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Nous nous situons aux alentours de mai 1558.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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Pudding d'amour de Mary Tudor
♕ Métier : dame de parage ♕ Age : 38 ans ♕ Religion : Protestante ♕ L'avatar a été fait par : hela. ♕ Mon nombre de messages est : 36 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 30 ♕ Je suis arrivé(e) sur TGA le : 09/08/2017 ♕ Mon pseudo web est : Lemon June

MessageSujet: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 15:49


Gretchen ‘Greta’ Kahlmann

« Les hommes vraiment généreux sont toujours prêts à devenir compatissants, lorsque le malheur de leur ennemi dépasse les limites de leur haine. » Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo.




TON PERSONNAGE
PRÉNOM & NOM ♕ Gretchen – abrégé le plus souvent en Greta – Kahlmann, née Schönstein.
AGE ♕ 38 ans.
DATE DE NAISSANCE ♕ Le 29 novembre 1520.
ORIGINE ♕ Allemande du nord, sa blondeur et sa haute taille en sont d’excellents témoins. Elle est née et a vécu ses trente-quatre premières années à Hambourg.
SITUATION FAMILIALE ♕ Veuve de Werner Kahlmann.
MÉTIER ♕ Ancienne gouvernante, désormais dame de parage de celle qu'elle a guidé jusqu'alors, sa presque fille.
GROUPE ♕ Le peuple.
CRÉDITS ♕ Lemon Tart.




LE JOUEUR
PSEUDO ♕ Lemon June.
AGE ♕ 21 ans.
OU AS-TU CONNU LE FORUM? ♕ En fouinant sur le net, puis plus avant sur PRD, et puis un hibou de BloodyWonder m'a fait comprendre que certains avaient le droit de rentrer en avance au palais pour y planquer des barils de poudre destinés à tout faire péter Razz
TON AVATAR ♕ Katheryn Winnick.
VOTRE PERSONNAGE EST-IL HISTORIQUE OU FICTIF? ♕ Fictif.


Audience devant la Reine.



QUELLE EST VOTRE RELIGION ET QUE PENSEZ-VOUS DES CHANGEMENTS RELIGIEUX DU PAYS? ♕ Je suis luthérienne et jusqu'à ce que j'arrive en Angleterre voilà quatre ans, je ne pensais pas que cela me mettrait en danger. Bien sûr, il était connu que la répression à l'endroit des protestants sévissait partout ou presque sur le continent, mais dans ma belle ville de Hambourg, la chose ne s'était plus produite depuis fort longtemps. 1528 avait officialisé la Réforme comme religion officielle de l’État Hambourgeois, et nous avions ainsi tous pu exercer notre culte - le seul finalement autorisé par le Conseil - en toute ouverture et franchise. Les changements religieux anglais, je ne les comprends que trop mal, même après quatre ans... Mais ils sont porteurs d'espoir : au moins il y a eu changement. La Réforme a ici planté ses graines, et selon qui prendra la relève de Mary Tudor, nous pouvons espérer un avenir meilleur pour nous autres adeptes de la Réforme... A condition de survivre au présent, évidemment.

COMMENT VOUS SENTEZ-VOUS EN APPRENANT LA MALADIE DE LA REINE ? ♕ Je me refuse à prier pour la mort de Mary Tudor, mais je ne peux cacher que cette mort nous délivrerait d'un poids immense et nous permettrait de voir l'avenir sous un meilleur jour. Les nouvelles de la maladie de la Reine sont un triste soulagement pour moi – triste car je n'estime pas chrétien d'espérer le trépas de qui que ce soit, mais soulagement car avec sa mort, j'ose espérer que les bûchers cesseront de flamber pour les Protestants, et que cette épée de Damoclès qui plane sur nos têtes ne sera plus qu'un lointain souvenir. Si Mary Tudor venait à recouvrir la santé et à mettre au monde un fils, alors ce serait pour nous tous une catastrophe sans précédent. Mais j'ai confiance en la volonté de Dieu, malgré les horreurs, et je me plais à croire que l'aube ne tardera pas à s’élever pour l'Angleterre et pour l'avenir de la Réforme dans ce pays. Je me plais à croire que le trépas de Mary Tudor signera le début de notre victoire. L'avenir seul me dira si j'ai eu tort ou non d'espérer ainsi.

QUELLE HERITIERE SOUTIENDREZ-VOUS ? ♕ Une héritière Protestante – Margareth Douglas est donc déjà hors jeu pour moi – et une héritière avec les épaules assez solides pour ceindre et soutenir la couronne – ce qui me fait douter de Katherine Grey. Je n'ai jamais côtoyé la jeune fille, mais elle me fait penser à un oisillon pris au piège, ce n'est pas là la stature qu'on attend d'une future reine qui doit être capable de restaurer la paix religieuse et l'unité en Angleterre. Par conséquent, je ne vois pour le trône de Saint-Edward qu'une seule occupante possible : la princesse Elizabeth. A mon sens, seule la fille cadette d'Henry VIII a les capacités mentales et physiques pour régner comme il se doit, et si son silence la protège, les réseaux protestants de Londres l'assurent de notre côté, du côté de la Réforme. Si pour uen raison ou pour une autre, Elizabeth devait être empêchée d'accéder au pouvoir, mon soutien irait à Katherine Grey, mais j'espère ne pas avoir à faire ce choix. Nombre de Protestants ont placé leur espoirs sur la princesse rousse enfermée à la Tour. Pourquoi pas moi ?

AGISSEZ-VOUS DANS L'OMBRE POUR VOTRE CAUSE OU VOTRE FOI, SI OUI QUE SERIEZ-VOUS PRÊT A FAIRE ? ♕ Je ne pensais pas avoir un jour à le faire, mais pourtant me voilà : agir dans l'ombre est finalement une chose que peu de gens pensent avoir à faire, mais qu'ils font lorsqu'il s'agit de la seule option possible. Oui, j'agis, autant que possible j'agis - pour le Protestantisme et pour Liesel, et l'air de rien, ma religion et ma presque fille se recoupent. J'ignore si je serais prête à tuer au nom de Dieu, mais si je dois tuer pour protéger Liesel, oui je le ferais. Et si je dois mourir pour Dieu ou pour Liesel, alors je le ferais aussi. Je ne veux pas mourir, pas encore, pas si tôt... Mais ce sera la liberté ou la mort, et si on me refuse ma liberté de prier comme je le veux, d'envisager la piété et la religion sous l'angle que je veux, alors ce sera la mort. Mais je préfère penser à la victoire plutôt qu'au sacrifice, et partir du principe que je traverserais la tempête, cela rend le quotidien plus facile.





Dernière édition par Greta Kahlmann le Ven 11 Aoû - 19:48, édité 12 fois
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Pudding d'amour de Mary Tudor
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 15:50


la part des flammes

« Mon Dieu. […] S’ils doivent mourir, fais que ce soit rapide. Tu pourrais même leur fournir un Paradis. Nous avons besoin de Toi pour cela. L’Enfer, nous pouvons nous le fabriquer nous-mêmes. » Margaret Atwood, La servante écarlate.



« HYMN TO THE SEA » Je suis née un jour où les eaux noires de la mer frappaient si fort contre la coque des navires qu’on entendait leur bruit sourd jusqu’à la chambre où, tenaillée par la fièvre et la douleur, ma mère tentait tant bien que mal de me mettre au monde – nous mettre au monde, devrais-je dire, car je ne suis point née seule, mais suivie d’un frère qui allait devenir un ami, un confident et un camarade au quotidien. A quel moment la fièvre prit le pas sur la douleur et emporta ma mère, nul ne le sut jamais, mais nous naquîmes un matin, et au soir elle était morte. Mon père ne nous tint jamais, Karl et moi, comme responsables. Telle était la volonté de Dieu – notre mère reposait désormais entre ses mains. Mais elle lui manquait, à notre père plus qu’à nous qui ne l’avions jamais connue, elle lui manquait trop sans doute, car jamais il ne vint à se remarier.


