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Nous nous situons aux alentours de mai/juin 1556.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
Nous recherchons aussi des membres du peuple.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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La séduction a un visage
♕ Métier : Ancienne fille de joie, espionne & danseuse du Red Lantern sous le nom d'Avaline Clives. Protégée d'Antanasya Cavendish. Nourrice & gouvernante des enfants Cavendish. ♕ Age : 26 ans ♕ Religion : apprentis protestants ♕ L'avatar a été fait par : yas_jazz & Nymeria. & Voltaire ♕ Mon nombre de messages est : 785 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 154 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 19/08/2013 ♕ Mon pseudo web est : Mary/ Lucrezia/ ReineSoleil ♕ Mes autres visages : Mary De LaCroix

MessageSujet: Une petite mise au point s'impose  Dim 12 Juin - 18:55
Les rencontres dans la vie sont comme le vent. Certaines vous effleurent juste la peau, d'autres vous renversent.
Nous étions en février 1556, voilà quelques mois que Avaline - redevenue Lorena Martines - était arrivée à Devonshire House. Elle y avait pu vivre la fin de sa grossesse sereinement et avait accouché, un peu avant Noël, d'une charmante petite fille: Arina Elisabettha, et d'un merveilleux petit garçon: Juan Diego.
Cela faisait une éternité qu'elle n'avait pas été aussi heureuse. En entrant dans la maison close, elle avait tout de suite fait une croix sur la possibilité de devenir une mère.
Les filles prenaient milles précautions pour éviter de tomber enceinte. Il avait fallu d'une fois où Lorena n'avait pas pris son traitement - elle ne savait même plus quand - pour se retrouver dans cet état. Tout d'abord, elle avait paniqué. Elle n'avait pas été la seule et avait appris à reconnaître les signes d'une grossesse...Alors, quand elle a eu du retard sur ses saignées, elle avait vite compris.
Avant même de savoir si elle était vraiment enceinte, elle s'était - d'abord - demandé comment s'en débarassée.
Puis, elle s'était ressaisie et avait demandé à un médecin qui venait examiner les filles une fois tout les mois de l'examiner. Son impression était la bonne. Elle avait demandé à cet homme de tenir sa langue tout en le récompensant de quelques pièces d'or.

En ayant sa confirmation, elle avait eu une espèce de prise de conscience. Elle était une mère et il était hors de question de se débarrasser de ce qui grandissait en elle. C'était sa faute si elle était tombée enceinte et il fallait assumer coûte que coûte. Elle avait déjà commencé à aimer son bébé. Puis, elle avait réalisé que cet enfant n'aurait jamais un bon avenir si il grandissait en ces lieux. Que deviendrait-il sinon domestique dans cette maison close car personne ne voudrait donner sa chance à l'enfant d'une putain?
Alors elle s'était enfuie.
Elle avait abandonné son travail. Sa maison. Mary-Ann et Blanche. Tout! Pour protéger son enfant et lui offrir un meilleur avenir, elle avait fui.

Au seuil de la mort, elle avait été sauvée par Antanasya Cavendish, la Duchesse de Devonshire. Cette dernière l'a soignée et, enceinte aussi, lui avait offert la place de gouvernante et de nourrice, après avoir été certaine de sa loyauté.


Et elle en était là. Après avoir nourri ses enfants, elle était partie s'occuper de ceux d'un couple Ducal. Elle les aimait beaucoup et prenait beaucoup de plaisir à s'en occuper. Si on lui avait dit, un jour, qu'elle s'occuperait d'enfant d'aristocrates...Elle en aurait rigolé! Comment aurait-elle pu que l'imaginer? Mais la voilà.
Elle les emmena jouer dans le jardin. Les neiges commençaient à fondre et l'ambiance festive de Noël et du nouvel an disparaissait. Au bout d'une heure, en regardant sa montre à gousset, réalisant que Arina et Juan allaient commencer à la réclamer et qu'il fallait que les enfants révisent leurs leçons, elle leur dit qu'ils allaient rentrer. En prenant les aînés par la main, ils se dirigèrent vers le château tandis qu'un carrosse entrait dans l'enceinte de la propriété.

En rentrant, elle regardait - intriguée - les nouveaux arrivants avant de disparaître à l'intérieur.

Après avoir accompagné tout ce beau monde à de nouvelles occupations, elle se dirigea vers ses appartements où ses enfants commençaient à la réclamer. Souriante, elle se dirigea vers leur berceau.
Elle pu s'en occuper deux bonnes heures mais une servante vint frapper.

Dame Martines, dame de Hardwick et Chatsworth vous demande
Qui? Ha! Cela devait être celle qui était arrivée deux heures plus tôt.
Cela ne peut pas attendre? Je ne peux pas laisser mes enfants seuls!
Excusez-moi d'insister mais elle a dit que c'était urgent


Elle se retint de lever les yeux au plafond et déposa ses enfants sans leur couffin avant de suivre la servante, légèrement remontée d'avoir du se séparer des jumeaux. Remarquant son état, la servante lui signala -calmement - de se calmer. Elle soupira, exaspérée, mais approuva en dodelinant la tête.
Arrivée devant une porte, la servante signala leur présence. Après avoir eu l'accord, Lorena entra.

Madame dit-elle, en s'inclinant.
©Pando


Dernière édition par Lorena I. Martines le Mar 11 Oct - 20:25, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une petite mise au point s'impose  Mer 22 Juin - 14:01
Lorsque, âgée d’à peine vingt années, j’avais accepté en mon âme et conscience d’épouser Sir William Cavendish, quarante-deux ans, veuf à deux reprises et nanti de deux filles, j’avais immédiatement acquiescé au fait que si j’espérais occuper une place certaine dans l’entourage de mon mari et au sein de mon propre foyer, il me faudrait ne point me focaliser sur certaines choses.

Ne jamais imposer ma loi si lui en avait au préalable décidé autrement : un homme de vingt-deux ans plus âgé a déjà pris ses habitudes.

Ne pas entrer en conflit avec sa progéniture, même si la progéniture en question se retient à grand-peine d’espérer votre mort.

Prier Dieu pour qu’un garçon naisse de cette union, surtout lorsque aucune des précédentes unions n’a donné l’héritier tant espéré.

Ne jamais jouer les moralisatrices : la façon dont William avait acquis sa fortune ne me concernerait que lorsqu’il s’agirait d’en assurer la légalité, même lorsque celle-ci était tout à fait relative.

Et surtout, surtout, accepter de lui laisser sa liberté d’homme et de ne pas faire des serments du mariage la vérité absolue – en particulier lorsque la fidélité était mise en question.

Objectivement, je ne pensais pas avoir failli à ces missions : William et moi nous entendions sur à peu-près tout, il ne me fut pas difficile d’imposer ma loi puisqu’elle n’était guère différente de la sienne. Prudemment, j’évitais toute relation conflictuelle avec ma charmante belle-fille, même si seule sa morale chrétienne l’empêchait de souhaiter me voir trépasser d’un instant à l’autre. En l’espace de quelques années, ce n’était pas un, mais trois fils qui étaient nés, après deux filles dont une n’avait pas passé le cap de la première année, et avant mes trois autres beautés. Mon ancienne protectrice, Lady Zouche, m’avait informée des agissements de Sir William avant même de me le présenter : en prenant la co-direction de sa fortune, je savais pertinemment où il l’avait acquise. Dieu merci il n’avait pas subi le même sort que son ami Cromwell : là où ce dernier avait fini la tête sur l’échafaud, celui qui allait devenir mon mari était forcé à l’exil en Irlande et conservait les richesses récupérées de manière parfaitement illégale lors de la dissolution des monastères.

Quant à la notion très relative de fidélité qui régnait dans notre couple, elle était propre à faire bondir plus d’une personne, mais point Sir William, et assez étonnamment aux yeux de certains, moi encore moins.

Déjà parce que j’avais trop de fierté pour me mettre à bondir.

Ensuite, parce que j’avais gagné par assez d’aspects pour me permettre de le laisser fréquenter qui il voulait.

Également, parce que ce qui comptait essentiellement pour moi était qu’il ne me mette en porte-à-faux à aucun moment, et je savais pouvoir lui faire confiance.

De même, parce que nous étions davantage qu’un couple, une équipe, et tant que rien ne remettait en cause cette équipe, tout me convenait.

Enfin, parce que je n’allais certes pas m’abaisser à être jalouse d’une prostituée ! Elle était peut-être plus jeune ou plus belle que moi, mais l’épouse, c’était toujours moi. Si elle et moi devions nous définir comme un tout pour l’homme que nous partagions, eh bien…

‘Elle serait le cul et moi la tête,’ marmonnais-je en passant mes boucles d’oreille.
‘Que dîtes-vous, Maman ?
- Rien, Frances chérie, je parlais toute seule. Charles, mon ange, range tes figurines s’il te plaît. La première servante à entrer réussira à glisser dessus.’


Mon magnifique garçon me dévisagea un bref instant avant de s’exécuter avec son pas hésitant de bébé. Ma fille aînée, assise sur un fauteuil non loin de moi, s’efforçait de déchiffrer quelques pages de la Bible en latin. A sept ans, elle commençait tout juste son apprentissage. Dans leur couffin, mes jumelles dormaient. Leur respiration m’assurait de leur sommeil paisible, mais l’air maladif de Lucrece m’inquiétait. Temperance avait le même, et Dieu avait jugé bon de la ramener à lui. Ne pouvait-il pas laisser ma Lucrece vivre malgré sa faiblesse ?

‘Pitié, Seigneur,’ murmurais-je après m’être redressée, en me dirigeant vers le berceau finement ouvragé dans un bois précieux, ‘laissez-là vivre. Même malade, laissez-là vivre. Je m’occuperais d’elle, jusqu’à la mort s’il le faut. Laissez-là vivre. Laissez-là...’

On me prenait souvent pour un monstre d’égoïsme.

Égoïste, je l’étais et n’en tirait aucune honte.

Mais j’aurais vendu fortune, position et ambitions contre la survie de ma fille.

Sans hésiter, pas même une seconde.

A croire que je n’étais pas si monstrueuse, finalement.

Ou peut-être que c’était là le pire de la monstruosité, être capable du meilleur comme du pire pour la survie de ceux que l’on aimait.

Si même un monstre d’égoïsme comme moi pouvait s’auto-détruire pour protéger son enfant, alors qu’étais-je capable d’infliger aux autres ?

Mes jumelles dormaient en paix. Mes deux autres filles, Frances, sept ans, et Elizabeth, un an, étaient de merveilleuses fillettes pleine de charme, d’intelligence, de vivacité. Mes trois fils étaient beaux et forts. Jusqu’à ces jours bénis où je les avait mis au monde, les uns après les autres, j’avais ignoré qu’il était humainement envisageable d’aimer autant.

Et pourtant j’étais là, entourée de ma fille aînée, de mon plus jeune fils, de mes deux dernières nées, sans cesser de penser aux trois autres merveilles que j’avais laissées dans le confort sécurisant de Chatsworth, sous la vigilance de mon frère et de notre personnel domestique.

Dès l’instant où je les avait tenus, les uns et les autres, dans mes bras pour la première fois, je m’étais jurée de ne reculer devant rien pour leur assurer une vie prospère et un avenir digne de ce nom.

