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Nous nous situons aux alentours de mai/juin 1556.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
Nous recherchons aussi des membres du peuple.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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MessageSujet: seduction is a name, a single word, a full nonsense } ft. James Stuart  Dim 26 Juin - 17:15
‘Eclairez-moi sur un point, ma chère et tendre épouse. Qui est ce Hastings ?
- C’était mon amant.
- Pardon ?’

Je soupirais : ‘quoi, vous auriez préféré que je vous réponde un amant ?
- C’est l’usage du passé qui me surprend, en fait.
- Eh bien, c’était mon amant, mais ce n’est plus le cas.
- Depuis longtemps ?
- Oh, plusieurs mois déjà. Cher époux, est-ce que je vous demande des comptes quant à vos relations extraconjugales ?
- Ne me faites pas regretter de vous avoir épousée, Bess.
- Je vous ai donné tout ce que vous vouliez, et même davantage. Alors fichez-moi la paix.’


Il éclata de rire.

Malgré la certaine dureté des paroles, notre ton était celui de la joute farceuse qui nous caractérisait souvent. Le sourire de William était large et amusé, le mien tout autant.

Entre nous, et depuis toujours, la liberté était de mise : je ne tenais pas compte des maîtresses de mon mari, il pouvait en avoir trente et faire dix bâtards à chacune, cela ne m’importait point tant que rien ne les impose à ma vue ou, pire, à la succession de William.

En tant que femme, j’étais plus prudente que lui ne l’était, n’ayant aucune intention d’introduire un bâtard dans sa lignée. Par chance, tous nos enfants avaient hérité de ses yeux clairs, leur paternité était indéniable. Mais cela ne m’empêchait pas de vivre à ma manière, de toute façon je l’aurais fait même sans l’accord de mon mari.

Celui qui poserait des limites à ma volonté n’était pas encore né.

J’étais arrivée de Chatsworth deux jours plus tôt. Partir avait été pénible, après tout je n’aimais pas laisser mes enfants dans le Derbyshire alors que le domaine était toujours aux premiers temps de sa construction, mais en ces temps troublés, il était nécessaire d’apparaître dans l’entourage de la reine pour lui montrer notre appui, quand bien même elle ne l’avait pas.

La révolte de Thomas Wyatt avait avorté.

Henry Grey, sa fille, son gendre Dudley avaient été exécutés à dix jours d’intervalle, en février dernier.

L’alliance anglo-espagnole se dessinait à la vitesse de l’éclair.

Autant dire que pour nous autres protestants, le futur serait bien plus sombre que prévu. Déjà que rien de bon n’était laissé présagé lorsque, un an plus tôt, l’oie blanche qu’était la malheureuse Jane avait été destituée du trône au profit de Mary Tudor... ‘Je pourrais peut-être croiser Katherine et Mary Grey à la cour cet après-midi…
- Ce n’est pas impossible, mais soyez prudente, Mary l’espagnole les garde sous les yeux à chaque instant.
- Êtes-vous toujours déterminé à ne pas m’accompagner ?
- Parfaitement, j’ai à faire avec nos investisseurs. Et je suis las de la cour et son tapage : vous qui n’avez point arpenté ces couloirs depuis des mois, vous devriez vous y plaire.
- Vous me faites quitter un Chatsworth aux travaux à peine commencés et nos quatre bébés pour finalement me dire que j’irais vous servir d’ambassadeur à une réception dont je n’ai que faire et où je ne connaîtrais personne ?
- Osez dire que cela ne vous a pas manqué.’


Je fis une grimace.

Bien sûr que cela m’avait manqué.

Londres, son raffut, son atmosphère lourde de complots et d’ambitions démesurées, Whitehall et ses fêtes, son luxe élégant, son ambiance si particulière, et si unique.

J’étais dans mon élément à Chatsworth en Derbyshire, entourée de ma fille et mes trois fils. Mais je ne l’étais pas moins à Londres, entourée de courtisans plus ou moins appréciés, prompts à chuchoter , à masquer sous de belles paroles les pensées qui animaient leur esprit en réalité, où chacun pouvait toucher, même du bout des doigts, le pouvoir.

Londres était le centre du royaume : quiconque voulait se tailler une place dans le royaume devait se rendre à Londres.