Mon père n’était pas noble, il n’avait possédé ni château ni titres, mais il était fortuné, sans doute plus que certains nobles, et sa fortune s’était bâtie comme celle de tous les bourgeois de la ville, sur le commerce. Il aimait à raconter cette histoire, celle des marchands de Gotland, l’union de Hambourg et de Lübeck qui avait amorcé une alliance plus vaste encore, qui désormais courait tout autour de la mer Baltique et que l’on appelait maintenant la Hanse teutonique, à laquelle Hambourg offrait un débouché conséquent sur la mer du Nord, ouvrait des possibilités de commerce vers les Flandres, la France, l’Angleterre et même, au-delà, l’Ecosse. Plusieurs choses bercèrent mon enfance, furent les fers de lance de mon éducation et ont façonné la personne que je suis devenue à ce jour. Mon père, je l’ai dit, était riche, bourgeois lettré et cultivé, il escomptait bien que nous soyons dignes de ce que ces pères et lui-même avaient bâti et enrichi. Le nom des Schönstein était connu et respecté à Hambourg, nous ne devions en aucun cas, mon frère et moi, y faire défaut. Je dois reconnaître que mon père plaçait la barre plutôt haut en ce qui concernait notre éducation, et je salue avec joie le fait que toutes les leçons nous furent dispensés à mon frère et moi en même temps – il était, je l’ai compris bien après, fort rare qu’une fille soit élevée avec son frère. Bien sûr, pas d’apprentissage de l’épée pour moi, mais cet exercice des armes était bien le seul exercice dont on me détournât. Nul ne me détourna de la géographie, des langues vivantes et des mathématiques, pas plus que de la littérature et encore moins, évidemment, de la religion. La parole de Luther avait trouvé un écho certain chez l’essentiel des familles comme la mienne : allemandes, bourgeoises et cultivées. Et la mienne ne faisait pas exception. Fervent soutien des idées protestantes, mon père tenait à ce que nous les adoptions aussi, et ce sont ces enseignements-là, stricts et terriblement controversés, qui marquaient notre quotidien. La chose devint plus facile l’année de mes huit ans, lorsque le conseil de la ville fit du Luthéranisme la religion officielle de notre ville-Etat. Alors nous pûmes et même furent obligés de revendiquer haut et fort notre appartenance au culte réformé – et cela, je dois l’avouer, ne m’a guère aidée dans la suite, car après trente-quatre ans à clamer mon adhésion profonde et sincère à la Réforme, il me fut plus que malaisé de freiner cette liberté de parole qui nous était presque imposée à Hambourg. La géographie, disait mon père, était nécessaire dans une famille de commerçants. Cela dit, on ne détailla que peu les villes méditerranéennes et espagnoles, et aujourd’hui, si je sais distinguer les frontières de ces pays, placer Madrid ou Rome sur une carte m’est fort difficile. Cependant, les cartes d’Europe du nord furent mon terrain de jeu. Les villes de la Hanse, je les connaissais toutes, depuis Cologne en Westphalie à Reval en confédération livonienne, passant par Königsberg, Stockholm, Brême, Brunswick, Bergen et Stralsund. Les royaumes de Pologne et de Lituanie, la Suède fraîchement conquise par les Vasa et convertie au protestantisme, la fin de l’union scandinave de Kalmar, l’alliance de la Rus’ de Moscou à celle de Kiev, le carrefour de Novgorod, tous ces lieux, tous ces noms, toutes ces histoires n’avaient que peu de secrets pour moi. L’Histoire du Saint-Empire, on me l’enseigna que très brièvement, et on m’enseigna plus brièvement encore celle de la France, de l’Angleterre ou de l’Espagne, mais celle de ce monde-là, celle de mon monde, la Ligue hanséatique, je la connais par cœur. Elle fait battre mon cœur et coule dans mes veines – l’Histoire de mon monde, je la connais fort bien. Les langues qui jalonnent mon monde, j’en connais quelques-unes : l’allemand évidemment, le suédois un peu, le polonais également, l’anglais aussi, car Hambourg entretien avec l’Angleterre un fort lien commercial auquel mon père participait activement. Point de grec ancien pour mon frère et moi, tout juste quelques notions de latin – les langues mortes, comme les appelaient mon père, ne comptaient que peu. C’était pour les universitaires, pour les penseurs qui voulaient comprendre et décortiquer l’Histoire, et c’était tout à leur honneur, mais nous ne pensions pas l’Histoire, nous la vivions. Les langues vivantes, pour un bon commerçant, étaient plus importantes que tout le reste.

La littérature, en revanche, ne fut pas un sujet de prédilection pour mon père et il s’étonna de me voir m’y intéresser, mais il ne me découragea jamais, car il ne décourageait personne lorsqu’il le voyait étudier. Mais à des lieues de Hambourg, dans cette région de l’est de l’Empire qu’on nommait la Saxe et où Luther avait trouvé refuge, une ville se distinguait par son imprimerie florissante. Carrefour terrestre entre l’Europe centrale et la Hanse, de Leipzig nous parvenaient des centaines et des centaines d’écrits, de livres imprimés. Stuttgart et Lübeck n’étaient d’ailleurs pas en reste sur la question, et aujourd’hui je m’étonne que l’Angleterre perçoive bon nombre d’États germaniques comme barbares et incultes – point de barbarisme sur les routes commerciales qui traversent encore ma terre natale. La barbarie imprégnait notre monde, des villes andalouses aux abords de Moscou, mais pendant plus de trente ans, je n'en fus pas témoin – protégée derrière les remparts de Hambourg, le nom reconnu des Schönstein et la fortune de mon père, je fus comme mon jumeau, une enfant choyée et aimée des siens. Bien sûr, nombre d'histoires venaient à mes oreilles : les persécutions religieuses, les massacres, on ne me cacha pas la laideur du monde, mais jamais elle ne parut devant mes yeux. Mon frère, en grandissant, faisait le bonheur de mon père par son intérêt pour l'économie, les mathématiques, le commerce – un Schönstein digne, en somme. Ces disciplines-là me parlaient moins, mais la littérature, encore une fois, éveillait tout mon intérêt et toute ma curiosité. Je l'ai dit, mon père ne me freina pas, et si je ne pus jamais parler profondément de ma passion pour les livres avec lui ou avec Karl, il y avait une troisième personne dans ma vie avec qui je débattais de tout mon saoul sur ces sujets passionnants.
Si mon père n'était pas noble, il était riche et cultivé dans ses domaines de prédilection, et son aisance en société l'avait amené à fréquenter des plus fortunés que lui, à se lier d'amitié avec certains. Avec un armateur en particulier, Friedhelm Aschenbrenner, un de ces grands noms qui faisait la pluie et le beau temps sur la politique Hambourgeoise. Il s'est avéré que sa femme avait mis au monde leur quatrième enfant, une fille, dix jours avant que ma mère ne s'éteigne en nous donnant vie – lorsque mon père s'était mis en quête d'une nourrice, Aschenbrenner l'avait tout naturellement dirigé vers celle qui officiait déjà pour la petite Franziska. Et c'est ainsi que nous sommes devenues sœurs de lait, avant de devenir sœurs tout court. Avec mon père et mon frère, Franziska Aschenbrenner était la personne la plus importante de ma vie d'alors. Elle était belle, très belle même, à vingt ans toutes les têtes de Hambourg se retournaient sur son passage : de sa mère bavaroise, elle tenait la chevelure de jais, les yeux noirs et brillants, le teint laiteux et la silhouette mince, petite et élégante. Une beauté rare en Allemagne du nord - elle me renvoyait souvent à mon propre miroir. Une fille du même âge, mais aux traits trouvés trop durs comparés à la finesse des siens, aux épaules trop carrées comparées à la rondeur des siennes, trop grande pour une fille – je faisais exactement la même taille que mon frère – une blonde aux yeux bleus comme il y en avait tant par chez nous. Les jeunes hommes de la ville n'avaient d'yeux que pour elle, y compris ceux qui me plaisaient, à moi, et je la jalousais terriblement pour cela. Je la détestais, parfois, mais je ne pouvais m'empêcher de l'aimer de tout mon cœur... J'imagine que c'est souvent ainsi, entre sœurs : on s'aime et parfois, on a envie de se tuer. Elle enviait la relation très forte qui m'unissait à Karl, mon jumeau, et je n'ai jamais très bien su déterminer qui elle enviait exactement, de Karl ou de moi. Elle même n'était guère très proche de ses trop nombreux frères et sœurs, et je compris vite que notre famille était infiniment plus soudée que la sienne. Nos pères discutaient pendant des heures, et pendant ces heures-là, nous discutions, entre nous. Du temps qui faisait – à Hambourg, c'était surtout de la pluie – et du temps qui passait, des nouvelles modes urbaines, des événements qui secouaient le Saint-Empire et, lorsque l'information venait à nos oreilles, le monde que nous connaissions. De la force politique de la Hanse. De son rêve de voir Paris. De mon amour inconsidéré pour la pierre d'ambre, que mon père importait de la Baltique. De l'implantation du Luthéranisme en Europe. De Luther lui-même, d'humanisme et d'Histoire – un point sur lequel elle me renseigna énormément, car elle connaissait bien mieux que moi ces domaines. Elle me parlait de son cousin germain, qu'elle connaissait à peine et à qui elle était pourtant fiancée. Je lui parlais de mes parents, du mariage d'amour qui les avait unis et du souhait de mon père de nous voir, Karl et moi, connaître la même félicité. Nous parlions l'art, de peinture et de musique, et surtout nous parlions de livres. De théâtre antique et de romans de chevalerie. De La Divine Comédie de Dante et de La Cité des Dames de Christine de Pisan et des Contes de Canterbury de Chaucer. Et c'est ainsi que s'écoulèrent les heureuses années de notre enfance et de notre adolescence.