Alors lorsque, après être arrivée en Devonshire, je m’étais rendue compte qu’une certaine Lorena Martines officiait en tant que gouvernante et nourrice des enfants Cavendish, j’avais vraiment vu rouge.

Ce nom avait étrangement sonné à mon oreille ; après tout que faisait une espagnole dans l’entourage de ma très anglaise, et surtout très protestante belle-sœur ? Antanasya était-elle tombée sur la tête, d’accepter semblable personne sous son toit ?

Non que je nourrisse la moindre haine à l’égard des espagnols, tant qu’ils restaient chez eux, ils ne me préoccupaient guère plus que de raison.

L’ennui, c’était que lorsque l’autre dinde de Mary Ière avait épousé ce bellâtre de Philippe, ils n’étaient plus chez eux mais chez nous.

Et cela ne me plaisait point du tout.

D’autant qu’avec lui revenait en force le catholicisme, la religion de mes parents, cette foi de paysans et d’incultes qui semblaient incapables d’envisager toutes les options et qui préféraient s’en remettre à la parole d’un vieil imbécile cantonné entre les quatre murs de Saint Pierre de Rome qui dictait sa loi sans comprendre, ou sans vouloir comprendre, que le monde évoluait et qu’il ne pourrait pas rester très longtemps campé sur ses positions de monarque médiéval. Les visées du Pape étaient d’un autre temps, complètement dépassées.

Et ceux qui les suivaient étaient peut-être encore plus stupides que lui.

Tout cela pour dire que la présence d’une Lorena Martines dans l’entourage de ma luthérienne cousine par alliance avait quelque chose d’étonnant, et d’inquiétant quand à la santé mentale d’Antanasya. Mais je devais m’en remettre au cousin germain de mon mari, le duc William : si lui avait accepté telle situation, ce n’était sans doute pas sans une excellente raison. Après tout, si Anya faisait confiance à cette dame Martines, je devrais en faire autant.

D’Anya à son mari et de son mari au mien, d’un homonyme à l’autre, je me souvins du contexte ou j’avais ouï dire le nom de Lorena.

Ou plutôt son ancien nom, Avaline.

Les discussions, à l’étage des serviteurs, vont plus vite que celles des hautes sphères : Avaline Clives, au temps où elle était encore fille de joie, avait été la maîtresse de mon mari.

Jusque là, pas de quoi faire un esclandre.

Sauf que, devenue (ou re-devenue, peu m’importait), Lorena Martines, cette charmante rousse avait mis au monde deux enfants, des jumeaux dont on m’avait énoncé les prénoms et que j’avais oublié moins d’une minute après ; après tout je n’avais nulle raison de me soucier des enfants des autres. L’imagination de mon cher et tendre était allée plus vite que la mienne, voilà que William se demandait si les jumeaux n’étaient pas de lui, nés mois d’un mois avant nos jumelles.

Et là, la donne changeait.

Que William aille engrosser qui il voulait, ce n’était point mon affaire, à la simple condition qu’il ne m’impose point la présence de ces bâtards.

Quoique, je pourrais souffrir leur présence à la plus importante des conditions : que mes enfants, ses enfants légitimes, ne soient point spoliés de la moindre pièce d’or, du plus insignifiant des lopins de terre, de quoi que ce soit, au jour où leur père passerait de vie à trépas.

En résumé, les bâtards resteraient bâtards et n’obtiendraient rien de nous, rien de lui surtout.

Et leur mère encore moins.

J’avais réfléchi à la situation somme toute assez vite : trop d’années passées dans une relative misère imposée par mes parents, trop d’années passées à voir les autres se gaver sans jamais pouvoir, nous, disposer de notre argent, mon frère m’avait appris les ficelles du monde des affaires mais le peu que j’avais obtenu après mon premier veuvage, lorsque je n’étais qu’une fillette de treize ans, ne suffisait pas.

J’avais voulu plus, je voulais tout. Pour moi, pour mes enfants, c’était le monde ou rien.

J’avais eu plus, toujours plus, encore plus au fil des années, des rencontres, par mon mariage et les affaires que William et moi dirigions.

Mais j’en voulais encore.

Et si les enfants de Lorena étaient bien ceux de mon mari, rien ne me laissait présager qu’elle ne se décide pas, un jour, à réclamer quoi que ce soit à William au nom de ses bambins.

Chose qui compromettrait l’héritage de mes enfants, les biens que j’avais acquis et les biens qu’il me restait à acquérir encore.

‘Que cette gourgandine ne s’y risque point,’ grognais-je avant de la faire convoquer par une des servantes qu’Anya avait mis à ma disposition.

J’agissais sans réellement réfléchir, mais c’était mon instinct qui s’exprimait avant tout : une petite mise au point s’imposait. En soi, je n’avais rien contre Lorena, du moment qu’elle ne s’amusait pas à réclamer quoi que ce soit pour elle ou ses jumeaux. Là, ce serait à moi de montrer les dents, et ma fortune ou ma position m’annonçaient déjà gagnante. Je n’avais pas accompli tout ce parcours pour me voir mise à mal par une prostituée de bas-étage. Cela entacherait peut-être mes relations avec Antanasya, mais ne serait-ce que pour préserver l’unité des Cavendish, elle serait bien obligée de maintenir, officiellement, un semblant de cordialité.

Alors lorsque la rousse espagnole entra dans la pièce, j’étais parfaitement calme et maîtresse de moi. D’un signe, j’intimais à ma suivante d’emmener les jumelles et Charles à l’écart, lorsque Frances me regarda avec des yeux curieux et s’inclina puis s’en alla sans demander son reste, vers l’autre côté de la pièce. Elle ne manquerait pas, plus tard, de m’assiéger de questions, mais pour l’instant il lui faudrait tenir sa langue.

‘Merci d’être venue si vite,’ dis-je à l’espagnole lorsque elle m’eût saluée, ‘rassurez-vous je n’ai point l’intention de vous faire perdre trop longtemps votre temps. Je me doute que vous préféreriez être avec vos enfants plus qu’ici. J’espère qu’ils sont en bonne santé ?’

Bon, je me fichais bien de ses enfants et de leur état de santé, mais les formalités exigeaient que je fasse semblant de m’y intéresser.

‘J’ai à vous parler de Londres, et de la vie que vous y meniez. Point de jugement de ma part, il n’est pas dans mes habitudes de jouer les moralisatrices.’ Là au moins, c’était honnête. ‘Cependant, je crois que vous avez connu mon mari, Sir William Cavendish, me tromperais-je ?’

Rien dans mon attitude n’exprimait une jalousie que je ne ressentais pas, j’espérais qu’elle s’en rende vite compte. Au plus vite nous étions un minimum sincères et au plus tôt le coeur du problème serait posé sur la table.
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MessageSujet: Re: Une petite mise au point s'impose  Ven 24 Juin - 15:06
Les rencontres dans la vie sont comme le vent. Certaines vous effleurent juste la peau, d'autres vous renversent.
Elle avait beau être énervée du fait d'avoir été appelée loin de ses enfants par quelqu'un d'autre qu'Antanasya, elle tâchait de garder la tête froide.
Le point positif dans son ancienne vie de bourgeoise, c'est qu'elle avait appris à se tenir en société...En particulier auprès des personnes d'un degrés social plus élevé qu'elle.
Lorena aimait beaucoup Devonshire's House et adorait son travail. Elle était en adoration devant Henriette, Henri, Georgiana, Agnès et le petit dernier, Thomas. Pouvoir être actrice et spectatrice de leur vie et de leur réussite était un grand honneur.
Et, surtout, c'était un point fort pour Juan et Arina. Plus tard, ils pourront s’enorgueillir d'avoir été les proches des enfants d'une telle famille. Les Cavendish contribuaient beaucoup au développement de l'Angleterre.


Tandis qu'elle marchait, la servante à ses côtés, Lorena tâchait de se demander pourquoi cette Lady Hardwick cherchait à la voir. Prise dans ses réflexions, elle ne fit pas attention au fait qu'elle ralentissait petit à petit jusqu'au moment où l'évidence lui éclata au visage. Elle n'avait pas fait attention sur le coup mais cette femme était accompagnée d'un homme, prétendument son mari! Vu le changement de contexte, elle n'avait pas percuté tout de suite mais cet homme était sir William Cavendish, le cousin du Duc de Devonshire! Et, plus précisément, un de ses clients réguliers du temps où elle écartait les cuisses aux plus offrants.

Elle jura intérieurement. Oh et m*rde! pensa t'elle. Elle espérait que ce n'était pas une de ses épouses amoureuses et excessivement jalouses! Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait du monter à l'étage pour échapper à une femme bafouée de découvrir son mari en galante compagnie!...Et le nombre de fois où elle avait du faire barrage de son corps pour empêcher ces chères dames de venir scalper ses collègues? C'était semblable!
Elle se rappelait même la fois où elle avait reçu mauvais coup à l'estomac. Heureusement un domestique avait viré, sur ordre de Mary-Ann, et le mari et l'épousée en leur sommant de continuer leur scène de ménage dehors. Elle s'en était sortie avec un beau bleu.

Bref! Justement, elle en avait l'habitude et, en acceptant ce travail qui consistait à accompagner le couple partout où il allait pour peu que le Duc et la Duchesse avaient leurs progénitures avec eux, elle savait qu'elle allait devoir affronter ça. Sous l'oeil surpris de la servante, elle continua sa marche.





Devant Elizabeth Hardwick, elle se montra respectueuse.
Toute trace de nervosité avait disparu de son regard.
‘Merci d’être venue si vite,’ Lorena acquiesça d'un signe de tête. ‘rassurez-vous je n’ai point l’intention de vous faire perdre trop longtemps votre temps. Je me doute que vous préféreriez être avec vos enfants plus qu’ici. J’espère qu’ils sont en bonne santé ?’
L'espagnole sentait très bien que c'était une question de convenance, pour être polie! Mais elle sorti un de ses petits sourires en écho au circonstance et répondu: Juan et Arina vont très bien milady! Je vous remercie de votre considération.
Toujours digne. Toujours polie. Toujours respectueuse. C'était la clé.
‘J’ai à vous parler de Londres, et de la vie que vous y meniez. Point de jugement de ma part, il n’est pas dans mes habitudes de jouer les moralisatrices.’ Nous y voilà! Lorena prit une discrète mais profonde respiration. Extérieurement, elle paressait calme mais sa tête fonctionnait à toute vitesse. ‘Cependant, je crois que vous avez connu mon mari, Sir William Cavendish, me tromperais-je ?’