‘Qui sait, peut-être y retrouverez-vous ce brave… Comment s’appelle-t-il, déjà ?
- Oh Ciel, William ! Hastings s’est marié le mois dernier !
- Et alors ? Vous et moi savons pertinemment que mariage ne signifie pas fidélité.
- C’est un idéaliste, mon cher. Un poète. Il a écrit de remarquables odes à mon endroit, d’ailleurs. Mais à présent que l’amour de sa vie s’est présenté à lui, sous la forme d’une charmante donzelle de dix-neuf ans aussi pure et fraîche qu’un bouton de rose, songez qu’il sera le premier à se signer dès qu’il sera question d’entorse aux devoirs sacrés du mariage.
- Je m’étonne qu’une femme comme vous lui ait trouvé quoi que ce soit.
- Il était joli garçon et je m’ennuyais à périr. Vous n’auriez qu’à être à Chatsworth plus souvent, aussi !
- Croyez-vous que Satan ait inventé le concubinage pour combler les manques des époux délaissés par leur moitié ?
- C’est Dieu qui a inventé le concubinage, mon amour. Satan, lui, a inventé le mariage.’


Il me sembla que William riait encore lorsque je claquais les portes d’entrée de notre manoir londonien derrière moi et que je grimpais dans le carrosse qui me conduisit à Whitehall Palace aussi vite que le permettaient les rues encombrées de la capitale.

Affichant sourire factice et amabilité de convenance, je fis mon entrée dans les jardins, agrémentés pour l’occasion, et me dirigeais aussitôt vers la royale personne de Mary Ière. A mon endroit, elle fut fort souriante, s’enquit de la santé de mes enfants et plus sérieusement de mon dernier-né, Charles, son filleul. Et alors que je me confondais en paroles agréables autant que respectueuses, je songeais que cette petite réception estivale organisée par la souveraine serait certainement la plus longue de ma vie.

Du regard, je cherchais une connaissance, un soutien moral, n’importe quoi qui puisse me donner l’illusion que j’avais eu une bonne raison de me lever ce matin.

Peine perdue.

Point de Frances Radclyffe, William et Antanasya étaient aux abonnés absents, nulle trace de la princesse Elizabeth non plus, ni même de la bâtarde française, Mary de LaCroix. Je ne l’appréciais guère mais au moins, nos joutes verbales m’auraient amusée… Et occupée. La seule personne qui aurait pu m’intéresser était Frances Brandon, la veuve d’Henry Grey, mais son comportement à l’endroit des protestants et de la reine Mary relevait presque de l’injure. Elle avait été une connaissance amicale, fut un temps, mais depuis que la déchéance de sa famille, elle agissait de telle façon que je ne la reconnaissais plus.

Et pourtant, Dieu savait qu’il fallait en faire des tonnes pour me choquer.

Ses filles Katherine et Mary auraient été présentes, je serais allée vers elles, mais elles non plus n’étaient pas de la fête.

Si fête était le mot approprié ; mort lente et douloureuse aurait en fait été plus exact.

Mary Ière s’étant finalement enfin détournée de moi, je m’éclipsais et m’emparais d’un verre de vin au passage, faisant mine de goûter les plaisanteries de quelques courtisans que je connaissais de vue, un peu trop catholiques à mon goût pour que je les fréquente plus que de raison, puis je me détournais et continuais mon chemin, saluant les uns, ignorant les autres, cherchant désespérément que faire de mon temps.

Comploter était fort amusant, mais à moins d’être victime d’un dédoublement de la personnalité, nul ne pouvait comploter seul.

‘Pitié Seigneur,’ fis-je entre mes dents, ‘ne m’obligez pas à passer toute une après-midi au milieu de grenouilles de bénitier, je n’en aurais pas la force.’

A moins qu’un miracle se produise et que Dieu entende ma prière, je tentais de me faire à l’idée que je passerais les heures les plus insupportables de toute mon existence. Aurais-je été comme cette bande de stupides créatures qui buvaient les paroles de l’autre vieille loque qui se faisait appeler Sa Sainteté et entendait régenter son monde depuis son siège de Rome, j’aurais volontiers songé que je gagnais des points pour échapper au purgatoire et passer directement au paradis.

Finalement, j’aurais dû être aussi abrutie que les autres, j’aurais trouvé une utilité au moment beaucoup trop long que je m’apprêtais à passer.

J’étais en train de méditer sur ce que Luther aurait pensé de ma théorie lorsque une silhouette, et un nom, interpellèrent mon attention.

Un jeune homme, fort bien de sa personne, venait d’entrer dans le jardin accueillant la réception. Jusque là, rien de bien palpitant, hormis une vision agréable, ce qui en soi constituait une distraction fort bienvenue. L’attitude de crispation des quelques espagnols et d’autres adorateurs de Mary Ière me le rendit d’emblée sympathique, et puis son nom vint à mes oreilles, je ne sais très bien comment : James Stuart.

