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Nous nous situons aux alentours de mai 1558.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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MessageSujet: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 18:01
Elizabeth 'Bess' Hardwick


« Tu ris mais sois tranquille, un matin, j'aurai tout ce qui brille dans mes mains ! »


TON PERSONNAGE
PRÉNOM & NOM ♦ Elizabeth, surnommée Bess, née Hardwick, veuve Barley, épouse Cavendish
AGE ♦ Vingt-neuf ans
DATE DE NAISSANCE ♦ En 1527, à une date que personne n'a pris la peine de recenser
ORIGINE ♦ Anglaise, issue de la 'minor gentry' du Derbyshire, chose qu'elle aimerait oublier... Et faire oublier !
SITUATION FAMILIALE ♦ Veuve de Robert Barley, épouse de Sir William Cavendish depuis 1547 à qui elle a donné deux filles (Frances en 1548, Elizabeth en 1555) et trois fils (Henry en 1550, William en 1552, Charles en 1553). Elle est d'ailleurs enceinte du sixième et devrait accoucher fin janvier
MÉTIER ♦ Lady Cavendish, dame de Chatsworth et Hardwick
GROUPE ♦ La noblesse
CRÉDITS ♦ Ganseys.

LE JOUEUR
PSEUDO ♦ Veea'
AGE ♦ 21 ans
OU AS-TU CONNU LE FORUM? ♦ C'est Frances la blonde qui m'a refilé l'adresse !
TON AVATAR ♦ Janet Montgomery
VOTRE PERSONNAGE EST-IL HISTORIQUE OU FICTIF? ♦ Historique



Audience devant la Reine.



QUELLE EST VOTRE RELIGION ET QUE PENSEZ-VOUS DES CHANGEMENTS RELIGIEUX DU PAYS? ♦ Je suis trop soucieuse de ma tête et de celle des miens pour me déclarer officiellement autre chose que catholique : Mary Tudor ne semble point avoir beaucoup d'humour ou de tolérance sur le sujet. C'est formidable, me voilà en train de lécher des bottes des prélats et autres imbéciles en robe rouge ! J'en aurais presque la nausée si je n'étais pas trop occupée à me moquer d'eux et à organiser des offices clandestins. Parce-que oui, Sa Majesté peut s'agiter en tous sens au nom de Rome et de Sa soi-disant Sainteté, j'en reste protestante. Le catholicisme, c'est bon pour les paysans incultes des campagnes, trop abrutis pour penser par eux-mêmes. Très peu pour moi, merci bien !

QUE PENSEZ-VOUS DE LA REINE D'ANGLETERRE? ♦ Une bigote, certes, mais une bigote dangereuse. Si seulement elle avait pu passer l'arme à gauche en même temps que l'enfant qu'elle ne portait finalement pas, j'aurais été la plus heureuse des femmes, mais hélas... Je prie chaque jour pour que Dieu la rappelle à Lui, d'une manière où d'une autre, du moment que c'est le plus tôt possible, tout me va. Elle devrait sans doute m'inspirer respect pour sa fonction et pitié pour les épreuves qu'elle a enduré, mais je ne respecte que très peu de monde, et ceux que je prends en pitié sont moins nombreux encore, si tant est qu'ils existent. Alors qu'elle aille au Diable, elle est tout ses fidèles !

QUE PENSEZ-VOUS DE LA PRESENCE DES ESPAGNOLS EN ANGLETERRE ET DU MARIAGE DE LA REINE ? ♦ Les braves entrent pour moi dans les 'fidèles' de la Reine que j'évoquais plus haut, cela répond à votre question ? Ce mariage n'aurait jamais dû avoir lieu, pourquoi Diable Philippe ne s'est-il pas noyé en mer ? Voilà qui m'aurait beaucoup amusée ! Les hispaniques tout de noir vêtus n'ont pas leur place ici, point barre : nous sommes en Angleterre, qu'ils cessent de se comporter comme des colonisateurs ! Ais-je l'air d'une indigène du Nouveau Monde ? Le glorieux Philippe est reparti sur le continent, qu'il y reste, et y rappelle épouse et sujets : cela laisserait l'Angleterre en paix et entre de meilleures mains.

AGISSEZ-VOUS DANS L'OMBRE POUR VOTRE CAUSE OU VOTRE FOI, SI OUI QUE SERIEZ-VOUS PRÊT A FAIRE ? ♦ Je suis née dans l'ombre, moi la fillette sans avenir du Derbyshire, et j'y serais restée si je n'avais pas eu la personnalité et les protecteurs que j'ai eu. Alors d'aucuns diraient que je redouterais de retourner dans l'ombre... Mais il y a ombre et ombre. Je serais toujours présente pour sourire aux espagnols par devant en savourant l'idée d'organiser un office clandestin au nez et à leur barbe. Pour assurer à mes fils et mes filles une place au soleil, j'agirais comme il se doit, peu m'importent les moyens puisque la fin les justifiera toujours. Je viens d'un milieu catholique et mâtinée de paysannerie détestable, et une chose en ce monde est pour moi certaine : nul ne me renverra jamais d'où je viens.




Dernière édition par Elizabeth Hardwick le Jeu 8 Sep - 18:26, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 18:01
she expected the world


« L'envie ronge les envieux comme la rouille ronge le fer. »


'Le fils des Reading est parti à Londres aujourd'hui. Il dit qu'il va entrer au service d'un avocat et devenir riche.'
Mon frère arqua un sourcil en me regardant : 'grand bien lui fasse. Que veux-tu que je te dise ?
- Peut-être que tu vas en faire autant ?
- Il ne sera pas riche après-demain, Bess.
- Mais il le sera peut-être dans quelques mois.'

Cette fois, ses deux sourcils de haussèrent sur son front. Je haussais les épaules : 'bon, dans quelques années.
- Tu as dit le mot magique, Bessie. Peut-être. C'est très aléatoire, tout ça... Le talent ne suffit pas, il faut aussi une sacrée dose de chance. Déjà que le fils Reading est loin d'avoir beaucoup de cervelle...
- En même temps, si tu restes à Scarsdale à te tourner les pouces, tu ne risques pas d'arriver à grand chose.'

Mon frère soupira avec une pointe d'agacement nettement compréhensible. A dix-huit ans, il n'appréciait peut-être pas de se faire sermonner par la fillette de huit ans que j'étais. Il me toisa un bref moment, et tourna les talons. J'entrepris de lui courir derrière, lui qui n'avait même pas pris la peine de me répondre alors qu'il savait pertinemment que je détestais être ignorée : 'un crétin qui marche ira toujours plus loin qu'un idiot qui reste assis !'
Il claqua la porte derrière lui avant que je ne puisse m'engouffrer dans le couloir à sa suite, assez fort pour la verrouiller au passage. Furieuse soudain, j'y expédiais un coup de pied, mais ne parvint qu'à me faire mal à l'orteil. C'est en sautillant douloureusement que je rejoignis ma chaise, furibonde.
'Pourquoi est-ce que PERSONNE ne veut jamais m'écouter ?'

***

'Papa, je pourrais avoir un pendentif comme Annabeth, moi aussi ?
- Et qui est Annabeth ?
- Mais vous savez, la fille du notaire qui habite près de l'église !
- Pourquoi diable-veux-tu le même pendentif ?
- Pas le même, mais un qui ressemble ! Vous m'en offrirez un à mon anniversaire ?
- N'est-tu pas un peu jeune pour avoir des bijoux précieux ?
- Annabeth est plus jeune que moi.
- Grand bien lui fasse. Désolé jeune fille, je préfère garder mes sous à des choses plus utiles.
- Quelles choses ?
- Des choses utiles. Dis-donc, miss je-veux-toujours-tout, crois que que j'aie des comptes à te rendre, en plus ? Tu ne vas tout de même pas vérifier comment est-ce que je dépense MON argent ?
- Il n'y a pas grand chose à vérifier, Papa. Vous ne dépensez jamais rien, à croire que nous sommes plus pauvres que Job.'