Elle avait vu juste. Elle se retint de faire une grimace mêlée à un sourire tâchant de toujours garder un visage stoïque et attentif. Elle examina Elizabeth d'un œil attentif. Elle n'y voyait ni trace de jalousie ni trace de colère. Un peu mais c'était maîtrisé. Cependant, il était clair que ce n'était pas pour la relation qu'elle avait eu avec Sir William qui énervait cette noble. Son regard valsa tout à tour sur la cousine des Ducs de Devonshire et sur les enfants. Ses yeux s'attardèrent sur deux petits poupons, des jumelles, bien au chaud dans leur couffin. A vue de nez, elle dirait que c'étaient des nouveaux-nés...Peut être nées un peu près en même temps que ses propres jumeaux.
Lorena avait fini par deviner. Elle se racla la gorge. En effet, j'ai connu votre époux milady dit-elle d'un ton neutre. A tout les coups, Elizabeth Hardwick croyait que Juan et Arina étaient les enfants de son mari que Lorena avait eu comme client au Red Lantern. D'un regard, elle signala à la noble qu'elle avait compris les raisons de sa convocation. Par égard pour les enfants présents dans cette pièce, elle évita de le dire à haute voix.
L'important était, maintenant, de faire comprendre que, elle-même, ne savait pas qui était le géniteur des jumeaux. Cela pouvait être, certes, William. Mais ça pouvait aussi être quelqu'un d'autre! Lorena n'en savait rien vu le nombre d'hommes qui défilaient au Red Lantern, c'était d'autant de pères potentiels.

Si la cousine des Cavendish la croyait, elle n'avait pas de soucis à se faire. Pourquoi voudrait-elle que William Cavendish endosse une paternité peu certaine? Pour l'argent? Probable mais Lorena ne demanderait jamais de l'argent à un homme si elle n'était pas sure que les bambins étaient de lui. Elle savait faire preuve de sournoiserie, certes. Mais pas quand des enfants étaient dans l'équation. Ce serait injuste pour les enfants d'Elizabeth et de William Cavendish perdent une partie de leur héritage pour d'autres qui n'étaient peut être pas affiliés à eux.
Si elle était certaine que le père était l'époux de cette dame, c'était chez lui qu'elle serait allée. Mais elle avait erré, véritablement, sans but dans le Devonshire jusqu'à se faire accueillir par Antanasya Cavendish, et sa petite famille.
©Pando


Dernière édition par Lorena I. Martines le Mar 11 Oct - 20:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une petite mise au point s'impose  Jeu 30 Juin - 18:03
J’avais vingt-neuf ans, un mari, sept enfants, un frère et une position.

L’on pouvait dire de moi beaucoup de choses et m’en reprocher bien d’autres encore, mais nul, jamais, ne pouvait se targuer de m’avoir contrainte à aller contre ma propre volonté.

Quoique, officiellement, pas tout à fait : j’eus une fugace pensée pour mon premier mari, Robert Barley, l’homme que mon beau-père, pour se débarrasser de moi, sa trop turbulente belle-fille, m’avait forcé à épouser. Je m’en souvenais, malgré tout, quand bien même j’avais espérer gommer de ma mémoire toute réminiscence de cette période que j’aurais voulu ne jamais avoir vécue.

Des enfants, voilà tout ce que nous étions.

Une fillette de treize ans et un garçon de quatorze, maladif et faiblard, déjà rongé par la tuberculose alors que je paraissais devant l’autel au bras du second mari de ma mère.

Epouser Barley allait contre ma volonté, et l’on m’y avait obligée. Aujourd’hui, avec l’expérience et le recul, je ne voyais plus cela comme un frein mais comme le premier pas vers mon ascension sociale que d’aucuns jugeaient spectaculaire. Lui et moi étions trop jeunes pour partager la même couche, dans un élan mystérieux d’affection, ma mère décréta que nous ne vivrions pas sous le même toit avant d’être en âge de mener une réelle vie de couple. La volonté divine en décida autrement, à ma grande joie : en 1544, un an après ma noce, j’étais une veuve de quatorze ans. Ma fâcheuse tendance à provoquer des esclandres au premier pas que je jugeais de travers couplée au soutien de Lady Zouche me permirent de triompher des volontés de l’oncle de feu mon mari et de récupérer l’intégralité du patrimoine de Robert.

Cela avait été mieux qu’un premier pas : un tremplin.

A vingt ans, j’avais intégré l’une des plus prestigieuses familles du pays, par une branche collatérale : devenir Cavendish avait été ma plus belle réussite. J’étais fière de ce clan qui m’avait accueillie, fière de mon mari, de son nom, fière de mes enfants et heureuse de voir que tous ressemblaient, plus ou moins, à leur père.

Fière de porter ce nom, de voir ma progéniture porter ce nom.

Je songeais à mes filles, mes quatre superbes fillettes, Frances, Elizabeth, Mary et Lucrece. Elles ne connaîtraient pas ce que j’avais connu, cela il en était hors de question. Aucune ne serait mariée de force à treize ans et d’une manière générale, aucune ne serait, dans la mesure du possible, mariée de force tout court. Elles n’auraient pas à ruser pour s’élever et connaître l’opulence, elles y étaient nées et n’en sortiraient qu’au moment où Dieu les ramènerait à lui. Point avant, c’était hors de question. Mes filles ne vivraient jamais ce que j’avais vécu. Lorsque viendrait mon tour de passer de vie à trépas, j’escomptais bien diviser ma fortune en parts égales pour chacun de mes enfants, et que la fortune en question soit suffisante pour leur permettre de couler des jours heureux.

Que mes enfants me laissent me salir les mains tant qu’il le faudrait ! Mes filles pourraient se permettre d’être aussi pieuses et sensibles que leur demi-sœur aînée, ma belle-fille Ann.

Pour moi, la gamine sans avenir du Derbyshire, cette option était impossible.

Nul ne me renverrait jamais d’où je venais, c’était le pari que je m’étais fait à moi-même lorsque j’avais uni mon destin à celui de Sir William Cavendish. Dussé-je être veuve dix fois et me remarier autant de fois, ce ne serait jamais sans m’assurer que rien ne risquait de me faire chuter d’une quelconque manière.

Je connaissais par coeur le parcours d’Anne Boleyn ; elle avait chuté mais ce ne serait pas mon cas.

Alors lorsque William en vint à m’évoquer ses doutes concernant la progéniture de Lorena Martines, je n’avais pu m’ôter de l’idée qu’à tout moment celle-ci pouvait venir réclamer ce qu’elle estimait être son dû. J’avais eu beau seriner à William qu’en ancienne fille de joie, il n’était pas le seul homme à qui elle ait ouvert sa couche, lui s’ôtait difficilement de l’esprit qu’un mois avant nos jumelles, deux autres jumeaux étaient nés de lui.

J’avais rapidement convoqué Lorena, et alors que la servante était partie la chercher, je songeais qu’après tout, mieux valait régler au plus vite une situation qui risquait fort de devenir embarrassante. Les deux femmes entrèrent, la rousse s’inclina, chacune montra ses respects.

Dieu que ces présentations pouvaient être empesées !

Heureusement, lorsque je pris le parti d’aller droit au but, Lorena fit preuve d’une grande franchise qui me la rendit presque sympathique. Cela dit, je n’avais rien contre elle en soi, c’était contre la menace qu’elle pouvait représenter que j’avais quelque chose. ‘En effet, j'ai connu votre époux milady.
- Parfait!’
m’exclamais-je, tout sourire, ‘voilà qui facilite considérablement les choses. Lorena, votre franchise vous honore, et je dis ça sans ironie.’

Dans mon cas, il valait mieux le préciser.

‘Le problème dont j’ai à vous faire part,’ repris-je, ‘concerne nos affaires personnelles, celles de mon mari jamais éloignées des miennes, et les vôtres. Encore une fois, point de moralité entre nous, ce n’est pas mon but et vous avez dû en voir d’autres. Moi-même ne suis pas un exemple de vertu et n’ai jamais prétendu en être un.’

Je songeais à James et mon sourire s’élargit : ‘la moralité, comme le bien et le mal, peut être vue de deux façons différentes. Dans le meilleur des cas, ce sont des notions certes fondamentales, mais qui au fond ne sont qu’une question de point de vue. Dans le pire des cas,’ je haussais une épaule, ‘ce n’est rien que de vulgaires mots conçus pour nous distinguer de nos adversaires et prétendre être plus légitimes qu’eux.’

Décidant qu’il était plus que temps d’exposer à mon interlocutrice les tenants et les aboutissants de sa présence ici, je l’invitais à s’asseoir face à moi sur l’un des deux fauteuils face à face, et je m’installais. A l’autre bout de la pièce, Charles jouait avec ses figurines de chevaliers et Frances faisait mine de ne pas écouter, mais je connaissais assez ma fille pour savoir que derrière les boucles blondes en cascade qui masquaient son visage, elle ne perdait pas une miette de la conversation.

Peut-être devrais-je l’éloigner, mais à quoi bon ? Tôt ou tard, selon l’homme qu’elle épouserait, elle aurait à faire face à ce genre de situations.

Alors autant qu’elle apprenne. Le plus tôt serait le mieux.

‘Vous avez, je le sais, la confiance de ma cousine par alliance, la duchesse Antanasya, une femme au jugement sûr que j’apprécie particulièrement. Là encore, je dis ça sans la moindre ironie.’

J’ignorais au juste ce que Lorena savait de moi, et au fond je me fichais éperdument de son avis me concernant, mais au vu de la réputation assassine que d’aucuns pouvaient me faire, cela valait mieux de le préciser, par souci d’honnêteté.

Il n’était pas dans mes habitudes de faire l’éloge de qui que ce soit, sinon pour faire comprendre à quel point je pouvais me montrer méprisante.

Anya était l’une des rares à échapper à la règle, le souligner était important.

Je souris : ‘imaginez-vous que mon époux, Sir William, s’est mis en tête que vos enfants’ dont j’avais déjà oublié les noms, ‘étaient de lui. Non que l’idée me dérange en soi, William dispose de son temps comme il le souhaite et peu m’importe la façon dont il en use, lui-même ne contrôle pas ce que je fais de mes heures libres et c’est très bien ainsi.’

A nouveau, mes pensées s’échappèrent vers James. Quand donc le reverrais-je ? Je repris : ‘ce n’est pas mon problème. Cela le devient lorsque la possibilité d’une modification, même infime, de la ligne d’héritage, apparaît. Oh, j’ai bien tenté de faire comprendre à votre mari qu’il était loin d’être le seul père potentiel, vous savez comment sont les hommes : si convaincus d’être dans le vrai qu’ils en oublient les arguments les plus évidents. Puisque je ne peux pas m’en remettre à lui avec une certitude absolue, c’est vers vous que je dois me tourner.’

Charles laissa s’échapper un petit cri de surprise lorsque, ayant empilé toutes ses figurines à même le sol en un édifice précaire, celles-ci s’écroulèrent finalement avec fracas. Je m’enfonçais un peu davantage dans mon fauteuil.

‘J’ignore si oui ou non vos jumeaux sont les bâtards de mon mari, et je n’en ai cure. Je connais assez Anya pour savoir que tant que vous serez sous sa protection, ils ne manqueront de rien et c’est une excellente chose. Cependant, si le temps passant, une quelconque ressemblance physique venait à laisser croire que votre fils et votre fille soient bien nés de mon époux, croyez bien que seule la protection d’Anya vous sera d’un quelconque secours. Je ne saurais tolérer que l’héritage de mes enfants ou même de ma belle-fille soit mis à mal d’une quelconque manière. Même s’il s’agit de la plus insignifiante pièce d’or. Je n’ai rien contre vous, je n’ai pas l’intention de tenter quoi que ce soit, croyez-moi j’ai nombre d’autres chats à fouetter en ces temps de trouble. Mais vous êtes mère vous aussi, désormais, alors vous devriez en toute logique comprendre ma réaction. Je ne souffrirais rien qui puisse s’interposer entre mes enfants et leur patrimoine.’