« WHITE WEDDING » Les fiançailles de Franziska avec Gunther Aschenbrenner furent fêtées à Hambourg l'année de nos quinze ans, quelques mois avant la célébration des noces à proprement dites, suivant les principes luthériens, qui convenaient à la totalité de l'assemblée et qui étaient devenus les seuls tolérés entre les murs de la ville. Plus âgé que nous de six ou sept ans, Gunther n'avait pas l'air d'un homme très agréable au quotidien, et sa froideur ne fut pas pour apaiser les craintes de Franziska. Je me souviens de son expression terrorisée lorsque sa mère, ses sœurs et moi-même – car elle avait insisté pour que je sois présente à ses côtés – la conduisîmes à la chambre à coucher du couple pour la nuit de noces. Sans doute savait-elle à quoi s'attendre, sa mère avait dû le lui expliquer, mais la simple vue de son désormais mari suffisait à la faire chanceler. Et puis je rejoignis la maison de mon père, elle celle de son époux, et jamais je ne m'étais sentie si seule. Même la présence de Karl ne comblait pas celle de ma presque sœur. La maison me semblait vide sans ses bavardages, mes journées sans intérêt, mes lectures n'avaient plus de sens puisque je n'avais plus Franziska pour décortiquer à l'envi le sens de chaque phrase. Nous ne pûmes rester longtemps éloignées l'une de l'autre, en vérité : une semaine jour pour jour après son installation chez Gunther, elle venait demander à mon père l'autorisation de m’emmener avec elle pour faire de moi sa dame de parage. Les Aschenbrenner étaient de ces gens à qui on ne refusait rien à moins d'avoir la meilleure des raisons, et mon père me laissa partir. Ainsi les noces de Franziska furent le début d'une nouvelle vie pour elle... Et moi.


Aujourd'hui seulement je comprends à quel point nous avions toutes deux exagéré la situation, car certes des noces impliquent toujours un grand bouleversement, mais nous avions alors la sensation de nous dire adieu pour toujours et cela était si faux, si fou ! Car Gunther vivait à Hambourg et jamais il ne fut question que les époux quittent la ville – et il fut encore moins question que nous autres Schönstein agissent de la sorte. L'adolescence et la peur du changement sont, je le crois, nos meilleures excuses, car il s'avéra assez vite que quitter père et frère ne fut pas pour moi un changement immense. Nous vivions à quelques rues de cette maison qui pendant quinze ans avait été la mienne, et je les voyais tous les jours. Le changement vint surtout du fait que mon cercle de connaissances s'élargit et qu'y entraient des grands noms des riches familles locale, que jusqu'alors je n'avais fait qu’apercevoir. L'amitié profonde et sincère qui m'unissait à Franziska reprit de plus belle, et bientôt même Gunther finit par me faire confiance. Il conserva – et conservera toujours – son extrême froideur, mais son épouse finit par s'y habituer, et parfois même, la joie de vivre de mon amie lui arrachait un semblant de demi-sourire. Sans doute ne s'aimèrent-ils jamais, sans doute même restèrent-ils toujours des étrangers, mais des étrangers respectueux. Franziska en société avait tout d'une épouse modèle, d'une bonne chrétienne et d'une femme généreuse, elle n'avait pas vraiment à forcer sa nature profonde. Si son mari courtisait d'autres femmes, il le faisait suffisamment discrètement pour que jamais mon amie ou moi-même soyons mises au courant, et leur couple ne fut en aucun cas la cible des commérages de Hambourg. Et l'année suivant les noces, Franziska accomplit à la perfection le devoir qui était attendu d'elle : en 1536 naquit Fritzchen Aschenbrenner, l'héritier du couple. Le mariage était désormais scellé plus que jamais. La même année, je fis dans la cour de leur hôtel particulier la rencontre qui allait bouleverser ma propre vie : c'était un jeune garçon de mon âge, seize ans, avec des cheveux noirs comme ceux de Franziska et des yeux aussi bleus que les miens, un sourire suffisant à l'extrême et une carrure à la fois mince et musclée. Le genre de garçon qui plaisait à toutes les filles – moi compris – mais dont j'avais pris le parti de rester à l'écart, et qui de toute façon ne s'intéressaient jamais à moi, d'autant que je devais faire une bonne demi-tête de plus que lui. J'avais donc pris le parti de l'ignorer royalement, et replongeais le nez dans ma lecture du Prince de Machiavel, lorsque ce fut lui qui m'interpella. J'appris à cette occasion qu'il était orphelin, venait de terminer son instruction de soldat et qu'il escomptait se mettre au service de Gunther, armateur reconnu, puisque feu son père avait été en son temps soldat auprès des Aschenbrenner, et j'appris qu'il s'appelait Werner Kahlmann. Il cherchait simplement son chemin et je l'avais conduit jusqu'au cabinet de Gunther. Avais-je alors idée qu'il deviendrait mon mari, je l'ignore, sans doute pas après tout, mais je passais le reste de la journée avec un sourire presque béat sur la figure, me disant pourtant que je ferais mieux d'oublier au plus vite un garçon pour qui assurément, je ne serais bientôt plus rien. Je me trompais lourdement, sur lui et sur sa personnalité, sur moi et sur mes capacités de résistance – le soir même, il vint me trouver à la bibliothèque des lieux, à laquelle Gunther me donnait libre accès, sans doute convaincu par Franziska de mon sérieux et de l'attention que je prêtais à ces précieux objets qu'étaient les livres. Nous parlâmes un long moment, de quoi je ne m'en souviens plus, jusqu'à ce que mes devoirs m'appellent auprès de mon amie et de son nourrisson. Cela devint presque un rituel : je m'installais au milieu des étagères, je lisais mais sans grande attention, trop pressée d'entendre ses pas venir vers moi. Et puis on parlait, je lui parlais comme je parlais à Karl ou Franziska, de tout et de rien. Il me surprenait, car si ses lectures se bornaient souvent aux livres de stratégie militaire, il pouvait faire preuve d'une intelligence et d'une finesse d'esprit que jamais je n'aurais cru trouver chez un soldat – mon père me les avait souvent décrits comme fort utiles lorsqu'il s'agissait de mettre fin à une bagarre sur les ports de Hambourg, mais redoutables quand ils avaient trop bus, et quand ils étaient sobres, tout juste prompts à obéir aux ordres sans réfléchir plus avant. Werner n'avait rien de tout cela. A quel moment je tombais amoureuse, je serais incapable de donner un jour et une heure, mais je crois que ce fut peu de temps après notre rencontre. Et je me préparais aussitôt à vivre de longs mois de chagrin, car même si il me considérait comme une bonne connaissance, peur être comme une amie, il ne voudrait jamais de moi comme épouse. Toute ma vie on m'avait dit trop grande pour plaire à un homme – pourquoi celui-ci serait-il une exception ?
En réalité, Werner Kahlmann était une exception à plus d'un titre. Mais avant de nous voir convoler en justes noces, les rouages du Destin m'imposèrent bientôt la première épreuve tragique de ma vie.