***

Le chat s'était blotti sur mes genoux et ronronnait de satisfaction. Assise sur les marches de pierre de l'escalier d'entrée, plutôt large, j'observais le soleil se coucher derrière les toits de Scarsdale que je connaissais par coeur, à force de n'avoir eu qu'eux comme univers pendant cette première décennie de vie. J'aimais regarder le ciel, les nuages, les oiseaux. Ils étaient tout ce qui me rappelait que hors les murs d'enceinte de cette insignifiante petite ville du Derbyshire, c'était un pays qui s'étalait, et qu'au delà des frontières de ce pays, le monde était en marche, l'inconnu et ses dangers, ses mystères, et ses richesses par milliers. 'Tu pourrais venir nous aider !'
La voix aigre de la plus âgée de mes soeurs me tira un rictus moqueur. A l'entrée de la propriété, Margaret me toisait avec colère, les poings sur les hanches. 'Vu ta tête, j'en ai très moyennement envie,' ripostais-je.
' - Espèce d'égoïste, pourquoi est-ce que tu es toujours la seule à rester assise là à attendre Dieu sait quoi pendant que je me tue aux moissons avec les autres ?
- Parce-que vous êtes les seules créatures assez stupides pour faire le travail des paysans,'
fis-je avec indifférence en haussant les épaules. Bientôt, les silhouettes de mes deux autres soeurs, Katherine et Georgiana, firent leur apparition. Toutes les trois avaient leurs robes taillées dans une grossière étoffe, les jupons maculées de boue. Leurs fronts luisaient de sueur sous la lumière déjà vacillante, leurs joues étaient rougies par l'effort, leurs yeux brillaient de fatigue. Elles étaient pitoyables, et dardaient sur moi un regard accusateur. La seule à ne jamais les suivre aux champs, la seule à refuser catégoriquement d'enfiler une tenue aussi peu seyante pour aller crapahuter dans la boue et les blés.
' - Il faut bien aider,' reprit mon aînée.
' - Chacun son métier,' répondis-je, 'laisse les travailleurs des champs à leur travail dans les champs. On peut se passer de travailler, sommes-nous donc si pauvres ?
- Ce n'est pas une question de pauvreté, c'est une question de...
- De quoi ? D'aide ? De générosité ? D'altruisme ? Chacun son métier, Meg, chacun sa place. Les paysans vont au champ, les bourgeois non. Et tu ne t'es jamais dit que travailler à leur place leur volait leur part, d'une certaine manière ? Ils ont moins de travail, donc moins d'argent. Alors ton altruisme, tu vois un peu ce que j'en pense. Et puis ce n'est pas en labourant que tu te dénicheras un bon parti, sois-en sûre.
- A dix ans, qu'est-ce que tu y connais en bons partis ? Mon fiancé est une garçon très bien.
- Ah, vous êtes fiancés ?'

Elle rougit plus encore : 'pas encore, mais bientôt. Sans doute.
- Grand bien te fasse. Tu as seize ans et tu épouses qui ? Un propriétaire terrien ? Formidable, vous irez traire les vaches ensemble. Et c'est merveilleux, il vit à Scarsdale, comme ça tu pourras voir Maman, James et les filles tous les jours.'

Katty et Georgie regardaient, médusées, notre échange. Mon ton était devenu pis qu'acide, je ne parlait plus, je crachais mes mots, à mi-chemin entre haine et mépris. 'Et ton destin, Meg, sera des plus réjouissants : tu vas épouser ton John, entre deux moissons tu mettras au monde une tripotée de bambins et tu les élèveras dans la boue, eux-aussi, comme ça ils seront aussi crasseux que leurs parents. Si tant est que tu ne meurs pas en accouchant, ou d'une quelconque fièvre, ou d'une reprise de la suette, de la peste noire, et j'en passe. Puis tu sais ce qui va t'arriver, Meg ? Tu vas crever là, comme ça. Tu vas mourir comme notre mère mourra un jour, comme nos grands-mères, tu vas mourir et personne ne se souviendra jamais que tu as existé.'
Le chat avait déserté mes genoux. Quant à moi, je m'étais redressée, mince fillette de dix ans faisant face à sa robuste soeur de seize, les yeux brillants de colère, écumant presque de rage : 'ça, c'est toi, Meg, pas moi. Crève ici si ça te chance. Contente-toi de peu. Mais moi, je ne veux pas ça, et je n'aurais pas ça. J'irais plus loin que tout le monde. Contente toi de ce que tu as, et laisse moi prendre le reste. Je deviendrais plus riche que vous tous. Si ça te plait de n'être rien, ne soit rien. Mais moi, je veux être. Et tu peux me croire : je serais.'

***

Pleinement satisfaite, je posais mon ouvrage sur mes genoux et redressai un visage souriant : 'regardez, Maman, j'ai fini ma broderie !'
Intriguée, ma mère traversa la pièce et s'agenouilla près de moi, laissant mon frère James et notre beau-père, Mr Leach, en pleine discussion sur les gains apportés par les moissons de l'automne. L'hiver serait faste : les récoltes avaient été excellentes. Mieux que celles de l'année précédente, tellement pitoyables qu'il nous avait fallu emprunter à plusieurs prêteurs sur gages pour conserver notre niveau de vie. C'était pitoyable : l'idée que nous étions entièrement dépendants de la pluie et du beau temps me donnait la nausée.
'C'est ravissant, Bessie chérie, vraiment ravissant. Mais où as-tu vu semblables roses ?
- Elles poussent le long des murs du manoir des Reading.
- Tu es vraiment douée, mon enfant, très...'

James intervint, coupant la parole de notre mère avec un sourire goguenard : 'tu espères quoi, qu'en brodant leurs roses tu auras leur argent ?'
Il sentait l'alcool à plein nez. Je le toisais un bref moment.
'Tu es amer, James, où je rêve ? Qu'y-a-t'il, tu regrettes de ne pas être parti à Londres, toi aussi ? Je t'en ai parlé il y a quelques temps, pourtant... Et tu sais ce que tu m'as dit, ce jour là ?
- Oh, la ferme.'
Il se laissa tomber dans le fauteuil le plus proche et fit signe à son épouse de lui apporter sa choppe de bière.
Je repliais ma broderie : 'moi, je me souviens de ce que je t'ai dit. Un imbécile qui avance va toujours plus loin qu'un savant qui reste assis. Et c'est vrai. Ton problème, James, c'est que tu es comme notre père, Dieu ait son âme : tu n'avances pas.
- Ton problème à toi,'
répliqua-t-il entre deux gorgées de bière, 'c'est qu'à force d'oublier où est ta place, tu avances droit vers un précipice.'

***

'Qu'est-ce que tu lis ?
- Quoi, ça t'intéresse ? Depuis quand tu t'intéresses à ce que je lis ?
- Arrête de faire ta mauvaise tête, Bess. C'est toi, l'égoïste de la famille.
- A la bonne heure.
- Alors ? Est-ce un livre interdit, pour que tu le caches comme ça ?
- Tu m'énerves, Meg.
- De quoi as-tu peur ?
- Je n'ai pas peur. Et mon livre, c'est les 95 Thèses de Luther. Calmée ?
- Tu ne devrais pas lire ça.
- Pourtant, je le lis. Et je l'approuve.
- C'est interdit, Bess, interdit ! Où as-tu mis la main dessus ?
- C'est Annabeth qui me l'a fait passer.
- La fille du notaire ?
- En personne. Et à ta place, je n'irais pas les dénoncer, les actions de ton futur mari sont placées chez lui. Un pas de travers, et il vous met tous à la rue.
- Tu es un monstre.
- J'irais en Enfer, mais je m'en moque, si c'est le prix à payer pour être riche sur Terre.
- En plus d'être méchante, ambitieuse, ingrate et vénale, te voilà... Blasphème !
- Le catholicisme est une religion de paysans qui sont trop obtus pour envisager d'autres options.
- Tu es monstrueuse, Bess. Je devrais te dénoncer tout de suite, aller voir Mr Leach et...
- Dénoncer le notaire avec moi ? Ce serait courageux de ta part, pour une fois.
- Je te déteste.
- Tant mieux, tu me facilites la tâche.'


***

Nous n'avions jamais manqué de rien, ni mon frère, ni mes soeurs, ni moi-même. Nous étions de cette frange de la population que d'aucuns appelaient 'minor gentry', les propriétaires terriens assez fortunés, finalement. Mais pour une raison que je ne comprenais pas, j'étais tombée dans la famille la plus avare qu'il soit, la moins ambitieuse, la plus pitoyable en somme. L'argent avait toujours été au centre de toutes les conversations, et la question qui revenait systématiquement était : comment le conserver ? L'épargne, l'épargne, toujours l'épargne, mon père, ma mère, puis mon beau-père, et même mon frère, tous n'avaient que ce mot-là à la bouche. Ils refusaient de prendre des risques car cela coûtait trop cher, dédaignant l'idée que cela rapportait infiniment plus d'argent que les pitoyables calculs auxquels ils se livraient tous très souvent. Résultat : autour de nous, des familles guère mieux loties que la nôtre voyaient leur fortune doubler, tripler, leurs filles se marier dans le beau monde, leurs fils faire des études. Il n'y avait que nous autres Hardwick - le nom de la propriété avait fini par devenir le nôtre lorsque, au XIIIème siècle, mes glorieux ancêtres avaient accompli l'exploit extraordinaire de quitter le Sussex pour le Derbyshire - qui restions au point mort, toujours. Et cela m'avait toujours rendue folle de rage. Je traversais la cour au milieu des oies et des poules qui s'agitaient en tous sens - et le spectacle m'amusait, malgré moi. A l'abri des regards de mes soeurs, je trouvais ces animaux finalement assez attendrissants. Et je finis par localiser mon frère, non loin de là, adossé à la grange de pierre grise. M'approchant, je considérais non sans une agréable surprise que l'odeur d'alcool qui émanait souvent de lui d'ordinaire était très faible. 'Tu voulais me voir ?' Il se tourna vers moi, me sourit - et ses yeux reflétaient à la fois la gêne et la détermination. Curieux mélange. 'Tu viens marcher ?'
Je lui emboitais le pas, surprise. Ce genre d'invitations ne lui ressemblait pas. Mais le mystère ne lui ressemblait pas non plus : nous n'avions pas fait trois pas qu'il entra dans le vif du sujet :
'J'ai surpris une conversation, ce matin. Entre Leach et Maman. Bess, ils veulent te marier.'
Je me sentis blêmir : 'me marier ? Me MARIER ? Mais à qui ?
- Robert Barley.
- Quoi, les propriétaires de la ferme, de l'autre côté de Scarsdale ? C'est une plaisanterie ?
- Non. Son père est mourant, il veut assurer son héritage, et une descendance pour son fils. Il n'a que lui.
- Mais... J'ai treize ans, et lui autant !
- Une union reste une union. Quand tu seras en âge, tu auras des enfants.
- Et Katty n'est même pas mariée encore ! Il n'y a que Meg qui... Maman...
- Maman accepte tout ce que Leach décrète. Et il veut se débarrasser de toi.'