Le bâtard de feu James V d’Ecosse, beau-fils honni de la très catholique Marie de Guise, aux convictions religieuses que l’on disait pencher plus du côté du Martin Luther et Jean Calvin que de Jules II avait rejoint les lieux.

A la mine renfrognée de la souveraine, je faillis éclater de rire.

Mon ennui mortel se dissipa aussitôt : il me faudrait vite engager la conversation avec l’homme, ne serait-ce que pour le remercier d’avoir sauvé mon après-midi. Les conversations reprirent, non sans quelques regards méfiants pour l’écossais. Sans m’être une seconde départie de mon amusement, je profitais de le voir mettre fin à sa discussion avec Dieu savait qui pour m’approcher : ‘vous avez créé l’animation, my Lord, c’est le moins que l’on puisse dire. Plus d’un prêtre ici présent n’en fermera pas l’oeil de la nuit.’

Je sentis mon sourire s’élargir comme par lui même et m’inclinais légèrement : ‘je suis lady Elizabeth Cavendish, et je vous remercie d’être venu, l’après-midi était juste sur le point de devenir ennuyeux !’
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MessageSujet: Re: seduction is a name, a single word, a full nonsense } ft. James Stuart  Lun 18 Juil - 19:10


Elizabeth & James
   seduction is a name, a single word, a full nonsense

M
a fois, je n’appréciais guère quitter Edimbourg et ma place que je trouvais en permanence instable aux côté de ma belle-mère. Certes cette femme à promis sur le lit de mort de mon père de veiller sur moi comme si j’étais son propre fils (dieu soit loué ce n’est pas le cas.) Mais mon père était mort désormais depuis un certain temps déjà et peut-être suis-je un peu paranoïaque mais l’idée de laisser mes affaires sans surveillance me déplaisait fortement. Cela dit, il me fallait absolument me rendre à Londres afin d’y être vu et que même si je ne pouvais avoir une audience avec la princesse Elizabeth, elle sache d’une manière ou d’une autre que l’Ecosse la soutiendrait. Je n’étais pas roi, mais grâce à ma grande et solide amitié avec Archibald Campbell j’avais l’appui presque complet du clan Campbell et d’une grande partie des clans des Highlands. De plus, il me fallait également me montrer à la cour de cette catin espagnole pour lui faire comprendre que tout changera…bientôt, qu’elle ne pourrait freiner la révolution religieuse ni en Angleterre ni en Ecosse et que les espagnoles feraient mieux de retrouver leur patrie avant que les choses ne dégénèrent.

« William, m’avez-vous compris ?! »
« Bien sûr je ne suis pas un idiot »
« Oh si vous l’êtes mais là n’est pas la question, durant mon voyage je vous demande de veiller sur mes intérêt et de me rapporter par lettre tout ce qui ce passe à la cour en mon absence, restez attentif et ne vous enivrez point de whisky. Nous savons tous les deux ce qui ce passe lorsque vous le faites »
« Vous m’ennuyez mon frère j’ai très bien compris et puis je ne suis plus un enfant je dirige un domaine que j’ai abandonné pour vous ! »
« Et je vous en sait grès mais rassurez-vous Mère sait comment s’occuper de Lochleven Castle »


Il haussa les épaules avant de secouer la tête d’un air dédaigneux comme si une femme n’était bonne qu’as enfanter. Mais je n’étais pas d’accord les femmes savaient elle aussi très bien diriger, si ce n’est mieux.

« Eh bien va-y Jamie tu vas me manqué » dit-il finalement sur un ton plus tendre
« Toi aussi Willy, je reviendrais d’ici la fin août »
« Prends soin de toi et ramène moi quelque chose de Londres ! »


Je montai en selle, lui faisant un dernier signe de la main avant de quitter la cour intérieure du château de Linlighgow. Un long voyage s’annonçait pour moi et j’espérais de tout cœur que mon petit frère William Douglas, 6ème comte de Morton et Laird de Lochleven serait à la hauteur de sa tâche malgré son jeune âge. Il était fougueux et joueur, il adorait chasser et boire, il avait bien raison de profiter de la liberté relative car Mère compte le marier avant la fin de l’année, pauvre Willy, je le vois assez mal en bon époux. Je n’aurais pour ma part pas du tout apprécié d’être marié à l’âge de quinze ans. J’apprécie bien trop la liberté que m’offre le célibat. Et puis entre nous soit dit le fait d’être l’un des célibataires le plus convoité d’Ecosse le plait énormément.

