AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Cette MAJ est optimisée pour Mozilla et Safari
nous faisons notre possible pour l'optimiser pour Google Chrome

Nous nous situons aux alentours de mai/juin 1556.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
Nous recherchons aussi des membres du peuple.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

Partagez|
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas Aller à la page : 1, 2  Suivant

avatar
♕ Mon nombre de messages est : 901 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 1383 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 28/02/2012

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Ven 5 Juil - 15:29


La parade sur l'eau.




12 Novembre 1553. Des milliers de fleurs étaient jetées par-dessus les ponts traversant la Tamise. Sur les abords, le peuple hurlait de joie saluant les bateaux qui passaient sur l’eau. Aujourd’hui alors que novembre se profilait et qu’un doux hiver s’installait sur Londres, une parade sur l’eau avait été organisée pour adoucir le long hiver qui allait attendre les londoniens.

Qu’ils soient riches ou pauvres, ils participaient tous à cette parade, qui pour le bonheur de tous était la fidèle continuation du couronnement qui avait eu lieu un mois plus tôt. Depuis ce moment-là, les festivités ne cessaient de s’accumuler dans la capitale, tout comme partout ailleurs. Les premières lois avaient été lancées, et le virage vers le catholicisme commençait à être emprunté par le gouvernement. Depuis le couronnement, un nouveau sujet était à l’ordre du jour, le mariage de la reine et de nombreux candidats se présentaient pour être le nouveau souverain anglais. Cependant, ce sujet était encore un secret d’état, même si beaucoup entendait des rumeurs à propos de Philippe de Habsbourg qui serait le meilleur candidat pour le poste de roi.

Durant cette parade, il n’y avait aucun roi, mais une reine aimait de son peuple qui se trouvait au centre de la flotte, dans un bateau d’or, décoré de roses rouges et blanches. Elle était debout portant une robe pourpre, à l’image des souverains anglais. Resplendissante elle l’était tout comme la cour royale qui se trouvait dans différents bateaux à ses côtés. Les nobles suivaient tout comme la garde royale le cortège. C’était le moment pour se montrer et être vu. Le peuple n’était pas en reste, ceux qui avaient de petites embarcations les avaient décorés de fleurs des champs et suivaient le tout bien modestement, mais avec la même ferveur que les plus nobles sujets anglais. L’eau était parsemée de roses rouges et blanches et de pétale de fleurs qui suivaient le chemin de la reine. Ce jour, comme le couronnement promettait d’être un moment mémorable.


♣ Information sur le jeu : Durant cet évènement vous êtes les acteurs ou bien les spectateurs d'une parade sur la Tamise (souvenait vous du jubilé d'Elisabeth II, c'est la même chose). Donc, vous pouvez être sur l'eau ou bien sur les abords de la Tamise à suivre le cortège. Vous êtes là pour vous montrer et pour vous faire voir de la reine. cet évènement est dans la continuation des festivités du couronnement, qui ont été longues et qui ont pour but de stabiliser le royaume. Et oui, c'est dans la fête que l'on restaure la paix dans un pays.
Ce premier tour durera jusqu'au 21 juillet 2013 et vous pouvez répondre autant de fois que vous le désirez. Faites-vous plaisir, on assiste pas à de tels évènements tous les jours.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://majesticrose.forumgratuit.org

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Sam 6 Juil - 8:16
    Un châle couleur de feuille d'automne jeté sur les épaules et vêtu de ma robe la plus banale possible, j'étais fin prête à me mélanger au peuple londonien et à disparaître dans la foule. Lorsque l’événement de la parade royale sur la Tamise avait été annoncé, je m'étais décidée à montrer le bout de mon nez dans les rues de la capitale brumeuse. Cela faisait bien trop longtemps que je n'avais pas participé à la ferveur et à l'hystérie du monde extérieur. De plus, on ne voyait pas la Reine Mary tous les jours. Maintenant citoyenne anglaise, je me devais de participer à la suite de son couronnement, n'est ce pas ?

    Je trottinais à travers les ruelles illuminées du soleil matinale à la recherche des quais. L'air frais mordant mes joues me vivifiait après le voyage confiné que moi et certaines dames de compagnie de la Comtesse de Lennox avions enduré depuis le manoir de la famille Douglas. La tiédeur et l'odeur de sueur froide sous les couches de vêtements dans le vieux carrosse m'avait un peu fait tourner la tête. Pour la première fois depuis mon arrivée ici, je remerciais la bise glaciale de Londres qui fouettait mes cheveux.

    La rumeur d'une foule lointaine me fit accélérer le pas. Si j'en croyais les exclamations et les cris, je ne devais pas être loin de là où la parade défilait. Alors que je débouchais enfin du labyrinthe qu'étaient les rues, j’aperçus une masse sombre et joyeuse d'où les rires fusaient. J'étais arrivée à bon port ! Parmi les centaines de visages, je crus reconnaître certains clients de Majestic Rose où j'avais travaillé. Sur les bords du fleuve, nous ne devions être que le petit peuple. Les nobles devaient se trouver dans de magnifiques bateaux, à naviguer auprès de leur souveraine. Mais j'étais trop loin des abords de l'eau pour m'en apercevoir. Je jouais des coudes, bien décidée à apercevoir, ne serait-ce qu'une seconde le défilé nautique. Après avoir écrasé pieds, robes, capes et m'être confondue en excuses à chaque fois, je me retrouvais compressée contre le muret de pierre séparant la route de la Tamise. La parade était encore plus belle que ce que je m'étais imaginée. Le vent faisait flotter les étendards ou couleurs chatoyantes des différentes familles, les coques polies luisaient sous les rayons du soleil et la musique tonitruante égayait les cœurs. Des nobles et de bourgeois saluaient la foule depuis leur bateau et, prise par le mouvement, je me mis à remuer ma main également. C'était stupide mais tellement amusant.
    Un navire plus grand, plus gros et plus décoré que les autres me fit deviner qu'il devait être celui de la reine. Mais il était en tête du défilé et je ne pouvais que suivre la masse avançant lentement, sans possibilité de m'en soustraire. Toujours écrasée contre le muret, mes côtes commençaient à me faire souffrir.

    Une pluie de fleurs me fit tourner le visage une nouvelle fois vers l'eau. Là, sur les flots scintillants, je vis des barques de fortune où des petites gens ramaient dans l'espoir de rattraper le cortège. En voilà, une bonne idée ! C'était beaucoup plus pratique que d'être compressé et incapable de se mouvoir. Malheureusement, je n'avais pas de bateau à disposition et, même si j'en avais un, je ne pourrais pas monter à bord. Je ne savais pas nager et m'imaginer à voguer, entourée de toute cette masse liquide m'angoissait déjà.
    Je me résolvais alors à suivre la foule.

Revenir en haut Aller en bas

LA FILLE DU BOURREAU ♌ le petit oiseau des rues.
avatar
♕ Métier : Ancienne serveuse au Flying Dutchman ♕ Age : 25 ans ♕ Religion : Catholique ♕ L'avatar a été fait par : Ecstatic Ruby ♕ Mon nombre de messages est : 1579 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 41 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 14/04/2013 ♕ Mon pseudo web est : Mari-Jane ♕ Mes autres visages : Antanasya, Elizabeth, Edward, Annabeth, Jane, Jack, Philippe

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Sam 6 Juil - 11:52


A vos risques et périls.

Sur la Tamise.
12 novembre 1553
« Tu ne vas quand même pas me faire monter dans cette chose ? Tu es complètement fou elle ne tient pas debout. »
« Ma chère Constance, vous avez ici la meilleure embarcation de tout Londres. » Disait l’homme avec une pointe de fierté.
« James, ton bateau, si je peux appeler ça comme ça, nous fera couler avant qu’on atteigne le cortège ! » Ajoutait la jeune femme tout en mettant sa main si sa hanche.
« Constance, je l’ai décoré pour toi, tu mourrais d’envie de voir la reine, donc je l’ai fait pour toi, viens, je t’assure, tu ne risques rien. »
« Si cette chose nous met à l’eau, je te noies ! » Craqua-t-elle, tout en montant sur la petite embarcation de pécheur.

En se réveillant ce matin, elle ne s’attendait pas du tout à participer à la parade sur l’eau, plus à la regarder, mais pas à être sur l’un des bateaux. C’était James qui était venu la chercher il y a deux heures de cela pour lui parler de son projet, Constance l’avait pendant un temps prit pour un fou, mais en le voyant aussi sérieux et en découvrant l’embarcation de pêcheur, elle comprit tout de suite que son ami était plus que sérieux. Constance connaissait James depuis sa tendez enfance, bien avant sa fugue, il faisait partie du petit groupe d’enfant et plus tard de jeune du quartier. Après son départ, elle n’avait plus eu de nouvelles du jeune homme, jusqu’à ce qu’il la croise durant la foire des moissons. Après de nombreuses menaces, la jeune femme lui avait fait jurer qu’il ne dirait à personne qu’il l’avait vu et par chance James avait tenu sa promesse. Depuis ce jour, ils se retrouvaient ensemble, se promenant dans les rues de Londres et rattrapant le temps perdu. La serveuse était heureuse de retrouver l’une des personnes de son passé, et particulièrement James.
Ce fut sans grande joie et avec beaucoup de retenue que la jeune femme monta sur l’embarcation, celle-ci était faite de bois brut et avait été décoré de centaines de fleurs des champs. James n’avait vraiment pas fait les choses à moitié. Quand elle vit que le petit bateau ne coulait pas quand tous les deux furent dedans, elle se détendit et envoya un regard boudeur à son ami. Elle s’installa sur l’un des petits bancs et regarda autour d’elle, tandis que James prit les rames et les emmena au large du fleuve. Tous deux rejoignirent le cortège des petites embarcations sommaire. L’effet était vraiment magnifique et tous avaient joué le jeu de décorer leurs bateaux de fleurs.

« Tu vois, nous ne coulons pas. » Riait le jeune homme face à elle.
« Chut et rames, je dirais seulement que ton bateau est bien une fois que nous aurons mis pied à terre à la fin de cette parade. » Disait la jeune femme d’une manière pompeuse, tout en lissant la jupe de sa robe.
« Tu es vraiment un phénomène Constance. » Eclata-t-il de rire en cœur avec la jeune femme.

Quand ils passèrent l’un des premiers ponts de la ville, les deux jeunes gens reçurent une pluie de pétales rouges et blanches. La reine n’avait vraiment pas lésinée dans les moyens pour rendre cette parade magnifique. D’ailleurs, Constance qui était principalement venue pour la voir, chercha son embarcation d’or des yeux, mais il semblerait que la reine était encore trop loin d’eux. Elle ne pouvait pas non plus forcer James à ramer plus vite, sinon le jeune homme finirait par être épuisé avant la fin de la parade. Tant pis, l’évènement n’était pas encore terminé, elle avait encore une chance d’apercevoir la souveraine anglaise.


    l'ange des rues
    PETIT OISEAU S'ENVOLERA UN JOUR ET NAVIGUERA LOIN SUR LES OCEANS.
    code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Admin ♛ « Princesse et bâtarde d'Angleterre.  »
avatar
♕ Métier : Princesse d'Angleterre ♕ Age : 22 ans ♕ Religion : Celle que me dictera ma souveraine. ♕ L'avatar a été fait par : Zuz ♕ Mon nombre de messages est : 3462 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 14 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 11/09/2012 ♕ Mon pseudo web est : Mari-Jane ♕ Mes autres visages : Antanasya Cavendish - Constance Bennet - Anne Stanhope - Jane Stuart- Annabeth M. Blackwood - Jack Mortimer

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Lun 15 Juil - 19:03


Au fil de l'eau.

Sur la Tamise.
12 novembre 1553
Le bateau d’or et de pourpre vogué sur les eaux calmes de la Tamise, conduisant la princesse Elizabeth à la suite de sa sœur la reine Mary Tudor. Depuis le couronnement de la reine, les festivités ne cessaient pas dans la capitale offrant à tous une atmosphère de joie, même avec l’arrivée de l’hiver. Novembre se profilait doucement alors que tous devaient survivre jusqu’au prochain été. Les récoltes étaient mises en réserve et les animaux rentraient dans les étables jusqu’au retour du beau temps. Les temps étaient toujours durs pour le petit peuple en hiver, mais chacun avait son astuce pour subsister. Lady Elizabeth Tudor pour ce grand jour de festivité était vêtue d’une robe couleur crème décoré avec du fil d’or, ses cheveux tombés élégamment sur son dos et elle portait autour de son cou, un collier de diamant que lui avait offert un ambassadeur italien. Pour se protéger du froid, elle portait une cape de fourrure qui la tenait bien au chaud. Sur le petit bateau d’or, elle était accompagnée de plusieurs dames de compagnie, avec qui elle s’amusait à attraper les pétales de rose et à saluer la foule en liesse.
Alors qu’elle s’emmitouflait dans sa fourrure assise sur l’un des fauteuils pourpres du bateau, elle repensa à la journée du couronnement, un moment fastueux, mais qui restait graver dans sa mémoire, surtout le banquet. Elizabeth n’en revenait toujours pas qu’elle avait pu demander à Robert Dudley de danser avec elle, pauvre Amy, elle avait dû se demander quoi. D’ailleurs même elle ne comprenait pas pourquoi elle l’avait fait, pour embêter le jeune homme ou tout simplement lui parler, avant qu’on ne le remette dans sa cellule. Robert était avenant comme beaucoup d’homme à la cour, mais ce qui était différent des autres, c’était qu’il lui tenait constamment tête, et même si ça l’agacé, elle adorait.

L’embarcation passa sous un pont et Elizabeth se redressa à nouveau pour saluer la foule, suivit de ses dames d’honneur, qui calquaient bien souvent ses gestes. Les femmes reçurent sur elle une pluie de pétales de roses rouges et blanches aux couleurs de l’emblème des Tudor. Il y avait bien longtemps maintenant que son grand-père Henry Tudor avait réunis les roses rouges et blanches des Lancastre et des York pour en faire qu’une. Cet emblème c’était celui de l’union de l’Angleterre. La jeune femme jeta un regard par-dessus son épaule pour voir sa sœur la reine qui saluait la foule, entourée de ses propres dames d’honneur. Mary était radieuse comme toujours depuis son couronnement et à en croire les rumeurs elle chercherait un époux parmi de nombreux prétendants. Cependant, Elizabeth en était sûre, le choix de la reine se porterait pour un espagnol, en tout cas son amour allait toujours pour la patrie de sa mère Catherine d’Aragon et elle considérait depuis longtemps Charles Quint comme son second père. Si un mariage espagnol se faisait, la rousse craignait le pire pour son pays qui vivrait alors sous l’égide de l’empire germanique. Cela elle ne le supporterait pas, même si l’ambassadeur espagnol avait déjà fait de nombreux gestes en sa faveur. Elle détestait les espagnols de toute façon et préférait nettement une alliance avec la France, même si ces derniers avaient préférés la petite Ecosse depuis bien longtemps. D’ailleurs, les écossais étaient eux aussi présents pendant ces festivités et Elizabeth ne pouvait s’empêcher de haïr leur porte-parole Marie de Guise, il était vraiment dommage que le roi James V n’avait choisi son fils bâtard James pour être son héritier.