Deux ans après la naissance de Fritzchen, Franziska eut le plaisir de nous annoncer, à son époux mais en premier à moi, qu'elle portait son deuxième enfant. Elle fut prise de contractions à l'été 1538, au beau milieu de la matinée. Vers midi, la fièvre fit son apparition dans la scène – je ne savais que trop bien quelle serait l'issue de la journée. Des heures durant, je restais enfermée avec elle, ne quittant jamais son chevet, pendant qu'elle s'époumonait dans un flot de sang et de sueur. Ses yeux cherchaient les miens, et ce que j'y lisais m'effrayait : peur, colère, confusion. Mon amie la plus chère, ma presque sœur, était en train de mourir dans mes bras, comme dix-huit ans plus tôt ma mère était morte dans les bras de mon père. Les premiers cris de Liesel Aschenbrenner retentirent dans la pièce en fin d'après-midi, si forts que nul hormis moi n'entendit le dernier soupir de Franziska. Mais moi, qui je dois l'avouer, me souciais alors plus de la mère que de l'enfant, j'étais tout près et je l'entendis. Et je le vis – elle ne parlait pas mes ses yeux parlaient pour elle : veille sur eux, Greta, veille sur eux. J'ai hoché la tête en silence, ignorant les grosses larmes rondes et salées qui dégringolaient le long de mes joues.
Gunther traversa la période de deuil en silence, puis se remaria l'année suivante. Je ne pouvais lui en vouloir : il n'avait jamais aimé Franziska mais l'avait toujours respectée et estimée car elle était son épouse et la mère de ses enfants, et il voulait plus d'enfants, plus de fils. Et surtout, il vint de lui-même me proposer pour Fritzchen et Liesel une position de gouvernante. Une marque de confiance notable, un excellent moyen pour moi de tenir cette promesse silencieuse que j'avais faite à Franziska. J'acceptais sur le champ, trop heureuse de rester auprès des enfants de mon amie. Les imaginer courir vers une autre femme en l'appelant Maman me révulsait, il fallait que quelqu'un soit à leur côtés pour leur dire qui était leur mère et quelle femme formidable elle avait été, combien elle les aimait, combien elle avait espéré pour eux deux. Forte de mes nouvelles fonctions, je restais au palais urbain des Aschenbrenner, auprès des enfants et auprès de Werner. Mais je crois qu'au fond de moi, je n'ai toujours pas fait le deuil de Franziska – pouvait-on faire le deuil d'une sœur tendrement aimée ? Je portais le noir plus longtemps que Gunther, et trouvais un soutien formidable auprès des miens, mon père et mon frère, tous deux grandement peinés de la nouvelle, mais surtout de Werner, dont les attentions étaient criantes de sincérité et de souci. Sa présence et l'attention constante qu'exigeait la garde de deux enfants en bas âge m'aida à avancer et à traverser les mois. Je compris à cette occasion que dans ses moments où on avait l'impression de tout perdre, il fallait rester attentif malgré tout, car la vie nous présentait mille chemins à suivre, mille raisons d'espérer. Werner, Fritzchen et Liesel furent mes raisons d'espérer. Deux ans après la mort de Franziska, Werner demandait à Gunther l'autorisation de prendre épouse, puis à mon père l'autorisation de m'épouser. Le premier fit preuve d'autant d'enthousiasme qu'il le pouvait – je suis presque sûre qu'il a vraiment souri ce jour-là – et le second fut des plus difficiles à convaincre. Mon père n'avait jamais caché qu'il espérait me voir mariée à un commerçant, un armateur ou à un universitaire plus qu'à un soldat, mais à force de pourparlers, Karl, Werner et moi purent avoir raison de son opiniâtreté, et il accepta les noces. En ce mois de septembre 1540, alors que l'automne prenait possession des arbres et des ciels, les cloches de l'église luthérienne Sankt Jacobi de Hambourg sonnèrent pour nous, et de Greta Schönstein, je devins pour le reste du monde Greta Kahlmann.


« WHO WANTS TO LIVE FOREVER » Hambourg, je m'en rends compte désormais, était un havre de paix, une enclave riche et sécure dans un monde tourmenté et sombre, secoué par les horreurs. La prospérité économique de la ville était assurée, et en tant que Luthériens, nous ne fûmes jamais inquiétés en raison de nos croyances. La coquette fortune de ma famille, la paye plus que correcte de Werner et la confiance des Aschenbrenner me protégeaient des aspérités de la vie, et je comprends maintenant que j'ai vécu dans une grande naïveté pendant de très longues années – c'est une chose de savoir que l'effroyable existe, c'en est une autre d'y faire face. Et je n'y fis jamais face, jamais vraiment. Pour nous autres hambourgeois, la vie suivait son cours sans grands heurts que ceux classiques du quotidien : les enfants malades ou rétifs à l'étude, Werner qui oubliait de retirer ses bottes en rentrant à la maison et qui tapissait le sol de boue, mon absence totale de talent pour la couture et la broderie. Les mois et les années filaient donc en paix, rythmées par les bateaux de commerce qui entraient et sortaient de l'immense port, et par les nombreux enfants que Gunther vit naître de sa seconde épouse. Eux furent élevés par une autre femme que moi, qui avait la charge exclusive de Fritzchen, l'héritier, et Liesel – et j'en fus plutôt satisfaite, car bien que je n'eus aucun ressentiment à l'endroit de la nouvelle dame Aschenbrenner et encore moins de ses enfants, je n'étais pas réellement certaine de pouvoir veiller sur eux aussi bien que sur les enfants de Franziska.