Le voyage jusqu’à Londres fut long et quelques peu éprouvant. Comme je le disais je n’aimais pas particulièrement quitter l’Ecosse mais c’était de mon devoir et dans mes intérêts de me montrer à la cour de Marie la sanglante afin de lui présenter mes respects et mon « amitié » mais on sait tous ce que cela signifie.

J’arrivai au palais de Whitehall de nuit, courbaturé de cette longue chevauchée et extenué. Fort heureusement, des appartements avaient été prévus pour mon séjour et je pus me restaurer avant de me coucher. Whitehall était un palais sinistre, on y respirait l’odeur abjecte des catholiques. Les catholiques sont si étroit d’esprit j’ignore comment ses gens parviennent à être heureux alors qu’ils ne s’autorisent aucuns plaisirs. Cela me dépasse totalement.

Le lendemain, je suis prévenu d’une réception organisée par la souveraine, rien de très officielle, juste 300 à 400 invités, oui, c’est sûr c’est très intime… Quoi qu’il en soit j’était convié à cette petite fête, il serait bien malvenu de ma part de refusé l’invitation de sa « très gracieuse majesté ».

Mon arrivée dans les jardin de Whitehall, vêtu comme il se devait, portant le kilt, car peu importe ou je vais j’emporte toujours un peu d’Ecosse avec moi, les cheveux correctement attaché, fut remarquée alors que j’avançais, mes botte crissant sur le gravier, me dirigeant vers la Reine afin de la salué, j’entendais des murmures scandalisé sur mon passage. J’adore provoqué un tel remue-ménage.

Je fit une profonde révérence devant cette vieille et grosse bique en lui offrant mon sourire le plus charmeur et en la complimentant sur sa personne. Même si, bien sûr je n’en pensais pas un mot. La Reine n’était pas dupe non plus nos amabilités n’était que poudre aux yeux et je savais fort bien qu’au moindre faux pas elle trouverait un moyen de me faire bruler vif.

Je m’éloignais du trône royale quelque minutes plus tard me faisant happer Anne Hamilton, qui venait tout juste d’arrivé à Londres tout comme moi, sauf qu’elle, elle serait forcé de resté et de servir la Reine. Pauvre petit oiseau. Nous discutâmes quelques instant, la pauvre semblait déjà se languir des landes écossaises, je lui promis dès lors de luis envoyer aussi souvent que je le pourrais de quoi se rappeler son pays, j’entends par là du whisky, du tartan pour ses robes et quelques friandises de la cours d’Edimbourg qu’elle apprécie particulièrement. La jeune femme se faisant appeler par la Reine, pris congé me laissant seul avec un verre de vin, ma fois s’est mieux que rien. Mais je m’attendais à quelques choses de plus intéressant lorsque le valet de sa Majesté avait parlé de réception dans les jardins.

Le fait est, qu’une autre jeune femme m’interpela, une anglaise cette fois-ci cela ne faisait nul doute, mais une anglaise fort charmante.

« Il semblerait en effet que je sois le mouton noir parmi les blancs mais cela me sied de penser différemment. Songez donc à tous ses malheureux qui ne pense qu’a servir sans jamais penser au plaisir »

Vu la façon dont elle abordait les chose je n’avais pas trop à me faire de souci cette très charmante dame était clairement protestante tout comme moi. Finalement cette après-midi pouvait devenir intéressant, plus que je ne l’aurais imaginé en tout cas

« C’est un plaisir de faire votre connaissance Madame, Je suis James Stuart »

Je pris sa main pour une déposer un baiser avant de sourire à sa remarque.

« Mais si j’ai pus vous divertir Milady, j’en suis fort aise. Si je puis faire davantage pour vous être agréable cela sera pour moi un plais



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MessageSujet: Re: seduction is a name, a single word, a full nonsense } ft. James Stuart  Jeu 25 Aoû - 13:17
J'étais dans ce jardin, mon verre de vin à la main, laissant mes mains errer de long des plis de ma robe sans totalement m'en rendre compte, observant les gens d'un air des plus indifférents. Même avec la meilleure volonté du monde, m'intéresser à leurs dires me semblait impossible. Je me sentais un peu comme ces gens qui visitent la ménagerie de la Tour et observent les bêtes en cage sans vraiment les voir. Ou était-ce moi, la bête en cage qui observait les badauds défiler devant moi sans pouvoir, ou même vouloir, y prêter attention ?