La cour royale naviguait autour d’eux et Elizabeth faisait de petits signes envers les personnes qu’elle croisait durant ce moment. Peuple, noble et royauté, tous étaient là et pour qu’une seule personne, Mary Tudor.



princesse Elizabeth
(c) ystananas
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Mar 16 Juil - 14:22
Aujourd'hui était jour de festivités au royaume. Quelques heures auparavant, Lerena se rappelait encore des raisons qui étaient à l'origine desdits festivités. Mais en baignant dans cette clameur et cette beauté, toutes deux pareilles à nulle autre, la dame d'honneur de la Princesse Elizabeth Tudor ne put qu'oublier ce qui l'avait amenée ici, trop occupée qu'elle était à jouir de l'ivresse procurée par cet événement d'une ampleur dont elle n'avait guère l'habitude. Évoluant sur une embarcation aux côtés de la Princesse, Lerena saluait la foule avec enthousiasme, un sourire enjoué aux lèvres. Puis elle trempa ses doigts dans l'eau et ramassa quelques pétales de rose, qu'elle s'amusa à souffler pour observer leur envol.
La jeune femme se distinguait sans nul doute des autres dames d'honneur qui escortaient la Princesse. Pas en raison de sa tenue, qui était suffisamment simple pour lui permettre de se mouver sans difficulté, elle qui pouvait faire preuve d'une telle maladresse, ni en raison de sa beauté qui, somme toute, faisait pâle figure auprès de la Princesse ou des dames qui l'entouraient, mais bel et bien en raison de l'innocence enfantine qui se dégageait d'elle, comme si Lerena n'était qu'une petite fille envoûtée par l'aspect grandiose de ce jour béni. N'était-ce pas, en vérité, ce qu'elle était réellement ? Éveillée d'un long sommeil paisible, ses souvenirs demeurant dans les limbes, Lerena avait connu une seconde naissance, quelques mois auparavant, et avait perdu tout ce qui faisait autrefois son existence. Enfant découvrant le monde, Lerena éprouvait des sentiments purs et délicats, presque primaires, et il lui était impossible de dissimuler toute la joie que lui procurait ce qui se déroulait présentement derrière un masque de dignité. La jeune femme laissa échapper une exclamation admirative lorsque, traversant un des divers ponts de la Tamise, tous furent littéralement inondés de fleurs. Des pétales allèrent s'égarer dans sa longue chevelure noire, relevée pour l'occasion, et Lerena se plut à penser qu'elle pouvait ressembler à un ange printanier, en cet instant précis. Se tournant vers la Princesse, elle s'exclama d'une voix curieuse et émerveillée :


"Que fêtons-nous en ce jour, Princesse ? Est-ce votre anniversaire ou celui de la Reine ?"

Sa question attira quelques rires moqueurs, auxquels elle se joignit sans mauvaise pensée. Fixant la Princesse d'un regard empli d'affection et de dévotion, elle attendit sa réponse, ses yeux s'égarant de temps en temps pour se nourrir des beautés qui l'entouraient de toute part. D'un geste distrait, elle écarta quelques pétales de fleurs qui s'étaient égarées sur sa toilette bleue, avant de les rassembler et de les jeter à l'eau, laissant échapper un rire joyeux. Elle commença à se pencher, au risque de tomber, pour pouvoir saluer un enfant qui l'observait avec curiosité. Fort heureusement, elle se redressa à temps, évitant à elle-même ou à l'embarcation de sombrer dans la Tamise, un événement qui aurait été fort regrettable en ce jour de fête.
Sous des regards désapprobateurs, elle se força à se calmer quelque peu, passant ses doigts dans l'une des mèches de cheveux qui avait échappé à la coiffure sophistiquée qui lui avait été imposée. Vraiment, Lerena préférait avoir les cheveux lâchés sur son épaule ou, éventuellement, une queue de cheval pratique pour empêcher ses mèches de s'égarer devant ses grands yeux bleutés. Elle n'avait même pas pu choisir elle-même sa coiffure ou sa tenue...On l'avait choisi pour elle, comme bien des choses, et elle n'avait eu d'autre choix que de se plier à cela.
Se rappelant subitement de la question qu'elle avait posé, Lerena accorda à nouveau son attention à la Princesse et, lui adressant un sourire maladroit et candide, attendit qu'elle daigne lui répondre, dans sa mansuétude.


"S'il s'agit de votre anniversaire, je n'ai point de présent à vous offrir, Princesse. Vous m'en voyez fort marri."

Elle s'inclina brièvement devant elle et lui offrit un autre sourire, étirant ses lèvres pour lui présenter toutes ses excuses.

Revenir en haut Aller en bas

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Mar 16 Juil - 21:00
Aujourd'hui la boutique était fermée pour la journée, c'était un jour particulier comme il y en avait tant à Londres. Anna aimait ces journées où elle pouvait se libérer et voir un peu de monde. Il était rare qu'on la reconnaisse en tant que duchesse d' un petit village d’Écosse, non ici elle était plutôt la nièce de l'apothicaire et ça lui allait très bien. Elle n'avait pas besoin de tout ce que les riches avaient, non c'était déjà bien qu'elle ait trouvé refuge chez sa tante alors elle ne s'en peignait pas, même si une literie confortable lui manquait par moment.

Anna s'était apprêtée tôt ce matin pour assister à cette parade royal. Elle avait assisté aussi au couronnement de la reine, quelques semaines plutôt et en avait été toute retournée, c'était beau et un peu dangereux semblerait-il. Anna avait eu peur la dernière fois mais ne raterait pour rien au monde un autre événement. Elle aimait bien voir tout ce qu'on pouvait faire pour embellir la ville et ce malgré le temps maussade qui régnait sur Londres. Tout semblait plus beau avec quelques fleurs.

La jeune femme était arrivée tôt au bord de la tamise pour avoir l'espoir d'apercevoir la reine qu'elle trouvait si majestueuse. C'était une femme forte comme celle qu'Anna appréciait généralement. Elle avait attendue et avait enfin aperçut les bateaux naviguant sur l'eau. C'était beau à voir mais tellement royal. Ça lui rappelait quelques soirée durant lesquelles son père l'avait présenté à ses amis de longues dates. C'était loin d'être similaire, certes mais ça restait très conventionnel et un peu pompeux. Des fleurs furent jetés à l'eau sous les acclamations des passants auxquels participa Anna. La demoiselle était serrée dans cette masse de gens. Ce n'était pas toujours très agréable mais c'était toujours mieux que d'être seule dans sa boutique.

Anna portait une de ces robes qu'elle avait apporté avec elle lors de sa fuite, une plus belle robe que celle qu'elle portait habituellement. Ce n'était sans doute pas un très bon moyen pour rester discrète mais elle avait voulue être jolie pour une fois. Ses cheveux étaient attachées en un chignon serré qu'elle avait eu du mal à nouer. Elle aurait sans doute pu faire partie de la suite de la reine mais se plaisait plutôt à être là parmi les simples gens du peuple, c'était ça place à présent et elle n'avait vraiment pas envie qu'on la considère seulement comme une duchesse.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Mer 17 Juil - 2:02
♣ 12 Novembre 1553  ▬ la parade sur l’eau.

Une journée épique, des fleurs, de la couleur, l’hiver qui arrivait. J’étais conviée à une parade sur l’eau. J’avais opté pour une robe aux couleurs d’automne, une capeline en fourrure pour me tenir chaud surtout au bord de la Tamise où il ferait plus froid que dans le cœur de Londres. J’aimais me montrer, moi la Reine d’Ecosse, j’étais là. La reine Mary Tudor savait qu’elle devait se montrer, pour asseoir son pouvoir et montrer qu’elle était là pour son peuple. Cette parade représentait l’une de nos sorties officielles depuis le couronnement. La parade était le bon moyen de se montrer et d’être vu, un bateau d’argent pour la Cour d’Ecosse suivait celui de la Reine. Une embarcation décorée de bleu ciel et de blanc, avec des touches de jaune – demande toute particulière que j’avais faite pour honorer le blason de ma maison : les Guise. Des roses blanches ornées également le bateau, un signe de paix. Mary Tudor prévoyait son mariage, j’y serais certainement, également invitée. Cela était un excellent moyen de distraire et occuper la population pendant que les réformes concernant les catholiques commencées à passer. Sur l’eau se trouvait des roses rouges et blanches, des pétales de fleurs suivaient le chemin de la Reine. Un décor idyllique. Angélique. Mon bateau suivait celui d’Elizabeth, à mon grand désarroi, je devais la supporter pour plaire à la Reine. Je me demandais souvent comment celle-ci faisait pour tolérer sa sœur à ses côtés. Cela revenait à mon cas après-tout, comment est-ce-que j’arriver à supporter James Stuart ? Telle était la question que je me posais tous les jours. Les discussions à propos du mariage de la Reine fusait de part en part, de nombreux prétendants étaient intéressés, mais la Reine choisirait une union qui lui est bénéfique. J’étais d’or-et-déjà dans la confidence, d’une éventuelle union entre l’Espagne et l’Angleterre. Une future alliance qui couterait chère. La France était au milieu de ces deux pays. Ma patrie. Mon pays. La France. J’admirais les petites embarcations du peuple anglais, joliment décorées, cela m’amusait. Loin l’idée de moi de me moquer, je trouve cela touchant. Le spectacle était magnifique, et cette parade était pour le moment ma sortie favorite. Je regrettais amèrement que Marie Stuart, ma fille ne soit pas là pour profiter de cela en ma compagnie. Je me tenais droite devant mon fauteuil. Je souriais, un sourire qui ne montrait aucun signe de joie non… plutôt, un sourire hautain et narquois. La Reine avait comprit que la clé était de divertir son peuple. L’hiver serait probablement rude, et le peuple devait penser à autre chose que le froid qui envahirait leur maison et qui tuerait les plus faibles.

Je saluais la foule sur mon passage. Je faisais bonne figure. Priant que pour mon séjour dans cette Capitale soit le plus court possible. Je me languissais mes palais, mes demeures, et mon peuple. On ne me reprocherait pas d’avoir tout fait pour protéger l’Ecosse, et offrir à mon pays d’adoption la meilleure des places et la prospérité de celui-ci. On jetait des fleurs au passage de mon bateau, le parfum de toutes ses plantes embaumé l’atmosphère.  Absolument arcadique. Un moment parfait mais que malheureusement, je partageais seule. Comme toujours…
Revenir en haut Aller en bas

avatar
♕ Mon nombre de messages est : 901 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 1383 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 28/02/2012

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Lun 22 Juil - 13:57


La parade sur l'eau.




La parade sur l’eau attirée du monde aux abords de la Tamise, que ça soit les anglais et même les étrangers, comme les douces Philippa Montechiaro et Anna Danford, qui même venant de contrées un peu plus lointaines étaient attirées par les charmes et les fastes à l’anglaise. Sur l’eau, on pouvait trouver des petites personnes du peuple, qui même dans leurs embarcations sommaires voulaient par-dessus tout suivre le cortège de la reine. Ces petits bateaux étaient décorés de fleurs, ce qui donnait un aspect de toute beauté et très naturel aux festivités. Sur ces embarcations on retrouve Constance Bennet, qui même si elle était peu rassurée, profitée de la joie de ce moment. La famille royale n’était pas en reste, puisque après la reine, on trouvait le bateau d’or de lady Elizabeth Tudor, qui était accompagnée de ses dames d’honneur, dont Lerena d’ Arché. La royauté écossaise se trouvait elle aussi dans le cortège, avec comme figure emblématique la reine douairière Marie de Guise.
Tandis que le cortège continuait à glisser sur l’eau, les spectateurs le suivaient le long de la berge, tout en hurlant leur joie où en saluant la foule. La reine était là, encore plus majestueuse que jamais, debout sur son embarcation et saluant la foule, le sourire aux lèvres.
Sur le chemin, une charrette suivait, avec une commande spéciale de la reine. Cette charrette contenait de la poudre noire, qu’on devait apporter à la Tour de Londres. Voilà maintenant deux jours que cette commande était attendue par la couronne anglaise, mais voilà, le fruit du hasard a fait qu’elle avait du retard. On ne sait comment la suite se produisit, peut-être était-ce un protestant ? Un comploteur ? On ne sait pas, on ne vit rien et pourtant, une explosion sourde se fit entendre. La poudre noire venait d’exploser provoquant un vent de panique auprès des spectateurs. Beaucoup qui se trouvaient aux bords, tombèrent à l’eau, des femmes, des hommes, des vieillards, des enfants. Les gens se poussaient, ce qui provoqua les trop nombreuses chutes dans les eaux froides de la Tamise. Beaucoup ne savait pas nager… Beaucoup allait se noyer…


♣ Information sur le jeu : Voilà le second tour de notre évènement. Vous allez nous dire encore une catastrophe! Mais ce n'est pas ça que vous aimez ? ^^ Alors pour ce second tour, la parade continue dans la joie et la bonne humeur, jusqu'à ce qu'une charrette pleine de poudre noire, qui prenait le chemin de la Tour explose. Comment allez-vous réagir face à cela? Ceux qui se trouvent aux abords allez-vous tomber? Tout ça c'est à vous de nous l'écrire et vous avez jusqu'au 11 août 2013 pour le faire.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://majesticrose.forumgratuit.org

 Dame de cœur
avatar
♕ Métier : Duchesse de Lyon, bâtarde de François Ier et demie sœur d'Henri II. Directrice, gérante & fondatrice de la Cross School, pensionnat pour jeunes filles défavorisées ♕ Age : 25 ans ♕ Religion : catholiques tolérants en passe de devenir protestants ♕ L'avatar a été fait par : avatar:Halstead/ Signature:Nymeria./ Bannière: Mari-Jane ♕ Mon nombre de messages est : 769 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 199 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 12/03/2013 ♕ Mon pseudo web est : ReineSoleil, Naomi, Lucrezia ♕ Mes autres visages : la nourrice - gouvernante des Cavendish

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Lun 22 Juil - 20:12


EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau.
Une parade sur l'eau pour saluer la nouvelle souveraine. Quelle merveilleuse idée! Mary allait être présente au nom de son frère qui ne pouvait être présent. Pour cette journée mémorable (et elle allait l'être de toute les façons) Mary s'était vêtue d'une magnifique robe bleue foncée parée de pierres précieuses et où fut brodée l'emblème de la famille royale sur sa poitrine. Comme coiffure, elle avait simplement soulevé ses cheveux en un chignon magnifiquement bouclé et tressé où elle avait planté des plumes de paon peintes en bleu avant de monter sur le bateau frappé des armoiries de la famille royale françaises et coloré des couleurs de France.

Quand la parade sur l'eau démarra, ce qu'elle remarqua c'est la beauté et l'émerveillement. Tout le fleuve s'était déguisée en une gigantesque scène de théâtre! Des fleurs et des pétales étaient jetés des ponts. D'ailleurs, en passant sous un d'eux, certaines pétales tombèrent sur elle et tournoyèrent autour de sa personne quand le vent se leva... L'air parfumé lui rappela tant la campagne de sa jeunesse que cela lui arracha un rire léger et cristallin surprenant ses serviteurs qui ne l'avaient plus entendus rire depuis longtemps. Depuis la mort de sa mère qu'elle n'avait même pas pu assister dans son dernier voyage. En parlant famille, Mary avait ouïe dire que la nouvelle souveraine pensait déjà à prendre époux...Evidemment, après elle, c'était sa petite demie soeur: Lady Elizabeth qui était sur la liste des prétendants au trône et celle ci étant protestante, il était hors de question que la fille d'Anne Boleyn termine sur le trône pour la Reine! Pauvre Elizabeth...