Une ombre persistait à un tableau pourtant heureux : la femme de Gunther enchaînait les grossesses et chaque nouvelle naissance était pour le couple une victoire supplémentaire. Cela me renvoyait à mon propre corps, comme jadis la beauté de Franziska me renvoyait à la mienne, nettement moindre, et aujourd'hui c'était vers mon ventre, désespérément vide, face auquel je me trouvais. Mon cycle menstruel s'écoulait correctement, désespérément régulièrement, et jamais l'ombre d'une grossesse vint marquer notre quotidien. Werner ne m'en tenait pas rigueur, il s'en amusait parfois en disant que de toute façon, nous n'avions pas grand patrimoine à transmettre, mais je voyais bien que la situation le peinait, situation qui me peinait tout autant. Je n'osais pas aborder le sujet avec lui, et il ne lançait pas le débat sinon pour le balayer avec un bon mot qui ne me dupait pas. De qui de nous deux venait le problème ? Impossible de le savoir vraiment – peut-être de lui, après tout, car rien dans ma constitution ne venait me laisser croire que j'étais incapable d'enfanter. Mais je ne pouvais m'empêcher de me sentir coupable, et je crois que lui se sentait coupable aussi. Et au fond, ne pas avoir d'enfants avait l'avantage de faire de nous deux les plus loyaux soutiens des Aschenbrenner : Werner était le bras armé de Gunther, j'étais pour ses deux aînés une mère, et eux étaient les enfants que je n'avais jamais eu. Werner entraînait Fritzchen au maniement des armes, je m'appliquais à les élever, le frère et la soeur, comme j'avais moi été élevée avec mon frère. Je leur enseignais l'Histoire telle que Franziska me l'avait apprise, la géographie telle que mon père me l'avait apprise, la littérature telle que moi, je l'avais apprise. J'avais dans ces moments-là, comme dans tous les nombreux moments que je passais avec eux, l'impression de goûter un bonheur qui ne me serait jamais accordé. Au fond, mon mari et moi ne vivions pas pour nous mais pour d'autres, eux seraient les grands noms des manuels d’Histoire quand nous, nous serions ceux qui dans l'ombre, les soutenions et les appuyions de notre mieux. Et je crois que cela nous convenait à tous les deux, d'autant que malgré l'absence d'enfants, nous étions un couple aimant, profondément heureux. Les querelles et les moments de joie jalonnaient notre quotidien comme elles jalonnent le quotidien de tous les couples, et ainsi allions-nous, confiants en l'avenir qui nous semblait aussi paisible que l'était le présent, que l'avait été le passé. Ces années-là virent mon père céder l'essentiel de son commerce aux mains de Karl pour prendre une place au conseil municipal de Hambourg, conseil où Gunther tenait déjà des fonctions puisqu'il était l'un des quatre maires de la cité. L'année de nos vingt-sept ans, Karl prit épouse, une douce jeune femme de vingt deux ans qui lui donna des jumeaux l'année suivante. Armateurs et commerçants continuaient à faire la pluie et le beau temps sur la ville, en cela quelque peu comparable à la République de Venise (mais sans le soleil...) – qui connaissait une expansion plutôt spectaculaire – et avec cette expansion venaient davantage de pauvres et de nécessiteux. Leur venir en aide avait été jadis un devoir que Franziska avait assumé sans hésité, celle qui avait pris sa suite en fit autant, et je tâchais d'y sensibiliser Liesel. L'aide aux pauvres était, à Hambourg comme partout, l'apanage des femmes. Un devoir que toutes les dames de bonne condition remplissaient comme elles le pouvaient ou le voulaient.
Avec le temps et les années, Gunther prit davantage son fils et héritier sous son aile, mais Liesel resta sous ma protection quasi-exclusive. Elle me faisait de plus en plus penser à sa mère, avec ses immenses yeux sombres et son teint de crème. C'était en bien des points sa digne fille, généreuse et soucieuse des autres, curieuse et vive d'esprit, mais elle n'avait pas l'exubérance de Franziska, et la distance qu'elle pouvait mettre entre elle et le monde me faisait terriblement penser à son père. Avec les années cependant, j'avais appris à estimer sincèrement et même a apprécier Gunther. Werner lui vouait une infaillible loyauté, et en y songeant, moi aussi : ma loyauté allait avant tout aux enfants mais Gunther était leur père, leur protecteur et mon bienfaiteur, et je n'eus rien à redire sur son comportement, tant avec eux qu'avec moi. Et il m'apparut vite que pour Fritzchen mais surtout pour Liesel, j'intervenais à point nommé pour prendre dans leurs cœurs la place d'une mère qu'ils n'avaient jamais connu. Je leur parlais de Franziska, pourtant, ils connaissaient son nom, ses goûts et sa personnalité, ce qu'elle aimait manger, la musique qu'elle appréciait, les couleurs qu'elle préférait – mais comme ils devenaient peu à peu les enfants que je n'aurais pas, je devenais peu à peu la mère qu'ils n'avaient pas eu. J'avais été là à chaque étape de leurs vies ; à leur chevet lorsqu'ils tombaient malades et à leurs côtés lorsqu'ils avaient besoin d'être rassurés, encouragés et soutenus. Je tâchais d'être la plus diplomate possible lorsqu'il s'agissait de convaincre Fritzchen d'apprendre le français et la plus attentive possible pour répondre aux très nombreuses questions de Liesel concernant la géographie d'Europe du nord. Je me souviens de leurs expressions joyeuses aux matins de Noël et de leurs mines peinées lorsque l'un et l'autre me rapportaient leurs premières peines de cœur. J'aimais coiffer moi-même Liesel, elle avait les mêmes cheveux que sa mère. Et j'aimais voir Fritzchen progresser au maniement des armes – je n'aurais pas pu être plus fière de lui si il avait été mon fils. Pendant plus de quinze ans je les ai vus et j'ose le dire, aidés à grandir. Mes journées étaient rythmées par le rôle que je tenais auprès d'eux, ma place auprès de mon mari, de mon père et de mon frère, qui eut d'autres enfants après ses jumeaux et dont je m'occupais parfois, lorsque j'étais affranchie de mes occupations auprès de mes presque enfants. Seize ans s'écoulèrent entre la mort de Franziska et l'année 1554, seize ans au cours desquels je ne quittais pas plus Hambourg que pendant les dix-huit années précédentes. Le monde, je ne le connaissais que par les livres. Mon monde, c'était Hambourg, c'était Werner, Fritzchen et Liesel, c'était mon frère et ses enfants, mon père et Gunther. Et j'avais l'étrange impression que les choses iraient ainsi jusqu'à ce que Dieu me rappelle à lui. Parfois, j'avais même l'impression que ces choses-là seraient éternelles.


Mais il n'y aurait pas d'éternité pour nous – la mort de Franziska m'avait sur le coup fait comprendre que l'éternité n'existait pour personne, mais la mémoire est traîtresse, et les années avaient jeté un voile sur la douleur que j'avais ressenti en la voyant s'éteindre dans mes bras, quand bien même sa présence me manquait. Cette douleur, je n'allais pas tarder à la ressentir à nouveau, dans la violence et le plus grand des chagrins. Ce fut la seconde épreuve tragique de ma vie, mais celle-ci changea tout le reste.
Mais il y eut avant cela le mariage de Liesel. Ma fille bien-aimée avait seize ans, trop jeune à mon avis, mais qui étais-je pour m'opposer à la volonté de son père ? Un Lord anglais, doté d'une petite fortune mais d'une importance tout à fait relative à la Cour de Whitehall et intéressé par le Saint-Empire, avait fait un long séjour à Hambourg – il était célibataire et âgé de vingt-six ans, et ne cachait pas son désir de trouver épouse. De confession protestante, également, bien qu'il évitât soigneusement de le hurler sur les toits au vu des temps qui couraient en Angleterre. Dieu seul sait ce qui se passa entre lui et Liesel ; lui me sembla vite épris, elle refusa de m'avouer qu'elle l'était également, mais ce mariage, elle le désirait. Et son père semblait désireux de nouer des liens avec l'Angleterre – et pour cet armateur réputé, bourgeois fortuné mais point noble, marier sa fille à un homme doté d'un titre et de terres sinon prestigieux, du moins respecté, était un honneur auquel il ne pouvait décemment rester insensible. Il avait une bonne position et rien en lui ne semblait entacher le nom des Aschenbrenner, comme rien chez Liesel n'était déshonneur pour les Walden – car tel était le nom du Lord, James Walden. Il n'y eut pas de cérémonie de mariage à Hambourg : par sécurité, James et Liesel se marièrent à Londres, suivant les rites catholiques, une religion à laquelle la jeune fille s'était convertie, quand bien même son cœur demeurait Protestant. Gunther resta aussi glacial qu'à son ordinaire en apprenant cela, moi je me mis à pleurer. J'avais fait mes adieux à ma fille et elle me manquait cruellement. Bientôt vinrent ses premières lettres, pressantes, inquiètes : Mary Tudor allait épouser Philippe de Habsbourg, le prince des Espagne, un catholique aussi fanatique que l'était la fille d'Henry VIII et Catherine d'Aragon. Cette nouvelle jeta une chape de plomb sur nous tous, Werner et moi, Gunther et Fritzchen. Le père de Liesel lui fit aussitôt savoir qu'à la moindre inquiétude, elle et son époux devraient s'en aller au plus vite vers Hambourg où ils seraient en sécurité. Liesel s'y refusait : il y avait, disait-elle dans ses lettres, de nombreux réseaux protestants en Angleterre, qu'elle voulait appuyer et soutenir. Elle disait œuvrer pour notre cause. Moi je songeais que ma fille était à présent face à une chose que nous n'imaginions pas à Hambourg : l'oppression religieuse, les persécutions envers les réformés. J'avais peur, très peur. Parfois l'idée me prenait de prendre le premier vaisseau pour l'Angleterre et d'aller l'y rejoindre – idée folle et complètement irréaliste. Mais qui devint possible de la plus cruelle des façons.
Moins de trois mois après le mariage de Liesel et James, une rixe éclata sur les ports de Hambourg. Qui avait raison, nul ne le sait, qui avait tort... La raison du plus fort, sans doute. Des rixes, il y en avait assez régulièrement. C'était aux gardes de la ville que revenait la charge de les apaiser. Des blessés, il y en avait. Des morts aussi, parfois. Dieu sait quelle idée a eu Werner en voulant se mêler à celle-là – en tant que soldat au service d'une famille bien particulière, il n'avait pas à se mêler du conflit. Mais il l'a fait, il s'est impliqué dans un conflit où les protagonistes étaient munis d'armes blanches et où plusieurs coups lui furent assenés. Au moins cinq. Un seul était plus dangereux que les autres, car proche du cœur. Celui-là lui fut fatal. Et comme Franziska seize ans plus tôt, l'agonie de mon mari bien-aimé me sembla durer une éternité. Gunther était là également, souvent, plus souvent que je ne l'aurais cru. Mais je le remarquais à peine. Les yeux de mon mari étaient comme arrimés aux miens, des perles de sueur jaillissaient à la lisière de ses cheveux noirs. Il ne pouvait pas me quitter. Il n'en avait pas le droit – pas maintenant, pas demain, ni après demain, jamais, il n'avait pas à me quitter. Mais il le faisait, indépendamment de ma volonté et de la sienne. Dans ses prunelles se lisaient des émotions qui me renvoyèrent seize ans en arrière, que j'avais lues dans les yeux sombres de Franziska : la peur, la confusion, la colère. La plaie de la douleur se rouvrit, plus vive que jamais. Je n'ai ni dormi ni mangé pendant tout le temps de son agonie, et ses derniers mots furent les derniers auxquels je m'attendais, mais il devaient rester gravés en lettres de feu et de sang dans ma mémoire. Sais-tu ce que nous autres soldats appelons la part des flammes, mon amour ? Non, je ne savais pas. Et je ne voulais pas savoir, je me fichais de savoir, je voulais qu'il vive. C'est ce qu'on l'on sacrifie pour éviter les plus gros dégâts. C'est ce que l'on sacrifie pour une noble cause, une cause plus grande... Je n'eus même pas le temps de lui dire que je l'aimais – quoique cela n'aurait pas été très utile, il le savait. Combien de litres de larmes ais-je pleuré alors, j'étais incapable de le dire, mais il me sembla que je pleurais aussi longtemps que lui avait agonisé. Les coupables de la rixe furent emprisonnés, celui qui avoua avoir porté les coups à Werner fut mis à mort. Je n'en retirais aucune satisfaction, toute à ma tristesse et à ma réflexion. Une nouvelle lettre de Liesel apporta condoléances, soutien et amour, mais aussi effrayantes nouvelles d'Angleterre. Werner était alors mort depuis plus de six mois lorsque je pris ma décision... La part des flammes ? Il me semblait comprendre ce qu'il avait voulu me dire. Mon mari me connaissait mieux que quiconque. A ma demande, je fus relevée de mes services chez les Aschenbrenner et embrassais Fritzchen avant de partir. Puis j'embrassais mon père et mon frère, et les enfants de celui-ci. Mon père tenta de me retenir, mais que pouvait-il ? J'étais veuve, je ne lui appartenais plus, je prenais mes propres décisions. Moins d'un an après la mort de Werner, c'est toute de noir vêtue que je pris un bateau vers l'Angleterre et vers ma fille. J'ignorais quand je reverrais Hambourg, mais peu importait.