Les réceptions organisées par Mary Tudor étaient toujours d'un ennui mortel. Sans doute les bigots catholiques rendus inaptes à la réflexion personnelle et à l'ouverture d'esprit par Rome et ses agents vêtus de rouge y trouvaient leur compte, mais point moi. Et depuis que les rumeurs précédant la venue de Philippe II et son sombre entourage s’amplifiaient, l'ambiance à Whitehall me semblait de plus en plus morose. A moins que ce ne soit ma brusque impression de solitude qui m'empoisonne l'esprit et m'empêche d'agir comme je le devrais.

Je détestais la solitude. Que ce soit au coeur d'une foule ou au milieu des champs, je détestais me sentir seule.

Je détestais l'obscurité, l'isolement, le silence, l'inertie.

Ma basse naissance m'avait assez fait goûter à ces aspects-là de la vie de campagne : j'étais bien quand j'étais entourée, au milieu d'amis ou au pire de quelques complices, auprès de mon mari, de mes enfants, de mon amant du moment.

Et celui qui me renverrait à l'obscurité de mes origines, à mon isolement de fille trop ambitieuse au milieu d'une famille médiocre, au silence des nuits vides du fin fond du Derbyshire, à l'inertie de ces longues années passées à attendre le jour où se présenterait ma chance de prendre en main ma vie et mon avenir... Celui-là n'était point encore de ce monde.

Et je préfèrerais l'étouffer enfant au berceau plutôt que de lui laisser l'occasion de détruire ce que j'avais commencé à bâtir lorsque mon premier mari était mort l'année de mes quatorze ans.

D'un signe de tête, je saluais celles et ceux qui me saluaient, n'engageant la conversation que pour égrainer les sempiternelles banalités, j'étais presque au point de compter les minutes me séparant de la fin de cette petite fête dont je me serais bien passée. Aurais-je été ne serait-ce qu'avec Frances ou Anya, j'aurais pu trouver un semblant d'intérêt aux événements. Mais cette dernière était restée en Devonshire et la première sans doute chez cette bigote de princesse française. Donc j'étais là au milieu de tout ce beau monde, à réfléchir soit aux raisons qui poussaient mon amie à s'intéresser à cette bâtarde d'outre-Manche chez qui je ne percevais rien d'intéressant, soit à la meilleure façon de convaincre le Seigneur de faire couler au fond des eaux le prince d'Espagne et sa suite, de préférence avant qu'il ne s'installe définitivement chez nous. La reine discutait d'un air conspirateur avec cet infernal Gardiner, et d'aucuns parlaient de faire revenir Pole sur sa terre natale pour le laisser prêcher la bonne parole romaine à Londres. J'eus l'amer regret de ne pas savoir parler l'allemand : pour un peu, j'aurais fait déménager tout mon petit monde vers le Holstein où nous aurions tous été en sécurité.

Mes pensées s'égaraient de façon très dangereuse, comme à chaque fois que la solitude s'emparait de ma personne.

Il ne fallut rien de moins que l'arrivée du fils bâtard de feu le roi d'Ecosse pour me distraire de ma mélancolie. Engager la conversation avec le charmant jeune homme venu d'au-delà du mur d'Hadrien me rendit brusquement toute mon énergie. Finalement, cet après-midi ne serait pas totalement un échec !

... Voire même pas un échec du tout, si j'en constatais le sourire enjôleur de mon vis-à-vis.

'En ce jour nous serons deux moutons noirs, je le crains,' souris-je à mon tour, désireuse de faire comprendre à Lord Stuart que lui et moi étions d'ores et déjà dans le même camp. 'Mais au moins nous distinguons-nous de nos compagnons d'infortune,' dis-je en embrassant le reste de l'assistance du regard, avant de continuer : 'quel intérêt de servir sans recevoir une once de plaisir en échange ?' A son geste courtois, je répliquais par une brève révérence : 'oh mais je sais qui vous êtes, my Lord, je crains fort que les haussements de sourcils courroucés et les regards indignés de nos amis en robe rouge ne vous aient trahi avant que vous ne vous présentiez officiellement. C'est un honneur de faire votre connaissance, toutefois, bien que ceux-là en pensent le contraire.' Je haussais une épaule, souris encore. 'Il me plait aussi de penser différemment !'

