vinaigre. Je pensais à mon père, qui n'avait pas approuvé mon départ du Nottinghamshire ; à ma mère, qui m'y avait poussé ; à mes sœurs, qui sous peu seraient appelées à me rejoindre, sans doute... Qu'auraient-ils pensé de moi, s'ils me voyaient en cet instant, complotant déjà alors que j'étais à peine arrivée ?
Ces considérations mentales ne cessaient de me lanciner, alors que je venais d'affirmer mon allégeance à lady Stanhope, veuve Seymour. Les services que je m'apprêtais à lui rendre risquaient bien de causer la perte d'autres familles, telles les Dudley, j'en avais conscience. Mais je me refusais à voir cette blessante vérité en face, préférant me dire que mes actions seraient sans aucun doute minimes. Et puis, il fallait bien que je me défende, que je me fasse une place... Non ?
Réduisant définitivement -du moins le croyais-je- la fillette rousse qui aimait tant courir dans les champs au silence, je répondis aux questions de la duchesse. Celle-ci me complimentait pour ma loyauté et mon avidité de savoir, compliments que je reçus avec gratitude. Cet aspect au moins de ma personnalité nouvelle était positif. Lorsqu'elle me questionna sur mes connaissances de la langue espagnole, je dus néanmoins tempérer cet enthousiasme nouveau pour mes capacités. En effet, je ne savais presque rien de la langue de Charles Quint, comme je dus l'avouer à lady Stanhope.

Je ne parle que très peu Espagnol, Madame... Je connais quelques mots de politesse, mais guère plus. Mais vous parliez d'un professeur ? Je serais ravie d'apprendre cette langue, puisque vous me le recommandez si chaudement !

Un mensonge de plus, mais qui aurait su le dire ? Personne, il me fallait désormais l'espérer...



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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Mar 1 Sep - 13:50

Première rencontre.



Janvier 1555.
Appartements d'Anne Seymour.


Anne Stanhope avait de l’expérience pour tout ce qui concernait les choses de la cour. Elle y avait vécu tellement longtemps, fait parfois quelques erreurs, qu’aujourd’hui, elle savait exactement ce qu’il fallait faire pour survivre, mais aussi s’élever petit à petit. Les jeunes filles douces et délicates finissaient toujours par payer le prix le plus fort de leur innocence. Ce qu’il fallait pour survivre, c’était être forte et savoir se démarquer de toutes les autres, par la conversation, bien plus que par la beauté. En bonne mère, Anne avait éduqué ses filles en conséquence, pour que celles-ci ne soient pas des oies blanches et vulnérables, victimes de personnes qui voudraient leurs faire du mal. Sa Anne avait déjà subi les frais de la famille Dudley, mais maintenant qu’elle était libérée, la duchesse de Somerset entendait bien donner à ses filles, toutes les protections possibles.
Quand elle regardait la jeune Catherine Holmes, Anne voyait en elle un gros potentiel à développer, mais surtout, si la mère de cette jeune femme l’avait conduite ici, c’était pour qu’elle lui donne toutes les armes possibles, pour qu’elle puisse s’en sortir dans la vie et surtout à la cour. Elle était jolie, Catherine attirerait les regards, c’était certain et si elle désirait trouver un bon parti, elle allait devoir beaucoup jouer avec son esprit et pas seulement avec son joli minois.
Le petit oisillon qui lui faisait face avait encore beaucoup à apprendre et Anne pouvait elle aussi donner beaucoup de choses en retour. Elle savait quoi faire, elle prodiguerait à Catherine Holmes les mêmes armes que ses filles, quoique avec quelques instruments en plus. Ce qui manquait depuis beaucoup de temps à Anne, c’était une complice qui pouvait s’infiltrer auprès de ses pires ennemis, une complice au visage d’un ange, qui pourra récolter des informations tout en semant le doute partout sur son passage.

« Vous aurez dès demain un professeur, tout ce dont vous aurez besoin, c’est d’apprendre à tenir une conversation, pour pouvoir vous rapprocher de certains Espagnols, pas du roi bien sûr, il est inaccessible, mais d’autres personnalités influentes sont dans l’entourage du roi et de la reine et ça sera de ses personnes dont vous devrez vous rapprocher. En plus des Dudley et des Grey bien sûr. » Souriait la mère de famille. Catherine Holmes finirait par avoir de nombreux contacts. « Même si cela représentera beaucoup, vous posséderez de nombreux contacts, qui vous permettront de grandir au sein de cette cour. Cependant, vous ne devez jamais oublier, il n’y a qu’une arme qui marchera, c’est votre esprit, sinon, si vous vous contentez de votre beauté, cette cour vous écrasera petit à petit. Croyez-moi, c’est ainsi que j’ai survécu jusqu’à maintenant. » Expliqua la duchesse, tout en faisant prendre conscience à Catherine les enjeux qui allaient se jouer maintenant.