Empêchant sa coiffe de s'envoler, elle alla s'asseoir sur le trône qui avait été en bois venant des forêts françaises provenants de la terre où la Duchesse Mary avait passé les années les plus pauvres mais, aussi, les plus heureuses de son existence. Elle saluait quelques passants qui jetaient les fleurs dans l'eau de la Tamise tout en s'asseyant.

Prise d'une soif, elle prit un verre d'eau qu'elle bu lentement. Tout allait bien. Elle se sentait bien. Pour une fois, la première fois depuis le commencement de son deuil, elle était heureuse. Mais, visiblement, le Seigneur en décida autrement.
La charrette contenant les barils de poudre noire pour la Tour de Londres explosa en milles morceaux. Le souffle de l'explosion fit tanguer son embarcation et elle tomba par terre, un vase fleuri mit sur un meuble bascula et manqua de venir se fracasser contre sa tête. Mais, heureusement,un serviteur réagi au quart de tour et dégagea la Duchesse de la trajectoire de l'objet. Mary se leva subitement en ignorant le bourdonnement dans ses oreilles et le vertige qui la prenait et observa les résultats de l'explosion.  Certaines personnes sur la rive étaient tombés à l'eau et hurlait à l'aide. Certains de ses gens étaient tombés à l'eau et elle ordonna d'aller les chercher avant qu'ils ne se noient.

Mais pourquoi ces fichus barils de poudre avaient ils explosé?  
FICHE ET CODES PAR EPISKEY.


Dernière édition par Mary A. Abbot le Mar 23 Juil - 14:36, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Mar 23 Juil - 14:14
"Attention, Lady Mary, soyez prudente. Avancez doucement."

L'embarcation tanguait quelque peu, et c'est avec un certain manque d'assurance que Mary Grey, avec l'aide d'un garde royal, se hissa dedans pour prendre place dans le bateau réservé aux pupilles de la Reine, qui avait déjà son propre bateau près au départ. Maladroitement, Mary s'assit et fit de la place à sa soeur Katherine pour que celle-ci s'installe à son côté. La fillette était à la fois craintive et excitée. Lorsque l'embarcation se détacha de la rive pour suivre celle de la Reine, la fillette eut un petit cri de joie.

Assise près du bord, elle pouvait à loisir admirer le magnifique spectacle. La Tamise entière était recouverte de fleurs, comme si de mystérieuses petites fées étaient passées par là, pour offrir la plus belle des démonstrations. L'air embaumait, le soleil brillait, et le tout-Londres était présent. Des cris de joies retentissaient de part et d'autre du fleuve. Bien évidemment, la barque occupée par les soeurs Grey et les autres pupilles était des plus luxueuse, mais Mary ne put s'empêcher d'admirer celles des gens du peuple, ornées de fleurs et assorties en cela au fleuve. C'était grisant, tellement grisant que la jeune Lady en oublia presque ses malheurs, en oublia totalement ses craintes stériles avant de grimper dans la barque. Toute peur s'était envolée. En un jour si beau, presque magique, que pouvait-il arriver ?

Pour une fois, elle n'eut pas à feindre la joie ou le bonheur, elle n'eut pas à se forcer à crier des "longue vie à la Reine !" alors qu'elle ne le pensait pas. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle était presque redevenue la fillette joyeuse et insouciante qu'elle avait été jusqu'à ce funeste mois de juillet. Avec un sourire radieux, elle salua de la main sa cousine Elisabeth, qui voguait dans sa propre embarcation avec ses dames d'atour.

"Tu as vu comme c'est beau, Katty ?"

Elle arrangea le col de sa robe verte et blanche avant de se pencher pour effleurer les eaux du bout de ses doigts, non sans rencontrer une multitude de fleurs sur son passage. Elle pensa au dernier livre qu'elle avait lu, Le Roman d'Alexandre, qui racontait que les fleurs d'orient étaient faites de pierres précieuses et qu'il suffisait d'en faire un bouquet pour devenir riche.

"C'est comme dans Le Roman d'Alexandre, Katty, on dirait des fleurs magiques !"

Mary était pleinement excitée maintenant, et plus du tout inquiète. Tout se déroulait comme dans un rêve. L'eau, la lente descente sur le fleuve, les fleurs, l'odeur entêtante, c'était absolument parfait. Avec de grands yeux brillants et ébahis, la petite fille ne manquait pas une miette du spectacle. Sans se rappeler que tous les rêves ont une fin.

Une déflagration retentit, bientôt suivi d'un souffle qui fit trembler l'ensemble du cortège. Mary agrippa le bras de sa soeur. Brusquement, elle redescendit sur Terre et se souvint du jour de l'entrée de la Reine dans Londres, où Katherine était tombée de cheval. Elle avait sans doute eu la plus grosse frayeur de sa courte vie, ce jour-là.

"Bon sang, mais qu'est ce qu'il se passe, encore ?" Cria-t-elle en voyant certaines personnes de la rive tomber à l'eau.

Attentat ? Accident ? Encore quelqu'un qui voulait nuire à la nouvelle Reine ? Autant de questions qui se bousculaient avec précipitation dans l'esprit de la fillette. Aurait-elle jamais la réponse ?
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Jeu 25 Juil - 9:26
« Lettice, dépêche-toi ! Nous allons être en retard, la pressa Anne tandis qu’elle était en tête de course pour gagner le port. »
« Je vais aussi vite que je peux ! s’essouffla l’enfant, portant plus haut ses jupons pour accélérer l’allure. »
« Je ne veux rien rater de cette journée ! s’égaya la jeune fille en effectuant une pirouette dans sa course, ce qui permit à Lettice d’écourter la distance entre elles. »
« Il aurait peut-être été plus prudent de prévoir une embarcation pour aujourd’hui. Nous ne serions pas alors obligées de nous presser autant. »
« Non, avec une embarcation, nous serions trop loin pour admirer la reine Mary et Elizabeth. Je suis persuadée que nous aurons de meilleures places si nous restons dans le cortège à pieds. »

L’enfant souffla devant l’insistance de sa tante et cette capacité soudaine qu’elle avait à ne pas être épuisée par cette course. Mais Anne n’entendit rien, bien trop concentrée sur l’horizon et l’excitation qui montait en elle à chaque pas.

« Et puis cela nous réchauffe, ajouta la blonde, les joues rouges. L’hiver approche à grands pas. »

En effet, la morsure de l’hiver se faisait sentir un peu plus chaque jour. L’air frais et vivifiant mordait leurs jours tandis qu’elles couraient à en perdre haleine. Elles avaient heureusement toutes les deux revêtues une cape pour leur tenir chaud. Anne était toute de bleue comme un doux ciel d'été sans nuage tandis que sa nièce Lettice était de rose, pareille à une délicate fleur de printemps qui n’avait pas tout à fait éclose. Enfin, Anne vit poindre à l'horizon le port tant désiré et les abords de la Tamise.

« Ça y est ! Nous y sommes ! s’écria triomphalement Anne en pointant le port du doigt. Suis-moi ! »

Écoutant sagement Anne, Lettice s'engagea à la suite de sa tante, soulagée de voir enfin le bout du calvaire pour ses maigres jambes. La blonde était un volcan bouillonnant d'énergie et sa joie de vivre qui se transmettait toujours à sa nièce, mais elle devait avouer qu'aujourd'hui, son excitation était telle qu'il était difficile de la suivre.
Cependant, Anne ne perdait pas non plus de vue qu'elle devait veiller sur sa nièce chérie. Catherine lui avait fait confiance en la lui confiant pour admirer la parade et elle ne voulait surtout pas donner une occasion de plus à son frère de dire qu'elle était immature. Il fallait lui montrer qu'elle pouvait aussi prendre soin d'une autre personne qu’elle. Elle voulait s'affranchir de la vision de petite enfant qu'Henry avait d'elle.
Elle s'arrêta pour attendre Lettice et prit sa main dans la sienne. Elle recommença à courir, mais à moins vive allure, se calant sur le pas de sa nièce. Maintenant qu'elles allaient être dans la foule, il ne fallait surtout pas qu'elle la perdre de vue. Surtout qu’au bord de l'eau, une catastrophe était si vite arrivée.
Elles gagnèrent enfin la procession de personnes à pieds et elles battirent des coudes, se frayant un passage pour admirer de plus près la parade. Les yeux de Lettice et d'Anne scintillèrent d'un même éclat lorsqu'elles purent enfin voir ce qu'il se passait sur le cours de la Tamise.
Ce qu'elles virent était féerique. L'arrivée de Mary Tudor à Londres semblait être une réjouissance bien fade face à tout le faste dont leurs yeux étaient éclaboussés. Des pétales de roses jonchaient le fleuve et volaient dans les airs, comme tombant tout droit du ciel. Nombres d'embarcations voguaient sur la Tamise, serties de fleurs qui enchantaient les regards. L'allégresse inondait le cours du fleuve, jamais il n'aurait pu être plus beau qu'en ce jour.

« On dirait que les anges sont descendus du ciel pour décorer les eaux. » commenta Anne dans un souffle empli d'émotions.

La blonde contemplait les pétales qui tombaient du ciel et qui venaient s'échouer jusque dans sa chevelure ensoleillée quand tout à coup, la main de Lettice serra avec force la sienne.

« Anne, regarde ! s'exclama l'enfant. C’est le bateau de la reine ! »

Le regard d'Anne coula dans la direction que sa nièce lui indiquait et son souffle se coupa instantanément.

« C’est magnifique ! »

Entourée du cortège d'embarcations, se trouvait le navire de la reine. Imposant et majestueux, il éclipsait tous les autres bateaux. Il semblait qu'il avait été façonné dans l'or le plus pur. Certainement la magie avait-elle aidé à le rendre aussi merveilleux. Quand aux fleurs, Anne songea soudain qu'elles devaient venir tout droit des jardins du Paradis. Tout était si resplendissant qu'elle en perdait la parole. Elle avisa ensuite la reine Mary Tudor qui se tenait, droite et fière sur le pont du bateau. Elle saluait la foule avec grâce et douceur tandis que la foule l'acclamait. Ce n'est qu'en forçant un peu plus son regard qu’Anne aperçut enfin sa cousine, d'une beauté sans pareille. Dire qu'un jour elle se retrouverait peut-être en sa compagnie en tant que dame de sa suite.

« Regarde Lettice. C’est Elizabeth sur le bat… »

Mais Anne n'eut jamais le loisir d'achever sa phrase. Une sourde détonation mit au supplice ses oreilles. La puissance de la déflagration la força à lâcher la main de Lettice pour les porter à sa tête et à se coucher au sol. Qu'est-ce que c'était ? Une explosion ?
Les oreilles d'Anne sifflaient si fort qu'elle entendait à peine les hurlements de la foule. Ils lui revenaient difficilement, comme s'ils étaient lointain. En un instant, la terreur avait chassé l’allégresse. Autour d'elle, c'était la panique générale. Les gens couraient dans tous les sens et se bousculaient. Elle voyait des londoniens se faire pousser et tomber à l'eau. Tout n'était plus que cris et horreur.

« LETTICE ! »

Le hurlement d'Anne fut étouffé par la panique de la foule. Alerte, la blonde se releva dans un bond, cherchant Lettice des yeux mais elle était introuvable. Les larmes lui montèrent aux yeux à la seule idée qu'il ne lui soit arrivé malheur.

« Lettice ! Où es-tu ?» hurlait-elle désespéramment tandis qu'elle courait à travers la foule pour retrouver l'enfant.

Elle battait des coudes, essayant de fendre tant bien que mal la marée humaine afin de retrouver l'enfant perdu. S'il lui arrivait quoi que ce soit, elle ne se le pardonnerait jamais. La blonde luttait tant bien que mal, remontant la foule à contre-courant et hurlait le nom de Lettice à en perdre la voix. Ses entrailles étaient tordues par une angoisse qu'elle n'avait jamais ressentie auparavant.
Soudain, un éclat rose dans la foule attira son regard. C'était Lettice. Anne fut immédiatement soulagée de voir qu'elle était saine et sauve et qu'elle parvenait à s'extirper progressivement de la foule. Elle fit mine de la rejoindre, quand une silhouette familière passa dans son champ de vision. Mais à peine avait-elle cru le voir que l'ombre s'était aussitôt évanouie.

« Lorenzo ?! »

Anne eut tout juste le temps de crier son nom qu'elle se faisait violemment bousculer et elle fut propulsée à terre. Elle tenta péniblement de se relever après cette chute brutale, se faisant piétiner par la foule. Quand soudain, elle reçut dans la hâte de l'un des londoniens un coup de pied dans la tête alors qu'elle s'était redressée à quatre pattes. L'impact fut si violent qu'elle fut sonnée sur le coup. Elle eut la sensation de tomber en arrière, poussée encore par le va et vient de la foule, quand elle sentit les bras glacés du fleuve se refermer sur elle. Au bord de l'inconscience, elle n'esquissa pas le moindre geste pour tenter de regagner la surface qui brillait comme un joyau de convoitise devant ses yeux, inexorablement attirée par les profondeurs de la Tamise.


Dernière édition par Anne Stafford le Ven 30 Aoû - 15:10, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Ven 26 Juil - 12:46

La parade sur l'eau.
Cette journée promettait d’être radieuse. En tant que Romain, qui plus est, né à Venise et profondément attaché à cette ville, Lorenzaccio adorait naviguer. Si il n’était pas né noble, il aurait été marin, pour sur, et aurait navigué sur tous les océans du monde, sans relâche. Ou bien il se serait fait pirate, aurait raflé les plus grands trésors de la terre, et serait mort de sa belle mort en mer, heureux et libre. Néanmoins, sa naissance en avait décidé autrement, et il s’en satisfaisait amplement, vivant dans le luxe et l’opulence grâce à la puissance de la famille Carafa, et la richesse de l’Eglise.

Cette parade n’était pas proprement palpitante, et si au début l’Italien s’était occupé à observer tous les bateaux, il s’en était vite lassé. Lui voguait dans son propre bateau, représentant l’autorité du Pape, de taille moyenne, décorée à l’italienne. On avait peint dessus le blason des Etats pontificaux, la tiare papale, accompagnée des deux clefs, ce qui était un moyen de rappeler au peuple anglais la religion catholique restaurée. La garde royale était déployée ce jour-là, un soldat se trouvait dans chaque bateau, debout, arme à la main afin de garantir la protection de la Cour. Lorenzaccio s’était bien sur débrouillé pour qu’Owen soit placé dans le sien, et s’amusait pour l’heure à lui jeter à la tête des grains de raisin provenant d’une coupe de fruits posée à côté de lui, en pariant mentalement sur le temps que parviendrait son ami à rester stoïque. Il se divertissait assez, affalé dans un fauteuil doré couvert de fourrure d’hermine. En effet, le temps était glacial ce jour-là, le jeune homme avait donc passé un épais manteau bordé de fourrure au dessus de son habit de velours pourpre aux motifs dorés, assorti à son épée d’apparat, qu’il portait au côté gauche, fixée à une ceinture elle-même richement ornée. Se détournant quelques minutes de son meilleur ami, l’Italien observa la foule qui se pressait sur le quai, dense, chacun jouant des coudes pour apercevoir la reine. Il venait d’apercevoir son amie Philippa, se pressant à travers la foule, et, s’étant levé, s’apprêtait à lui adresser un signe de la main en espérant qu’elle le voit à son tour, lorsqu’une énorme déflagration le projeta à terre.