J'ignorais quelle genre de femme était Marie de Guise, ne l'ayant vue de loin qu'une fois, lors du couronnement de Mary Tudor. J'ignorais quelle genre de fillette était la petite Mary Stuart. Mais à dire vrai, l'une et l'autre ne m'intéressaient que pour le danger potentiel qu'elles représentaient dans le basculement définitif des royaumes d'Ecosse et de France dans le protestantisme. Bien que n'étant ni de l'un ni de l'autre, toute nation embrassant la Réforme était une victoire supplémentaire. Cela dit, feu le roi James avait au moins un fils digne d'intérêt, d'intérêt réel : au delà de son aspect objectivement très avantageux, je le percevais déjà comme un de ces hommes qui compteraient bientôt, si il ne comptait pas déjà, un homme charismatique, déterminé, rusé et ambitieux. Autant d'aspects qui me semblaient particulièrement intéressants.

Pour ne pas dire particulièrement attirants.

'Voilà qui est fort aimable de votre part, my Lord. Mais si vous n'êtes pas seul, je m'en voudrais de priver vos amis de votre présence...' J'arquais un sourcil interrogateur. J'ignorais si il était venu ou non accompagné, objectivement, je ne m'en voudrais pas du tout d'accaparer l'attention du presque prince, mais la politesse exigeait un semblant de prudence. Je finis par sourire à nouveau : 'voilà ma proposition de divertissement, monsieur : pensons différemment et soucions-nous de nos désirs. Restons les moutons noirs, après tout ce trop-plein de blanc est fade, voire dangereux pour ma santé mentale. J'ai toujours eu quelques difficultés à supporter les degrés trop élevés de sainteté !'
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MessageSujet: Re: seduction is a name, a single word, a full nonsense } ft. James Stuart  Mer 7 Sep - 23:05


Elizabeth & James
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M
ary Tudor n'était ni jolie ni charmante dans sa façon d'être, elle semblais plus vieille que le monde et avait un sens de la fête particulièrement mesurer et je suis gentil. Les réceptions au château de Whitehall ressemblaient à s'y méprendre à une messe catholique. Longue et inintéressante

Qu'est ce qui m'a pris de venir ici ? Pourquoi et ce que vraiment le trône d'Ecosse mérite que je me retrouve dans une de ses interminable réceptions où personne ne s'amuse. Evidemment, le trône d'Ecosse valait tous les sacrifice même celui-ci mais par moment je me maudissait d'avoir autant d'ambition. Si seulement j'avais pus être comme ma jeune soeur Jane, cela m'aurait évité bien des moments déplaisants. Mais n'en déplaise justement aux mauvaise langue, je reste le premier né du Roi Jacques et ma mère bien que pas reine n'était pas non plus une cuisinière !

En arrivant sur la pelouse parfaitement tondu du palais et après m'être présenté et salué la Reine j'avais été fortement déçu de ne pas trouvé un seul verre de whisky, certes j'avais toujours une petite flasque dans mon sporran, cependant dans une "fête" aussi guindée cela serait sans nul doute mal vu, de plus le but de ma visite était de ne pas trop attiré le regard de la Reine, dans le sens où je souhaitais lui faire croire que non, je n'étais pas son ennemi. De tout façon c'est vite dit, si elle a le moindre soupçon je finirais à la tour de Londres en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.

Je réajustai mon plaid tout en tenant mon verre de... non ce n'était pas du vin, plutôt du jus de raisins coupé à l'eau lors qu'un valet de sa très graisseuse majesté - le jeu de mot quelques peu graveleux que je venais de faire dans ma tête me fît rire, seul. Tout cela pour en venir au fait qu'un valet du palais passait parmi les convives avec un grand plateau remplis de... petits radis avec une pointe de sel. Non c'est pas possible, je m'attendais à quelques pâtisseries. Mais non des radis ! Surement issus des potagers royaux mais tout de même, j'avais vraiment l'impression d'être à la messe et encore le pain et le vin doivent sans doute être bien plus goûtus. Je déclinai donc poliment la proposition du valet qui, pendant que je pensais à tout cela s'était sournoisement approché de moi. Le diable est partout dans ses jardins !

Fort heureusement, dans ce jardin infesté de démons, mon regard fût attiré par une jeune femme brune qui à l'évidence semblait être un purgatoire, vu son expression ennuyée. Ma fois, rien de telle pour passer le temps qu'un petit jeu de séduction, même si elle est catholique, ce qui je le remarquai bien vite n'était pas le cas. Décidément j'avais peut-être vraiment bien fait de venir.