« SHOOTING THE MOON » Ce geste que j'accomplis là fut le premier geste irréfléchi de ma vie – jusqu'alors je m'étais flattée de rester prudente et résolument mesurée en toutes choses. Foncer tête baissée, ç'aurait plutôt été Franziska. Ou Liesel, je m'en rends compte à présent. Mais pas moi. Pourtant je l'ai fait, et si je n'avais pas moi-même décidé de bannir le regret de mes sentiments, il m'aurait tuée, car ce que j'ai découvert en Angleterre, sur Dieu, l'humanité et moi-même, m'a retourné l'estomac, le cœur et la conscience. J'avais l'impression d'arriver au milieu d'un brasier, putréfié par les odeurs de chair humaine en proie aux flammes. Pour la première fois, j'ai eu peur, vraiment peur, pour ma vie et pour celle de mes proches. Pour la première fois, je me retrouvais de l'autre côté, du côté des opprimés. Je me suis demandé s'il y avait des catholiques à Hambourg, et si ils vivaient comme moi désormais, dans la peur. Mais des bûchers, je n'en avais jamais vu – peut-être les catholiques hambourgeois étaient-ils tous partis, ou peut-être se cachaient-ils si bien que nul ne pouvait soupçonner leur existence. Mais si la deuxième option était la bonne, ils vivaient assurément avec le ventre noué par cette peur tenace et constante qui est presque devenue ma meilleure amie depuis quatre ans.