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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Sam 12 Sep - 17:40

De retour à la Cour




Lady Stanhope m'avait en somme félicitée d'être venue à elle. Elle m'avait complimentée, m'avait presque déjà fait entrer dans la prestigieuse famille Seymour… Tout cela en moins de temps qu'il n'en fallait pour l'imaginer. C'était comme si j'appartenais déjà à cette élite qu'elle représentait, qui gravitait dans une sphère tellement proche de la Reine qu'elle semblait se confondre avec cette dernière.
Cependant, tout n'était pas aussi facile qu'il n'y paraissait. Pour être acceptée par la veuve Seymour, j'avais dû renoncer à mes principes les plus profondément ancrés en moi, et ce en aussi peu de temps que ce qu'elle n'en avait mis pour me le demander. Je n'étais désormais plus protestante : je ne haïssais plus les Espagnols : j'allais vouer mes prochaines années à briser le confiance durement gagnée des familles Grey et Dudley, alors même qu'aucun membre de celles-ci ne m'avait rien fait…
Tout cela faisait beaucoup à assimiler. Il me faudrait lire, apprendre tant et plus : la langue espagnole 'était qu'une étape, un masque de plus qui allait me permettre de jouer mon rôle d'espionne au service d'Anne Stanhope. Comme la foi catholique dont je devrais présenter toutes les apparences : savoir la messe en latin, le credo également… Tant et plus de supercheries, toujours dans le but de sauver ma vie, mais aussi celle de ma famille. La balance n'avait pas mis longtemps à pencher du côté mensonger : que valait donc la vérité à côté de la mort de nos aimés ?

Alors que je laissais mon esprit errer à travers ces pensées bien cyniques, celui de Lady Stanhope tournait à plein régime. Et la cadence ne faisait que s'accélérer : dès le lendemain, me garantissait-elle, j'aurais un professeur d'espagnol. Le lendemain... Comme tout cela allait vite ! Je savais d'ores et déjà que je n'allais point m'embêter à la Cour. Et en plus de ce cours, et de la lecture qu'elle m'avait déjà donnée, en plus de l'espionnage de deux des familles les plus influentes du royaume, il me faudrait infiltrer les rangs espagnols. Moi qui les détestais plus que tout autre peuple au monde, j'allais devoir être leur amie, leur confidente, leur... Leur traîtresse, sans doute. Après tout, la duchesse m'avait déjà affirmé que je devrais trahir ce que je m'apprêtais à espionner : pourquoi pas eux aussi ? Certes, pour l'instant, ils semblaient plutôt en faveur, l'un d'eux ayant contracté une alliance avec notre reine... Mais cela n'empêcherait en rien la veuve de les faire tomber. Je le sentais, elle possédait cette détermination sans faille que l'on ne retrouve que chez les conquérants et les stratèges, celle qui leur permet d'avancer et de surprendre le reste du monde sans doute ni remise en question.

Néanmoins, après m'avoir mise dans sa confidence, Anne s'empressa de me mettre encore une fois en garde. La beauté ne serait pas suffisante, l'esprit devrait aussi compter. Heureusement que la duchesse m'avait déjà complimentée au sujet de mon intelligence : sans cela, j'aurais très certainement douté de mes capacités à accomplir ce que l'on me demandait. Mais puisqu'elle l'avait fait, Lady Stanhope devait avoir suffisamment confiance en mes capacités pour me confier de telles missions... Je devais donc me faire confiance à moi-même, désormais. Cela ne serait pas une mince affaire, pas lorsque l'on me demandait d'être quelqu'un d'autre. Mais il le faudrait bien.

Je ferai attention, Madame. Je suivrai vos instructions, qui puisque vous êtes aujourd'hui une personne si haut placée, ne peuvent m'être qu'utiles, affirmai-je à la duchesse. Certes, il y avait dans ces phrases une part de flatterie : mais le fond en était néanmoins sincère. Elle ne s'était pas contentée de m'épargner, elle m'avait accueillie, et ce faisant, protégée. Aurais-je pu être autre chose que reconnaissante ?