En soi, cela n'aurait pas dû m'étonner. Mon beau-père et moi étions en guerre quasi-perpétuelle depuis qu'il avait posé le pied chez nous et s'était déclaré chef de famille. Je m'étais disputée souvent avec mon père, mais je refusais de connaître une autre autorité que la sienne. Et lui avait rapidement pris en grippe la plus jeune de ses belles-filles, la petite peste que j'étais avec plaisir. Sauf qu'en cet instant, je me sentais blême, tremblante, je songeais à Margaret, à mes espoirs, à Annabeth, à... En fait, mes pensées ne ressemblaient pas à grand-chose : j'étais quelque part entre colère, panique, désespoir. Mon frère m'attrapa aux épaules : 'Bessie, écoute-moi. Écoute-moi très attentivement. J'ai fait des erreurs, j'ai fait comme notre père, je le regrette et je bois, mais au fond, jouer les aventuriers n'était pas pour moi. Je ne peux pas t'amener dans le monde dont tu rêves, mais je peux t'apprendre ce que je sais. Je peux t'apprendre à gérer de l'argent, à mener des affaires, je peux t'apprendre l'intendance et l'économie domestique.
- Merci, James, mais... A quoi est-ce que cela pourrait bien me servir ?
- A avancer.'

Au fond, j'avais envie d'apprendre : j'aimais apprendre. La lecture, l'écriture, la couture et la broderie, j'avais toujours eu beaucoup de plaisir à apprendre tout ce qui était à ma portée. J'avais l'impression qu'à chaque connaissance acquise, je m'élevais. Mais en cet instant, j'étais tétanisée, trop tétanisée pour que mon esprit en vienne à l'idée que James avait derrière la tête. Celui-ci reprit, plus bas et plus pressant, resserrant sa prise sur mes épaules : 'tu vas devoir épouser Barley, Bessie. Mais Barley est souffreteux et faiblard, il ne tiendra pas longtemps, tu seras veuve jeune, je te le parie. Alors tu vas me promettre quelque chose, petite soeur trop ambitieuse : tu vas me promettre de continuer à avancer. D'aller en suivant ta ligne, de faire ce que personne ici n'a la trempe de faire. Tu seras veuve et Barley n'a qu'un enfant, quand ton promis mourra ce qu'il a sera a toi. Rends-ça intéressant, fait prospérer ton affaire. Met ta conscience en sourdine et devient plus riche, plus puissante qu'aucun ici ne l'a jamais été. Et va plus loin que nous tous : tu veux être, et bien sois. Promets-le moi.'
Les larmes aux yeux, je lui sautais au cou. Il me serra contre lui, fort, et nous restâmes ainsi un bon moment, jusqu'à ce que la pluie naissante nous pousse à rejoindre la bâtisse principale.




Dernière édition par Elizabeth Hardwick le Jeu 8 Sep - 12:03, édité 12 fois
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 18:02
gods and monsters


« La seule chance que vous avez est celle que vous vous créez. »

Cher James,

J'ai finalement une bonne nouvelle à t'annoncer : non seulement Frescheville ira au Diable pour de bon, mais en plus, Lady Zouche me prend à son service en tant que Dame d'Honneur. N'est-ce pas superbe ? Me voilà, à quatorze ans, veuve et propriétaire de terres qui me constituent un coquet patrimoine, et dans l'entourage d'une dame de la haute société. De la très haute société, même ! Oh, les Zouche n'ont pas fait la pluie et le beau temps sur la politique anglaise, mais Lady Anne, ma protectrice, fut tout de même Dame de Compagnie de la Reine Anne Boleyn, Dieu ait son âme. Je crois que le remue-ménage provoqué lorsque cet imbécile de Frescheville a voulu mettre la main sur les terres des Barley lui a plu, en tout cas sans son soutien, je n'aurais sans doute pas gagné la partie. Comme quoi, ma fâcheuse tendance à provoquer des esclandres, si haïe de mon beau-père, a eu du bon en fin de compte. Je compte nommer un intendant pour les domaines Barley, je n'ai pas l'intention de revenir me promener dans Scarsdale de sitôt, mais je t'écrirais souvent. Je sais que le printemps a été pluvieux, les récoltes ont dû être endommagées en partie : si tu as besoin d'une allonge financière, fais-moi signe, maintenant que j'ai enfin une situation correcte. En revanche, que nos soeurs aillent au Diable avec Frescheville : seul toi m'aura soutenu, seul toi compte. Je t'ai méprisé, James, et je m'en veux. Sauras-tu un jour me pardonner ? J'espère que oui, car dorénavant, tu es la seule famille que je reconnaitrais comme telle. Je prie pour toi, ton épouse, tes enfants - d'ailleurs en parlant de prières, j'insiste mais tu devrais vraiment te pencher sur les écrits des réformés. Ce qu'ils disent est très intéressant, très juste aussi. Personnellement, j'y adhère un peu plus chaque jour.

Je t'embrasse, mon cher frère. N'oublie pas de me le faire savoir si tu as besoin de quoi que ce soit.
Bess.

***

Articulant silencieusement les mots que je m'efforçais de déchiffrer, j'entreprenais de suivre les lignes du bout des doigts, comme je le faisais lorsque, enfant, notre précepteur à mes soeurs et moi nous apprenait à lire. J'avais quinze ans et l'impression d'avoir encore tout un savoir à absorber. La lecture, certes passionnante, était ardue, pour la simple et bonne raison que ma protectrice m'avait enjointe à ne point lire la traduction anglaise de l'ouvrage mais bien sa version originale, écrite en français, peuplée d'allocutions latines que je ne maitrisais encore que très peu. Ce serait, disait-elle, le meilleur moyen de combler mon cruel manque de connaissance en matière de langues étrangères ; nul chez moi ne s'était donné la peine de nous apprendre autre chose que l'anglais. Péniblement, mais avec détermination, je poursuivais ma lecture. La Cité des Dames était un défi que j'avais déjà décidé de surmonter.
'Eh bien, ma jeune amie, toujours accaparée par votre lecture ?
- Toujours, oui. Je peine à lire plus de deux pages en une heure, mais je compte bien boucler tout ceci avant le printemps.
- J'en suis ravie. Bess, j'ai convié une couturière à Codnor, pour demain matin. Si vous souhaitez toujours m'accompagner à Londres cet été, il vous faudra mieux que vos robes de paysanne.'

Anne Gainsford, Lady Zouche, me souriait comme à une nièce bien-aimée. Elle n'était pas très belle, mais ses yeux noirs, ses cheveux très blonds et son teint pâle lui conféraient un charme étrange. Jeune femme dans l'entourage de la flamboyante Anne Boleyn, elle avait dû attirer bien des regards. Huit grossesses, depuis, avaient quelque peu gâté son tour de taille, d'autant que de son propre aveu, elle détestait au plus haut point l'exercice physique. A mon endroit, elle s'était montrée d'une générosité sans pareille, et je me sentais terriblement redevable de cette femme à qui je devais, finalement, tout. L'idée d'être en dette auprès de quiconque me déplaisait, moi qui rêvait depuis toujours d'indépendance... Mais la méritocratie n'était pas à l'ordre du jour, et si je voulais grimper les marches de la société, il me faudrait bien des amis. Ou des complices, puisque au fond, les vrais amis étaient fort rares.
'Londres,' fis-je d'un ton rêveur, 'si vous saviez comme je rêve d'y aller !
- Vous y serez bientôt,'
promit-elle, 'j'ai de nombreuses personnes à vous présenter. Et qui sait, peut-être y-ferez vous une rencontre... Disons, décisive ?
- Vous pensez à un mari ? Dîtes-moi sincèrement, Anne, me croyez-vous apte à me marier dans le beau monde ?
- A un héritier d'importance, j'en doute, je dois le dire. Mais les cadets de familles d'importance sont plus accessibles, et parfois plus intéressants.
- En quoi sont-ils plus intéressants ?
- Ils sont assez puissants pour ne point trop craindre la chute brutale réservée aux parvenus, assez dans l'ombre de leurs aînés pour s'y dérober au moment opportun, et assez désireux de s'imposer pour faire montre d'une ambition sans faille. Cela dit, la reine Anne venait certes d'une bonne famille, mais nul n'aurait imaginé qu'elle supplanterait Catherine d'Aragon et deviendrait reine à son tour. Alors rien n'est impossible.
- Pas même de perdre la tête... Littéralement.'