On ne peut pas dire que Walden, l'époux de Liesel, fut enchanté de me voir. Non qu'il ait quoi que ce soit contre moi à titre personnel, les discours de ma presque fille l'ayant plutôt mis dans de bonnes dispositions à mon endroit, mais accueillir une allemande, hambourgeoise de surcroît, sans éveiller les soupçons royaux n'était pas sans risque. Par chance, il n'était pas un de ces hommes très en vue à la Cour, ses possessions lui assuraient une petite fortune mais n'étaient ni assez intéressantes ni assez prestigieuses pour attirer par trop l'attention sur lui, et convaincu par sa jeune épouse, il accepta qu'elle fasse de moi sa dame de parage. Dans ses terres du Rutland, la maisonnée Walden était plutôt acquise à la cause protestante, je courais peu de risques entre les quatre murs de sa demeure. A Londres, fille plus grouillante de foule, d'activités plus ou moins licites et d'individus parfois folkloriques que ne pouvait l'être Hambourg, je passais plutôt inaperçue. Ma haute taille et mon léger accent allemand pouvaient parfois me faire remarquer, mais une pirouette de Liesel me tira d'un mauvais pas que je m'apprêtais à faire : je compris à cette occasion que Liesel et James prétendaient que la jeune fille venait de Cologne, et elle m'ajouta à cette histoire, me présentant comme son ancienne gouvernante colonaise. Cologne était une des villes impériales les plus attachées, viscéralement même, au catholicisme. Les superbes clochers de la cathédrale gothique qui la surplombaient étaient connus dans presque tout l'Occident un tant soit peu cultivé. Lorsque j'objectais que notre allemand, teinté d'accent hambourgeois, risquait de nous trahir, Liesel eut un haussement d'épaules en répondant qu'il nous suffisait de parler anglais, et que au reste, peu de gens connaissaient suffisamment bien l'allemand pour en maîtriser tous les accents. Moi-même, pouvais-je différencier l'anglais de Londres de celui du Northumberland ? Point. Cela me rassura. Ces éléments, ces petits mensonges semblent sans doute terriblement futiles, mais pour moi qui n'avait fait qu'assumer ma foi et mes origines toute ma vie, j'avais l'impression de jouer un rôle, de porter un masque. Je songeais que je n'y survivrais pas, que j'étais trop franche, trop désespérément honnête, pour savoir mentir. Mais j'avais sous-estimé mon instinct de survie : quand mentir se révèle l'unique moyen d'avoir la vie sauve une journée de plus, on dévoile alors des capacités insoupçonnées. J'appris dans un même temps que vivre dans l'ombre des Aschenbrenner avait été un bon entraînement pour vivre dans l'ombre tout court, et la discrétion que j'avais acquise après mes années de bons et loyaux services me sauva ici la mise à maintes et maintes reprises.
Werner me manquait. Son amour me manquait. Il ne se passait pas une seule journée sans que mes pensées se penchent vers lui, et parfois, je lui parlais dans mon esprit. Je continue à le faire, d'ailleurs, involontairement. Je lui raconte ce que je vois, ce que je pense. J'imagine ses réactions. Je lui parle de mes peurs, et je pense à ce qu'il ferait s'il était là – il me prendrait dans ses bras, me serrerait contre lui, ses cheveux viendraient me chatouiller le cou et j'entendrais sa voix me dire que tout allait bien, que l'aube finissait toujours par se lever, que l'ombre ne faisait jamais que passer. Il le pensait vraiment – c'était le genre d'homme qui accordait au futur une confiance inébranlable, convaincu que Dieu ne préparait pour ses loyaux sujets que le meilleur. Trente-quatre années durant, j'ai pensé la même chose. Tous les Protestants de Hambourg devaient plus ou moins penser de même. Mais tous les Protestants de Hambourg, et Werner également, n'avaient pas vu ce que j'ai vu, ici à Londres. Je me souviens du début des arrestations : c'était l'hiver suivant mon arrivée, en janvier. L'année 1555 s'ouvrit ainsi sous des auspices n'annonçant rien d'autre pour nous que le feu et le sang, qui n'était a priori pas prêt de s'achever puisque alors, Mary la Sanglante se pensait enceinte. Les espagnols tout de noirs vêtus sillonnaient les rues de Londres, leur accoutrement n'était pas sans me rappeler celui des luthériens les plus extrémistes que j'avais croisé arpentant le pavé hambourgeois. Cela semblait presque une farce – une vaste, cruelle et morbide farce. J'appris notamment à cette occasion la dissension qui régnait au sein même du catholicisme anglais, ceux-là même qui avaient poussé Mary Tudor au pouvoir deux ans plus tôt : le mariage espagnol avait provoqué l'hostilité d'une partie conséquente des plus fervents soutiens de la Papauté dans le nord du pays, ce nord qui semblait-il aurait préféré voir naître un rapprochement avec l’Écosse limitrophe. Une division de leur côté était du notre une aubaine : là où ils se querellaient, nous devions nous montrer soudés. Unis dans notre allégeance à la Réforme et dans la connaissance de nos ennemis, l'Espagne et le catholicisme. Les mois filaient et de nouveaux noms venaient s'ajouter à ceux qui périssaient par les flammes. Le bal ouvert par Hooper, Cardmaster et Rogers ne semblait connaître aucune fin. L'été suivant fut tragiquement comique : un mois durant, l'Angleterre resta dans l'attente de la naissance d'un héritier qui ne devait jamais voir le jour. Comme nous séjournions en partie dans le comté de Rutland, un des comtés du nord, les rumeurs qui agitaient ces régions encore très fidèles au catholicisme, nous comprîmes vite que déjà, des noms circulaient quant à la succession de la souveraine. Margareth Douglas apparaissait comme leur championne, vite suivie par la jeune Mary Stuart. L'on tenta bien de m'expliquer par quels biais elles pouvaient toutes deux prétendre au trône, mais je crains de ne pas avoir totalement compris les subtilités de ces lois de dévolution de la couronne – Dieu comme la république de Hambourg me semblait simple, belle et douce à vivre ! Les pluies anglaises avaient le mérite de me rappeler mon chez-moi, mais c'était guère le seul rapprochement que je pus trouver. Mais penser trop souvent à Hambourg me minait par trop le moral, et autant que possible, j'évitais soigneusement de repenser à ma ville natale, préférant me concentrer sur l'Angleterre et les événements qu'elle traversait. Le départ de Philippe de Habsbourg, au mois d'août 1555, ne fit que redoubler les ardeurs meurtrières de la souveraine – subsistait-il une once d'espoir pour les Protestants ? Oui, assurait-on dans le milieu. Il était question d'une Princesse enfermée à la Tour de Londres, l'histoire ressemblait presque à un de ces contes que Franziska et moi avions lu étant petites filles, que j'avais raconté à Liesel pour l'endormir le soir lorsqu'elle était enfant. Elizabeth, la deuxième fille d'Henry le Huitième, née de son union terriblement controversée avec Anne Boleyn la décapitée, était reconnue par tous les adeptes de la Réforme comme leur championne – et elle avait le mérite d'être à la suite de Mary dans l'ordre de succession. Si d'aventure Mary ne s'amusait pas changer l'ordre en question. Comme Liesel et son mari, et comme bon nombre de Protestants du pays, je décidais donc que c'était à la Princesse déclarée bâtarde à trois ans que je ferais pencher mon allégeance. Au reste, l'autre héritière potentielle de notre côté était apparemment Katherine Grey – par quel droit prétendait-elle avoir des vues sur la couronne, je ne le sais guère, ces règles étant décidément bien trop subtiles pour moi – mais la sordide et effrayante histoire de sa sœur Jane atteint mes oreilles, et un simple coup d'oeil vers la silhouette frêle et ses épaules graciles me firent douter d'elle. Il faudrait une poigne de fer pour reprendre en main de Royaume. N'ayant jamais vu Elizabeth, j'aurais été incapable de deviner si elle l'avait ou non, mais j'étais convaincue que Katherine ne l'avait pas. Ce qui résolut le problème.


Que devenions-nous, pris dans cette sanglante mascarade ? Liesel tentait de concilier ses devoirs d'épouse et son engagement envers la Réforme, tout en évitant d'éveiller les soupçons. Par chance, son mari avait toujours été un homme discret à Londres, tous deux surent en jouer. Mais je la savais rassurée de m'avoir à ses côtés – ne m'avait-elle pas, dès les premières heures de son union, fait par de son désarroi intense ? Une question me taraudait la concernant : ne savait-elle pas, en épousant Walden, quelle situation l'attendait certainement en Angleterre ? Pourquoi avoir tant pressé ce mariage, à seulement seize ans ? Une question à laquelle il me faudrait bien, un jour, trouver des réponses. Mais face à l'inimaginable horreur qui s'imposait à nous, je crois que toutes deux avons grandi en même temps. A maintenant vingt ans, elle faisait preuve d'une maturité qu'à trente-trois je n'avais pas encore, et moi, du haut de mes désormais presque trente-huit ans, je me sentais plus adulte que jamais jusqu'alors.
1558 était arrivé comme les années précédentes, annonçant son lot de désastres, peut-être aurions-nous dû nous y habituer mais je crois que ne s'habitue jamais à cela. Un an plus tôt, sans doute sous la pression de Philippe, Mary avait fait entrer l'Angleterre en guerre contre la France. Voilà qui assurément gâterait le commerce en mer du Nord – je songeais à mon père, à mon frère. Les nouvelles m'arrivaient difficilement, au compte-gouttes. Je savais qu'ils se rongeaient les sangs pour moi, mais autant Hambourg et leur présence me manquait, autant Werner, Fritzchen et ma vie d'avant me manquaient, autant je ne me voyais pas rentrer. Hors de question de laisser Liesel, pour commencer. Et puis... J'avais fini par aimer ce pays étrange, cette belle Angleterre. Je me renseignais sur son Histoire, ses coutumes, ses écrivains. J'avais l'impression d'y avoir un rôle à jouer – pas un rôle de premier plan, non, mais d'être un de ces petits éléments qui font tourner les rouages. J’œuvrais pour la première fois au nom d'une cause qui me tenait à cœur ; de Londres à Oakham je laissais mes pas hanter ceux de Liesel, accomplissant auprès d'elle le rôle que jadis je tenais auprès de sa mère, celui de dame de parage. Mais j'aimais mieux Londres qu'Oakham : le bruissement perpétuel de la capitale me rappelait Hambourg, et me plaisait. Il y avait plus de risques d'être arrêté, mais aussi plus de chances de ses fondre dans la foule... Et plus de librairies, plus d'imprimeries, plus de gens prêts à œuvrer dans l'ombre pour voir bientôt la couronne se poser sur une autre tête que celle de Mary Tudor – une tête plus jeune, plus rousse et plus protestante, s'entend. James Walden fut témoin de la perte de Calais et revint plus animé de rancœur que jamais envers les Français – qui nous avaient tout de même pris la ville – , les espagnols – sans qui nous n'aurions jamais eu à rentrer en guerre – et Mary Tudor – qui avait suivi les directives de son époux en négligeant totalement les intérêts de l'Angleterre. Mary se crut enceinte une nouvelle fois à la fin du mois de février. C'était là encore une grossière erreur : nous sommes rendus au mois d'avril et les couloirs de Whitehall résonnent de réflexions plus ou moins censées à ce propos, mais je suis d'accord avec nombre d'entre elles : à quarante-deux ans, qui espère-t-elle encore mettre au monde ? La couronne était suspendue, plusieurs têtes tendaient vers elle. Il était loin, le temps de l'élection des quatre maires de Hambourg ! Mais à Hambourg, je n'aurais pas pu donner grand sens à ma vie : j'y retournerais peut-être, un jour, lorsque le Protestantisme aurait triomphé sur l'île d'Albion et à condition que Liesel n'ait plus besoin de moi. Mais en attendant, c'était ici que je jouerais un acte qui s'était désormais imposé à moi comme l'un des plus importants de ma vie : tous les éléments qui avaient ponctué mon existence avant m'y avaient préparée. Les réseaux protestants de la capitale étaient plus actifs que jamais, et j'avais pris par à cette activité. Je ne me voyais pas rentrer à Hambourg sans avoir apporté ma pierre, même minuscule, à l'édifice. Le Seigneur saurait me le rendre à l'heure du Jugement dernier.