Les barils de poudre venaient d’exploser. Promptement, Lorenzaccio se releva et tâcha de comprendre ce qui s’était passé. La panique s’était répandue come une traînée de poudre, autant dans la foule de londoniens que sur la Tamise : plusieurs bateaux avaient dévié de leur trajectoire, d’autres s’étaient arrêtés et s’entrechoquaient. La bateau papale touchait presque au quai, d’où plusieurs malheureux étaient déjà tombés.

- Philippa ! Philippa, viens par ici ! s’époumonait l’Italien dans sa langue natale.

Enfin, il réussit à attirer son attention, et elle le rejoignit bientôt.

- Saute sur le bateau, l’enjoignit-il, toujours en italien. Je te rattraperai, ne t’en fais pas !

Tendant les mains vers le quai, Lorenzo parvint enfin à attraper les siennes, et la tira sur le pont, en sécurité. Puis il fit signe au capitaine, lui intimant de s’éloigner de la berge, car ils risquaient d’écraser des victimes tombées à l’eau avec la coque du bateau. Ce dernier s’exécuta, manœuvrant avec difficulté, si bien que l’embarcation vint légèrement cogner celle de la Princesse Elizabeth. Le jeune homme n’eut pas le temps de voir Owen aider Elizabeth à monter sur leur bâtiment, il venait d’entendre son prénom crié quelque part dans la foule. Cherchant des yeux sans comprendre d’où provenait l’appel, il eut un frisson d’horreur en voyant Anne, telle une mésange tombant du nid, chuter inexorablement dans la Tamise. Lorenzaccio ne pris même pas le temps de réfléchir, ses lourds vêtements le gêneraient, il se défit donc de son manteau, ainsi que du haut de son vêtements, et de son épée, ne restant qu’en chemise et en pantalon, sans toutefois avoir le loisir de retirer ses bottes, qui le gêneraient tout de même, et plongea. La morsure glaciale de l’eau lui coupa le souffle, mais il se contenta de nager vers le bas, tentant de repérer l’endroit où il avait vu tomber la jeune fille. L’eau était trouble, le gênant pour voir, mais il progressait tout de même rapidement, porté par la terreur de voir Anne arrachée à lui par les profondeurs sombres  et glacées du fleuve. Enfin, il l’aperçut, et se propulsa vers elle, alors qu’il manquait d’air, et parvint à agripper une partie de sa robe, pour la tirer vers lui. Il n’eut que le temps de passer ses bras fins autour de son cou, afin de pouvoir nager vers la lumière du jour. Lorsqu’il creva la surface, ses poumons le brûlaient, mais il ne s’arrêta pas, luttant pour rejoindre le bateau, ralenti par Anne, toujours inconsciente dans ses bras, alors qu’il tentait de maintenir sa tête blonde hors de l’eau.  Lorsqu’il eut atteint le bâtiment, il du s’atteler à la tache de grimper dessus, ce qui se révéla extrêmement ardu, malgré la présence providentielle de cordes et du peu de distance à escalader. Il avait renversé Anne sur l’une de ses épaules, bloquant ses jambes à l’aide d’un bras, pour parvenir à grimper. La jeune demoiselle avait beau être légère lorsqu’il s’agissait de l’aider à monter sur un cheval, inconsciente et avec une robe alourdie par l’eau, Dieu, elle pesait son poids !

C’est un Lorenzaccio épuisé, ruisselant d’eau sale et puant la vase qui réussit enfin à mettre les pieds sur le pont de l’embarcation. Les jambes et le souffle coupé, il s’écroula à genoux sur le sol de bois, avant d’y déposer délicatement le corps inanimé d’Anne devant lui. La présence de la princesse d’Angleterre à quelques pas ne le fit même pas sourciller, il n’en avait cure, tout comme des cris des malheureux encore dans l’eau glacée, hurlant pour qu’on les aide. Sa seule et unique préoccupation à cet instant était de faire revenir à elle la jeune fille allongée, ce qu’il s’employait à faire avec force supplications.

- Anne, je vous en supplie, réveillez-vous, revenez à vous, s’il vous plaît.

Cette lente litanie s’échappait de ses lèvres, chuchotée à moitié en italien, sans qu’il s’en rende compte. Il colla son oreille aux lèvres de la belle endormie, puis à son cœur, et se rendit compte que son souffle se faisait faible et son cœur discret. Cédant à la panique, il saisit l’une de ses petites mains glacées, priant comme les hommes le font lorsque leur situation est désespérée, lorsqu’il faut s’en remettre à Dieu. Il la croyait presque morte, caressait ses cheveux blonds de ses doigts tremblants, malheureux, impuissant.

- Vous n’avez pas le droit de me quitter. Vous n’avez pas le droit de me laisser seul. Oh non ! Vous n’en avez pas le droit, Anne !

Non, c’était impossible. Une vie sans elle était impensable, il ne s’en rendait compte que trop tard, alors qu’il pensait la perdre. Elle avait soufflé sans même s’en rendre compte un vent de gaîté dans son existence si sombre, si bien qu’aujourd’hui, elle lui était parfaitement indispensable. S’il venait à la perdre, il ne s’en remettrai jamais, son coeur partirait avec elle. Il le savait, son sourire avait pris possession de son cœur dés le premier jour, sa féerie, sa beauté magique, sa gentillesse angélique avaient fait de son âme leur esclave.  Il n’y avait qu’elle.
La tristesse laissa place à la fureur quelques instants, il s’emporta contre Dieu, frappa du poing sur le sol, plus seul que jamais, sans même se douter qu’on l’observait, tout à son égarement.
Puis le chagrin revint, recouvrant de cendres chaudes le feu de sa colère.





codes par shyvana
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Ven 26 Juil - 20:07

    La fête battait son plein. La foule en liesse continuait d'acclamer la reine qui, elle, saluait bien haut son peuple euphorique dès qu'elle posait les yeux sur eux. Malgré moi, je fus happée par cette ferveur patriotique bien que mon cœur appartienne à jamais à l'Italie. Toujours pressée contre la balustrade donnant sur la Tamise, mon souffle coupé et ma gêne ne m'empêchait pas d'applaudir le bateau royal et les petites embarcations, minutieusement décorées qui le suivaient. Les pétales de fleurs couleur de sang frais et immaculés pleuvaient toujours sur les eaux sombres du fleuve, qui se trouvait alors parés d'une myriade de reflets. C'était bien la première fois que je trouvais la Tamise belle. Elle, d'ordinaire si morne et boueuse, semblait également être en fête, ce jour là. Et les anglais, de nature froide et austère prenaient des airs d'italiens, rayonnants et chaleureux. J'avais presque l'impression de vivre une des fêtes estivales nocturnes que le petit peuple de Florence donnait, sur les bords de l'Arno, histoire de se détendre et de s'amuser au bord de l'eau tiédie par la journée ensoleillée. Ou mieux encore, les jours de Palio à Sienne où je venais encourager les cavaliers et participer aux jeux donnés sur la Piazza del Campo. Bien que Florentine et malgré la mésentente cordiale entre les deux villes, je passais souvent inaperçue, me faisait passer pour une fille des rues. Retrouver cet engouement en Angleterre me remplissait de joie.

    Enfin, celle-ci fut de courte durée. Soudainement, sans raison aucune, plusieurs détonations résonnèrent non loin de la foule. Il n'en fallut pas plus. Paniqués, tels un troupeau de daims pourchassés par des loups, les participants de la parade se mirent à hurler et bousculer chaque personne se trouvant devant eux, désirant s'éloigner de la source de danger. Le bruit, assourdissant, fit bourdonner mes oreilles et, sans le vouloir, je fus emportée par la panique. Ne comprenant pas ce qu'il se passait, craignant une attaque des protestants ou d'un fou furieux, je me mis moi aussi à courir, perdant tous mes moyens. Horrifiée, je vis plusieurs personnes passer par dessus la rambarde de pierre et s'écraser dans l'eau bouillonnante. Je me mis à hurler, comme posséder. Moi-même pressée contre le rebord, je me sentais sur le point de basculer. Impossible, impossible ! Je ne savais pas nager. J'allais mourir noyée. Par tous les Saints ! Je ne voulais pas un aller simple pour les profondeurs de la Tamise ! Tremblante, je tentais, moi-aussi, de m'arracher aux malheureux qui s'agrippaient à mes vêtements comme des noyés à leur planche.

    Une voix, incroyablement proche, hurlait mon nom. Je relevais la tête et découvrais, éberluée, la main de Lorenzzacio tendue à quelques mètres de moi, depuis le bateau qu'il occupait. Complètement effrayée et perdue, je me persuadais que si je me penchais vers lui, je tomberais définitivement à l'eau. Je ne voulais pas prendre le risque. Mais il m'intima une nouvelle fois en me promettant de me rattraper. Un nouveau mouvement de foule finit de me convaincre. Je ne voulais pas mourir noyée et encore moins piétinée. J'attrapais fermement sa main et il me tira sans ménagement vers le navire qui s'éloigna rapidement des berges. Il percuta celui de la sœur de la reine et le choc manqua de me renverser à nouveau à arrière. Le souffle coupé, les mains tremblantes et les genoux flageolants, je devais faire peine à voir. Mais avant que j'ai le temps de remercier mon sauveur, un éclat de voix, hurlant son prénom porta mon regard vers la foule devenue folle. Entre la masse sombre, des cheveux clairs s'agitaient et je reconnus mon amie Anne, bousculée de toute part.

    Puis, tout se passa très vite. Elle chuta dans la Tamise et le bruit de son corps percutant l'eau glacé me fit frémir d'effroi. Je me précipitais au bord du bateau tandis que Lorenzaccio se jetait à sa suite. Impuissante, je me cramponnais au bois du bateau en scrutant les profondeurs noires du fleuve, désespérée à la simple idée qu'ils ne remontent pas tous les deux, sains et saufs.

    _Anne ! Lorenzaccio ! M'entendis-je hurler, hystérique.

    Heureusement, la tête blonde de la jeune femme apparut à la surface, soutenue par l'Italien qui grimpa à bord après plusieurs minutes d'effort. Épuisé, il déposa délicatement Anne, engoncée dans sa robe trempée. Il se mit à délirer en italien, lui enjoignant de revenir à elle avant de frapper le pont, complètement déboussolé. Je me précipitais à leurs côtés et ne pus que constater l'inconscience de mon amie.

    _Seigneur tout puissant, murmurais-je en italien, elle va étouffer avec cette satanée toilette.

    D'une main experte, pour avoir aidé la Comtesse de Lennox maintes et maintes fois à s'habiller, je desserrais son corset pour permettre à l'air de circuler plus librement dans ses poumons. Je n'étais pas infirmière. Qu'étais-je censée faire d'autre ? J'appelais à l'aide, en pensant que, tout de même, il devait y avoir quelqu'un de qualifié sur un bateau transportant la plupart des nobles d'Angleterre. Je vérifiais le pouls d'Anne, comme l'avait fait l'ambassadeur Italien, quelques secondes auparavant.

    _Tâchons de nous calmer, m'ordonnais-je d'une voix tremblante qui n'allait convaincre personne. Nous avons besoin d'aide !

Revenir en haut Aller en bas

Admin ♛ « Princesse et bâtarde d'Angleterre.  »
avatar
♕ Métier : Princesse d'Angleterre ♕ Age : 22 ans ♕ Religion : Celle que me dictera ma souveraine. ♕ L'avatar a été fait par : Zuz ♕ Mon nombre de messages est : 3462 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 14 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 11/09/2012 ♕ Mon pseudo web est : Mari-Jane ♕ Mes autres visages : Antanasya Cavendish - Constance Bennet - Anne Stanhope - Jane Stuart- Annabeth M. Blackwood - Jack Mortimer

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Mar 30 Juil - 18:38


Au fil de l'eau.

Sur la Tamise.
12 novembre 1553
Entourée de ses dames d’honneurs, Elizabeth Tudor était visiblement enjouée par les festivités qui se déroulaient, même si elle ne désirait qu’une chose, quitter une bonne fois pour toute la capitale londonienne. Heureuse, elle saluait la foule et recueillait les pétales de roses qui tombées sur elle, quand elle passait sous un pont. D’ailleurs, avec ses dames, elle s’amusait à se lancer les pétales, si bien que l’embarcation en était recouverte, tout comme la lady et ses dames. Elizabeth était d’autant plus joyeuse, qu’elle avait accueilli il y a peu une nouvelle dame d’honneur, Lerena d’Arché, qui était bien différente de celles qu’on lui avait imposé. La jeune fille était une originale, qui perdait souvent la mémoire, en raison d’un violent accident de cheval. Elizabeth se moquait bien des défaillances de sa nouvelle suivant, même si elles étaient un objet de moquerie parmi certains nobles, elle trouvait la jeune fille attachante et dévouée. A un moment, alors que l’embarcation d’or et de pourpre voguait toujours sur les eaux, Lerena semblait être perdue à propos de la situation et demanda à la lady, le pourquoi de cet évènement et si c’était son anniversaire.

« Lerena, ne vous inquiétez pas, ce n’est pas mon anniversaire, nous fêtons toujours le couronnement de notre bien aimée reine Mary. » Disait-elle avec un sourire tendre aux lèvres.

Elizabeth envoya cependant un regard noir aux autres dames d’honneur, qui se mettait à rire, face aux réactions un peu loufoque de la jeune femme. La rousse devrait prendre garde à ses moqueuses, elle ne voulait certainement pas blesser Lerena, qui venait tout juste d’entrer à son service. De toute façon, la lady préférait bien plus cette jeune nouvelle, que toutes les autres qui l’espionnaient pour le compte de la reine. Au moins avec Lerena, elle était sûre de sa dévotion. En ce jour, Elizabeth se demandait comment Robert Dudley se portait, elle n’avait pas eu de nouvelles depuis le couronnement et s’inquiétait quelque peu pour l’homme. Même si les signes à la cour montraient que l’homme devait se porter comme un charme, un emprisonnement à la Tour de Londres n’était pas une promenade de santé.
Alors que les jeunes femmes riaient, une explosion se fit entendre non loin de là sur terre et un vent de panique atteignit Londres. Elizabeth tout de suite se leva sur le navire pour regarder d’où le bruit venait et avec horreur elle vit de nombreuses personnes tomber à l’eau à cause des mouvements de foule.

« Mon Dieu ! » Disait la jeune femme choquée.