« My Lady, avec un teint aussi parfait que le vôtre je ne puis imaginé que vous ne soyez pas une brebis blanche. » J'était incorrigible, mais ce qui était agréable c'est de se dire que cette jeune femme me comprenait et comprenait mes idéaux religieux et surement politique alors que je ne la connaissait nullement. «... En fait voyez vous, je pense plutôt que nous sommes entouré de moutons noir voyez-vous » Continuais-je sur ma lançée. « Mais je ne peux qu'approuver vos dire s'il n'y pas de plaisir, pourquoi donc vivre. »

Sa remarque sur la réaction des prêtres à mon arrivée me fis sourire, il est vrai que j'aimais provoqué de telle regards, outrés courroucés, choqués, je trouvais cela de plus amusant. Il faut savoir s'amuser de petite choses dans cette existence bien trop sérieuse.

« Ma fois My Lady, je crains que ce genre de reations de la part de "nos amis" m'amuse au plus haut point, ils sont tellement obtus que lorsque la moindre chose déranges ils ne savent absolument plus comment réagir. »

J'avais l'impression, en étant à la cours de Mary Tudor de trouvé le sosie de Marie de Guise en plus frigide. J'ignorais que cela était possible. Je pensais que ma belle-mère et son idiote de fille étaient les femmes les plus coincée d'Ecosse et de France, mais non... J'ai trouvé là plus ennuyeux et plus austère. Bon il faut reconnaitre que contrairement à Mary Tudor, Marie de Guise est française et les français comme tout le monde le sais sont des sacré fêtards, rien à voir bien entendu avec les écossais mais sur se plan-là je suis certain que l'Ecosse serait maitresse du monde.

« Madame, si j'avais ait l'erreur de venir accompagné croyez moi, que j'abandonnerais ses imbéciles à leurs sorts pour continuer de discuter avec vous. »

Non clairement, moi venir accompagné, j'avais presque regretté de ne pas l'être à mon arrivée mais finalement se sentiment avait disparu dès l'instant ou j'avais posé mon regard sur la charmante jeune femme. J'avais l'impression, en entrant dans les jardins de me retrouver dans un océan agité et Lady Hardwick se trouvait être la lumière d'un phare, rassurante.

« Cette proposition me sied à merveille et donc pour commencé cela que pensez-vous de prendre un peu de recule par rapport à tous ses adorateurs, j'ai ouïe dire que la roseraie était splendide et je n'ai pas encore eus l'occasion d'y flâner. »

Proposais-je presque en tout innocence, je dis presque tout le monde qui me connais un minimum sait que une chose en entrainant une autre le rapprochement peut se faire vite, cela dit je souhaite avant tout m'éloigné de cette réception servant du jus de raisin et des radis comme amuse-gueule.


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MessageSujet: Re: seduction is a name, a single word, a full nonsense } ft. James Stuart  Jeu 27 Oct - 17:38
Les événements qui marquaient un tournant dans la vie avaient souvent des débuts tout à fait anodins. Le moment où William Cavendish, cousin germain du duc de Devonshire, m'avait passé la bague au doigts, entre les quatre murs éclairés à la bougie de la chapelle de Bradgate Park, tellement tôt dans la matinée que le soleil n'était pas encore levé, avait définitivement bouleversé mon existence.

Dès l'instant où je devins Lady Cavendish, ma vie devait être radicalement différente de ce qu'elle était avant.

Lorsque j'avais rencontré William, j'avais dix-neuf ans et j'étais encore sous la protection de Lady Zouche - quand à la rencontre en elle-même, elle n'avait rien eu de palpitant. C'était précisément en ce lieu, Whitehall Palace, que j'avais rencontré l'homme qui deviendrait mon époux. Une réception plus plaisante que celle-ci, car s'il était fort malvenu de clamer son adhésion aux thèses de Luther, nous étions au moins autorisés à médire à l'endroit du Pape et ses fidèles, ce qui constituait une distraction fort agréable.

Une garden party aussi désagréable ne pouvait se poursuivre et même se terminer que de deux façons - trois, si l'ennui mortel pouvait devenir source de décès, mais je me refusais à envisager cette option - soit je prenais mon mal en patience et attendait gentiment, sourire aux lèvres et petits radis en main, que sa très gracieuse Majesté daigne mettre fin à sa petite sauterie, soit une rencontre inopinée viendrait soudain me distraire de ces heures infernales qui s'annonçaient à moi.