Tout cela faisait quand même beaucoup à assimiler pour un seul entretien. Tout s'était passé si vite que j'avais à peine eu le temps de réfléchir à mes paroles, quand celles-ci eussent mérité plusieurs jours de réflexion chacune... Je ne me plaignais aucunement, je n'avais aucune intention de le faire, pas devant celle qui exigeait de moi une loyauté indéfectible et une intelligence importante... Mais j'avais besoin de temps. Une bonne nuit de sommeil ne serait guère de trop pour mieux réaliser l'importance des choix que je venais de faire. J'avais besoin de sommeil, mais il était hors de question de le laisser paraître à celle qui m'emploierait pour les prochains jours et les prochaines semaines. ne souhaitant en aucun cas mettre fin à notre discussion, mais ne sachant trop comment exprimer mes sentiments contraires, je me contentai de demander :

Excusez-moi de vous demander cela, mais... Avez-vous d'autres projets pour moi, Madame ?

J'aurais tellement voulu lui parler de tout ce que je ressentais, mais cela m'était interdit. De par les convenances, ou même par la plus simple et élémentaire des prudences, je ne pouvais pas faire cela. Peut-être écrirais-je une lettre à ma douce sœur ce soir, mais même cela ne me paraissait pas convenir... Qu'il était difficile, déjà, de ne pas me perdre dans les méandres de la Cour !



PS : C'est un peu tout nul, si tu n'arrives pas à répondre dis-le moi I love you

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MessageSujet: Re: De retour à la Cour - ANNE & CATHERINE  Mer 25 Nov - 19:39

Première rencontre.



Janvier 1555.
Appartements d'Anne Seymour.


Depuis qu’elle avait ses entrées à la cour anglaise, Anne avait toujours fait en sorte d’être sur tous les fronts. En complotant, en agissant pour le bien des Seymour, elle était parvenue à se hisser dans la société, jusqu’à devenir la femme du Lord Protecteur. Elle avait été pendant un temps la femme la plus puissante du pays. Hissée au sommet, elle s’était crue invincible, jusqu’à ce qu’elle perde tout. Patrimoine, mari, enfant, liberté. Anne s’était sentie comme une misérable, seule enfermée à la Tour de Londres et pourtant, elle était parvenue à revenir. Cependant, il y avait une différence avec son passé, c’est qu’aujourd’hui, elle ne se bat plus pour elle, mais pour ses enfants. Sa progéniture était l’avenir de ce pays, de la famille Seymour et Anne ferait tout pour les aider à se construire. Au-delà de ses prérogatives familiales, Anne avait aussi pour objectif de ruiner la réputation de ses pires ennemis, les Dudley. A ses yeux, la famille s’en était trop bien sortie, avec seulement trois décès et elle avait le sentiment d’être lésée, en comparaison avec tous les malheurs qu’elle a connu de son côté. Anne était revancharde et pour elle, les Dudley devaient continuer à souffrir, même si pour cela elle devait user son corps jusqu’à l’os.
Anne avait toujours su s’entourer de personnes discrètes et là, l’arrivée de cette jeune Catherine Holmes allait lui permettre de l’envoyer dans des milieux qu’elle ne pouvait plus atteindre. Catherine était jeune et Anne ferait en sorte de l’intégrer dans des cercles très secrets, pour qu’elle puisse espionner à sa place. La duchesse de Somerset lui avait déjà donné de nombreux travaux, comme parfaire ses études, s’intégrer auprès des Espagnols, mais également des Dudley. Catherine semblait avoir l’esprit fin, elle arriverait à s’en sortir parmi les loups.

« Très chère, vous avez déjà beaucoup à faire il me semble. Travaillez sur tout cela, bien sûr, vous recevrez mes précieux conseils, pour vous y aider. » Elle marqua une pause avant de reprendre. « Toutes les semaines, vous viendrez me voir, pour me faire vos rapports, ce que vous avez pu observer, même le détail le plus insignifiant. Lors de nos rencontres, je vous enseignerai plusieurs choses et vous allez devoir tout assimiler très vite. Est-ce que cela vous convient lady Holmes ? Bien sûr, je tiens à préciser, que dès que vous recevrez une invitation de ma part, vous devrez l’honorer. » Son ton était sérieux, instructif, elle ne souhaitait pas aller dans la dentelle avec la jeune femme, même si elle saurait en temps voulu se montrer moins stricte.

Un long moment s’était écoulé depuis l’arrivée de la jeune Catherine Holmes, il était désormais temps pour Anne de retrouver ses enfants, comme chaque jour. Anne se leva du fauteuil où elle était installée et donna congé à la jeune femme.
« Très chère, je me vois obligée de rejoindre mes obligations de mère et de vous laisser. Néanmoins jusqu’à notre prochaine rencontre, travaillez vos lectures et votre Espagnol, un professeur viendra vous voir de ma part dès demain matin. » Elle tendit les livres à la jeune femme et attendit que celle-ci soit à la porte pour lui dire : « Je sens que notre collaboration sera très fructueuse lady Holmes. » Puis elle quitta la pièce pour rejoindre ses enfants qui se trouvaient à côté.



Spoiler:
 


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