Une ombre passa sur le visage de Lady Zouche, et je regrettais aussitôt mes paroles. Anne Gainsford avait gardé pour Anne Boleyn une profonde admiration, doublée d'une cuisante culpabilité : contrainte par les hommes de Cromwell et d'Henry VIII, tous deux bien déterminés à faire chuter celle qu'ils glorifiaient quelques années plus tôt, ma protectrice avait dû mentir et accuser la reine. Son témoignage, comme celui de tant d'autres, avaient conduit la mère de la jeune Elizabeth à l'échafaud. Et bien qu'elle se soit confessée maintes et maintes fois de son péché, Lady Zouche regrettait amèrement son acte. Elle me sourit finalement, et accepta d'un signe du visage mon regard d'excuse : 'Londres vous plaira, vous verrez. Finissez tranquillement de lire, ma chère, je vous ferez chercher dès que la couturière sera là.'

***

'Milady ? Ne devriez-vous pas être dans l'entourage de Lady Zouche à cette heure ?
- En quoi est-ce que mon emploi du temps vous concerne, my Lord ?
- Oh, en rien. Je suis simplement surpris de voir une fille si jeune encore debout si tard.
- Allons, monsieur, à seize ans on a l'énergie pour tout !
- Je vous aurez cru plus âgée.
- Permettez que je prenne cela pour un compliment.
- Que pensez-vous donc de notre nouvelle reine ? Il m'a semblé vous voir en grande conversation avec elle, tout à l'heure.
- J'ai eu l'occasion en effet de parler avec Sa Majesté, que je juge digne, forte et très intelligente. Dieu ait l'âme de Katherine Howard, elle n'avait pas la majesté qui sied à une souveraine. Katherine Parr sera infiniment plus grande. Mais me surveillez-vous, à m'épier pendant que je converse ?
- Point, Milady ! Je vous ai remarquée, il est vrai, mais je n'épie pas : j'apprécie la beauté, simplement.
- Vous me ravissez de compliments, ce soir, Monsieur. Attendez-vous quelque chose en retour ?
- A vous de décider ce que vous me donnerez en retour.
- Je peux vous donner ma faveur à la prochaine joute organisée par le Roi, et prier pour vous lorsqu'il aura décidé de partir guerroyer en France, je peux vous offrir la prochaine danse et vous appeler 'cher ami' si bon vous semble. Mais n'attendez rien de plus de ma part.
- Que vous êtes avare !
- J'ai appris à veiller sur mes biens.
- Sont-ils donc si nombreux ?
- Assez importants pour que je cherche à les protéger.
- Que de sérieux, chez une si jeune demoiselle ! Je me souviens de feu la reine Katherine Howard à son arrivée à la Cour : elle n'avait qu'un an de plus que vous et ne pensait qu'à festoyer.
- Et l'on sait où cela l'a menée. Plut à Dieu de m'épargner un tel destin !
- Sérieuse et sage, avec cela. Demoiselle, vous êtes une sainte.
- Point du tout, Monsieur. Une ambitieuse.'


***

Sans bouger, je laissais ma suivante fixer les dernières épingles de mon chignon et m'aider à enfiler mes boucles d'oreille. Au dehors, la pluie tombait drue et me ciel était gris foncé : ma robe rouge vif et les rubis de ma parure seraient le meilleur contrepied qui soit. J'avais vingt ans et après des années passées aux côtés d'Anne Gainsford, je me sentais enfin comme une fille de Londres, une femme de Cour. Du bout des doigts, j'effleurais une lettre émise deux mois plus tôt par mon frère James, que je n'avais point revu depuis le jour où j'avais quitté Scarsdale. Il me manquait un peu, parfois. Je lui écrivais dans ses moments-là. De ma mère, mes soeurs, de mon village natal et de ses habitants, j'avais volontairement tout oublié. Ma vie, désormais, était ici.
'Lady Hardwick, Lord Cavendish est ici.'
De surprise, je laissais échapper un petit hoquet, et avec autant de contenance que possible, invitait le majordome à le faire entrer. Quelque peu hébétée encore, je profitais des quelques minutes encore seule avec ma suivante pour arranger les derniers plis de ma robe, ranger les dernières boucles s'échappant de mon chignon, et lorsque Sir William Cavendish entra dans l'antichambre, je n'eus point à le faire attendre et l'y rejoignit presque immédiatement. 'Je ne m'attendais pas à vous voir de si bonne heure, Sir William,' m'exclamais-je en souriant comme si j'avais l'habitude d'être visitée ainsi par des Lords, 'avez-vous croisé Lady Zouche en bas ?
- Naturellement. Elle m'a autorisé à venir vous visiter malgré l'heure matinale, et par tous les Saints, elle veille sur vous comme un dragon son trésor !'

La remarque me tira un rire : 'elle s'est toujours montrée très soucieuse de ma réputation, je ne puis le lui reprocher.
- Certes pas. Pouvons nous parler un instant ?'

D'un signe de tête, je congédiai suivantes et majordome.
J'avais rencontré Sir William à Londres quelques années plus tôt. Sa seconde épouse, Elizabeth Parker, était morte l'année précédente en mettant au monde une fille mort-née. Deux filles lui restaient des cinq enfants donnés par sa première femme. A quarante-deux ans, ce cousin germain du Duc de Devonshire se voyait donc sans hériter mâle pour lui succéder... Mais veuf, fortuné, charismatique, et à la recherche sans doute d'une épouse. Je n'avais eu de cesse, depuis que je l'avais rencontré, de songer aux paroles de Lady Zouche : les cadets de familles importantes sont des partis accessibles et intéressants. Et objectivement, Sir William me plaisait. Avais-je la moindre chance ?
'J'ai,' commença-t-il, 'l'accord de votre protectrice pour vous dire ce que j'ai en ce jour à vous dire. Milady, nous nous fréquentons depuis assez longtemps je crois pour que chacun ait cerné le caractère de l'autre. Me tromperais-je ?
- Vous me prêtez là un talent bien particulier, êtes-vous bien certain que je le possède ?
- J'en mettrais ma main au feu, Elizabeth.
- Appelez-moi Bess. Tout le monde m'appelle Bess.
- Comme il vous plaira, Bess. Je sais d'où vous venez, et je connais les circonstances qui vous ont fait entrer au service de Lady Zouche. Ce n'est pas donné à toutes les filles de propriétaires terriens du Derbyshire d'apparaître dans l'entourage d'une Lady de renom, encore moins de fréquenter Londres comme si vous étiez née dans ce monde.
- C'est l'effet que je donne ? Vous m'en voyez ravie !
- Ne jouez pas l'étonnée. Vous le savez, vous avez travaillé pour. Bess, je suis veuf et malgré toute l'affection que j'ai pour mes filles, je suis sans hériter mâle pour me succéder. J'ai besoin d'une épouse.
- Essayez-vous de dire...
- Epousez-moi. J'ai le double de votre âge, je suis deux fois veuf et nanti de deux filles presque aussi âgées que vous l'êtes, mais je peux assurer votre sécurité, votre train de vie et votre bonheur.
- Et moi, Sir, que puis-je vous assurer ?
- Ma descendance.
- Et si je suis stérile ?
- Votre intelligence.'

Je tâchais de dissimuler le tremblement de mes mains en les croisant derrière mon dos. Sa franchise avait quelque chose de terriblement déconcertant. 'Voilà une bien étrange demande en mariage, Sir William. Peu de dames à la cour pourront se vanter d'en avoir eu une semblable.
- J'ai passé l'âge d'écrire des poèmes. Bess, vous êtes la personne la plus intelligente que j'ai jamais rencontré. La plus dangereusement intelligente, même. J'ai besoin de quelqu'un comme vous à mes côtés. Et je crois que si je n'ai pas votre amour, ma position et ma fortune se chargeront de gagner votre loyauté.
- Est-ce là l'opinion que vous avez de moi ? Diantre, me voilà bien vénale, à vos yeux !
- Osez dire que vous ne l'êtes pas ?'