Nombreux seraient ceux qui périraient, les eaux étaient froides et pas beaucoup de monde devait savoir nager. Elizabeth ne savait quoi faire, son regard se tourna vers le navire de sa sœur qui donnait déjà ses ordres pour revenir sur la rive. La jeune lady allait en faire de même, quand soudain, quelque chose percuta son embarcation. C’était un tout autre navire, celui de la française Marie de Guise. Les embarcations étaient solides, mais en se heurtant elles avaient dû faire des dégâts. Elizabeth tenta de calmer ses dames d’honneur en panique, n’hésitant pas à user de la voix pour rétablir l’ordre. Rapidement, les hommes des deux navires jugèrent les dégâts et convinrent qu’il fallait mettre les passagers du navire de lady Elizabeth, à bord de celui de la reine douairière. Une à une les dames passèrent d’un navire à l’autre, tantôt portée par les hommes, ou sinon aidait à passer de l’autre côté, quand elle n’était pas trop effrayée. Elizabeth attendait que toutes ces dames quittent l’embarcation, avant de rejoindre la reine douairière. Quand un homme l’aide à passer sur l’autre navire, Elizabeth avait déjà les pieds dans l’eau sur le sien. La jeune femme fut accueillie comme il se doit à bord du navire écossais et elle fit une gracieuse révérence à Marie de Guise comme si rien ne s’était passé auparavant.

« Madame, je vous remercie de nous accueillir moi et mon équipage, à bord de votre navire. » Disait-elle sur un ton neutre, masquant la haine, qu’elle ressentait à propos de cette femme.



princesse Elizabeth
(c) ystananas
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Mer 31 Juil - 20:34
Même si je n'avais pas voulu venir, je devais bien avouer que la fête était plutôt réussie. Richard avait dû insister des jours durant, me tannant la couenne nuit et jour pour essayer de me convaincre. J'avais finalement accepté, à contre cœur. On ne venait pas assister au couronnement d'une Reine meurtrière tous les jours. Enfin, cela tendait à devenir un habitude, en Angleterre. D'abord Anne Boleyn, maintenant Mary Tudor... Le pays était gâté. Ou alors, il avait gagné un lot lors d'une foire. Et quel lot ! Une tueuse de catholiques (enfin, de ceux qui se mettaient en travers de son chemin) et une tueuse de protestants. Le peuple, aussi aveugle qu'inconscient, venait acclamer la fille d'Henry VIII comme il était venu acclamer sa seconde reine. D'ailleurs, je continuais de me demander pourquoi je n'avais pas été brûlée sur un bûcher comme les autres. Après tout, j'affichais ma foi sans complexe. Peut-être était-ce parce que ma mère avait entretenue un lien d'amitié avec la sienne ? Ou que nous nous connaissions enfants ? Je n'en savais et ses raisons m'étaient obscures. Mais elles n'étaient pas pour me déranger. Au contraire.

Assise à l'arrière du bateau de ma famille, je serrais la main de Richard qui saluait la foule avec entrain. Pour ma part, je m'adonnais à l'exercice avec retenue. J'osais laisser flotter l'ombre d'un sourire sur mes lèvres. La foule n'était pas là pour nous mais enfin... Il fallait s'occuper. Montrer que même nous, protestants, avions notre place à la Cour et pouvions participer aux événements royaux, aussi catholiques soient-ils. Une pluie de pétales rouges et blancs tombait sur l'eau et les navires suivant le bateau de la Reine, richement décoré. Mais la famille Willoughby ne faisait pas pâle figure. J'avais mis un point d'honneur à diriger la décoration pour faire apparaître notre bâtiment aussi resplendissant que possible. Je n'étais pas peu fière du résultat.

Alors que je scrutais la meute que formait le peuple, je vis, à l'arrière de la foule, une charrette exploser. Une poudre noire fut projetée dans les airs et souffla les personnes trop proches.

_Oh ! M'exclamais-je en me redressant. Qu'est ce que c'était ? Ne peut-on plus applaudir un assassin en paix, maintenant ?

J'avais bien pris garde à marmotter la dernière partie de la phrase. Hé quoi ? Je n'étais pas folle, tout de même.

En quelques secondes, l'atmosphère festive de la fête prit une toute autre tournure. Le peuple se mit à hurler et l'angoisse les fit se bousculer, se pousser les uns sur les autres, comme des barbares poursuivis par une armée royale. A bord de notre bateau, la panique se propagea comme la peste dans les rues salles d'une ville puante. Des suivantes se mirent à hurler et les hommes restaient immobiles, droit comme des i, à regarder le spectacle avec des yeux exorbités. Richard tonna d'une voix forte en demandant le calme. Je vis des hommes et femmes s'écraser dans la Tamise en frôlant le bord de notre coque. Certains restaient même accrochés à notre rebord, plantant leur ongles noirs dans le bois en criant de douleur et de peur.

_Madame la Baronne ? Tout va bien ? S'inquiéta un des hommes.

Je le rassurais d'un hochement de tête.

_En ce qui me concerne, je ne pourrais me porter mieux. En revanche, je ne pourrais pas dire la même chose pour eux, rétorquais-je en les pointant du doigt.

L'homme de main prit conscience des passagers clandestins qui essayaient d'escalader la bâtiment.

_Devons-nous les aider ?

Je levais les yeux et les bras au ciel.

_Oh non, bien sûr que non ! Je suppose que ces braves personnes font cela pour leur bon plaisir. Ils pourraient rester pendus ici un moment encore, pour voir ce qu'il va se passer.

Je pensais l'ironie de ma voix perceptible. Malheureusement, pas assez voyante pour le garde qui se contenta de me regarder, penaud.

_Mais enfin, évidement que nous devons les aider ! M'exclamais-je exaspérée. Dépêchons, dépêchons ! Faîtes les monter à bord et prenez-en autant que possible.

Un petit groupe d'hommes se précipita à tribord pour assister les malheureux et tendre la main à ceux qui étaient assez proche pour la saisir. Mon bateau se trouverait bientôt noir de populasse hurlante.

Je savais bien que je n'aurais pas dû venir. Richard allait m'entendre.
Revenir en haut Aller en bas

LA FILLE DU BOURREAU ♌ le petit oiseau des rues.
avatar
♕ Métier : Ancienne serveuse au Flying Dutchman ♕ Age : 25 ans ♕ Religion : Catholique ♕ L'avatar a été fait par : Ecstatic Ruby ♕ Mon nombre de messages est : 1579 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 41 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 14/04/2013 ♕ Mon pseudo web est : Mari-Jane ♕ Mes autres visages : Antanasya, Elizabeth, Edward, Annabeth, Jane, Jack, Philippe

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Jeu 1 Aoû - 18:15


A vos risques et périls.

Sur la Tamise.
12 novembre 1553
Ce n’était pas une chose qu’on voyait tous les jours, la panique d’une foule, l’odeur du sang et de la mort. Il y avait les guerres, la maladie et la famine qui faisait souffrir le peuple, mais quand c’était lui-même qui s’infligeait les peines, la tristesse était bien plus forte. Constance avait assisté à tout sur sa petite barque en bois en compagnie de James et jamais de sa courte vie, elle n’avait vu une telle horreur. La main de James était serrée dans la sienne, tremblante, Constance sentait les larmes lui monter aux yeux à force d’entendre les cris des gens. Pourtant, il y a cinq minutes, tout était parfait, les jets de fleurs, la parade, la reine qui se trouvait non loin de là, la jeune serveuse avait même pu l’apercevoir et l’avait trouvé majestueuse. Elle était si heureuse d’avoir pu voir sa souveraine, que son bonheur retomba net quand elle entendit l’explosion. Son regard se tourna tout de suite vers la rive, une fumée noire s’échappait d’un endroit, mais on ne voyait rien, à part la foule qui se poussait, s’écrasait et tombait dans la Tamise. A cause de l’explosion, de petites vagues se formèrent dans l’eau déstabilisant l’embarcation sommaire, mais James, grâce à quelques coups de rames audacieux parvint à maintenir la barque sur l’eau. Constance ne se préoccupa pas de ce léger détail. Elle était choquée de voir la scène qui se déroulait sous ses yeux, de voir les gens commettre l’irréparable pour s’en sortir. Avec cet incident, il y allait avoir de nombreux morts.

« Il faut qu’on fasse quelque chose James, ils vont mourir. » Paniqua la jeune femme.
« Mais quoi Constance, regardes notre bateau, nous ne pouvons pas tous tenir dedans, on ne pourra quoi sauver qu’une personne et si les autres arrivent, ils nous feront couler. » Déclara James, tentant de la raisonner.

Constance regardait autour d’elle, cherchant une solution, quelque chose qui pourrait aider ses gens, mais il n’y avait rien, quelques rares bateaux tentaient de s’approcher des personnes dans l’eau, mais ils étaient combien ? Un ou deux ? Les autres restaient tous là à attendre. La serveuse voyait la reine donner ses ordres, mais que pouvait-elle faire à bord d’un bateau ? Constance, les yeux baignaient de larmes se tourna alors vers James et prit à nouveau sa main. Son regard suppliant croisa le sien, elle voulait tellement faire quelque chose.

« James, même si c’est pour sauver une vie, ça vaut la peine de le faire. Je t’en supplie, sinon je saute moi-même pour aider une personne qui ne sait pas nager. » Disait-elle déterminée.
« D’accord, mais une seule, je ne veux pas qu’il t’arrive quelque chose ! » Répondit l’homme, tout en gardant le contact avec la main de Constance.

Le jeune homme reprit bientôt les rames et prudemment fit glisser la barque, vers la foule de personne en train de se noyer. Constance le voyait, il cherchait quelqu’un à l’écart, pour éviter la panique et que les autres dans l’eau ne renverse la petite embarcation. Le regard de la petite brune allait partout, cherchant une personne à aider, une victime isolée. Elle en trouva une non loin, seule en train d’essayer de nager. Constance la montra du doigt et James prit la direction de la jeune femme. En peu de temps, ils arrivèrent vers elle, fluette, la jeune femme serait facile à monter sur la barque. James se chargea de stabiliser l’embarcation tandis que Constance s’occupait d’aider la femme à monter à bord.

« Venez, vous serez en sécurité. » Disait la jeune serveuse tout en l’enserrant de son châle une fois que la jeune femme fut à bord.
« Merci, sans vous, je serais probablement morte, mon Dieu avait vous vu ce qui s’est passé. » Demanda-t-elle.
« Une explosion, mais je ne sais pas, avec la foule on ne voit rien. » Répondit Constance.


    l'ange des rues
    PETIT OISEAU S'ENVOLERA UN JOUR ET NAVIGUERA LOIN SUR LES OCEANS.
    code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Jeu 1 Aoû - 18:22
Les profondeurs glacées de la Tamise attiraient inexorablement Anne à elles. L’eau avait chassé tout l’air dans ses poumons et elle pouvait voir filer les bulles d’oxygène vers la surface, sortant de son nez et de sa bouche. Les rayons du soleil qui parvenaient encore à percer les eaux troubles du fleuve s’estompaient à mesure que le corps de la blonde s’enfonçait dans les ténèbres des abysses. La morsure glacée de la Tamise était douloureuse, comme si un millier de piques traversaient sa chair. Son corps, inerte dans la chute, était maintenant semblable à une poupée de chiffon qui se mouvait nonchalamment au gré du courant. Les eaux n’allaient bientôt plus faire d’elle qu’un cadavre à la dérive.
Tandis qu’elle se sentait partir au loin, la souffrance se faisait de moins en moins vive. Le feu de la vie s’éteignait progressivement en elle et venait voiler de cendres froides le regard de la jeune fille.
Puis l’obscurité fut totale et d’une funeste froideur. Elle ferma lentement les yeux, sentant la vie quitter peu à peu son corps. Comme la mort lui semblait douce… Elle n’en avait même pas conscience à cet instant. Elle se laissa doucement submerger quand soudain, une lumière éclatante traversa la fine peau de ses paupières et la fit émerger.
Etait-ce des lumières célestes ? D’abord trop éblouie pour ouvrir complètement les yeux, Anne entrouvrit légèrement ses paupières. Elle porta sa main à son visage pour protéger son regard du puissant éclat. Ses yeux cherchèrent un environnement familier mais tout ne semblait qu’immaculée blancheur s’étirant à l’infini. Etait-ce un songe duquel elle était maintenue prisonnière ? Allait-elle se réveiller dans sa chambre, s’extirpant ainsi d’un mauvais songe ? Ou la mort avait-elle ce visage ?
Peu à peu, ses yeux s’acclimataient à l’éblouissante lumière et Anne ouvrit un peu plus les paupières. Un visage d’enfant apparut soudain dans son champ de vision. Elle aurait pu s’effrayer de sa présence mais quelque chose dans cette apparition lui semblait trop familier pour qu’elle ressente de la peur. Son cœur manqua un battement lorsqu’elle reconnut la personne qui se tenait devant elle, auréolé et immaculé.

« Edward, comment est-ce possible ? » murmura Anne en caressant délicatement le visage angélique de ce frère perdu.

Inconsolable, elle avait tant pleuré à sa mort qu’elle avait autrefois tenté de le rejoindre dans l’au-delà.
Et aujourd’hui, voilà qu’elle le rejoignait pour un ultime voyage. C’est en passant sa main sur les joues chaudes de l’enfant, qu’Anne se rendit compte que sa peau était froide comme la mort. La vie l’avait-elle quittée à son tour ? Les eaux de la Tamise seraient-elles son linceul pour l’éternité ? La blonde frissonna en songeant à son corps qui girait à jamais dans les profondeurs du fleuve.

« N’aie pas peur Anne. » fit l’enfant d’une voix vibrante en prenant la main de sa sœur dans la sienne. « Il est désormais temps de me rejoindre. »

Anne releva son regard vers l’enfant, soudain ensorcelée par l’expression mystérieuse qui était peinte sur le visage d’Edward. Ses mots, comme récités dans une langue mystique, pénétraient chaque parcelle de l’âme de la jeune fille et en faisaient les maîtres de son esprit. La frayeur en elle s’était évanouie d’un seul coup. Elle se saisit de la main que lui tendait son frère et ils se relevèrent ensembles. Elle se donnait l'impression d'être l’un de ses pétales de rose sur l'eau, qui se laissait impassiblement guider au gré du courant, en dépit de tout. Son esprit était vide de toutes pensées. Une envoûtante musique charmait ses sens et son regard coula lentement vers l’horizon éclatant.
Elle la voyait désormais. Cette lumière l’appelait à elle dans un suave chuchotement, lui intimant de rejoindre l’éclat. Elle sentait ses doux rayons caresser délicatement sa peau glacée. Elle devait aller à elle. Edward s’approcha de la lumière et Anne suivit ses pas, attirée inéluctablement vers la source de la mélopée. Le visage de la blonde était diaphane, ses lèvres devenues transparentes et pourtant, son expression n’avait jamais été si sereine, comme si elle savait qu’elle allait bientôt abandonner son âme à un bonheur intense et à la plénitude. Un doux sourire naquit sur ses lèvres à cette seule pensée.
Anne avança sa main vers la source de la lumière et elle sentit la chaleur se communiquer à sa peau glacée. Attirée et ensorcelée, elle allait faire un pas de plus vers l’horizon immaculé quand tout à coup, un murmure lointain se fit entendre. Tout d’abord étonnée, elle suspendit son geste. Puis la voix se fit plus insistante, inondant ses oreilles comme le doux clapotis de l’eau d’une rivière. Elle lui semblait familière mais elle ne parvenait à retrouver le chemin de sa mémoire. Pourtant, l’hésitation de la blonde se fit sentir. Il lui semblait qu’une autre force l’attirait loin de l’éclatante blancheur. Le sourire sur le visage d’Anne s’évanouit, tentant de se remémorer par tous les moyens pourquoi elle avait l’impression de la connaître. Cette voix l’attirait avec une force égale à celle qui s’échappait de l’éclat. Son esprit se trouvait désormais déchiré entre les deux chemins qu’elle devait prendre.