Et voilà, nous y étions : les masques étaient tombés vite et bien, avec un peu de chance cette situation se réglerait au plus vite. Je n’aimais pas ma démarche : non que menacer quiconque m’effraye, mais j’avais l’impression de violer une règle sacrée que William et moi avions instaurée alors que nous étions encore fiancés.

Chacun sa sphère, chacun sa vie, chacun sa liberté.

Je me rassurais en songeant que pour qu’Anya ait embauché cette Lorena pour nourrir et veiller sur ses enfants, cela signifiait que l’espagnole avait un minimum de cervelle et de jugement. Serait-ce le cas, elle comprendrait vite, comme Ann, comme tant d’autres, que s’interposer entre moi et ma volonté n’était pas d’une intelligence accrue.
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MessageSujet: Re: Une petite mise au point s'impose  Mar 5 Juil - 17:54


Une petite mise au point s'impose

LES RENCONTRES DANS LA VIE SONT COMME LE VENT. CERTAINES VOUS EFFLEURENT JUSTE LA PEAU, D'AUTRES VOUS RENVERSENT.



La réaction de Lady Hardwick ne se fit pas attendre. Et, comme elle s'y attendait, ce ne fut pas une gifle qu'elle se prit.
- Parfait!‘voilà qui facilite considérablement les choses. Lorena, votre franchise vous honore, et je dis ça sans ironie.’

Comprenant, au ton de la jeune femme, qu'elle disait la vérité, elle risqua un sourire. Elle avait eu raison en n'essayant pas de camoufler la relation qu'elle avait eu avec le Lord Cavendish, cousin du Duc de Devonshire. De toute façon, vu sa situation, c'était complètement stupide à un point que l'idée ne lui avait même pas effleuré l'esprit.

Sans mot dire, elle écouta le monologue de son interlocutrice. ‘Le problème dont j’ai à vous faire part, concerne nos affaires personnelles, celles de mon mari jamais éloignées des miennes, et les vôtres. Encore une fois, point de moralité entre nous, ce n’est pas mon but et vous avez dû en voir d’autres. Moi-même ne suis pas un exemple de vertu et n’ai jamais prétendu en être un.’
Elle haussa un sourcil. Ce n'est pas commun qu'une femme, membre de la haute noblesse qui plus-est, avoue ne pas être un modèle de vertu. Lorena avait suffisamment entendu bons nombres de frasques à propos de ces femme, après un moment avec des clients. Après avoir bien bus et bien mangés avec une libido rassasiée, ces hommes - se prétendant tous être sérieux - se montraient drôlement causants! ...Pour certains, cela avait provoqué leur perte!
‘la moralité, comme le bien et le mal, peut être vue de deux façons différentes. Dans le meilleur des cas, ce sont des notions certes fondamentales, mais qui au fond ne sont qu’une question de point de vue. Dans le pire des cas, ce n’est rien que de vulgaires mots conçus pour nous distinguer de nos adversaires et prétendre être plus légitimes qu’eux.’
Surprenant... Les rares femmes de l'aristocratie qu'elle avait rencontré sans qu'elle prenne la peine de cacher sa profession "honteuse", l'avait tous traité de fille du Diable, pêcheuse luxurieuse, catin, puterelle et...On peut se faire aisément une idée des autres surnoms qu'on peut nommé de "pas très chrétiens" qui sont passés par la bouche de ces femmes, soit disant, de bonne vie. Alors que certaines allaient se réfugier dans d'autres couches! Enfin, d'après les dires de leurs soûlards de maris!
ça vous pouvez le dire, milady!

Dit-elle s'en vraiment s'en rendre compte.
‘Vous avez, je le sais, la confiance de ma cousine par alliance, la duchesse Antanasya, une femme au jugement sûr que j’apprécie particulièrement. Là encore, je dis ça sans la moindre ironie.’
La confiance qu'elle m'accorde est un grand honneur, Lady Hardwick

La conversation continua:
‘imaginez-vous que mon époux, Sir William, s’est mis en tête que vos enfants étaient de lui. Non que l’idée me dérange en soi, William dispose de son temps comme il le souhaite et peu m’importe la façon dont il en use, lui-même ne contrôle pas ce que je fais de mes heures libres et c’est très bien ainsi.’
Encore gagné! Elle du se faire violence pour ne pas rire. Les hommes étaient si prévisibles! Pour éviter son fou-rire de partir, elle se concentra un maximum sur ce que lui disait l'épouse de son ancien client.

‘ce n’est pas mon problème. Cela le devient lorsque la possibilité d’une modification, même infime, de la ligne d’héritage, apparaît. Oh, j’ai bien tenté de faire comprendre à votre mari qu’il était loin d’être le seul père potentiel, vous savez comment sont les hommes : si convaincus d’être dans le vrai qu’ils en oublient les arguments les plus évidents. Puisque je ne peux pas m’en remettre à lui avec une certitude absolue, c’est vers vous que je dois me tourner.
‘J’ignore si oui ou non vos jumeaux sont les bâtards de mon mari, et je n’en ai cure. Je connais assez Anya pour savoir que tant que vous serez sous sa protection, ils ne manqueront de rien et c’est une excellente chose. Cependant, si le temps passant, une quelconque ressemblance physique venait à laisser croire que votre fils et votre fille soient bien nés de mon époux, croyez bien que seule la protection d’Anya vous sera d’un quelconque secours. Je ne saurais tolérer que l’héritage de mes enfants ou même de ma belle-fille soit mis à mal d’une quelconque manière. Même s’il s’agit de la plus insignifiante pièce d’or. Je n’ai rien contre vous, je n’ai pas l’intention de tenter quoi que ce soit, croyez-moi j’ai nombre d’autres chats à fouetter en ces temps de trouble. Mais vous êtes mère vous aussi, désormais, alors vous devriez en toute logique comprendre ma réaction. Je ne souffrirais rien qui puisse s’interposer entre mes enfants et leur patrimoine.’’

Elle avait beau confirmer ne pas menacer Arina et Juan, parfois, elle avait l'impression d'entendre l'inverse. Ou, plutôt, "réclamer quoi que ce soit de mon mari et même la protection de la Duchesse ne vous sera d'aucuns secours!"Elle se força à rester calme. Antanasya et elle étaient cousines par les lois du mariage! Elizabeth Hardwick ne ferait rien qui entacherait sa famille!

Mais,finalement, un petit rire dépassa la frontière. Elle se racla la gorge et mis un de ses poings fermés sur sa bouche pour faire passé son fou-rire Navrée, ma Dame! Elle souffla un coup pour faire définitivement partir le reste d'hilarité qui lui restait au fin fond de la gorge. Elle ne tenait pas à entendre sa voix entrecoupée d'éclat de rire.
Donc votre mari est convaincu que Arina et Juan sont ses enfants... Et vous êtes venus vers moi pour en avoir la confirmation. Dit-elle d'une voix calme, ne laissant même pas supposer qu'elle avait effleuré le grand éclat de rire quelques minutes avant.
Cela va vous paraître pitoyable mais...Je ne sais absolument pas qui est le père de mes jumeaux! Elle reprit: Alors oui, votre époux peut très bien être leur père mais, comme vous l'avez si bien dit, il est loin d'être le seul homme qui a vu la couleur de mes draps! Elle laissa passer un blanc avant de poursuivre: Et ce n'est pas dans mes habitudes de réclamer quelque chose si je ne suis pas sure que cela revienne de pleins droits à moi ou à mes enfants! Je n'ai pas grand chose pour le prouver mais je peux vous promettre que, comme je n'ai aucuns moyens de savoir qui est le géniteur de mes jumeaux, le seul patrimoine dont héritera mes enfants sera le mien! ...Et, bien sur, celui et celle avec qui ils finiront marier!

On toqua à la porte qui s'ouvrit. Elle sursauta et failli avoir un fou-rire en voyant William Cavendish n'ayant pas eu le temps de se cacher avant que le serviteur n'ouvre la porte. Heureusement qu'elle avait un self-control assez conséquent...Elle rigolera plus tard! En revanche, elle tiqua en voyant qu'il n'était pas seul mais accompagné de deux servantes portant deux bambins...SES BAMBINS! En train de gigoter en gémissant qui plus est!
Voyant qu'elle était sur le point de s'énerver, le serviteur brandit ses mains devant lui et s'exclama, d'une voix chevrotante: "Excusez-moi de vous déranger, Dame de Hardwick, Dame Martines, mais les petits commençaient à pleurer et nous pouvions les calmer!"
"Evidemment" dit-elle, brusquement calme,"seule leur mère a ce pouvoir"
Elle vint prendre ses enfants, un dans chaque bras, et se tourna quand son regard perçu celui scrutateur de l'époux de Lady Hardwick sur Juan et Arina. Sur le coup, elle du se retenir de rouler des yeux au plafond.
Raaah, les hommes! Quand ils avaient une idée en tête!


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MessageSujet: Re: Une petite mise au point s'impose  Jeu 7 Juil - 11:45
La rousse espagnole m’écouta sans trop broncher, plaçant ici et là une phrase soit d’approbation, soit de louange envers ma cousine, que j’accueillis avec un hochement de tête satisfait avant de continuer sur ma lancée. J’ignorais quelles raisons avaient poussé Anya à placer à un poste de telle responsabilité une espagnole à la tendance religieuse pouvant être remise en question. Qui pouvait se targuer de connaître un seul espagnol de confession protestante ?

Si ma cousine par alliance lui faisait confiance, soit. Elle avait forcément des raisons que j’ignorais, et je me moquais bien de qui elle pouvait embaucher ou non, dans la mesure où nul parmi son personnel n’allait s’amuser à la dénoncer, me dénoncer, nous dénoncer tous.

Je m’étonnais de ce choix, quiconque connaissait la duchesse de Devonshire pouvait s’en étonner. Je me souvenais comme de la veille de la femme de chambre de ma fille aînée, et du jour ou plusieurs dames de mon service en qui j’avais toute confiance m’avaient assurée l’avoir surprise en pleine conversation avec le très catholique prêtre de Scarsdale. Ni une ni deux, plusieurs pièces d’argenterie furent fort opportunément retrouvées dans ses affaires et je trouvais là un formidable prétexte pour l’expédier vers d’autres horizons, où elle ne croiserait plus ma route.

Je ne pouvais tolérer un papiste sous mon toit, j’en croisais bien suffisamment à la cour pour supporter leur présence chez moi. Et laisser courir le moindre risque était impensable.

Et voilà que ma cousine embauchait une espagnole ! Une espagnole pour nourrir et veiller sur ses enfants ! Des enfants protestants !

Enfin, à mesure que je dévidais mon sac de paroles, Lorena Martines ne laissa voir aucun signe me laissant présager de quoi que ce soit de félon. Rien ne laissait croire qu’elle avait l’intention de trahir quiconque, et le respect qu’elle présenta lorsque Anya fut évoquée me parut sincère. Ma presque cousine devait savoir ce qu’elle faisait, après tout…

Sans elle, c’était toute la structure de la résistance protestante qui s’écroulait. Elle n’allait tout de même pas risquer de compromettre une cause pour laquelle elle s’était battue toute sa vie pour une espagnole !