Il souriait, l'amusement teintait ses prunelles claires, chacune de ses paroles. J'eus une petite grimace, haussait une épaule : 'non. Quand on a grandi là où j'ai grandi, on ne peut devenir que vénal ou stupide, j'ai choisi la première option.' Il éclata de rire. 'Cependant,' repris-je, 'il est des choses auxquelles je tiens terriblement, dont nous n'avons jamais parlé, et pour rien au monde je ne voudrais y renoncer : je suis protestante, Sir William, et j'ai un frère que je considère aujourd'hui comme ma seule famille, et dont je voudrais favoriser la carrière. Laissez-moi exercer le culte en lequel je crois, aidez-moi à aider James, et je ferais ce que vous voulez.
- Je ferais le nécessaire pour votre frère, de cela vous pouvez être certaine. Pour ce qui est du protestantisme, eh bien... Savez-vous d'où me vient l'essentiel de ma fortune ?'

Je souris. En effet, à force de laisser traîner mes oreilles à Whitehall, j'avais fini par le comprendre : 'la dissolution des monastères, c'est bien cela ?
- Loué soit Thomas Cromwell, j'ai acquis bien des choses grâce à lui. Cela vous donne sans doute l'idée de l'intérêt que je porte au catholicisme.
- L'on vous accuse de bien des choses, en vérité, Sir William. Est-il vrai que vous avez acquis des richesses par des biais nettement moins... Chrétiens ?
- Est-ce chrétien que de dilapider des monastères ?
- Est réellement chrétien tout ce qui s'opposera au catholicisme, mon cher.
- Vous voilà bien extrémiste, Bess. Cela n'est pas pour me déplaire, je l'avoue : je crois qu'en fin de compte, je vous aimerez bientôt davantage que n'importe qui sur Terre.
- N'aimiez-vous pas vos précédentes épouses, Sir ?
- Point. De gentilles femmes, mais sans cervelle ni intérêt. Pour en revenir à vos exigences...
- C'est là tout ce que je veux.
- Faux. Vous voulez protéger votre frère, soutenir votre religion, mais pas seulement, et si vous pensez cela, vous vous mentez à vous même : vous voulez l'argent, le pouvoir, la famille. Vous voulez abattre vos cartes les unes après les autres pour vous venger de votre milieu et vous élever, encore, encore, et encore, jusqu'à ce que vous soyez arrivée si haut que nul être en ce bas-monde ne pourra vous faire chuter. Me tromperais-je ?'

Mon coeur, malgré moi, battait à un rythme trop rapide pour être naturel. Je fis non de la tête, mes yeux comme arrimés aux siens. 'Je peux vous offrir un peu de tout cela, et ce qui nous manquera, nous pourrons l'avoir à nous deux.
- Je crois que je vous aimerez, Sir William, mieux que quiconque. J'accepte votre demande avec joie et espoir. Vous et moi irons loin ensemble, je le sais. Je ferais tout pour cela, vous avez ma parole.'


***

Mon mari souriait comme le plus heureux des hommes. Assis près de moi, un bras passé autour de mes épaules, son regard oscillait entre mon visage, la petite Frances qui s'agitait en tous sens, et notre nouveau-né lové dans mes bras. Un an après nos noces était née notre aînée, une belle enfant robuste qui ressemblait assez à son père et tenait son prénom de sa marraine, mon amie Lady Frances Sidney. Une seconde fille, Temperance, était née l'année suivante pour mieux repartir quelques mois plus tôt, prise de maladie. Le chagrin de la perdre avait été quelque peu compensé par l'annonce de ma nouvelle grossesse et la naissance, en ce dix-sept décembre 1550, de notre fils Henry. Aussi étonnant que cela puisse sembler, je m'étais découverte capable d'un amour que j'aurais à peine cru imaginable : l'instant où l'accoucheuse avait posé le petit corps tout tremblant de ma première née dans mes bras avait fait basculer le cours des choses. J'avais été enfant puis femme, épouse, j'étais mère. Et ce jour de décembre là était un nouveau cap : avec tout l'amour que j'avais pour ma fille, j'avais enfin donné à William ce dont il avait besoin, un fils. Ma place à ses côtés était définitivement ancrée, j'avais tenu la promesse faite lorsque, à vingt ans, j'avais accepté d'épouser cet homme deux fois veuf et de vingt-deux ans mon aîné.
J'avais décidé que jamais mes enfants ne vivraient comme moi. Le temps passant, l'aversion que j'avais jadis pour le Derbyshire s'effaçait, et parfois des bouffées de nostalgie quant à ma région natale me prenaient... Mais l'ombre et la boue étaient de ces aspects de mon enfance que ni ma fille, ni mon jeune fils, ni aucun de mes enfants à venir ne connaîtraient. J'avais pris grand soin de faire recenser les dates de leurs naissance : dix-huit juin pour Frances, dix-sept décembre pour Henry. Même la petite Temperance avait eu son jour, le dix juin. Chacun aurait sa date, sa fête, je prévoyais déjà de leur offrir un cadeau par an, ce jour-là. Ils seraient des gens importants. Plus importants que je ne l'avais jamais été.
Comme la vie m'était belle et douce depuis que William m'avait prise pour épouse ! Je ne m'étais jamais sentie aussi bien, aussi complète, que depuis lors. Même les adieux à Lady Zouche n'avaient pu noircir le tableau, de toute façons je la croisais encore régulièrement, et lui écrivais plus régulièrement encore. J'étais une femme comblée, et peut-être même amoureuse, pouvait-il en être autrement ? Mon mari était plein d'égards pour moi, m'avait donné deux superbes enfants, trois si l'on comptait ma fille décédée. Il m'associait en tout, ses affaires, la gestion de nos terres, de nos biens, l'éducation des enfants. Il m'écoutait et me prenait au sérieux, et moi pareillement. Plus que des bons amis, plus que des partenaires - il fermait les yeux sur mes conquêtes, moi sur ses infidélités. Le respect, entre nous, était une institution à laquelle chacun tenait énormément. Pour nos enfants, baptisés dans la religion protestante, nous prévoyons déjà la meilleure instruction qui soit : jamais aucun d'entre eux n'auraient à apprendre les langues étrangères, la littérature ou la rhétorique sur le tard comme j'ai eu à le faire. Je ne le permettrais pas. Doucement, je fis glisser mes lèvres sur le front de mon fils nouveau-né, si petit, si fragile, et qui pourtant portait tant d'espoirs. William avait écrit déjà à la princesse Elizabeth, la seconde fille d'Henry VIII, pour lui demander d'être sa marraine. Entouré comme il l'était, mon fils ne pourrait connaître que la gloire et les honneurs. N'était-ce pas ce que toute mère digne de ce nom espérait pour son enfant à peine né, déjà bien aimé ?




Dernière édition par Elizabeth Hardwick le Jeu 8 Sep - 11:57, édité 16 fois
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 18:02
there are no heroes


« Le feu qui te brûlera, c'est celui auquel tu te chauffes. »