« Anne, il n’y a plus rien pour toi là-bas. » fit Edward avec une certaine sévérité en lui tendant la main pour qu’elle le suive dans le chemin de lumière. « Ils ne veulent même pas de toi. »

La blonde songea tout à coup à son père qui l’avait abandonnée, emmenant avec lui sa nouvelle femme et ses nouveaux enfants en exile pour les protéger du règne de Mary Tudor sans chercher à sauver sa première fille. A quoi bon rester si même son père n’avait pas voulu d’elle ? Sa mère n’était plus là, son frère lui avait été arraché. Quant à Henry et Catherine, elle n’était désormais guère plus qu’un poids pour eux.
Anne se mit à considérer la main qui lui était tendue. Ses doigts s'approchèrent, tremblants vers ceux de son frère. Une part raisonnée de son esprit lui hurlait que c’était une mauvaise idée et qu’elle ne devait pas cela. Un terrible combat se livrait au fond d’elle. Le doute étreignait ses entrailles. La voix qui venait des profondeurs était envoûtante, une chose à laquelle elle voulait se raccrocher corps et âme. Elle voulait la retrouver. Peu à peu, la clarté l’effraya et alors qu’elle allait prendre la main d’Edward elle la retira brusquement, comme si la peau de l’enfant l’avait brûlée.
L’expression d’Edward quitta sa sévérité et il observa sa sœur, totalement incrédule.

« Je suis désolée. » balbutia Anne d’une voix tremblante.

Soudain, la voix venue d’ailleurs devint enfin nette à l’oreille de la blonde et elle reconnut cette voix qu’elle aimait tant et qui l’avait tant de fois rassurée : c'était celle de Lorenzo. Elle voulait l'atteindre et ne plus la quitter, comme un marin s’accrochant à un phare dans la nuit.
Elle adressa une expression emplie de tristesse à Edward avant de se sentir violemment aspirée vers le bas. La chute lui sembla vertigineuse avant qu’elle ne réintègre son corps.
Immédiatement, la poitrine de la blonde se souleva, ses poumons étant désespéramment à la recherche d’oxygène alors qu’ils étaient remplis d’eau. Son corps fut pris de convulsion avant qu’elle ne trouve la force de se tourner vivement de côté pour cracher tout le liquide qui était violemment expulsée de ses bronches. Elle toussota douloureusement, ses poumons la brûlant du terrible manque d’oxygène. Elle laissa soudain échapper un gémissement. Une douleur aiguë lui vrillait le crâne. Portant difficilement son bras endolori jusqu'à sa tête, la jeune fille remarqua alors tout le sang qui recouvrait désormais sa main. Un frisson d’effroi parcourut son corps.
Relevant finalement son regard, elle vit tous les visages qui l’observaient au-dessus d’elle. Émergeant difficilement, elle reconnut son amie Philippa avant que ses yeux ne se posent sur Lorenzo. Elle vit ses cheveux trempés, son visage dégoulinant et elle comprit qu’une fois de plus que c’était lui qui l’avait sauvée. Elle ne put contenir ses émotions plus longtemps. Contre toute décence, elle se jeta à son cou et fondit en larmes.

« Edward, il était là ! Il voulait que je le suive. Puis j’ai entendu votre voix. Je n’ai pas pu, je n’ai pas pu. » sanglotait-elle contre sa poitrine, transie par le froid et grelottante. « Je ne pouvais me résoudre à vous perdre. »

Elle était haletante, reprenant difficilement sa respiration. Ses forces étaient faibles et elle sentait son cœur plus fragile que jamais. Mais elle se raccrochait à la vie avec autant de force qu’elle se raccrochait à l’italien corps et âme. Elle ne voulait plus le lâcher. Il était sa raison d’être et sa raison de vivre, le seul qui était parvenu à l’arracher aux bras de la mort.


Dernière édition par Anne Stafford le Mer 28 Aoû - 2:14, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Sam 3 Aoû - 23:20

La parade sur l'eau.
- Tâchons de nous calmer. Nous avons besoin d'aide !

Philippa s’affairait autour de la jeune femme endormie, tentant de la faire revenir à elle en relâchant un peu les liens serrés de son corset. Mais il n’y avait rien à faire, son visage pâle ne montrait aucun signe de vie. Lorenzaccio déposa sa petite main par terre, alignant son bras avec son corps. Puis il se redressa, et s’assit à côté d’elle, l’air sombre.

- Ce n’est pas d’aide dont nous avons besoin, Pina. C’est d’un miracle.

Anne avait rendu son dernier souffle, et Lorenzo avait l’impression que le ciel entier pleurait. Il avait aimé des centaines de femmes, aussi nombreuses que les constellations dans le firmament. Certaines avaient été brillantes, d’autres plus ternes, certaines palpitaient encore car leur souvenir demeurait, d’autres s’éteignaient dans les limbes de l’oubli. Mais au centre se trouvait l’étoile polaire, la plus étincelante, celle autour de laquelle toutes les autres tournaient chaque nuit. Quand on la trouvait, elle vous guidait pour toujours, et vous n’étiez plus jamais seul, vous ne pouviez plus jamais vous perdre dans l’obscurité. Etourdi par les milliers d’autres astres dans le ciel, l’italien avait toujours pensé ne jamais pouvoir l’apercevoir, et pourtant elle lui était apparue. Sa petite étoile du Nord venait de s’éteindre, le laissant solitaire dans le noir.
Le miracle s’accomplit, bien qu’il ne fut pas homme à qui habituellement on accorde des souhaits. Sous ses yeux éberlués, Anne hoqueta, toussa, cracha de l’eau, les fixa un moment comme si elle avait vu des fantômes, avant de se jeter au cou de l’italien qui n’avait même pas eu le temps d’en revenir. Il avait à peine compris comment elle s’était retrouvé là, mais qu’importe. Ses bras se refermèrent autour de ses épaules grelottantes, dans une tentative absurde pour la réchauffer.

- Edward, il était là ! Il voulait que je le suive. Puis j’ai entendu votre voix. Je n’ai pas pu, je n’ai pas pu. Je ne pouvais me résoudre à vous perdre.

Il ne savait pas qui était cet Edward, et à vrai dire, il s’en fichait comme de l’an 40, il aurait bien le temps d’éclaircir la chose plus tard : tout ce qui comptait pour l’instant, c’était la petite chose recroquevillée dans ses bras qui pleurait à chaudes larmes. Resserrant encore son étreinte, le jeune homme se mit à la bercer, tout doucement, pour la calmer et lui faire recouvrer ses esprits. L’espace d’un instant, il regarda le ciel nuageux, et adressa une courte et muette prière aux cieux pour les remercier de lui avoir rendu sa belle.

- Je suis là, Anne, je ne vous lâcherai plus jamais, je vous le promets. Plus jamais !

Lorenzaccio la serrait entre ses bras à lui rompre les os, froissant ses cheveux blonds entre ses doigts, oubliant ses bonnes manières, réduites à l’instinct qui le poussait à garder Anne dans ses bras. Il resta comme cela de longues minutes, le cœur battant, attendant que sa belle sèche ses larmes. Une fois que ce fut chose faite, il se contenta de lui adresser un sourire, avant de glisser un de ses bras sous ses jambes et de la soulever en même temps qu’il se relevait, afin de la porter à quelques pas de là, pour la déposer dans le fauteuil qu’il occupait jusqu’à l’incident. Il l’installa délicatement dans la chaude et immense fourrure d’hermine qui le couvrait, avant de la rabattre sur ses jambes, pour la réchauffer. Puis il se redressa, passa derrière elle et écarta ses cheveux afin de pouvoir examiner sa blessure. Fort heureusement, ce n’était pas profond, peu de sang avait coulé et il était d’ailleurs coagulé, cela pouvait attendre qu’ils touchent terre et trouvent un médecin compétent.

- Votre blessure commence déjà à guérir, elle n’est pas profonde, lui apprit-il tout en revenant devant elle.

L’italien posa un genoux à terre devant elle pour pouvoir la contempler, et attrapa ses petites mains, qui tremblaient encore de froid, entre les siennes. Ces petits doigts, il aurait voulu les couvrir de baisers pour les réchauffer, tout comme ses lèvres bleuies et sa peau pâle, qui peinait à reprendre des couleurs.

- J’ai cru que vous alliez me quitter pour toujours, Anne.

Lorenzaccio ne savait pas au juste pourquoi il l’aimait. Il y en avait eu des plus belles, des plus intelligentes, des plus matures. Mais jamais, au grand jamais, il n’avait aimé une femme comme il aimait Anne. Et cela lui semblait naturel, comme si soudain, le monde avait enfin un sens, comme si Lorenzo, surnommé Lorenzaccio « le mauvais Lorenzo », pour ses méfaits, le bâtard de l’Eglise, la tare de sa famille avait enfin trouvé sa place ici-bas. Elle était auprès d’Anne, et si par malheur elle ne voulait pas de lui, il n’aurait plus qu’à partir le plus loin possible. Il fallait qu’il le lui dise, et sans attendre, car il ne voulait pas risquer de la perdre encore une fois sans qu’elle le sache.
L’ambassadeur eut un sourire intérieur plein d’ironie. Depuis ses seize ans, il n’avait jamais subi aucune défaite, et c’est contre une ingénue à peine sortie du nid qu’il perdait la plus grande bataille de l’existence humaine, celle de l’amour. Il était comme un gamin qui murmure ses premiers mots d'amour à la demoiselle qu'il a choisi, évitant quelque peu son regard, tant ses sentiments l'intimidaient, lui qui ne se gênait jamais avec les femmes.

- Je ne sais si j’aurais pu le supporter.

Il allait dire qu’elle lui aurait manqué, qu’elle lui était nécessaire, que la vie sans elle aurait été insipide, quand il comprit que ces paroles auraient été vaines. Il n’y avait plus qu’une seule chose à dire, et elle coulait de source, comme l’aboutissement logique, la conclusion inéluctable de son histoire en solitaire et peut-être le début d’un « nous ».

- Je vous aime.







codes par shyvana
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Lun 5 Aoû - 11:10
LA PARADE SUR L'EAU -

Le 12 novembre 1553 était une journée importante pour Isabelle, pour l’Eglise, et pour tous les anglais. C’était l’une de ses rares journées dont on se souviendrait des années après, et à laquelle chaque anglais ou résidant de l’Angleterre se souviendrait sur son lit de mort. Isabelle pouvait le sentir, cette parade sur l’eau s’annonçait des plus majestueuses, à la hauteur de la reine Mary et de son pouvoir.

La veille, Isabelle apprenait des autres sœurs qu’elles auraient le droit à leur propre embarcation, et qu’elles navigueraient dans le sillage de la reine d’Angleterre sur cette très chère Tamise, première spectatrice de ces incroyables festivités. Cette nouvelle égaya la journée de la jeune religieuse, impatiente d’apercevoir ne serait-ce que la silhouette de celle qui ferait revenir le catholicisme en Angleterre.
Comme chaque jour, Isabelle s’empara avec fierté de son habit de religieuse, puis enfila une cape pour se protéger du vent frais qui soufflait aujourd’hui sur Londres ; l’hiver commençait tout juste à pointer le bout de son nez. Enfin, elle brossa délicatement ses cheveux, et les noua en une tresse. Quelque temps après, Isabelle se retrouvait avec plusieurs autres religieuses sur leur petit bateau au milieu d’une foule d’autres, à suivre du plus près possible la reine Mary. Elles avaient pris soin de décorer leur embarcation à l’aide de roses blanches, et de quelques croix. Il était important de pouvoir trouver, voguant sur la Tamise, une embarcation qui représentait l’Eglise et que l’on pouvait reconnaître du premier coup d’œil, songea Isabelle.

Il n’y avait pas une seule ombre au tableau, aucun faux pas depuis le début de la parade. La reine était splendide sur son navire d’or décoré de roses rouges et blanches, et nous autre nous étions soit à la suivre sur l’eau, ou à l’acclamer sur les rives. Ces dernières étaient noires de monde, et des cris s’élevaient de la foule. Soudain, Isabelle comprit que les derniers cris qu’elle venait d’entendre n’étaient pas ceux d’une population heureuse d’accueillir une nouvelle souveraine, mais ceux d’un peuple affolé. Elle se retourna vers ce qui semblait être la source de ces éclats. Une explosion venait d’avoir lieu, et une large fumée noire s’emparait du rivage. Cette invité surprise provoqua la tombée de plusieurs personnes dans l’eau, les gens se bousculaient et n’hésitaient pas à envoyer leur prochain dans l’eau froide pour sauver leur propre peau. Devant ce spectacle, Isabelle et les autres sœurs étaient horrifiées. A quelques mètres d’elles seulement, des personnes commençaient à se noyer. Isabelle ne pouvait pas rester de marbre devant cette représentation de ce qu’il y a de plus animal chez l’homme. Elle se devait, en tant que catholique, et en tant que femme de valeurs, de sauver ces personnes tombés contre leur gré dans la Tamise, mais aussi ceux qui s’y sont jetés volontairement afin d’éviter les piétinements d’une assemblée déchainée. Leur bateau se mit alors à ramer en direction de ces pauvres gens, tandis qu’une autre faible poigné de navires prenait le même chemin qu’eux. Isabelle releva ses manches et se précipita sur le bord de son embarcation. Avec d’autres sœurs, elle sauva plusieurs personnes de la noyade, tandis que leur rameur tentait de faire garder l’équilibre à leur petit bâtiment, au fur et à mesure qu’il se remplissait de voyageur trempés et effrayés…
Revenir en haut Aller en bas

 ㄨ    the sword in the darkness
avatar
♕ Métier : Soldat de la garde royale, second du capitaine John Herbert. ♕ Age : 24 ans ♕ Religion : Catholique ♕ L'avatar a été fait par : Poison Ivy ♕ Mon nombre de messages est : 928 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 273 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 27/06/2013 ♕ Mon pseudo web est : BloodyWonder ♕ Mes autres visages : Lavinia Tyburn & Théodore Wolmar Administratrice en uniforme de garde royale.

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Lun 5 Aoû - 15:36
La parade sur l'eau


Katelina regardait au loin le peuple qui saluait la reine avec tant d'enthousiasme. Ils étaient venus nombreux, très nombreux pour assister à cet hommage donné en son honneur. Elle reporta son regard sur l'une des lady avec qui elle partageait cette embarcation et lui adressa un léger sourire aimable. La barque tanguait un peu et la jeune lady semblait en être particulièrement indisposée. Katelina, elle, ne l'était pas le moindre du monde. Elle avait grandi à Bruges, la Venise du nord, une ville faite de ponts et d'eaux, et avait même vécu tout près du port. Elle aimait l'eau, synonyme de liberté, surtout pour elle qui, en prenant la mer, s'en était allée rejoindre son destin et changer littéralement de vie.

- Respirez doucement, vous vous sentirez mieux, lui conseilla-t-elle gentiment, non sans réprimer un petit accent étranger.