James Stuart devait être la rencontre inopinée en question - j'ignorais encore que comme William l'avait fait quelques années plus tôt, il viendrait lui aussi marquer un nouveau tournant dans le fleuve de mon existence, que j'espérais le plus long possible.

Mais je ne tardais pas à comprendre, dès que commença notre conversation, que faire sa connaissance me mènerait plus loin que je ne l'aurais imaginé. Qu'imaginais-je au juste, je ne sais, mais je n'imaginais pas... Cela.

'Votre compliment me va droit au coeur. Mais hélas, my Lord, le teint le plus parfait dissimule souvent bien des tares. Voyez cette dame, juste là,' fis-je en désignant du menton une jeune femme de l'entourage de la souveraine, aussi pâle que la craie. J'avais oublié son nom, ayant jugé que ni son esprit ni sa fortune ne valaient la peine que je m'intéressât à elle, mais je connaissais sa réputation - 'et figurez-vous que sous ses joues de porcelaine se cache une bien étrange histoire. Trompée par son mari, voilà que la belle veut se venger et prend un amant, seulement elle agit de façon si discrète et prudente que le mari découvre la supercherie le soir même. Il a fallu rien de moins qu'une intervention de la souveraine pour empêcher l'époux cornu de réclamer une annulation en bonne et due forme.' Je haussais une épaule, amusée : 'j'apprécie votre manière de renverser la situation à notre avantage. A force de se voir qualifiés de toutes les bassesses de ce monde' - hérétiques, suppôts de Satan, et autres joyeusetés - 'nous agissons comme si ils avaient raison. Dorénavant je ferais comme vous et verrais les choses sous un angle nouveau, le nôtre. C'est nettement plus agréable.'

James Stuart n'était pas le premier écossais que je rencontrais, mais si les autres ne m'avaient pas laissé de souvenirs impérissables, lui si. Même si je le connaissais depuis cinq minutes ou presque, même si je n'en étais pas à mon coup d'essai pour ce qui était de jouer la carte du charme sur des hommes conscients de la séduction qu'ils exerçaient, comme lui. Il avait ce petit rien de charisme et d'ambition presque palpable, et sans doute bien des demoiselles de la cour d'Edimbourg devaient virer à l'écarlate lorsqu'il surgissait au détour d'un couloir.

'Pour rien,' soupirais-je, 'car le plaisir est de ces choses que chacun se doit de poursuivre, sous peine d'échouer lamentablement sa vie sur Terre. Si le plaisir n'avaient pas sa place dans l'existence humaine, Dieu ne l'y aurait jamais mis.'

C'était officiel, ce presque prince d'Ecosse me plaisait de plus en plus.

'J'espère bien qu'ils vous amusent, car s'il fallait se mettre à pleurer chaque fois qu'une bêtise patentée sort de leur bouche, nous passerions nos vies à geindre. Diantre, je crois que je préférais entendre ma soeur aînée parler de récoltes de navets et de soupe aux poireaux plutôt que de les soir s'escrimer à démontrer que le Pape est supérieur des Rois car détenteur du pouvoir spirituel.' D'ordinaire, je ne faisais jamais référence à ma famille de naissance, que ce soit mes parents où mes soeurs, ni à la Cour ni nulle part. Je détestais cela - c'était leur conférer une importance qu'ils ne méritaient en aucun cas.

Mais je sentais que James n'étais pas homme à se formaliser de mes origines paysannes, au contraire il s'en amuserait sans doute. Je me sentais bien en sa présence, comme si nous étions déjà sur la même longueur d'ondes.

Dieu merci, il était venu seul.

'Vous m'en voyez terriblement flattée. Continuez ainsi et ce teint blanc que vous vantiez quelques minutes plus tôt prendra la couleur de la robe de Sa Majesté,' c'est à dire pourpre foncé. 'La roseraie ? J'ignorais que vous intéressiez à la botanique, vous êtes un homme plein de surprises, Lord Stuart. Venez, nous ne sommes pas d'une flamboyante utilité ici et nous serons mieux ailleurs.' Je décochais un large sourire en indiquant, d'un mouvement de tête, la direction de ladite roseraie. Il ne me sembla pas que notre départ fut remarqué par quiconque - James avait salué la souveraine plus tôt, moi un peu avant. Nul ne pouvait nier notre présence auprès de Sa Majesté.

C'est donc en totale confiance que je pris le chemin de ce temple des roses, symbole de la royauté anglaise. Comment la rencontre se terminerait, je l'ignorais, mais je commençais à savoir vers quelle tournure j'espérais la faire glisser...
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