'Bess, j'ai beaucoup réfléchi à notre dernière discussion.'
Assise dans la bibliothèque, mon ouvrage sur les genoux, observant d'un côté Frances apprendre à coudre en suivant mes gestes, de l'autre Henry crapahuter dans la pièce à quatre pattes, je levais les yeux vers la silhouette de mon mari. Et sourit. J'indiquais à ma fille de poursuivre son travail en laissant ma propre broderie pour modèle sur l'accoudoir de son fauteuil, et m'installait plus profondément dans le mien, une main posée sur mon ventre arrondi par une quatrième grossesse. Face à moi, William prit place.
'Mon cher, je sais que cela peut vous sembler saugrenu, mais croyez-moi : le Derbyshire me manque.
- Après avoir fait des pieds et des mains pour en sortir, voilà que vous voulez y retourner !
- William, James m'a écrit il y a peu. Le domaine de Chatsworth est à vendre. Je cèderais à mon frère la charge des domaines de Barley, de toute façon il est le seul à les gérer depuis bien longtemps.
- Je m'en étonne d'ailleurs toujours. Vous êtes le meilleur bras droit possible lorsqu'il s'agit d'administrer mes biens, vous connaissant je vous aurait cru plus zélée à garder un oeil sur ce qui vous revient.
- Ces biens m'ont aidée par le passé, lorsque j'étais encore une jeune fille à marier et qu'ils représentaient tout ce que je pouvais offrir, ainsi que ma seule source de revenus. Aujourd'hui, je n'en veux plus. J'en ai tiré profit assez longtemps, et ils me rappellent par trop mon premier mariage, cette désastreuse union dont je ne voulais pas.
- Méfiez-vous, l'on pourrait croire que vous avez empoisonné votre malheureux Robert pour vous débarrasser de lui.
- Il est mort de la tuberculose,'
m'empourprais-je, 'et Robert n'a jamais été mien. Pas plus que je n'ai été sienne. Nous n'avons même jamais vécu sous le même toit !'
Les Cavendish étaient originaires du Devonshire, cette région du sud-ouest dont ils étaient redoutablement fiers. Mais par des hasards de successions et de mariages, mon époux avait hérité d'une propriété somme toute correcte, mais guère transcendante à mes yeux, dans le Suffolk. Lorsque nous n'étions pas en visite à Devonshire's House chez son ducal cousin germain, où que nous ne séjournions pas à Londres, c'était ici, dans le Suffolk, que nous prenions nos quartiers. Je n'avais jamais réellement apprécié les lieux : aux premiers temps de nos noces, je mettais cela sur le compte de cette haine sourde que je pouvais nourrir envers la campagne, héritée de mon enfance. La naissance de Frances avait éveillé chez moi, pour des raisons incongrues, des bouffées de nostalgie quant à mon comté d'origine. Et cette nouvelle concernant les domaines de Chatsworth, que je ne connaissais que d'extérieur, sonnait comme un rappel d'un vieux rêve que mon mari et moi entretenions depuis les débuts de notre mariage : celui d'un lieu qui nous ressemble. Moi aussi, je voulais non pas un château, mais mon château. Je le rêvais percé de fenêtres, de centaines de fenêtres, l'obscurité m'effrayait. J'y avais vécu assez longtemps pour craindre d'y retomber un jour.
Et d'autres motifs, moins avouables, s'ajoutaient à ce désir de faire l'acquisition de la fameuse propriété : ma mère, Elizabeth Leeke, son mari toujours de ce monde, mes soeurs, tous se trouvaient dans la région, tous ceux qui avaient ri de mes prétentions et de mes ambitions. Ils savaient sans doute, par James, le prestigieux mariage que j'avais fait. Mais déjà, la simple idée de parader avec mes magnifiques enfants dans une immense propriété sous leur nez et à leur barbe, à eux tous qui n'auraient jamais le quart de ce que j'avais, moi, me faisait glousser de joie. Ma soeur Margaret m'avait un jour dit qu'elle me détestais quand moi, je la méprisais : combien elle me haïrait plus encore, et combien je l'accablerait de dédain ! Ce serait ma revanche sur la boue, la campagne, mon mariage forcé noué à treize ans.
'Cela vous plairait-il vraiment ? Chatsworth, le Derbyshire...
- Plus que de raison, William. Le domaine tombe en ruines, mais nous avons l'argent pour le restaurer. Faisons-en un lieu pour nous, un lieu à nous, qui nous ressemble.
- Nous risquons de nous endetter pour plusieurs années.
- Qui à la Cour n'a point de dettes encore ?
- Certes, mais je ne suis plus tout jeune, ma chère.
- Quoi, êtes-vous mourant, William ? Ne vous faites pas passer pour plus vieux que vous ne l'êtes - vous êtes nettement moins enclin à vous accabler de vieillesse lorsqu'il s'agit de me faire un nouvel enfant.'

Il se pencha en avant, posa une main légère sur mon ventre arrondi. 'Et comment appellerons-nous celui-ci, Bess ?
- Si c'est un garçon ? Nous n'aurons qu'à l'appeler William.
- Et si c'est une fille, Elizabeth.
- Soit, soit,'
ris-je, 'mais cela ne répond pas à ma question concernant Chatsworth.
- Si acquérir ce domaine vous agrée, achetons-le. Mais je vous charge de superviser les travaux, j'ai assez à faire à la Cour !'

Mon rire prit des accents victorieux, soudain, et de l'autre côté de la pièce, mon petit Henry redressa la tête et à son tour, se mit à rire. Même Frances, pourtant absorbée par son travail d'aiguille, décrocha un large sourire. Et puis je repris mon sérieux : 'que sous-entendez vous par vos affaires à la Cour ?'
Son visage s'assombrit un bref instant : 'le roi accuse Somerset de haute trahison.'
Je fronçais les sourcils : 'il est en mauvaise posture depuis l'exécution de son frère Thomas, Edward l'aimait beaucoup. Mais de là à l'accuser de haute trahison... Savez-vous quels faits lui sont reprochés ?
- Point, mais je sais qui est derrière tout ça. Warwick,'
fit-il, en réponse à mon interrogation muette, 'John Dudley.
- N'est-ce pas Henry et Frances Grey qui nous ont parlés de lui récemment ? Je connaissais l'homme de nom déjà, je ne l'ai encore jamais rencontré.
- C'est par eux que je tiens la nouvelle. Ils sont en bons termes avec Dudley, et soutiennent que si... Non, lorsque Seymour chutera, c'est lui, le comte de Warwick, qui tiendra l'essentiel de la puissance du royaume dans ses mains...
- Ce n'est pas une mauvaise chose pour nous.'

Après tout, si Dudley oeuvrait avec Grey comme complice, dans la mesure où William et moi étions sincèrement amis avec le couple des ducs de Suffolk et marquis de Dorset au point de nous être mariés dans leur demeure de Bradgate, nous devrions bien recevoir notre part du gâteau à un moment donné ?
'Non, à condition qu'ils restent en place. J'ai confiance en Henry, mais je me méfie de Warwick. Chatsworth en Derbyshire a aussi cet intérêt : nous aurons un excellent prétexte pour nous tenir éloignés de la Cour si les choses commencent à sentir le souffre.'

***

'Où est la sage femme? Nom de Dieu, où est la sage femme ? OU EST CETTE SATANÉE SAGE FEMME ?
- Je suis là, Milady, je viens ! Demoiselle, faites monter à boire pour Lady Cavendish !
- Je ne veux pas boire ! Je vais mourir ! Ça fait trop mal, je vais mourir !
- Allons, madame, c'est votre cinquième bébé, cela devrait passer tout seul.
- Passer tout seul ? Mais ça ne passe pas tout seul ! C'EST MÊME PIRE !
- Respirez, madame, respirez...
- Je n'y arrive pas, même respirer est douloureux. Ma fille...
- Lady Frances va bien, Milady.
- Dites à ma fille... Je veux voir ma fille... JE VEUX VOIR MA FILLE ! Et mes fils ! Avant de mourir !
- Vous n'allez pas mourir, madame, vous êtes en parfaite santé, vous allez simplement avoir un nouveau bébé !
- Simplement avoir un nouveau bébé ? Je vais simplement mourir, oui ! Dites à ma fille... Dites à ma fille que je l'aime, et qu'elle doit bien travailler son latin... Et dites à Henry...
- Vous direz tout cela à vos enfants de vive voix, madame, lorsque vous aurez accouché.
- Et William... Mon fils n'a qu'un ans... Comment va-t-il faire sans sa mère ?
- Vous serez là pour lui, madame.
- Que mon mari... Ce bébé, là...
- Votre enfant à naître ?
- Oui, celui qui est en train de me tuer, je veux que ce soit le filleul de la reine, vous m'entendez ? Dites-le à Sir William... Le filleul de la reine Mary... Mais qu'il soit baptisé protestant... Protestant... PROTESTANT !
- Vous serez là pour assister aux deux baptêmes, l'officiel et le clandestin, madame. Respirez, maintenant, et poussez.
- Mais je ne fais que ça, de pousser ! Et je vais mourir en catholique ! Seigneur, pardonne-moi de mourir en catholique !
- Vous n'allez pas mourir, madame !
- Si, je vais mourir. Je vais...
- MADAME !
- Allez-vous me laisser mourir comme je le veux, oui ?
- MADAME ! POUSSEZ ! IL ARRIVE !
- Aller, Bébé, sors de là et laisse Maman mourir en paix.. Sors... Sors...
- Poussez encore, madame !
- Je veux... Être... Enterrée... Ici... A Cha... A Chatsworth... Ici...
- Continuez, madame ! Je vois sa tête !
- Et moi je vois le ciel ! Je vais mourir ! Je vais mou...
- Un garçon ! Madame, c'est un garçon !
- J'ai un troisième fils ?
- Et vous n'êtes pas morte !
- Pas encore... Charles, celui-ci s’appellera Charles... Donnez-le moi...
- Vous êtes encore trop faible, madame.
- Trop faible ? Donnez-moi mon fils sur le champ où je me laisse mourir, et mon fantôme ira vous poursuivre jusqu'aux latrines. Mon fils !
- Madame...
- MON FILS !'


***

D'un geste rageur, je déchirais la missive et la jetais au feu, puis contemplais le papier brunir et finalement se désagréger jusqu'à disparaître lentement, happé par la flamme. Je me tournais vers William. Il était assis à son bureau, la tête dans ses mains comme si le poids du monde s'était abattu d'un coup sur ses épaules. 'C'est barbare, c'est monstrueux. Quand est-ce arrivé ?
- Fin février. Oh, mon amour, je ne sais plus quoi faire... Et dire que j'avais refusé de le soutenir...
- Et vous avez bien fait. Rappelez-vous, William, nous étions d'accord. Jane Grey et Guildford Dudley, sur le trône d'Angleterre ? C'était voué à l'échec, vous l'avez dit vous-même.
- Il méritait tellement mieux... Et sa fille... Sa pauvre fille...'