Katelina avait malheureusement eu à se séparer de Jeremy pour cet évènement. Il avait du embarquer à bord d'une barque où se trouvait d'autres chargé de commerce avec l'un ou l'autre pays. Jeremy avait voulu aller se plaindre qu'on ne lui ai pas autorisé la présence de sa femme à ses côtés mais Katelina l'en avait dissuadé, ne voulant pas faire d'histoire. Elle savait à quel point Jeremy détestait la reine, détestait devoir être présent à cet évènement pour faire bonne impression et détestait mentir sur sa véritable loyauté.  Il le fallait pourtant, par sécurité...Et pour mieux pouvoir agir dans l'ombre.
Même si Jeremy restait chargé de commerce avec la Flandre, la reine n'avait pas oublié qu'il avait soutenu la cause Grey. Il n'était donc pas en position de force pour discuter de ce qui avait été convenu. Katelina préférait éviter des ennuis inutiles et avait donc dit à Jeremy qu'elle serait très bien là où on avait choisi de la placer, en compagnie d'autres lady, et qu'il ne devait pas s'en inquiéter. La vérité était bien sûr qu'en ce moment, elle aurait voulu être auprès de son mari afin de le soutenir dans ce qu'elle savait difficile pour lui; mentir et faire bonne impression. Mais bon...Depuis le début du trajet elle avait échangé quelques mots avec les jeunes filles qui lui tenaient compagnies et elles n'étaient pas bien méchantes. Il s'agissait de courtisanes dont le titre n'était pas très important et à qui Mary Tudor n'accordait guère d'attention, ce qui expliquait qu'on les aie relayée là, dans les dernières embarcations. Jeremy n'était pas non plus très près de la reine. Tant mieux, car plus loin de lui elle était, mieux il se portait, disait il.

La fête se déroulait jusque là sans encombre jusqu'à ce que tout à coup, une explosion se fit entendre suivis par des cris du peuple. Non plus des cris enthousiastes comme quelques secondes auparavant, mais des cris de terreur.

« Mijn God !... » murmura Katelina, portant sa main à son cœur et regardant avec effroi le spectacle qui se déroulait devant leur yeux. Suite à cette étrange explosion, des gens étaient tombés à l'eau et se débattait pour ne pas finir noyé. Elle resta quelques secondes incapable d'agir, son regard fixé sur ce spectacle effrayant. Mais des cris perçant attirèrent son attention. Un enfant était tombé à l'eau suite à la violence de l'explosion et sa mère hurlait pour qu'on l'aide.  
C'est à ce moment là que la jeune lady qui se sentait assez mal en bateau se retourna vers elle et demanda :
« Qu'est ce qui s'est passé à votre avis ?! »
Elle n'avait pas le temps de réfléchir à cela. Se noyer était l'affaire de quelques secondes. L'eau pouvait être aussi dangereuse qu'elle pouvait être bénéfique.
Pour toute réponse, Katelina retira rapidement ses chaussures, se leva, ce qui fit davantage tanguer la barque et se jeta à l'eau. Ce n'était peut-être pas des manières de lady, et sa nouvelle robe, si belle, en subirait certainement les conséquences mais c'était sans importance. Elle avait la chance d'avoir appris à nager, elle se devait d'agir ainsi.
Elle avait appris avec l'un des enfants  de son orphelinat, une après-midi ensoleillée d'été.
Gerrit était plus jeune qu'elle et pourtant, il avait très vite su nager. Il faut dire qu'il n'avait pas eu le choix. Il était tombé dans l'eau lui aussi, un jour où il était poursuivit par un marchand à qui il avait volé quelque chose. Il avait paniqué d'abord, lui avait il dit, mais avait su rester calme et avait pu rejoindre l'autre rive. Sans lui, qui lui avait appris plus tard comment faire, elle n'aurait jamais pu se jeter à l'eau.

L'eau était glacée et sa robe la ralentissait considérablement, si bien qu'elle se surprit à se demander si il n'aurait pas été plus simple d'ordonner à l'homme qui ramait de s'approcher de l'enfant en détresse. Mais comme elle savait nager, cela lui était venu naturellement de sauter. Elle arriva cependant à temps près de l'enfant qui ne devait pas avoir plus de neuf ans et le ramena jusqu'au bord, près de sa mère. Des gens du peuple les aidèrent chacun à leur tour à remonter sur la terre ferme. Katelina était trempée et sa robe, toute mouillée, lui donnait l'impression de peser dix kilos de plus, mais elle était arrivée à temps pour sauver cet enfant de la noyade, là était l'important.
Alors que la mère de l'enfant et d'autres gens du peuple la remerciait, Katelina continua de regarder l'eau, afin de voir si personne d'autres n'avait besoin d'aide. De là où elle était, et avec cette foule qui l'entourait, elle ne distinguait plus grand chose. Elle chercha du regard l'embarcation de Jeremy, mais ne la vit pas non plus. Maintenant qu'elle était hors de l'eau et tremblante de froid – un homme qui avait assisté à la scène posa d'ailleurs sa veste sur ses épaules -, elle se posait la question. Que s'était il passé ?


Arthur Wayne ✖ the sword in the darkness.
« Iron » I'm riding up the heights of shame. I'm waiting for the call, the hand on the chest. I'm ready for the fight and fate.

Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Mar 6 Aoû - 12:56
Anne savait qu’à jamais le visage d’Edward resterait gravé dans sa mémoire. Elle avait lu toute l’incrédulité et la tristesse qui s’étaient peintes sur son visage. Elle avait refusé de suivre ce frère qu’elle avait autrefois tenté de rejoindre dans la mort, folle de chagrin. Il était son frère adoré. Il était le seul qui était fait exactement du même sang qu’elle. Elle l’avait aimé comme personne d’autre. Elle aurait dû le suivre et se laisser guider par lui tandis qu’elle était perdue dans les limbes. Elle aurait dû prendre sa main et traverser l’éclatante blancheur à ses côtés. Elle n’aurait pas dû se raviser comme elle l’avait fait. Le cours de l’histoire aurait dû être écrit différemment. Et pourtant, elle avait choisi de se raccrocher à la vie. Elle n’avait choisi ce monde que pour une seule et unique raison : Lorenzo.
Sa voix avait envahi chaque parcelle de son corps. Hypnotisée par la mélopée qui s’échappait de l’éclat, les paroles de l’italien avaient pourtant été plus fortes pour interrompre son ensorcèlement et la ramener à la vie. Elle était persuadée que c’était uniquement lui qui l’avait arrachée à son funeste destin.
Elle avait senti la mort l’appeler à elle. Son contact avait été si proche qu’Anne en frémissait encore. Elle ne parvenait à faire taire les tremblements et la terreur qui étreignaient son corps et son âme. Elle était totalement tétanisée, à la fois par son refus et par le froid. Quelques secondes de plus et elle disparaissait dans la lumière, main dans la main avec son frère.
Mais une fois de plus Lorenzo avait été là et il lui promettait de ne plus jamais la quitter.
Lovée tout contre sa poitrine, elle pouvait sentir son cœur battre intensément. Le battement de son cœur la rassurait, tout comme son étreinte la réconfortait. Elle s’accrochait à lui de toutes ses maigres forces tandis que le bercement régulier de l’italien calmait peu à peu son trouble. Ses sanglots s’atténuaient progressivement et ne devenaient plus que de faibles frémissements. Totalement épuisée, elle avait la sensation que se jeter au cou de Lorenzo lui avait demandé un effort considérable. Fermant les yeux, elle écoutait les paroles de l’homme. Sa voix basse et grave la rassurait. Elle aurait souhaité rester à jamais aux creux de ses bras. Il la serrait de toutes ses forces, mais elle ne ressentait même pas la douleur, transie par le froid. Elle grelottait, les lèvres tremblantes et bleuies.

« Lorenzo… » souffla-t-elle, dans un murmure presque inaudible et dépourvu de souffle.

Soudain, il se leva, emportant Anne dans ses bras. Ses petits doigts s’agrippèrent désespéramment au veston somptueux mais trempé du jeune homme, comme si la mort allait la rappeler à elle si elle le lâchait. Il la transporta jusqu’à un large fauteuil où il la recouvrit d’une chaude fourrure. La blonde esquissa un geste vers l’italien quand elle sentit son contact lui échapper. Bêtement, elle avait l’impression de le perdre dès qu’il se dérobait à elle ou qu’il s’échappait de son champ de vision. Mais cette fois-ci, ce ne fut que pour examiner sa blessure. Anne retint difficilement un gémissement lorsqu’elle sentit ses cheveux moites êtres décollés de sa plaie. Revenant auprès d’elle, il lui apprit que ce n’était pas une ouverture profonde, pourtant, une douleur lancinante s’abattait sur son crâne mais elle était encore bien loin de la douleur que lui infligeait le terrible froid qu’elle ressentait jusqu’à la moelle. Elle avait la sensation qu’elle ne pourrait jamais parvenir à se réchauffer en dépit du vêtement chaud dont l’italien l’avait couverte.
Ses mains tremblantes trouvèrent celles de Lorenzo et son contact fut chaud sur sa peau glacée. Elle aurait voulu se trouver à nouveau dans ses bras. Elle aurait souhaité qu’il la serre tout contre lui, mais elle n’eut la force de le faire.
Elle se contentait alors de le contempler. Son visage était si beau, si grave en cet instant. Chaque phrase qu’il prononçait réchauffait un peu plus le cœur de la blonde. Ainsi, elle lui aurait été indispensable ? Les larmes lui montèrent aux yeux. Sa perte aurait été un manque aussi insupportable pour l’italien ? Anne n’y croyait plus depuis que son père l’avait abandonnée. Et pourtant, ses mots brûlaient de sincérité. Les yeux d’Anne devinrent bientôt brillants de larmes, prêtes à assaillir ses joues, mais elle voulait les retenir bravement. Pour Lorenzo. Pour l’homme qu’elle aimait plus que tout au monde.
Elle aurait tant aimé pouvoir répondre à ses paroles mais les mots ne parvenaient à franchir la frontière de ses lèvres frémissantes. Cependant, ce que sa bouche taisait, son cœur le criait. Sa respiration elle-même était encore sifflante et haletante.
Quand soudain, les mots la foudroyèrent comme un éclair déchirant le ciel.

« Je vous aime. »

Un instant, la respiration d’Anne se coupa et son cœur rata un battement. Elle observait l’italien, incrédule devant la scène qui était en train de se jouer devant elle. Une telle chose pouvait-elle être réelle ?
Sans s’en rendre compte, elle avait porté instinctivement sa main glacée à son pendentif. La clef semblait pulser tout contre sa poitrine, comme si elle avait une vie propre.
Puis tout à coup, un sourire naquit sur le pâle visage de la blonde, se muant bientôt en un petit rire de surprise et de joie. Son regard s’envola un moment, puis revint sur la scène, afin d’être sûre que ce n’était pas un mirage qui allait s’évaporer devant elle.
Les larmes balayèrent ensuite le rire sur son visage. Faisant fi du froid, elle laissa glisser la fourrure d’hermine de ses épaules et tomba à genoux devant l’italien. Ses yeux étaient baissés, comme cherchant une issue où se dérober. Le poids de l’aveu l’intimidait. Et pourtant, elle choisit de relever son regard larmoyant dans celui de Lorenzo, puisant sa hardiesse dans la force de ses sentiments.
Très lentement, elle posa sa main sur son propre cœur avant de la faire voyager jusqu’à la poitrine de l’ambassadeur, comme dans un geste d’offrande.

« Ma vie, mon cœur, mon âme… je vous les offre pour l’éternité, Lorenzo. »

Les mots s’imposaient d’eux-mêmes à Anne. Elle n’avait pas besoin de les chercher. Malgré le froid, elle sentait une douce chaleur embraser la totalité de son cœur. Son autre main gagna la joue de l’être tant aimé et la caressa avec douceur.

« Une éternité sans vous m’aurez été insupportable. Je ne comprends que maintenant que vous êtes ma seule raison de vivre ici. »

De chaudes larmes dévalaient ses joues. Des larmes d’émotions, des larmes de bonheur. Elle comprenait désormais pourquoi elle avait choisi la vie à la mort, paisible et douce. Lorenzo était parvenu à surpasser tout le reste. Il était le seul à faire d’Anne un être suffisamment complet pour qu’elle ne souffre plus autant du manque de son frère et de sa mère. Il était le remède à tous ces maux. Il était sa raison de subsister. Il était le prince dont elle avait rêvé toute son enfance, celui qui viendrait l’arracher à la souffrance. Aujourd’hui, il venait de trouver un visage : celui de Lorenzo.
Revenir en haut Aller en bas

avatar
♕ Mon nombre de messages est : 901 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 1383 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 28/02/2012

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Dim 11 Aoû - 21:09


La parade sur l'eau.




C’était à nouveau une catastrophe qui s’était jouée sous les yeux de tous. La tristesse et les pleurs avaient pris la place de la joie des festivités du couronnement. La fierté anglaise venait d’en prendre un coup, surtout celle de la catholique Mary Tudor, qui faisait grise mine sur son embarcation d’or, son visage déjà marqué par une vieillesse inhabituelle pour son âge, ne montrait rien. Certains se posaient des questions, comme la souveraine, quant à la provenance de cette explosion, Mary Abbot faisait partie de ces personnes, tout comme la jeune Mary Grey, qui se trouvait en compagnie de sa sœur ainée. D’autres étaient tombés à l’eau, comme Anne Stafford et l’italienne Philippa Montechiaro, mais par chance les deux demoiselles avaient pu trouver une main secourable en la présence de Lorenzaccio Carafa, malheureusement, ce n’était pas le cas de tous ceux qui étaient tombés. Le bateau de lady Elizabeth Tudor quant à lui entra en collision avec celui de la française Marie de Guise, mais par chance, tous s’en sortirent indemne. Les héros furent nombreux en ce jour, comme Catherine Willoughtby qui permit à de nombreuses personnes de monter sur son bateau, il en fut de même pour la serveuse Constance Bennet, qui malgré la petite barque qui la transportait sauva une vie, Isabelle Marelle, la religieuse suivit le même exemple avec ses compagnes de prières, il y eut aussi Katelina Van Velden qui elle n’hésita pas à mouiller sa robe pour sauver plusieurs personnes du peuple.
Face à la reine se jouait le courage de son peuple, mais aussi la mort de beaucoup d’entre eux, dans ses prières Mary Tudor pensait à ces nombreux corps à l’eau, dont les occupants se trouvaient entre les mains de Dieu. En compagnie des passagers de son navire, elle rejoignit la berge, autour de laquelle de nombreux gardes se postaient pour protéger la souveraine anglaise. Pour tous, elle était comme une sainte, celle qui priait pour aider le petit peuple. Autour d’elle, mais derrière les gardes, la foule se positionnait. Mary Tudor sortit alors une petite croix en argent et s’agenouilla priant pour les défunts. Nombreux furent ceux qui la suivirent. Puis quand elle se releva, Mary donna l’ordre à ce que les morts aient une sépulture descente et qu’on prenne soin à ses frais des blessés et des veuves et orphelins que ce tragique évènement a pu causer.
Dans la foule, une voix s’éleva alors : « Vive Mary Tudor ! Vive notre reine ! ». Et la suite fut que des clameurs pour la reine, qui s’en retourna dans son palais. Tandis que beaucoup s’occupait des victimes et des morts, une autre partie de la population s’en alla dans les autres quartiers de la villes, certains pour raconter ce qu’ils avaient vu, d’autres tout simplement pour rentrer chez eux et étreindre leurs familles. Puisqu’en ce monde, les plus grandes forces en dehors de Dieu, c’était la famille et l’amour, ces forces nous permettaient mieux de supporter cette époque sans pitié avec le commun des mortels.