Au fond, ce que je reprochais à Lorena n’était pas son ancienne profession, loin de là même, au moins avait-elle eu l’intelligence de se faire payer pour ses services, quand tant d’autres femmes du beau monde jouaient les prostituées sans rien obtenir en retour. Ce que je reprochais à Lorena, c’était son nom espagnol, son sang espagnol, qui d’entrée la plaçait dans les persona non grata de ma connaissance.

J’espérais me tromper sur son compte, pour Anya, moi, les protestants du pays qui comptaient tant sur nous pour défendre leur voix.

J’espérais aussi qu’elle serait assez maligne pour comprendre que si elle s’opposait à moi d’une quelconque manière, le prix à payer serait trop cher pour qu’elle puisse un jour le rembourser.

Mais lorsque j’eus fini de parler et que la flamboyante ibérique me faisant face étouffa un rire de gorge, visiblement instinctif, j’eus un vague sentiment d’insatisfaction. Apparemment, elle ne prenait pas au sérieux, pas assez au sérieux, pensait-elle que mes paroles étaient vides de sens, que je m’étais contentée de bavasser pour meubler les silences et que rien de ce que j’avais avancé ne signifiait quoi que ce soit ?

Grossière erreur, damoiselle, grossière erreur.

J’arquais un sourcil. ‘Vous êtes toute excusée,’ fis-je d’un ton glacial, ‘mais je vous serais gré de ne point trop me mésestimer. La désapprobation familiale est ma spécialité, Lorena. Si vous constatiez la vie que mènent mes sœurs pour la comparer à la mienne, vous comprendriez que je ne suis pas de celles qui s’appesantissent de trop sur les liens du sang. Ne jugez pas sans connaître, c’est un conseil.’

Margaret, Katherine, Georgiana. Mariées à des hommes de même condition, de même ambition que notre père ou, pis encore, notre beau-père. Sans doute même était-ce ce dernier qui avait sélectionné l’homme auquel elles seraient liées pour le restant de leur pitoyable existence. Combien de rejetons avaient-elles désormais, étaient-elles mortes ou vives, étaient-elles heureuses ou non, je l’ignorais et m’en fichais royalement.

Langes rimait avec fange, dans un cas comme dans l’autre elles étaient dans leur univers.

J’étais un monstre, mais je n’en avais cure.

Le fait était que William et Antanasya n’étaient pas de mon sang, ce qui nous liait était plus fort encore.

Le choix.

Celui de mon mari, le mien, celui du couple ducal qui avait unanimement vu en moi un membre de leur clan.

Je ne croyais pas aux liens du sang. Mais tout le monde autour de moi semblait convaincu qu’ils étaient les plus forts. Alors si l’on constatait avec quelle indifférence méprisante je traitais les membres de ma famille, l’on croyait deviner sans peine ce que je pouvais réserver aux employés de la branche cousine de ma belle-famille.

A la base, je n’avais rien contre Lorena ou ses deux bambins, le sort de la mère ou des enfants m’indifférait totalement. Mais son attitude avait quelque chose de déplacé : quelle ait été ou non la maîtresse de mon mari ne changeait rien au fait que dans cette pièce, nous n’étions pas égales.

Nous aurions pu l’être, quelque part, si elle était restée dans son monde et moi dans le mien. Ses manières n’étaient pas celles d’une paysanne, loin s’en faut : elle venait d’un milieu un minimum éduqué, bourgeois même. Comme moi.

Peut-être même mieux que moi, si l’on considérait le manque d’ambition déplorable de mon père ou même mon frère, et cette détestable façon qu’avait ma mère de nous encourager, mes sœurs et moi, à aller jouer dans les champs et la boue avec les enfants des métayers.

Peut-être Lorena Martines venait-elle d’une famille ambitieuse.

Peut-être lui avait-t-on donné une éducation plus correcte que la mienne.

Peut-être avait-elle eu des précepteurs qui lui avaient enseigné les langues étrangères, la danse, les bonnes manières, le chant, la musique, la littérature, quand je n’avais eu pour seuls instituteurs que ma mère qui s’était bornée à m’apprendre à lire et écrire l’anglais, et mon frère qui m’avait tout expliqué du monde des affaires.

Peut-être lui interdisait-on d’aller partager la vie de paysans, arguant qu’un plus bel avenir l’attendait, qu’elle valait mieux que des robes trouées et des genoux crottés. Peut-être qu’elle fréquentait jadis des gens d’un milieu similaire au sien, un milieu de bourgeois aisés et éduqués.

Peut-être qu’au départ, elle avait plus de chances que moi de réussir dans le beau monde.

L’ironie du sort avait voulu que nos chemins se croisent alors qu’elle était une ancienne prostituée devenue domestique, certes à un poste de confiance et de responsabilités, mais son statut était celui d’une domestique. Quand moi, veuve à quatorze ans, remariée à vingt, mère de sept enfants, j’étais une Lady, apparentée à l’une des plus puissantes familles d’Angleterre.

Les farces du destin ne sont de bon goût que lorsqu’elles nous favorisent, je trouvais celle-ci d’un goût excellent.

‘Mon mari pense ce qu’il désire penser, point ne me chaut. Je ne désire aucune confirmation, l’identité du père de vos enfants m’indiffère, fut-ce mon mari. Je me doute bien que vous même ne le savez point, et au demeurant, n’est-ce pas mieux ainsi ?’

Aurais-je été dans pareille situation, jamais je n’aurais voulu savoir l’identité de l’homme qui m’avait engrossée. J’aurais eu trop peur de découvrir que la graine qui avait germé en moi provenait d’un soudard, d’un crétin, d’un papiste, ou de quiconque ne rentrant pas dans les critères d’un homme que j’estimais digne de me mettre enceinte.

J’aurais préféré élever mes enfants sans père plutôt que me retrouver à leur expliquer qu’ils étaient nés d’un ivrogne patenté qui aujourd’hui avait un nez fleuri et était incapable de marcher droit.

Le mensonge valait souvent mieux que la vérité.

‘Vous avez dit,’ finis-je par dire lorsqu’elle eut terminé, ‘ce que je désirais entendre. Rien de mieux. Je saurais m’en souvenir à bon escient. Je regrette d’avoir eu à m’immiscer ainsi dans votre vie, ce n’est pas là un exercice que j’apprécie, mais la fin justifie toujours les moyens.’ Je me levais : ‘Lorena, je n’ai point l’intention d’abuser davantage de votre temps ou de votre patience. Vos enfants doivent déjà vous réclamer à cette heure.’

Ils la réclamaient si bien qu’au lieu de voir leur mère revenir vers eux, ce furent eux qui vinrent vers elle, dans les bras d’un serviteur d’Anya. Talonné de près par…

‘William, mon cher, vous êtes déjà là ? Diantre, nous ne vous attendions que pour demain !’

Il ne m’avait point échappé qu’il avait cherché à subrepticement disparaître dans le couloir, aussi trouvais-je beaucoup plus amusant de signaler sa présence à voix haute. Il me sembla voir Lorena esquisser une mimique : s’était-elle retenue de lever les yeux au plafond ?

Ce fut moi qui le fit, très ouvertement, assortissant mon geste d’un soupir qui ne pouvait échapper à personne, lorsque je constatais le regard scrutateur que mon mari posait sur les deux bambins que déjà, Lorena prenait dans ses bras. Mon exclamation avait eu son petit effet puisque ma fille et mon fils se précipitèrent vers leur père, l’accueillant avec force cris et démonstrations de joie. Il me retourna un regard noir, et je répliquais par un large sourire.

‘ - Lord Stuart vous a écrit,’ siffla mon mari en me tendant une lettre scellée.
‘ - Oh, parfait, sans doute souhaite-t-il s’enquérir de ma santé après l’accouchement. Cette période est toujours un peu pénible.
- Je n’en doute pas un seul instant. C’est un homme terriblement attentionné. Il m’a écrit la dernière fois que j’étais malade. Prions Dieu pour que je ne contracte pas la goutte, où il serait capable de m’envoyer son propre médecin pour m’assister.’


Mon éclat de rire retentit si fort qu’il réveilla Mary et résonna contre les parois de la pièce, pourtant vaste.

D’un signe de tête, William salua Lorena comme si il ne la connaissait pas, m’adressa un sourire acide et sortit, accompagné de son écuyer, de Frances qui le pressait déjà pour qu’il l’a mène aux écuries et de Charles qui babillait Dieu savait quoi en s’accrochant à sa tunique. Lucrece respirait à petits coups faibles, je lui caressais doucement la joue avant de prendre Mary dans mes bras et de m’asseoir à côté de Lorena.

‘Et dire que nous sommes le sexe faible pour ces messieurs. Nous nous devons toutefois d’être assez fortes pour les supporter, tous tant qu’ils sont. Parfois je me demande qui est le plus faible, dans l’histoire. Cela ne vous est jamais arrivé de vous poser cette question, à Londres ?’
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MessageSujet: Re: Une petite mise au point s'impose  Ven 15 Juil - 20:02


Une petite mise au point s'impose

LES RENCONTRES DANS LA VIE SONT COMME LE VENT. CERTAINES VOUS EFFLEURENT JUSTE LA PEAU, D'AUTRES VOUS RENVERSENT.


‘Vous êtes toute excusée,’mais je vous serais gré de ne point trop me mésestimer. La désapprobation familiale est ma spécialité, Lorena. Si vous constatiez la vie que mènent mes sœurs pour la comparer à la mienne, vous comprendriez que je ne suis pas de celles qui s’appesantissent de trop sur les liens du sang. Ne jugez pas sans connaître, c’est un conseil.’
Elle se racla la gorge: Cela n'était point mon intention milady. Excusez-moi de vous avoir froissé. dit-elle, avant de rajouter: Et je ne prête point attention au lien de sang, également.

Seuls ses enfants avaient de l'importance pour elle. En revanche, pour sa famille, les Martines, elle n'avait que faire d'eux. Sa belle-mère était haïssable et elle se souvenait des bleus qui apparaissaient sur ses bras quand Katerina piquait une de ses crises. Elle se souvenait du bleu sur sa joue le jour où elle avait osé refuser d'épouser Aiden Palanques. Alors, certes, elle n'avait aucun lien de sang avec Katerina qui n'était que sa belle-mère mais, avec Carlos Martines, c'était différent.
Il était son père. Il aurait du la protéger. Mais il était soumis et trop tolérant vis-à-vis de son épouse. Avait-il vu comme une faute le fait qu'il s'était plus occupé de sa fille que de sa nouvelle épouse après leur mariage? Pour Lorena, peu importait car, pour elle, cet homme l'avait trahi.

‘Mon mari pense ce qu’il désire penser, point ne me chaut. Je ne désire aucune confirmation, l’identité du père de vos enfants m’indiffère, fut-ce mon mari. Je me doute bien que vous même ne le savez point, et au demeurant, n’est-ce pas mieux ainsi ?’

Etait-ce effectivement mieux qu'elle ne connaissait pas l'identité du géniteur de Juan et d'Arina? Cette situation avait son avantage comme son inconvénient. Elle répondu: Au moins, aucuns de mes anciens clients n'auront le toupet de venir me les réclamer. Je préfère mourir que de me séparer de mes enfants.