Je déglutis. Jane Grey avait tout juste seize ans. Je songeais à ma Frances, et à la mère de Jane, Frances Brandon. 'Ne pouvons-nous rien faire pour Katherine et Mary ?
- Pas si nous voulons éviter les foudres de la reine... Bess, je suis perdu.
- Vous vous en voulez de ne pas avoir soutenu Henry Grey, n'est-ce pas ? Et d'avoir refsuer de prendre part à la révolte de Wyatt ?'

Il opina en silence. En quelques pas, je m'approchais de lui et m'assit sur ses genoux, posais mes deux mains sur ses épaules comme James avait, il y a si longtemps, posé ses mains sur mes propres épaules pour me faire promettre d'avancer dans la vie sans jamais baisser les bras. Qu'aurait été mon existence si je n'avais jamais promis, je l'ignore, peut-être n'aurait-elle pas été différente après-tout... Je n'avais jamais eu besoin de mon frère pour nourrir de hautes ambitions. Mais j'avais trouvé dans cette promesse la force de continuer. 'Vous avez agi avec doigté, William. Vous nous avez tous sauvés. Qu'auriez-vous gagné en vous joignant à Henry et à Wyatt ? Rien. Ou si, le même sort : vous serez à ce jour mort sur Tower Green, enterré sans sépulture, et moi je serais veuve nantie de quatre enfants sans avenir, nos biens confisqués, notre place prise, nos projets détruits. Priez pour eux, William, mais n'enviez pas leur sort. Vous ne pouviez rien faire sans prendre des risques, pour vous, les enfants, et moi. Ne regrettez rien : aujourd'hui vous êtes vivant quand eux sont morts. Aujourd'hui vous êtes un homme respectable et estimé par la reine, quand eux sont des traîtres.
- Ils auraient pu réussir... Ils étaient si près du but ! Ce que la reine, cette envoyée de l'Espagne et des prélats romains, appelle trahison, ç'aurait pu sauver l'Angleterre du papisme et des Habsbourg !
- La trahison, mon aimé, ne réussit jamais : lorsqu'elle réussit, on lui donne un autre nom. Ne pensez pas à ce que nous aurions pu faire, ni à ce que nous aurions du faire, pensez à ce que nous allons faire, maintenant. Pour les enfants, pour nous, pour le protestantisme. C'est vers demain qu'il faut regarder, nous pleurerons plus tard.'

Mes paroles avaient des relents de bravoure, le fait était cependant qu'au fond de moi, je n'en menais pas large. Mes pensées s’élançaient vers mes enfants presque animées par une volonté propre. Ma fille Frances, chérie entre toutes, mes trois beaux garçons, Henry, William et Charles, mes quatre trésors qui seraient peut-être bientôt plus nombreux si Dieu le voulait. Je me sentais tout à fait apte à porter d'autres enfants, mais le monde qui se dessinait autour de nous ma faisait peur. Cela n'aurait tenu qu'à moi, j'aurais peut-être rejoint les rangs des martyrs. Peut-être : d'un côté, j'avais connu ce que je voulais connaître, la richesse, l'amour, la prospérité, la maternité. J'avais cette sensation que si je mourrais demain, je mourrais en ayant finalement vécu comme je le voulais. Mais d'un autre côté...
J'aimais la vie. Vraiment, profondément. Je craignais pour celle de mes enfants, car si William et moi devions tomber, qui veillerait sur eux ? J'avais été heureuse, très heureuse, mais je n'avais pas non plus réussi tout ce que je voulais entreprendre. Chatsworth était encore en travaux, ma gloire était certes belle, mais point suffisante encore. Une petite voix me sifflait que je pouvais parfaitement monter plus haut, aller plus loin. Au fond de moi, j'aspirais à rester en vie, je voulais vivre, ardemment, passionnément. Vivre, voir Mary Ière tomber et le protestantisme reprendre ses droits. 'La route vers la victoire est longue et semée de trouble, William,' finis-je par dire, 'mais je crois en cette victoire. J'y crois vraiment. L'Angleterre est un pays fier qui n'acceptera pas facilement la domination espagnole. Partis pro-français et pro-hispaniques se déchireront, vous verrez. Même les plus catholiques prendront cette alliance en grippe. Et quelque part, dans Dieu sait quel coin de la Tour de Londres, la princesse Elizabeth attend son heure.'
Au fond, elle aussi prendrait sa revanche sur la vie et ses vicissitudes. C'était là une chose que je ne pouvais lui reprocher.
'Rien ne dit qu'elle soit des nôtres.
- Elle l'est. Elle est juste trop intelligente pour le dire encore.
- Elle ne l'a jamais fait comprendre, à qui que ce soit.
- Croyez-moi, William.
- Allons bon, vous fréquentez la princesse en cachette, maintenant ?
- Dois-je vous rappeler qu'elle est la marraine de notre fils ? Je ne la fréquente plus guère depuis bien longtemps, mais je crois en mon instinct. Jusqu'à présent il ne m'a jamais dupée.
- Et que vous dit votre instinct, Bess, en ces temps joyeux que nous vivons ?'

Il n'avait même pas pu noyer le désespoir de sa voix sous une couche d'ironie. Le sourire que je lui répliquais se voulait rassurant.
'Que le beau temps vient toujours après la tempête.
- A condition de survivre à la tempête.
- Nous survivrons, William. Je refuse de mourir avant d'avoir vu Chatsworth terminé. Et ce n'est certainement pas Mary Tudor qui va m'en empêcher !'


***

Mon cher James,

Pardonne-moi de ne point t'avoir écrit avant, mes dernières semaines ont été terriblement occupées. Les temps sont durs pour nous autres protestants, mais William et moi-même avons pris le parti de faire officiellement le dos rond jusqu'à ce que l'infernale Mary ait daigné passer l'arme à gauche. J'ose espérer que de ton côté, tu n'as pas été inquiété : c'est par moi que tu as basculé dans la Réforme, je serais horrifiée que tu sois mis en porte-à-faux par ma faute ! J'espère que ton épouse et tes enfants sont au mieux de leur forme et je prie pour vous tous en ces heures troublées.
Mais ne nous appesantissons point de trop dur des malheurs, c'est le meilleur moyen d'en connaître plus encore. J'ai deux excellentes nouvelles à te faire parvenir : la première est que je suis actuellement enceinte pour la sixième fois ! Sir William est fou de joie, et ma fille aînée réclame à corps et à cris une soeur cadette, cela lui changerait quelque peu, après trois jeunes frères... D'ailleurs, quelque chose me souffle que ce bébé sera une seconde fille, une troisième si l'on tient compte de ma petite Temperance dont je ne cesse, au fond de moi, de regretter la mort... Mais je suis bien aise de voir ma famille si bien portante malgré tout, et prête à s'agrandir encore ! Mon époux a juré que si une fille venait à naître, elle s’appellerait Elizabeth, mais dans le cas où ce serait un garçon, nous avons convenu de l'appeler James, et peu importe le sexe, je compte sur toi pour être présent le jour du baptême ! Avec femme et enfants, j'y tiens, mon frère !
Le seconde nouvelle concerne les investissements que j'avais prévu de faire, avec l'accord de mon époux. Tu sais, je crois que je ne te remercierais jamais assez de ce que tu m'as appris : je n'ai rien d'une poétesse comme bien d'autres dames de Cour, je ne suis pas une femme de lettres, mais j'ai la prétention d'être une femme d'affaires. Sir William est d'accord pour investir dans des fabriques et des mines pour sécuriser nos finances et investir sur du long terme ; d'ici la fin du mois nous serons les heureux propriétaires de deux fabriques de verre et d'une exploitation minière. Cela n'est qu'un début, mais j'ai la ferme intention de poursuivre ce processus. Tu sais, il y a une chose que j'ai appris en évoluant dans le monde de Londres : nul n'échappe au milieu d'où il vient. J'ai finalement pris le parti d'y puiser ma force. Sir William est fait pour la Cour, par sa fonction de Trésorier, par sa naissance et sa proximité avec les ducs de Devonshire. A moi ce qui concerne l'économie domestique. Sais-tu qu'il m'a laissée entièrement libre pour sélectionner le lieu le plus propice à la construction de notre Chatsworth ? J'ai choisi d'être non loin de la rivière, pour drainer l'eau et y avoir plus vite accès. De l'architecte au jardinier, j'ai géré des moindres détails, et j'en suis fort fière car cela semble réussir. Mon cher frère, je compte sur toi pour délaisser Scarsdale quelques jours et venir nous voir, ton avis m'intéresse autant que celui de Sir William.

Je compte sur toi. Et d'ici à ce que tu viennes enfin pointer le bout de ton nez dans les parages, sache que je t'aime et prie pour toi et les tiens. Naturellement, brûle cette lettre avant que d'autres yeux que les tiens se posent sur les lignes que j'ai pu écrire...
Je t'embrasse.
Bess.