♣ Information sur le jeu : Voilà le troisième tour de notre évènement. La catastrophe a eu lieu et beaucoup ne s'en sont pas sortis, quel bilan faites-vous de ce malheur? Que pensez-vous de l'intervention de la reine? Que ferez-vous? Vous avez jusqu'au 1er septembre pour répondre à cette question.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://majesticrose.forumgratuit.org

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Jeu 15 Aoû - 15:46
♣ 12 Novembre 1553  ▬ la parade sur l’eau.

Une explosion se fit entendre sur la berge. Une explosion sourde, des Londonniens tombèrent dans la Tamise et…. Mon embarcation heurta celle d’Elizabeth. Je tombais au sol dans la secousse, mais mes dames de compagnies se précipitèrent pour venir m’aider. J’assurais à tout le monde que j’allais bien. Mais que se passait-il enfin ? Les hommes examinèrent le navire, et la cour d’Elizabeth dut monter à nos côtés pour plus de prudence.  Elizabeth vint me saluer, elle me fit sourire cette petite. On jouait un double jeu, un jeu silencieux car la vérité ne pouvait pas éclater au grand jour. Nous étions aimables l’une envers l’autre, mais ce que l’on ressentait été tout autre. Avais-je le choix quant au destin d’Elizabeth ? Pas vraiment. Et elle me remercia… En la regardant, en la scrutant, je ne voyais que le fait qu’elle était la fille de la putain, protestante de surcroit. Elle était au même niveau que les bâtards de mon Roi qui voulaient ma couronne, et le trône de ma fille. Tous des usurpateurs, tous des ambitieux assoiffés de pouvoirs et de sang. Elizabeth était une menace à surveiller, et à entraver le plus rapidement possible.


    « C’est tout naturel, voyons. Vous n’avez rien ? »


Et ce n’était pas comme si je pouvais l’abandonner sur son embarcation, et se noyer. J’étais polie, je m’assurais qu’elle allait bien même si je ne portais pas cette enfant dans mon cœur. Elle était la sœur de la reine et de ce fait, je me devais de la respecter.  Sur la berge comme dans l’eau, tout ce beau monde s’affolait, il y avait des morts, des blessés, et des héros. La parade était finit, et les embarcations arrivèrent prés de la berge. Mary Tudor débarqua pour prier les défunts qui avaient succombé lors de l’explosion. Je prie la croix que je portais autour du cou entre mes mains pour prier, prier pour nos vies, prié pour les morts que Londres avait connu aujourd’hui.  


    « Priez pour nous, pauvre pécheurs… »


Les yeux baissaient, j’étais dans mes pensées. J’irais mettre une bougie à l’abbaye ce soir, en mémoire à toutes les personnes qui sont mortes. Quel triste jour. Une parade gâchée. Un nouvel attentat, contre qui cette fois ? Les événements m’échappaient. Henry me fit un signe inquiet de la tête, nous n’étions pas en sécurité à Londres, c’était certain mais je n’avais pas encore terminé de régler mes affaires ici. Puis des clameurs en faveur de la Reine se firent entendre.  Je suivis la reine qui retournait au Palais. Cœur en berne. Larmes aux yeux. Je savais pertinemment qu’il y avait des protestants dans le lot, mais des innocents étaient morts aujourd’hui, et cela était inconcevable à mes yeux. Ce qui devait être une sortie festive ne fut pas le cas, la Reine passait pour la sauveuse, et pour la voix du peuple, cela ne pouvait que lui être bénéfique alors que tout ceci avait surement été orchestré pour lui nuire.
Revenir en haut Aller en bas

Invité

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Sam 17 Aoû - 21:06

Parade sur l'eau


Certains bénissent ce jour saint. Ils clament haut et fort leur appartenance à la nouvelle Reine. Heureux de pouvoir de nouveaux exécutaient librement leur religion . Leurs yeux brillent de milles petites pallaittes devant la magnificence de leur nouvelle souveraine. Pauvres fous. Mary Tudor est pour eux leur sauveuse et toutes ses actions sont celle de Dieu. Mais l'on ose même se retourner contre Dieu. Même Lucifer, un ange puissant s'est retourné contre le créateur. Les protestants ne resteront pas là sans rien faire devant le massacre de leur nouvelle religion. Les sanctions vont pleuvoir. Mais, déesse pénitentiaire, le monde des hommes ne pourra jamais être gouverné par de simples châtiment. Toujours le désir vaincra la peur de la punition, aussi puissante soit-elle. Tu veux rendre à Dieu et surtout à la religion catholique sa splendeur sa splendeur. Et dans le même temps, tu donnes plus de prise aux démons. L'habituelle persiflage de Louise ne tardât pas à revenir à la charge. Tout de même, la Reine à la teint bien pâle. N'est-ce pas encore de nouvelle ride qui plisse son front. Pourtant, elle semble rayonner. Le peuple l'acclamait à grands renforts de cris enthousiastes. Encore une belle bande d'abrutis.

Louise soupira ostensiblement. Il fallait bien quelqu'un pour représenter avec honneur cette belle patrie de France. Mais elle s'ennuyait. Quelle besoin y avait-il a parader des heures. Remplir ses devoirs auprès d'une foule en liesse. Le mot devoir arracha un nouveau soupir à Louise. Cette dernière s'attira le regard outré de la Lady avec qui elle devait partager sa barque. Que croyait donc cette pimbêche ? Elle ne concevait qu'on ose la darder d'un pareil regard. Quelqu'un avait décidé de la coincer entre une lente d'esprit et des serviteurs pas plus malin.Elle remarqua que sa compagne volontaire d'infortune avait le teint verdâtre. Un fin sourire, le premier en vérité, apparut sur les lèvres de la Dame.

"-Ma chère, vous semblez malade. Votre teint ne cesse de m'évoquer irrémédiablement un avocat. Mais il vous va à merveille et s'accorde avec votre robe. C'est le principal."

Ce moquait distrayait toujours Louise de son ennuie. Mais le manque de répliques de sa proie la fit rapidement devenir sans intérêt. Voilà ce qu'il arrive aux femmes trop bien élevées. Les quelques étincelles de caractère qu'elles auraient pu avoir. Sacrifiées pour n'en faire que des femmes faciles. Louise leva les yeux aux ciel devant le hoquet cette fois-ci offensée de sa compagne. Le regard de la jeune femme se posa sur la Reine Régente d’Écosse puis sur Mary à qui elle fit un signe. Louise était parfaitement à l'aise. Elle adorait rester sur le bord de la Loire et profiter de chaque occasion pour piquer une barque et partir à l'aventure. C'était si loin.

La Duchesse d'Aumale rêvassait encore quand une explosion retentit. Elle tourna la tâte, parfaitement maîtresse d'elle-même. De la poudre. L'odeur était directement reconnaissable. La joyeuse parade était bien moins heureuse d'un seul coup. La foule hurlait, la terreur perçant dans chacune des voix. La panique était lancé et c'était pire tout. Ils allaient se noyer entre eux. Mais d'abord, ces propres affaires. Son embarcation tanguait dangereusement. L'autre femme était déjà tomber à l'eau. Louise ne priait pas pour survivre mais pour qu'elle se taise enfin. Elle jura dans sa langue natale. Et remercia tout ce qu'on pouvait remercier lorsqu'un serviteur la rattrapa et l'éloigna d'elle. Comme avec regret, Louise fixa sa tenue, dépitée de devoir la salir. Seulement, elle était en plein cœur de la rivière. Elle en avait presque oublier qu'elle devait quitter la barque. Elle allait sauter lorsqu'une barque rentra violemment dans la sienne et qu'elle s'écroula dans la rivière. Ruinée, elle rattrapa son collier qui dans sa chute s'était cassée. La Dame savait nager depuis son plus jeune âge, elle n'avait pas voulu se ridiculiser devant Melchior. Un Lord lui adressa soudain la parole.

"-Besoin d'aide, Milady ? demanda-t-il en lui tendant la main.

Elle aurait sursauté si elle n'avait pas été dans l'eau. Elle acquiesça et attrapa la main salvatrice. L’embarcation la ramena rapidement sur la terre ferme. L'odeur de la mort arracha à Louise un geste de recul. Coincée entre l'eau et la mort. A choisir, elle aurait sauté volontiers et se serait offerte aux bons soins de Neptune. Le regard des autres la retenait et la situation était passionnante. La générosité de Louise ne prenait jamais le pas sur sa vie de cour et son observation continue. Dans ces moments-là, elle n'était qu'un monstre froid, presque une raison d’État. Pour un seul, le sien. Et dans ses moments-là, pas d'amis, ni de véritables ennemis, seulement des apports et des pertes. Le calme disparut tout de même et La duchesse finit par s'épouvanter du massacre.

"-Sainte Mère de Dieu, aie pitié de nous et surtout des pêcheurs."

La Reine passait pour une Sauveuse, ces gens ayant sauver les pauvres sujets tombaient à l'eau. Mais le bulletin était catastrophique. Sans fin, les corps s'alignaient sur le long de la berge. Jeunes ou vieux, riches ou pauvres, femmes et hommes, personne n'avait été épargnées. Il devait y avoir des âmes que nul ne regrette. Mais ici un enfant, le pauvre ne doit même pas avoir plus 10 ans. Pourquoi ? Les larmes de Louise jaillirent seules. Aucun effort, juste un surplus, elle prit le corps de l'enfant et le serra tout contre elle. Pour le réanimer, elle lutta longtemps et finit par obtenir un petit crachotement. Elle continuait de pleurer, sans savoir pourquoi et demanda des médecins de suite à son chevet tout en ordonnant qu'on lui donne un sac de pièces. Elle se releva, lui caressant une dernière fois le visage à la recherche d'un visage connu, elle aperçut au loin Mary et s'approcha d'elle. Louise priait pour les âmes innocentes, tous. Jamais elle n'avait trouvé plus stupide les querelles intestines entre catholiques et protestants. Dieu leur donne une religion pour qu'ils s'aiment et s'entraident et ils trouvent encore le moyen de s'entre-tuer. Est-ce dont une malédiction ou les hommes sont-ils foncièrement allergiques à la paix ? Comme les personnes ayant commandités l'attentat contre la tête du pouvoir. Ils savaient que la Reine ne serait pas forcément touchée, elle en est même sortit grandit, et que le peuple payerait le plus. Et ils l'on quand même fait. Rien ne les fait donc reculer. Ni Dieu ni les hommes et encore moins les châtiments. N'ont-ils peur que de Lucifer ? pensa Louise en arrivant devant Mary.

©Leris
Revenir en haut Aller en bas

LA FILLE DU BOURREAU ♌ le petit oiseau des rues.
avatar
♕ Métier : Ancienne serveuse au Flying Dutchman ♕ Age : 25 ans ♕ Religion : Catholique ♕ L'avatar a été fait par : Ecstatic Ruby ♕ Mon nombre de messages est : 1579 ♕ Mon nombre de Livres Sterling : 41 ♕ Je suis arrivé(e) sur TTB le : 14/04/2013 ♕ Mon pseudo web est : Mari-Jane ♕ Mes autres visages : Antanasya, Elizabeth, Edward, Annabeth, Jane, Jack, Philippe

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit Dim 18 Aoû - 18:57


A vos risques et périls.

Sur la Tamise.
12 novembre 1553
Sur la petite barque, ils ne pouvaient prendre personne d’autre et bientôt James s’éloigna, pour éviter que certaines personnes ne fassent chavirer l’embarcation. La jeune femme à leurs côtés était plus que jamais reconnaissante pour avoir été sauvée, mais Constance gardait l’image amère de toutes ces personnes mortes noyées. Elle se sentait impuissante, elle qui aurait aimé tant faire, peu de personne avait bougé pour sauver les victimes, quelques bateaux à peine, alors que beaucoup de nobles auraient pu sauver de nombreuses vies. Elle ne quittait pas du regard la scène qui continuait de se dérouler autour d’elle, les cris, les pleurs, la peur que tous ressentaient. Les larmes aux yeux, elle s’en voulait tellement de ne pas avoir pu faire plus. Quand tout fut plus calme, James revint vers la rive, la parade était gâchée, terminée. La reine Mary Tudor avait fini elle aussi par rejoindre la rive, constatant l’état du drame, comme Constance. Dans l’eau il y avait de nombreux corps tout comme à la surface. Une fois qu’elle eut mis pied à terre, Constance galopa jusqu’au lieu de la catastrophe. Elle vit alors une charrette en flamme, de laquelle une forte fumée s’échapper. Dire que tous ces morts venaient de cette petite charrette qui d’après les rumeurs contenaient de la poudre pour la Tour de Londres. Au loin, elle vit une charmante tête blonde de sa connaissance, Anna Danford qui devait suivre à pied la parade comme beaucoup de monde.

« Anna, mon Dieu tu as vu ce qui s’est passée ? » Demanda Constance, tout en continuant de regarder la charrette en feu.

Puis la foule sembla converger vers un tout autre endroit, plus loin. Constance posa son regard sur la Tamise, la reine venait d’accoster, elle allait sans doute à la rencontre de son peuple. Intriguée, la petite brune prit la main d’Anna dans la sienne et l’entraîna avec elle, à la rencontre de la reine. Malgré l’horreur de la catastrophe, la serveuse voulait voir ce que la reine allait dire ou faire. En s’approchant, elle ne vit rien, elle était petite et une foule déjà dense se trouvait devant la reine qui était protégée par sa garde royale. Face à son peuple, la reine se mit alors à prier pour les morts et ceux qui avaient perdus un proche, Constance l’imita tout de suite, priant pour ne pas connaître l’une des nombreuses personnes qui avaient perdues la vie. Cet évènement triste, la jeune femme aurait préféré ne pas le connaître. Après que la prière fut terminée et que la reine eut quitté les lieux, la brune se rappela, qu’elle avait complètement abandonné James qui devait la rechercher à l’heure qu’il est. Constance se dressa alors sur la pointe des pieds pour apercevoir le jeune homme et c’est là, qu’elle le vit au loin : son père. Tout de suite, elle se fit toute petite se cachant derrière Anna et espérant que l’homme ne l’avait point vu. Elle tenta un regard, il était toujours là, scrutant la foule, à la recherche de Dieu sait quoi.

« Anna caches-moi je t’en prie. » Supplia la jeune femme tout en utilisant son amie comme rempart. Son passé commençait à la rattraper, mais elle ne voulait plus avoir affaire à cet homme, pas maintenant, pas aujourd’hui.


    l'ange des rues
    PETIT OISEAU S'ENVOLERA UN JOUR ET NAVIGUERA LOIN SUR LES OCEANS.
    code broadsword.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé

Message ❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau. ♦ écrit
Revenir en haut Aller en bas
❧ EVENT n°4 ♣ La parade sur l'eau.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant
Sujets similaires
-
» event coupe du monde la semaine prochaine
» [Tori] - Event - A l'Abri des Masques
» - Event II.2 - La Faiblesse des Jedi
» Event 5 : Ecriture & Dessin
» Halloween event !!!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
The Thorn Birds ::  :: Archives de la saison 1 :: ♣ Archive RP-
Sauter vers: