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Nous nous situons aux alentours de mai 1558.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

Si vous souhaitez jouer un étranger, privilégiez les Espagnols et les Ecossais.
N'hésitez pas à regarder les PV et scénarii en priorité.

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MessageSujet: After the night when I wake up, I'll see what tomorrow brings  Lun 19 Aoû - 9:34


After the night when I wake up
I'll see what tomorrow brings




La brume se levait petit à petit sur Londres, en ce bon matin de novembre. L'air était frais et humide, n'incitait guère beaucoup de personnes à sortir faire des emplettes, ou simplement se promener. Pourtant, une silhouette était tapie dans l'ombre, à quelques pas du manoir Fleming. En la regardant ainsi de loin, on aurait pu croire qu'il s'agissait d'un esprit errant, ses traits étant flous et non nets. Pourtant, si l'on se rapprochait, on pouvait très nettement distinguer la jupe d'une jeune femme, assise sur le dos d'une jument de couleur marron. La capuche attachée à sa cape recouvrait le haut de sa tête, ainsi que ses longs cheveux brun tombant le long de son dos.
L'Automne comme l'Hiver étaient les deux saisons que Marianne n'appréciait nullement, pour ne pas dire qu'elle les détestait. Et pour cause : l'activité roulait au ralentit, notamment dans son cher et tendre petit village de Landscape. Mise à part le bétail, les paysans le peuplant ne recevait guère de revenu pendant une longue période, par manque de culture à vendre. Les plus courageux partaient ville pour espérer trouver un petit quelque chose à vivre, tandis que les autres préféraient rester auprès de leur famille et prendre soin d'eux. C'est également durant cette période que la jeune femme est la plus active, car bon nombre de personnes tombaient malades, et risquaient la mort. Malgré son jeune âge, elle avait déjà eu affaire de très nombreuse fois à la Mort, la voyant emporter avec elle des jeunes enfants ou des personnes plus âgées, trop vieilles pour se battre contre un mal incurable. Au début, elle avait beaucoup de mal à voir ce genre de scène, d'autant plus que la vie des proches restant, tous effondrés par la tristesse, avait quelque chose de déchirant. Désormais, elle avait réussi à s'endurcir, au point de trouver assez de force pour consoler ces pauvres gens restant. De plus, soucieuse au possible, elle ne pouvait pas s'empêcher d'être au petit soin avec son géniteur, quitte à l'étouffer. Mais bon sang, ce qu'elle n'aimait pas la période de fin d'année ! Pourtant, elle se tenait là, dehors.

Le regard de la jeune femme était planté sur l'entrée du manoir, tandis qu'elle se trouvait à l'arrêt. Si cela ne tenait qu'à elle, elle aurait fait demi-tour, suivant sa première envie, à savoir celle de rentrer chez elle près du feu et à l'abri de cette température si désagréable ! Mais comme la majorité du temps, lorsqu'elle s'approchait trop près de son cher fiancé, son père en était la cause. Après leur mésaventure suite à l'inondation de Landscape, ce dernier n'a pas perdu une seule seconde pour lui rappeler à quel point elle s'était montrée désespérante, et que la moindre des choses étaient qu'elle aille le remercier pour les avoir hébergé. Et ciel, s'il y avait bien une chose qu'elle haïssait parfois plus que les deux dernières saisons de l'année, c'était bel et bien cette petite conscience venant la titiller de temps à autre. Il est vrai que Marianne s'était montrée très peu reconnaissante face à l'aide apporté par le Lord, ce qui ne lui ressemblait pas vraiment. Elle avait fait passer sa rancoeur avant tout, passant ainsi pour la plus impolie et la plus ingrate des filles de ce monde. Rien qu'à cette idée, la miss s'était décidée à aller le voir, tout comme la première fois, mais cette fois-ci dans l'optique de lui présenter des excuses, et de le remercier comme il se doit. A l'intérieur d'elle-même, elle espérait qu'il lui envoi un regard noir, qu'il la rejette, qu'elle se soit montré assez mauvaise pour qu'il abandonne cette idée stupide de mariage ; bien qu'au fond, cela la blesserait quelque peu d'avoir paru plus horrible qu'elle ne voulait l'être. Bon nombre de rumeurs pouvait circuler sur la jeune Foster, mais l'idée de passer pour une petite fille gâtait ne lui plaisait aucunement...

Silencieusement, elle inspira et se décida enfin à faire avancer Belle-Dame jusqu'au manoir. Cette scène lui rappelait brièvement le premier jour où elle avait mis les pieds ici... Elle n'avait tellement pas envie de franchir ces murs, pour au final se sentir si petite... Aujourd'hui, seule le premier sentiment était resté intact, tandis que le deuxième avait laissé sa place à l'assurance. Se retrouver face à Guildford et sa richesse ne l'impressionnait plus désormais. On pouvait presque dire que cela ne lui faisait ni chaud ni froid, de se retrouver dans un environnement plus luxurieux que celui dans lequel elle nageait quotidiennement. Sa capuche enlevée, on pouvait voir que Marianne avait fait un léger effort sur sa présentation, qu'elle n'aurait peut-être pas fait il y a quelques mois de cela. Sa robe n'était pas aussi vieille que les autres, qu'elle préférait porter à cause de toutes les activités qu'elle exerçait dans la journée. Aujourd'hui était... spécial, et paraître pour la dépravée de service n'était peut-être pas la meilleure des choses à faire.