***

'Mon aimée, je crains qu'il ne nous faille passer les fêtes à Londres, cette année.'
Brusquement, je laissais retomber mon canevas sur mes genoux : 'vous n'y pensez pas, William.
- Cela ne m'enchante guère, mais il le faut. Nous devons prouver notre allégeance à la reine et s'y montrer sous notre meilleur jour.
- William, j'accouche fin janvier !'
Le Derbyshire s'était couvert d'un ma
nteau uniformément blanc. Dehors, dans les jardins et sous la surveillance de leur gouvernante et du personnel chargé de les encadrer, Frances, Henry et William jouaient depuis près d'une demi-heure. A mes pieds, mon fils de deux ans, Charles, empilait des cubes de bois et riait à gorge déployée lorsque, en y expédiant un coup de pied, il faisait s'écrouler l'édifice. Et a ma droite, placée dans son couffin, ma petite Elizabeth gazouillait tranquillement.
'Vous accoucherez à Londres sans doute, et très bien entourée, je vous le promets. Le voyage sera pour vous le plus confortable possible, pour vous et les enfants.
- Vous voulez emmener les enfants ?'

La pensée de mon petit Charles ou de l'adorable Elizabeth sous des regards espagnols me glaçait. 'Nous ne pouvons faire autrement.'
William était plus au fait que moi des affaires de Cour, il avait sans doute raison. Je soupirais : 'je vous préviens, mon cher, si j'accouche dans le carrosse, vous entendrez de mes nouvelles !'
Il rit, et son rire se mua vite en toux sèche. Habituée, je me levais, remplis un verre de vin et le lui tendit. Il le but d'une traite : 'mon coeur, Bess, me fait souci. J'ai des palpitations fréquentes, parfois son rythme est bien trop lent et parfois trop rapide... Je vieillis, ma chère, quoique votre ventre laisse présager de ma bonne forme...
- Ne soyez point pessimiste, mon amour. L'hiver n'est une bonne période pour personne. Nous passerons les fêtes à Londres si vous le souhaitez, vous vous reposerez à satiété ensuite.'

Mon sourire masquait une réelle inquiétude : à bientôt cinquante-et-un ans, il n'était plus de première jeunesse. L'on entrait dans l'âge des problèmes de santé et des craintes bien fondées. Tendrement, j'entourais de mes bras la taille de mon mari, qui me serra contre lui autant que mon ventre arrondi le lui permettait. Anormalement rond, anormalement gros : 'vous savez, je suis persuadée que ce n'est pas un, mais deux enfants qui naitront. Voyez, j'accouche dans trois mois et l'on croirait aisément que c'est pour après-demain !' Le fracas des cubes de Charles sur le sol souligna mes propos et m'amusa. 'Dites-moi, mon amour,' commença William, 'fréquentez-vous toujours vos amies... Disons... Réformées ?
- Et plutôt deux fois qu'une. Lady Radclyffe est une dame de grande qualité, et dois-je vous rappeler que votre propre cousine par alliance est du même bord que nous ? Au reste, le duc votre cousin n'est pas non plus le plus fervent catholique qui soit.
- Soyez prudente, Bess.
- Je n'irais pas courir les offices clandestins en étant enceinte, William. Enfin, pas trop. Vous me connaissez, je veille toujours sur mes affaires, et pour rien au monde je ne les mettrais ouvertement en péril.
- Oui, de cela je suis bien certain !
- Alors ne vous tracassez pas pour moi. Que chacun de nous accomplisse sa besogne et tout ira pour le mieux. Quand partons-nous pour Londres ?
- La semaine prochaine.'

Toujours dans les bras de mon mari, je fermais les yeux. 1555 s'était achevée de la plus sanglante des façons. Dieu seul savait ce que 1556 nous réservait. Mais que Sa volonté, aussi divine soit-elle, ne soit pas trop opposée à la mienne : à ce jeu-là, le Diable lui-même perdrait la partie.




Dernière édition par Elizabeth Hardwick le Jeu 8 Sep - 12:06, édité 14 fois
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 18:05
Une Elizabeth ♥️ J'aime beaucoup ce personnage Very Happy Bienvenue sur TTB
Si tu as des questions surtout n'hésites pas à venir me voir
Bon courage pour la rédaction de ta fiche



princesse Elizabeth
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 19:15
oooh merci Razz
promis, je sonne dès que ça ne va pas Laughing
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 19:20
Bienvenue sur le forum et bon courage pour ta fiche ! I love you
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 19:37
Bienvenue ! Bon courage pour ta fiche !
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 21:09
je ne savais pas que j'avais une seconde femme What a Face

bienvenue par ici !
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Jeu 19 Mai - 22:34
Bienvenue Very Happy
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Ven 20 Mai - 16:59
MWAHAHA ! Twisted Evil
Bienvenue parmi nous, bon courage pour ta fiche I love you
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Ven 20 Mai - 23:51
Ce choix d'avatar, j'approuve Smile
Bienvenue Smile
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Sam 21 Mai - 8:41
Bienvenue sur TTB Smile Ce personnage a l'air fort intéressant Smile !




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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Sam 21 Mai - 19:55
un grand merci à tout le monde ! J'espère que ma petite Bessie conviendra à vos attentes Wink

William : tu as une vie cachée dont tu ne soupçonnais même pas l'existence, c'est pas beau ? Laughing Non plus sérieusement, si j'ai bien tout compris mon William, personnage historique, était le cousin germain du Duc de Devonshire d'alors... Donc je suis ta cousine par alliance Cool Heureux de l'apprendre ? What a Face
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Dim 22 Mai - 1:00
hahaha vu le passé de Willou je ne suis plus surprise
ceci est exact chère cousine par alliance oh ba avec un tel vava + protestante et tout, je suis ravie ! cheers il nous faut un lien de fou


Dernière édition par William Cavendish le Dim 22 Mai - 13:08, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Dim 22 Mai - 9:18
Oui pour les Cavendish nous avons préféré les lier familialement et ça à l'avantage de te faire pleins de liens



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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Dim 22 Mai - 13:21
Oh, another Bess... Cool

Bienvenue par ici avec ce superbe personnage ! I love you J'ai beaucoup aimé le début de ta fiche, on sent déjà que Bess va faire des étincelles .

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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Dim 22 Mai - 14:36
William Cavendish a écrit:
hahaha vu le passé de Willou je ne suis plus surprise

tu peux être sûre que si Bess avait épousé un duc, elle aurait eu tôt fait d'aller le lui rappeler (et de lui piquer ses sous au passage What a Face )
en plus je n'ai pas réussi à trouver le nom du duc de Devonshire historique, je sais juste que Bess a épousé son cousin germain, donc voilà je m'incruste dans la famille Cool Oui, ça me fait des tas de liens possibles, et puis je crois qu'on peut vraiment trouver un truc intéressant vu les caractères de William, Antanasya et Bess Razz

et merci, Thomas !
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Dim 29 Mai - 8:26
Coucou Elizabeth ♥️
Tout va bien ? Very Happy Je vois que tu nous écris un roman, j'ai hâte de lire la fin de ta fiche Very Happy



princesse Elizabeth
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Dim 29 Mai - 13:59
désolée, je suis beaucoup trop longue Arrow
plus qu'une dernière partie et tout est bon, promis !

EDIT : ayééé fini ! le lien Bess/Frances a été imaginé avec la joueuse herself, et quant au fait que Mary et Elizabeth Tudor ont été les marraines respectivement de Charles et Henry, les fils de Bess, c'est historique aussi... Je tenais à le préciser, au cas-où Wink
n'hésitez pas à dire si quoi que ce soit ne va pas ! Razz
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Dim 29 Mai - 21:29


Félicitation!



Ta fiche est tout simplement géniale, tu as un style très agréable à lire, j'ai beaucoup aimé Smile !

Et voilà, tu es validé et pour toi une longue aventure commence, pour commencer à jouer avec nous, il va falloir travailler un peu et faire votre fiche de lien et de rp (ICI), comme ça tu auras le grand bonheur de te faire harceler par les membres du forum.

Par (LA), tu peux aussi faire une demande de rang et d'habitations, bah oui être SDF, c'est pas toujours drôle surtout à l'époque

Si tu veux, tu peux créer un ou des scénarii, pour faire une famille, des amis, un compagnon ou une compagne, ça se passe par (LA)!

Après tout pour bien commencer sur le forum, tu peux tout aussi bien passer par le flood et les jeux, c'est la meilleure porte à prendre pour une meilleure intégration (ICI)

Maintenant tu sais tout sur tout et ton aventure à Londres peut parfaitement commencer



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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Lun 30 Mai - 10:22
merci beaucoup, Lavinia !
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  Lun 30 Mai - 13:25
Bienvenue ici, un peu en retard, mais mieux vaut tard que jamais :p elle est toute jolie en tout cas cette miss =)
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MessageSujet: Re: the wrong damn girl in the wrong damn room } Bess of Hardwick  
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