Leur entrevue continua comme telle encore un moment. Lorena commençait à se demander quand elle reverrait ses enfants. ‘Vous avez dit,ce que je désirais entendre. Rien de mieux. Je saurais m’en souvenir à bon escient. Je regrette d’avoir eu à m’immiscer ainsi dans votre vie, ce n’est pas là un exercice que j’apprécie, mais la fin justifie toujours les moyens.’ Elle se leva et Lorena suivit le mouvement ‘Lorena, je n’ai point l’intention d’abuser davantage de votre temps ou de votre patience. Vos enfants doivent déjà vous réclamer à cette heure.’

Elle fit une légère révérence: ne vous inquiétez pas Ma dame. J'aurais agis comme vous si j'étais à votre place. N'ayez aucunes inquiétudes, il n'est guère dans mes habitudes de réclamer quelque chose si je ne suis pas sure que cela me revienne de droit. A moi ou à mes enfants.
Parlant de ses enfants, ces derniers arrivèrent dans les bras d'une serviteur, suivi de près par William Cavendish, l'époux de Lady Hardwick.

‘William, mon cher, vous êtes déjà là ? Diantre, nous ne vous attendions que pour demain !’


Prenant Arina et Juan dans ses bras, le regard insistant du Lord sur les petits faillirent lui faire lever les yeux et elle retourna s'asseoir, laissant les époux "savourer" leurs retrouvailles. Berçant doucement les petits, elle ne prêta pas attention aux dires des cousins du Duc de Devonshire.

Elle croisa le regard de Lord Cavendish qui la salua comme si il s'agissait de leur toute première rencontre. Elle fut bientôt rejointe par la maîtresse des lieux.‘Et dire que nous sommes le sexe faible pour ces messieurs. Nous nous devons toutefois d’être assez fortes pour les supporter, tous tant qu’ils sont. Parfois je me demande qui est le plus faible, dans l’histoire. Cela ne vous est jamais arrivé de vous poser cette question, à Londres ?’

Oh que si! Croyez-moi. Quand on a eu une profession comme la mienne, on se pose de plus en plus souvent la question! Combien d'hommes avait-elle pu manipuler parce qu'ils étaient amoureux de sa beauté? Elle ne les avait plus compté au bout d'un moment: Ils sont surtout très doués pour mentir, faire semblant et déformer la vérité Elle regarda le petit bambin dans les bras d'Elizabeth: Vous avez des enfants sublimes!


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MessageSujet: Re: Une petite mise au point s'impose  Jeu 25 Aoû - 14:13
Je ne prête point attention aux liens du sang également.

Je souris, un sourire non dénué d'une certaine acidité, mais un sourire sincère tout de même : 'voilà qui nous fait un point commun.' Outre le lien que nous avions toutes les deux avec le même homme, en l’occurrence mon époux, mais je ne jugeais pas utile de remettre cela sur le tapis.

Les choses s'apaisèrent finalement peu de temps après, une fois que j'eus la certitude que Lorena ne chercherait pas à s'approprier ce qui ne lui revenait pas, et que je tins son silence et sa discrétion pour acquises dans ce qui concernait mon mari. Ou du moins son héritage : elle ne serait pas assez stupide pour compromettre sa nouvelle position et par là, ma cousine la duchesse Antanasya, en s'amusant à raconter à toute la cour quel genre de liens elle avait entretenu avec mon mari et en quelles occasions. 'Je vous remercie, ma Dame. J'ai nombre de défauts, mais point celui de me mêler des affaires privées des uns et des autres, à moins d'avoir quelque chose de précis à en retirer. A présent qu'entre nous les choses sont clairement posées, je vous assure que jamais plus le sujet ne sera évoqué. Vous serez pour moi Dame Lorena Martines, nourrice et gouvernante des enfants de ma cousine. Rien de plus, rien de moins.'

A quatre pattes, Charles s'était faufilé jusqu'à moi et jouaient à présent avec l'ourlet de ma robe. Un peu à côté, Frances faisait semblant de ne rien entendre, le nez sur sa broderie. J'espérais qu'elle avait au moins appris de cette conversation comment appréhender ceux qui semblaient désignés comme nos ennemis pour voir au-delà de certains a priori. J'ignorais si Lorena et moi deviendrions amies, mais je ne désirais pas d'hostilité entre nous deux. Pas tant vis-à-vis d'elle, ni même de moi, l'hostilité ne m’effrayait point et ne l'avait jamais fait, mais vis-à-vis d'Anya. Elle avait besoin de nous deux : moi pour la cause protestante, Lorena pour ses enfants. J'étais mère aussi, j'étais engagée autant qu'elle l'était dans la Réforme, et je savais d'expérience que sans unité au sein de son propre foyer, tout combat était perdu d'avance.

L'union fait la force. Antanasya, moi, les protestants d'Angleterre et de toute l'Europe avaient besoin et d'union, et de force.

Impossible pour moi de compromettre cela pour une relation extraconjugale de mon mari volage.

Lui saluait James Stuart lorsqu'il le croisait et en parlait sans animosité aucune alors qu'il savait pertinemment quel lien nous entretenions. Je n'allais sûrement pas m'improviser Dame de la Morale et lui demander des comptes quant à sa relation avec Lorena Martines, fut-il le père de ses bambins. Je n'allais pas provoquer d'esclandre lorsque mon chemin croiserait celui de la rousse, loin de là.

Mais il me faciliterait la tâche si il arrêtait de fixer ses gamins comme ça !


Car William nous avait rejoint et dardait sur les bébés à demi-espagnols un oeil qui n'échappait ni à moi, ni à Lorena. Dieu merci, mon intervention couplée à celle de mes enfants l'éloigna relativement vite de mes appartements. Avec un rictus, il laissa la lettre de James sur le guéridon pendant que je prenais Mary dans mes bras et laissais Lucrece dormir. Si on pouvait dire que son repos agité, ponctué de respirations irrégulières et de gémissements faiblards était un réel sommeil. Mary, bien réveillée, avait le regard brillant et frappait vigoureusement l'air de ses petits poings fermés. A nouveau, j'eus un rire plutôt sonore aux paroles de l'espagnole.

'Alors cela, je n'en doute pas le moindre instant. Rien qu'en fréquentant la cour, c'est une question que toute femme dotée d'un minimum de jugement se pose. Ce devait être bien pire pour vous.' Je haussais distraitement les épaules : 'avec en prime les gentes dames tout doit sorties du confessionnal qui se signaient à votre passage alors qu'au fond, elles étaient surtout frustrées de ne point pouvoir vivre comme elles le désiraient. Vous a-t-on déjà traitée de fille du Diable ? Cette insulte est vraiment la plus désopilante de toutes ! Au fond, nous sommes tous des prostitués, hommes ou femmes : nous vendons simplement différentes part de nous.'

Les doigts de Mary s'étaient refermés autour de mon pendentif et je la soulevais de quelques centimètres. Déjà sur son crâne, un fin duvet blond se laissait voir. Etait-ce un effet de mon imagination où des reflets cuivrés se distinguaient déjà ? En tout cas, elle avait mes yeux, exactement les mêmes. Bruns, en amande, et l'arcade sourcilière dessinée comme la mienne.

Je ne pus m'empêcher de sourire au compliment de Lorena.

'Ne comptez pas sur moi pour dire le contraire ! C'est là un défaut de toutes les mères, vous connaissez cela désormais. Quoique,' je détachais mon regard de ma fille pour le poser sur les bambins de Lorena et les voir pour de bon, 'je me vois bien obligée de vous retourner le compliment. Sincèrement. Et ils semblent de belle santé tous les deux, c'est une chance pour vous. J'aurais aimé qu'il en aille de même pour mes filles, mais seule Mary me rassure. Lucrece,' je désignais le berceau, 'est très faible. Dieu a rappelé ma seconde née à Lui voilà des années, j'aurais souhaité qu'il m'épargne une nouvelle perte de même acabit, mais hélas j'ai l'impression d'assister à un compte à rebours.'

Dehors, la neige avait repris sa chute lente. 'Puisque nous en sommes aux confidences,' repris-je, 'pensez-vous être en mesure de me dire les raisons ayant poussé ma cousine la duchesse à vous placer dans cette position ? Je ne mets rien en doute, ni votre intelligence, ni votre capacité en tant que nourrice. Vos jumeaux sont beaux et bien portants, sincèrement, et n'importe quelle femme du monde donnerait cher pour une femme telle que vous. Et je suis honnête, je le précise encore. Mais la situation actuelle du pays nous inquiète toutes les deux, Anya et moi. Pour des raisons que vous êtes justement assez maligne pour deviner.'

Les murs ayant des oreilles, même ceux de Devonshire's House, je préférais ne pas évoquer trop ouvertement le problème de Philippe II, de Mary Tudor et des protestants. Mais Lorena comprendrait, j'en étais sûre.

'J'ai en Antanasya une confiance totale et presque aveugle, chose qui m'arrive en réalité très rarement. Je ne mets pas en doute son jugement et ses capacités de discernement.' Je l'avais fait avant de rencontrer Lorena mais désormais, j'étais fixée : Anya ne se trompait pas en lui faisant confiance. 'Mais je vous avoue que je ne m'attendais pas du tout à croiser une personne d'ascendance ibérique dans l'entourage proche des ducs de Devonshire, et je suis plutôt étonnée. Si vous ne préférez pas en parler, je comprendrais, je n'ai pas l'intention de vous chercher des ennuis même si je peux en avoir l'air, je suis simplement... Curieuse !'
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MessageSujet: Re: Une petite mise au point s'impose  Dim 28 Aoû - 11:53


Une petite mise au point s'impose

LES RENCONTRES DANS LA VIE SONT COMME LE VENT. CERTAINES VOUS EFFLEURENT JUSTE LA PEAU, D'AUTRES VOUS RENVERSENT.


Lorena découvrait avec un soupçon de plaisir qu'Elizabeth Hardwick et elle avaient plus de points en commun qu'elle ne l'aurait pensé...Et, cela, même si leur route avait pris des chemins différents. Mais, le point en commun le plus important était, en enlevant le fait qu'elles aient couché avec le même homme, qu'elles n'accordaient aucunes importances aux liens familiaux. Sauf à la leurs enfants.. 'voilà qui nous fait un point commun.'