Il n'est pas dans les traditions du Protestantisme de songer par trop aux morts : revenus à Dieu, ils étaient entre ses mains. Mais parfois, je songeas à ma mère, cette femme que je n'avais jamais connue. Je me plaisait à l'imaginer fière de ce que tentait d’accomplir sa fille et ses coreligionnaires en Angleterre. Une chose était sûre : Werner et Franziska seraient fiers, eux. Penser à eux me donnait un courage énorme, j'étais incapable de comprendre réellement pourquoi, mais j'acceptais volontiers cette bravoure que me conférait la pensée de ces deux êtres tant aimés, trop tôt disparus. Du courage, j'allais sans doute en avoir besoin, encore un peu.





Dernière édition par Greta Kahlmann le Lun 21 Aoû - 10:21, édité 36 fois
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the protestant wolf
♕ Métier : Père Clinton Ashby. En réalité, érudit allemand autrefois professeur, notamment à l'université de Tübingen. ♕ Age : 30 ans ♕ Religion : Protestant luthérien, se faisant passer pour un prêtre catholique ♕ L'avatar a été fait par : Lilday ♕ Mon nombre de messages est : 420 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 39 ♕ Je suis arrivé(e) sur TGA le : 10/08/2016 ♕ Mon pseudo web est : BloodyWonder ♕ Mes autres visages : Arthur Wayne & Lavinia Tyburn Administratrice révolutionnaire protestant

MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 16:16
C'est avec le plus allemand de mes trois visages que je te souhaite donc la bienvenue ici, Lemon June !

J'ai vraiment hâte de découvrir ce que tu nous réserves avec cette beauté germanique N'hésite pas à me contacter moi ou un autre membre du staff si tu as des questions




♠️ THEODORE, from the greek « gift of the gods » | the protestant wolf  ♠️ A time to love and a time to hate, a time for war and a time for peace.
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Pudding d'amour de Mary Tudor
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 16:48
Ooooh BloodyWonder !
Eh bien merci beaucoup, c'est vrai qu'entre François et Katheryn ils sont sacrément BG les allemands par ici J'espère que ma miss sera à la hauteur alors, et pas de souci pour les questions, je te harcèle au premier pépin !
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 17:00
HLLOOOOOOOOOOOOOOOOOOo Smile Alors je t'aurai bien accueilli avec ma Anne de Clèves chérie mais la pauvre est mort en juillet 1557. Du coup je t'accueille ici avec Rosalie une fille du peule. J'ai bien hâte de voir ce que tu nous réserves avec cette chère Allemande.

Comme l'a dit Theo n'hésite pas Smile



Les fleurs du mal

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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 17:06
RIP Anne !
Et merci, jolie Rosalie
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 18:29
La belle Katheryn
Bienvenue dans mon futur royaume J'espère que tu te plairas parmi nous
Bon courage pour la rédaction de ta fiche



princesse Elizabeth
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 20:23
Mein Gott, Sophie Turner est tellement bien en Elizabeth

Bref, cela dit, bien le merci, votre Majesté !
Comment ça, vous ne l'êtes pas encore ? Va falloir se bouger pour changer tout ça, c'est moi qui vous l'dit !
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 20:32
Bienvenue Greta Smile
Bonne chance pour ta fiche


Tears aren't a woman only weapon, the best one is between your legs. + N’oublies jamais ce que tu es, car le monde ne l’oubliera pas. Puise là ta force, ou tu t’en repentiras comme d’une faiblesse. Fais-t-en une armure, et nul ne pourras l’utiliser pour te blesser.
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 9 Aoû - 20:38
Merci beaucoup !
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Mer 16 Aoû - 20:54
mais quel personnage de toute beeaaauté
bienvenue par ici
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Ven 18 Aoû - 13:03
Merci bien, monsieur le Duc !
J'en profite pour vous signaler que ma fiche avance, j'ai été prise par le travail ces derniers jours mais je devrais poster la dernière partie d'ici la fin de la semaine
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Ven 18 Aoû - 15:34
J'ai hâte de découvrir le fin Very Happy



princesse Elizabeth
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Lun 21 Aoû - 9:38


Félicitations !

tu viens de rejoindre les fous


Alors là....Je suis véritablement sous le charme de ta fiche ! Tu m'as l'air d'avoir de très bonnes connaissances historiques et la façon avec laquelle tu navigues entre contexte historique et histoire personnelle dans ta fiche la rend très plaisante à lire. J'adore ton style d'écriture d'ailleurs, très fluide. BREF, je suis sous le charme de cette fiche et de ce personnage. *-* D'ailleurs, je veux, que dis-je, j'exige un lien avec mon allemand de service Razz Je note cependant deux possibles anachronismes (l'Heptaméron de Marguerite de Navarre n'est pas encore publié (il date de 1559) Quant au royaume de Livonie, là je ne m'y connais pas du tout, mais selon Wikipédia, il est érigé à la fin du siècle ^^") du coup, si tu peux corriger ça ce serait parfait Smile Mais bravo pour le nombre de références historiques que tu as placé avec brio *-*

DONNNNC Bravo à toi, tu viens de passer la redoutable épreuve de la fiche de présentation. Tu es également parvenu à convaincre le staff de choc de ce forum. Encore bravo ! Cependant, n'oublie pas, le pire t'attend encore, entre les décapitations, les buchés, la peste et autres joyeusetés de cette époque, tes chances de survies sont maigres pale
Bon si tu insistes vraiment pour nous rejoindre, nous t'invitons à faire tes fiches de liens et de RP par (ICI). Puis, tu devrais jeter un petit coup d'oeil à notre système de point qui va te permettre d'acquérir des compétences sur le forums et de nombreux lots comme un toit sur la tête, un rang, un double compte ou encore un scénario supplémentaire. En effet, tu as le droit à un scénario gratuit et le reste tu devras le payer. Pour en savoir plus, nous t'invitons à lire ces topics : ICI

Ensuite, comme nous sommes des petits fous, tu peux rejoindre notre flood Et également couper des têtes en RP On aime couper les têtes sur le forum, tu verras c'est trop drôle

En tout cas, bienvenue à toi et nous espérons que tu vas t'amuser sur The Golden Age

PS : En raison de la nationalité allemande de ta chère Greta, son groupe sera plutôt celui des étrangers, bien que ce sont une étrangère faisant partie du peuple. ^^












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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Lun 21 Aoû - 10:19
Woups, j'avais lu 1529 pour l'Heptaméron, salue la fille super intelligente qui lit en diagonale What a Face Et effectivement, j'ai planté sur la Livonie aussi, on parlait encore de confédération livonienne en 1558 (et là, c'est la fille qui note à l'arrache ses dates dans ses cours qui s'exprime Arrow )
Sur ce, je file corriger ça !

Ravie que le reste t'ai plu, cela dit ! Évidemment qu'il nous faut un lien, deux allemands en fraude sur le sol anglais ne peuvent que s'être croisés What a Face Je vais faire mes fiches de liens/RP, et en avant pour la grande aventure !
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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  Lun 21 Aoû - 10:23
Super !




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MessageSujet: Re: GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES  
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GRETA KAHLMANN ☸ LA PART DES FLAMMES
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