Sans vraiment savoir pourquoi, Lorena dit: Si cette garce qui a épousé mon père n'avait jamais existé, je serais toujours en train d'observer la mer de ma demeure. mais elle ajouta: mais j'ai rencontré votre cousine, c'est donc un mal pour un bien

'Je vous remercie, ma Dame. J'ai nombre de défauts, mais point celui de me mêler des affaires privées des uns et des autres, à moins d'avoir quelque chose de précis à en retirer. A présent qu'entre nous les choses sont clairement posées, je vous assure que jamais plus le sujet ne sera évoqué. Vous serez pour moi Dame Lorena Martines, nourrice et gouvernante des enfants de ma cousine. Rien de plus, rien de moins.'
Lorena écarquilla légèrement les yeux. Hormis Mary-Ann, Constance, Blanche personne ne lui avaient parlé avec autant de respect. Il y avait aussi Antanasya et William Cavendish, les Ducs de Devonshire, mais elle n'oubliait pas que, pour un temps, pour la duchesse, elle n'avait été qu'une putain parmi tant d'autre. Aujourd'hui, la Cavendish lui accordait sa confiance...Et ça lui suffisait. Si, au départ, elle s'était raccrochée à Devonshire's House et à toutes ses richesses, c'était pour accorder un avenir à ses enfants. Le temps passa et Lorena s'était découverte un vraie sentiment mêlant respect et loyauté envers cette famille. Elle avait appris à les connaitre. Antanasya lui faisait confiance, aussi, à un point qu'elle avait dévoilé sa foi protestante à la gouvernante de ses enfants. Loin de s'en offusquer, elle avait voulu connaitre cette foi dont on lui interdisait de lire ne serait-ce qu'une ligne. Pour elle, le protestantisme était un puzzle a assemblé mais on lui avait lié les mains.
Merci pour votre confiance. Vous n'aurez pas à le regretter. tandis que le fils d'Elizabeth venait jouer avec le bas de la robe de sa mère.

Le mari de la jeune femme vint les rejoindre. Le couple discuta jusqu'à ce que William décide de prendre congé. Bientôt, elles se laissèrent aller à quelques confidences donc celles de la place de la femme dans leur société. 'Alors cela, je n'en doute pas le moindre instant. Rien qu'en fréquentant la cour, c'est une question que toute femme dotée d'un minimum de jugement se pose. Ce devait être bien pire pour vous : avec en prime les gentes dames tout doit sorties du confessionnal qui se signaient à votre passage alors qu'au fond, elles étaient surtout frustrées de ne point pouvoir vivre comme elles le désiraient' Elle sourit: heureusement, il y en avait certaines qui valaient la peine qu'on se lie d'amitié avec dit-elle en pensant à Constance. Elles ont du mal à croire qu'on puisse en arriver là. J'avais une protégée la-bas. Une charmante jeune fille du nom de Blanche... Un jour, on l'a découverte à moitié morte de faim...Elle, elle n'a pas eu le choix. Elle n'avait que son corps pour survivre. Pourtant, un jour, elle est tombée amoureuse d'un homme, un de ses clients réguliers. Il se comportait avec elle comme un époux devrait le faire. Un jour, il lui a annoncé qu'il en aimait une autre et qu'il allait se marier et qu'il ne viendrait plus la voir... Croyez-moi, elle faisait, à la fois, peine et peur à voir! elle ne savait pas où en était Blanche pour le moment. Était-elle toujours folle amoureuse d'Arthur? Était-elle toujours présente au Red Lantern ou avait-elle trouvé un autre moyen de subsistance? Elle était ce qui se rapprochait le plus d'une petite sœur pour moi. Elle m'a aidé à m'enfuir alors que je l'avais déjà trahie...J'étais amie avec la femme qui lui avait pris l'homme qu'elle aimait... Mais j'étais incapable de faire un choix. Le seul que j'ai pu faire c'est m'enfuir pour offrir un avenir à mes enfants.. Elizabeth et elle se ressemblaient sur ce point. Tout faire pour sa progéniture. Vous a-t-on déjà traitée de fille du Diable ? Cette insulte est vraiment la plus désopilante de toutes ! Au fond, nous sommes tous des prostitués, hommes ou femmes : nous vendons simplement différentes part de nous.


Elle soupira et déposa Arina sur ses genoux de manière à ce qu'elle ne glisse pas. De sa main à présent libre, Elle releva une de ses manches pour dévoiler une cicatrice sur son bras. Les restes d'une blessure au couteau. C'est l'épouse d'un de mes clients qui m'a fait ça. Elle l'avait suivie pour savoir où il allait au point de rester des heures dehors en face de la Maison Close. Puis lui et moi sommes sortis et, quand il m'a embrassé, j'ai eu juste le temps de voir une furie poussant un cri bestial, un éclat argenté et de me protéger avec mon bras. Cette cicatrice est le vestige de cette soirée. Inutile de dire que je n'ai plus vu ni l'époux ni l'épouse depuis! La Maquerelle les a viré à coups de pied au derrière! de Mary-Ann, elle se souvenait d'une femme aimante et protectrice. Ce qui n'étaie pas sans la faire culpabilisée! Elle tenait absolument à ce que les clients se comportent bien avec toutes les prostituées de la maison. Et pour votre question: oui, on m'a déjà traitée de fille du diable! Au point que, pour avoir la paix, mes jours de repos je sortais en me cachant le visage. Il y eu aussi: puterelle, catin, épouse de Lucifer... Et bien d'autres que je retenais même plus! Sans compter les allusions faites sur mes cheveux. A un point que j'espère que ni Juan ni Arina ne deviendront roux! Elle reprit sa fille dans ses bras.

Parlant de cheveux, Frances, la fille d'Elizabeth, avait fini sa broderie et s'approchait d'elles. Lorena la regarda puis la petite parla: Dame Martines, vous avez des cheveux sublimes...Je peux les toucher? Lorena la regarda, surprise, puis avec un rire, dit: si vous voulez Mademoiselle. Les doigts enfantins de la demoiselle alla caresser quelques mèches des longs cheveux écarlates de l'ancienne courtisane.


Plusieurs minutes plus tard, Lorena complimenta la beauté des enfants de la cousine Cavendish. 'Ne comptez pas sur moi pour dire le contraire ! C'est là un défaut de toutes les mères, vous connaissez cela désormais. Quoique,je me vois bien obligée de vous retourner le compliment. Sincèrement. Et ils semblent de belle santé tous les deux, c'est une chance pour vous. J'aurais aimé qu'il en aille de même pour mes filles, mais seule Mary me rassure. Lucrece, est très faible. Dieu a rappelé ma seconde née à lui voilà des années, j'aurais souhaité qu'il m'épargne une nouvelle perte de même acabit, mais hélas j'ai l'impression d'assister à un compte à rebours.' Lorena remercia Elizabeth avant de dire: je comprends. Mon accouchement a été douloureux. A un point que je me rappelle de la douleur et du soulagement lors de ma délivrance. Je suis restée dans un sommeil prolongée pendant plusieurs heures...Quand je me suis réveillée, on m'a annoncé que Juan était très faible... Heureusement, il va de mieux en mieux et cela ne semble être plus qu'un mauvais souvenir. par ça, elle voulait rassurer Elizabeth. Lui faire savoir que la petite Lucrece allait certainement s'en sortir. Mais elle ne voulait pas le dire à haute voix. Ce n'était pas dans ses habitudes de faire des promesses si elle n'était pas sure qu'elles tiendraient. Mais elle voulait, au moins, la rassurer.

'Puisque nous en sommes aux confidences,pensez-vous être en mesure de me dire les raisons ayant poussé ma cousine la duchesse à vous placer dans cette position ? Je ne mets rien en doute, ni votre intelligence, ni votre capacité en tant que nourrice. Vos jumeaux sont beaux et bien portants, sincèrement, et n'importe quelle femme du monde donnerait cher pour une femme telle que vous. Et je suis honnête, je le précise encore. Mais la situation actuelle du pays nous inquiète toutes les deux, Anya et moi. Pour des raisons que vous êtes justement assez maligne pour deviner.J'ai en Antanasya une confiance totale et presque aveugle, chose qui m'arrive en réalité très rarement. Je ne mets pas en doute son jugement et ses capacités de discernement. Mais je vous avoue que je ne m'attendais pas du tout à croiser une personne d'ascendance ibérique dans l'entourage proche des ducs de Devonshire, et je suis plutôt étonnée. Si vous ne préférez pas en parler, je comprendrais, je n'ai pas l'intention de vous chercher des ennuis même si je peux en avoir l'air, je suis simplement... Curieuse !' elle s'attendait à cette question: vous dites ça parce que je suis hispanique, n'est ce pas? demanda t'elle, sans détour. je comprend votre étonnement. Elle soupira je ne me souviens pas si vous étiez là mais le jour où la reine a fêté sa grossesse au sein du parc de Whitehall Palace, j'étais là. Il y eu l'échange de flèches et j'ai sauvé la vie de la Duchesse, je pense qu'elle l'a fait pour me remercier. Elle sourit: et, de vous à moi, je ne suis pas entièrement espagnole. Ma mère, paix à son âme, était russe, une orthodoxe. Même en Espagne, je ne me sentais pas chez moi. J'ai une couleur de cheveux particulière pour une espagnole. Sans parler de ma peau. J'ai hérité du physique de ma mère. Là-bas, les femmes ont le teint halés et les cheveux foncés. Je faisais un peu tâche dans le tableau avec mes cheveux roux et ma peau blanche! rigola t'elle. Et, mon père, ce soit-disant fervent catholique, par soucis de foi, a laissé faire sa femme ce qu'elle voulait de moi parce qu'il s'en voulait de l'avoir délaissée au début de leur mariage. J'ai failli me retrouver mariée de force à un homme sur qui régnait une rumeur macabre. Marié deux fois. Veuf deux fois. Maladie. Incendie. Je savais qu'elle souhaitait que je sois la suivante sur la liste mais il était hors de question de lui faire ce plaisir!

Elle sourit: je ne me suis jamais autant sentie chez moi qu'en Angleterre. J'estime que l'Espagne, en la famille Martines - même si j'en porte le nom- m'a trahie. Je ne me suis jamais autant sentie chez moi... Que ce soit au Red Lantern qu'ici. Je ne quitterais pas ce sol et je sens que le vent va bientôt tourner... Je le sens: Elizabeth Tudor sera notre prochaine souveraine. Je souhaite me trouver un mari anglais et me battre pour ce qui en vaut la peine...Et je ne veux plus m'appeler "Martines". Et il est hors de question que mes enfants portent ce nom aussi...Même si ils n'ont pas le choix, pour le moment. Si Carlos et Katerina se rendent compte que j'ai mis des potentiels héritiers au monde, ils voudront me les enlever. Et, connaissant ma belle-mère, elle ne le fera pas au nom de la continuité familiale -surtout si elle a eu des enfants- mais pour me faire souffrir. Elle termina en disant: ce mariage forcé auquel elle a voulu me soumettre n'est rien...

Code by Sleepy


Mais quel long Rp! Mazette, j'ai mal aux doigts! XD


Dernière édition par Lorena I. Martines le Jeu 3 Nov - 18:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une petite mise au point s'impose  Mar 25 Oct - 17:08
‘Ce que l’on considère comme des malheurs,’ dis-je lorsque Lorena évoqua celle que je devinais être sa belle-mère, sans qui elle serait, selon ses mots, toujours en train d’observer la mer de sa demeure, ‘s’avère souvent être source de bienfaits. A condition d’ouvrir les yeux et de saisir au vol la chance qui se présente à nous – il n’existe pas de situation sans issue.’

C’était vrai pour tout, j’en avais fait l’expérience. Jamais la vie ne posait de barrières infranchissables : les sacrifices étaient parfois nécessaires, mais impossible, certes pas.

Rien n’était impossible – l’impossible était finalement comme le bien et le mal, des notions créées par l’homme pour justifier de sa lâcheté.

Ouvrir les yeux, rester vigilant, savoir faire face à tous les défis, là était les moyens mis à la portée de chaque être humain pour abattre les murs que le monde, la société, les coutumes et les traditions avaient posé sur le chemin de chacun. J’avais conscience qu’à bien des égards, mon parcours était exceptionnel, et que ma volonté, aussi forte soit-elle, ne pouvait se dédouaner d’une part de chance. Je pensais avoir agi avec intelligence et discernement, parce que c’était le minimum syndical pour un parcours tel que le mien. Mais j’avais aussi eu beaucoup, beaucoup de chance – d’autres, plus belles ou plus malignes que moi, y avaient laissé la peau.

Anne Boleyn avait été en son temps une beauté. Certes de meilleure naissance que moi à l’origine, elle s’était hissée au rang de souveraine consort, écartant au passage la fille cadette de ceux qui restaient encore, dans l’imaginaire collectif, les maîtres du monde. La fille des Rois Catholiques avait été évincée par la fille d’un roturier de confession protestante. Dans le genre exploit, c’était plutôt fort.

Le seul tord d’Anne avait été sa malchance : la princesse Elizabeth serait-elle née prince, jamais sa mère n’aurait fini sur le billot.

Sans doute moi-même n’aurais-je pas connu pareil sort, William n’était pas Henry VIII, mais sans mes trois fils, il était certain que ma position à ce jour ne serait pas aussi acquise qu’elle l’était.

Mon époux fit une intervention plutôt rapide, pendant que Lorena récupérait ses enfants, et s’en retourna finalement bien vite, Charles sur les talons, débitant son incompréhensible babil de bébé. Alors que Frances gardait les yeux rivés sur sa broderie, je pris à mon tour mes jumelles – Mary, qui avait déjà mes prunelles sombres, et dans les cheveux des éclairs blond vénitien, et Lucrece, qui semblait bien incapable d’ouvrir les yeux assez longtemps pour m’en laisser deviner la couleur. Oublieuses du monde, mes dernières nées se tirent silencieuses et à-demi assoupies pendant que notre conversation, à Lorena et moi, se poursuivait, à l’abri des regards.

‘Je dois bien dire qu’il est difficile d’imaginer en arriver là,’ souris-je, ‘car ce n’est pas une option qu’il est fréquent d’envisager. Je viens d’une famille relativement pauvre. Respectable, mais peu aisée… Et si le mariage a été le seul avenir envisageable pour nous, jamais l’idée de la prostitution ne nous a effleuré. C’est bien l’une des rares choses que mes sœurs et moi partageons. Mais lorsque l’on est face à un mur, et que se vendre est l’unique option qui s’offre à nous, j’imagine qu’entre cela et mourir de faim, c’est cela qu’il faut choisir. Ce n’est pas une décision facile, et c’est lourd de conséquences. Votre jeune amie en est une preuve vivante – l’homme qu’elle aimait aurait peut-être pu l’aimer en retour si elle n’avait pas été une prostituée. Voilà qui a dû en ajouter à son amertume.’ Je soupirais : le choix fait par ces femmes, Lorena, sa presque sœur, était peut-être l’un des pires, uniquement à cause de l’image que la société vous renvoyait à la figure constamment. La catin, la fille du Diable, qui seul pouvait prétendre avoir le courage d’en faire autant ? Lorsque la vie ne vous laissait pas d’autre option que celle de vendre son corps pour survivre dans un monde qui ne faisait de cadeau à personne, y avait-il une autre solution ? ‘Vous n’aviez pas d’autre choix que de partir : c’est une chose d’être une prostituée et de vivre dans une maison close, s’en est une autre d’y élever des enfants. Pour ceux, vous n’auriez pu faire mieux. Mais la jeune fille, en avez-vous des nouvelles ? Savez-vous ce qu’elle est devenue ?’

Au fond, cette prostituée inconnue m’inspirait plus de considération que mes propres sœurs.

Et puis la conversation continua sur une lancée guère éloignée : le sort de ces femmes qui se vendaient lorsqu’elles n’avaient rien d’autre à vendre. Les cicatrices de Lorena étaient un autre aspect du problème. La scène qu’elle me décrit alors, l’épouse jalouse, l’agression, tout cela me sembla surréaliste. Un instant, je tentais d’imaginer la même scène avec William et moi, mais sans succès. Comment aurais-je réagi si j’avais croisé mon époux au bras de Lorena ?

J’aurais détourné les yeux et fait semblant de regarder ailleurs. Pas par gêne, peu de choses me gênaient réellement, ni par honte, je m’étais interdit de ressentir cela un jour, mais tout simplement parce que je n’avais rien à faire au milieu d’eux deux. Je serais allée flâner ailleurs. Si j’avais eu un quelconque ressentiment passager envers mon époux, j’aurais pensé à James, et ma rancune se serait envolée. Mais sur ces sujets-là, je n’étais pas rancunière.

L’idée d’aller agresser une femme au couteau ne me serait même pas venue à l’esprit – j’avais nombre de défauts mais point celui-ci. ‘C’est d’un ridicule consommé,’ décrétais-je, ‘je plains ce malheureux personnage. Supporter semblable mégère toute la journée, voilà qui doit être d’un ennui !’

Et comble de ridicule, cette histoire de cheveux. Sans même me contrôler, j’éclatais de rire, faisant sursauter mes filles : ‘c’est pire que tout !’ m’esclaffais-je, ‘si nous devions brûler pour sorcellerie tous les roux, c’est la moitié de l’Angleterre qui y passerait. Et je ne saurais vous parler de l’Ecosse ou de l’Irlande.’ Je songeais à James, et ris encore plus : lui aurait adoré se voir traiter de fils du Diable à cause de ses cheveux. Je pouvais presque voir son sourire ironique, entendre son rire vif et conquérant, en réaction à la prétendue insulte. Il me faudrait le lui raconter, la prochaine fois, il allait adorer la plaisanterie.

La prochaine fois… Quand donc le reverrais-je enfin ?

‘Frances est fascinée par les cheveux roux,’ expliquais-je, voyant ma blonde fille aînée enrouler ses doigts autour des cheveux de Lorena. ‘Je ne vous raconte pas son regard lorsque nous rencontrons la princesse Elizabeth !’ Ma fille rougit, et l’espace d’une seconde, je me demandais si je n’avais pas fait erreur en qualifiant Elizabeth Tudor de son titre de princesse, lorsque les loyaux sujets de Sa Majesté Mary Tudor parlaient avec condescendance de Lady Elizabeth. Et puis je me souvins que j’avais résolu de lui faire confiance – après tout, Anya l’avait élevée à une poste clé dans sa domesticité. ‘Ah, cela !’ m’amusais-je lorsque nous en arrivâmes à parler de l’accouchement, ‘au risque de ne pas vous rassurer, j’ai toujours entendu dire que plus une femme avait d’enfants et plus les accouchements étaient faciles, mais je peux vous assurer qu’il n’y a rien de plus faux. Lorsque mes filles sont nées, j’ai hurlé si fort que William m’a entendue depuis le parc et est arrivé avant même que le valet ait eu à le prévenir. Mais là n’est pas le propos – j’espère que ce que vous dîtes est vrai. Ma seconde fille, Temperance, a quitté ce monde quelques mois après sa venue. Je n’ai pas à me plaindre, sur mes huit enfants une seule s’en est repartie mais… C’est une de trop. J’espère ne plus avoir à le vivre encore.’

Et confidence pour confidence, Lorena finit par me dévoiler son parcours.

‘Vous êtes hispanique, en effet, et sans vouloir vous vexer, je ne m’attendais pas à ce qu’une hispanique se retrouve dans l’entourage de ma très protestante cousine,’ répondis-je avant de la laisser continuer. ‘Alors c’était vous ! Antanasya m’a raconté l’événement, moi-même n’était pas présente, je n’avais pas compris qu’il s’agissait de vous.’ Sans doute parce que ma cousine par alliance avait parlé de miss Clives.

Je me fis plus attentive à mesure qu’elle parlait – décidément, cette Lorena Martines avait un parcours hors du commun. Elle parla de sa mère, une russe, et je me rendis compte que l’intuition que j’avais vaguement eu un peu plus tôt, celle qui me soufflait que ma vis-à-vis était partie avec plus de chances que moi dans la vie, était la bonne. J’étais proprement incapable de situer la Russie sur une carte. C’était à l’est de l’Empire germanique, voilà tout ce que je savais, et je n’étais même pas certaine de placer convenablement les frontières de l’Empire germanique. Et n’y avait-il pas un autre royaume au milieu ?

Les Martines avaient pu entrer en contact avec ce pays si excentré vers l’Orient, ce pays que l’on disait fort vaste et dominé par un fou, ce qui signifiait que ces bourgeois espagnols avaient une éducation, des contacts et de l’ambition. Autant de choses qui avaient fait défaut à d’autres familles prétendument bourgeoises, la mienne en premier. ‘La belle mère à qui vous faisiez référence tout à l’heure, j’imagine ?’ souris-je lorsque la rousse en vint à son père et l’épouse de celui-ci. ‘J’ai haï mon beau-père de toute mon âme, mais pas autant que lui me haïssait. Il me disait possédée par le Diable, parce que j’étais trop ambitieuse. Il s’est débarrassé de moi en me mariant à quatorze ans, avant deux de mes sœurs plus âgées. Et il l’a dans l’os aujourd’hui, c’est le moins que l’on puisse dire.’ Alors je ne pouvais que comprendre la véhémence de Lorena à l’endroit de sa belle-mère qui avait voulu la marier à un homme visiblement maudit en mariage. ‘Dieu vous entende, Elizabeth fera une bien meilleure souveraine que sa sœur aînée. Le problème, c’est de la placer sur le trône – mais cela, Anya et moi y veillerons tôt ou tard, et par tous les moyens. L’Angleterre est ma maison comme elle est désormais la vôtre, et je refuse que cette gangrène papiste prenne possession de mon pays. Dieu a guidé le peuple hébreu hors d’Egypte et l’a sauvé des griffes du Pharaon, il sauvera les chrétiens véritables de celles du Pape. Mais cela ne pourra se faire que par l’intermédiaire d’Elizabeth. Quant à votre famille, vous êtes hors d’atteinte désormais,’ fis-je, ‘car l’Espagne n’est pas la porte à côté. Et vous avez Anya, tant que les Cavendish demeurent, un bourgeois espagnol et sa femme, aussi hystérique et mauvaise soit-elle, ne pourront rien faire contre un clan comme celui-là. Bien sûr, un mariage serait une excellente opportunité, mais il deviendrait cauchemardesque si vous vous y engagez trop vite. Pour avoir été la protégée d’une Lady avant d’être l’épouse de Sir William, je sais de quoi je parle. Mon beau-père aurait adoré me retirer de sa protection, juste pour me voir échouer et prendre possession des biens de mon défunt mari. Il n’a jamais pu le faire, et Lady Zouche n’était pas duchesse de Devonshire. Tant que vous serez sous la protection d’Anya, nul ne pourra vous toucher.’

Ce qui signifiait que son destin, comme le mien, était lié à ce nom et à la survie de ce nom. Je souris doucement. Finalement, Lorena et moi étions proches, bien plus proches qu’il n’y paraissait à première vue.
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