Sa jument laissée à qui de droit, la bourgeoise s'engouffra à l'intérieur de la bâtisse, connaissant presque chaque recoin suite à son court séjour en ces lieux. On l'amena directement dans cette grande pièce, encore une fois comme lors de leur première rencontre. Dans son esprit, les phrases toutes prêtes qu'elle avait préparé la vieille tournaient en boucle, lui rappelant ainsi pourquoi elle était ici. Et une fois arrivé dans la fameuse grande salle, Marianne arbora un grand sourire soulagé. Le Lord n'était pas encore là, il lui restait donc encore un peu de temps pour respirer.
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MessageSujet: Re: After the night when I wake up, I'll see what tomorrow brings  Ven 6 Sep - 14:13

Guildford & Marianne
« La question est de savoir si nous devons garder plus de rancune
aux femmes des peines qu’elles nous auront faites ou plus de
reconnaissance des ivresses qu’elles nous aurons prodiguées. »
- Georges Courteline




Aller de l’avant, quoi qu’il arrive. Comme il était irritant d’entendre certains vous dire cela, avec leur air tellement sûr d’eux, comme s’ils en savaient quelque chose, eux, de ce qu’il faut faire lorsque tout ne se passe pas comme prévu. Ces courtisans précieux, si imbus d’eux-mêmes… Ils n’avaient aucune idée du sens réel de leurs paroles, de la force de caractère qu’il fallait posséder pour mettre en œuvre cette philosophie.

Il s’agissait cependant d’une rude vérité, d’une ultime éventualité à accepter. Comme un officier contraint d’abandonner derrière lui sur le champ de bataille des blessés qu’il ne pourrait de toute façon sauver, le Lord avait depuis le temps pris son parti de ne laisser en rien les évènements faire de lui son pantin, et non l’inverse. Le drame de son enfance avait certainement été l’élément déclencheur, ou peut-être au fond cela avait-il toujours été une part intégrante de son caractère ; quoi qu’il en fût, les échecs n’arrêtaient pas Fleming, le rendant simplement contrarié, bien décidé à ne pas s’en laisser compter. Ni par les Ecossais, ni par sa récalcitrante fiancée.

Si le noble avait un jour pensé que son union serait une simple formalité, une transaction qui une fois conclue avec Mr Foster, se terminerait promptement et sans bavures, cette époque se voyait révolue. Pas moins d’un incendie et d’un cataclysme plus tard, la demoiselle se montrait toujours aussi indomptable, sans qu’aucun anneau de mariage, ni même de fiançailles ne vînt ceindre son annulaire. Une folie, lorsqu’on songeait que l’encre des documents officiels et autres contrats avait séché depuis longtemps. Le but de l’aristocrate demeurait clair : il ne prenait pas épouse pour réchauffer la solitude de son foyer, ou encore assurer son nom ; son désir de vengeance l’occupait encore beaucoup trop pour qu’il se pencher sur ces questions à ses yeux secondaires. Non, une dame à son bras tairait surtout les rumeurs commençant à devenir de plus ne plus sérieuses à son sujet, et polirait un brin sa réputation de loup grondant, et surtout causant en coulisse bien du trouble. Cette créature, choisie non par attirance mais par obligation et commodité, constituerait une valeur ajoutée qui ne pourrait que servir la cause qu’il défendait, notamment auprès de la Reine Mary, dont le catholicisme laissait présager de sa sévérité guindée. Marianne avait été la candidate la plus prometteuse, dans le sens où tout avait été réglé sans mal… À part l’accord de ladite jeune femme. Ce point épineux faisait traîner les choses en longueur depuis longtemps déjà, et aussi décevant fût-il d’avoir à recommencer ses recherches après avoir abandonné l’idée de l’épouser, Gui ne se voilerait nullement la face.

Surtout que de nouvelles voies s’ouvraient à lui. Alors qu’il traversait un des interminables couloirs de son manoir londonien, Guildford relut encore une fois la missive que l’on venait de lui porter. Signée de la main de la duchesse Mary Abbot elle-même, la lettre prenait aimablement de ses nouvelles, avant de suggérer de passer s’il en avait d’aventure le temps et le souhait au domaine de White Swann, sa propriétaire désirant le remercier comme il se devait pour l’aide qu’il lui avait apportée lors de leur première mais décisive première rencontre. Etant pourtant assez tacticien, le bien né n’aurait pas soupçonné à l’époque que jouer un tour pendable à des gardes, de concert avec une Française, pourrait lui rapporter gros. Mais c’était le cas : la Duchesse le voyant semblait-il d’un bon œil, et de plus s’avérait célibataire, ainsi que –détail non négligeable- tout de même demi-sœur d’un Roi. Nul besoin de vous faire un dessin, n’est-ce pas ? Cependant, rien n’était encore fait ou décidé : Gui demeurait pour le moment fiancé à Marianne Foster, bourgeoise de son état, et sauvageonne dans l’âme. À celles et ceux se demandant encore pourquoi Gui s’acharnait de la sorte, la préférant à une sang bleu au rang plus élevé encore que le sien, et qui lui avait plus sourit au dîner ayant suivi le couronnement que Marianne depuis qu’ils se connaissaient, disons seulement que l’honneur du Lord avait été engagé dans cette affaire, et que s’empresser n’avait jamais été une bonne tactique dans quelque domaine que ce fût.

Il n’avait donc pas encore commencé à rédiger sa réponse, pensant globalement formuler un oui qui n’aurait rien d’empressé ou d’intéressé. Après tout, il ne s’agissait que d’une visite de courtoisie… Parce que oui, Mary le remerciait, elle. Pas comme une certaine demoiselle qui avait eu tôt fait d’oublier son louable dévouement une fois ses soucis réglés, et sa vie sauve. Enfin bref, l’heure serait peut-être un jour à dresser les comptes, un peu de patience. Pour le moment, Fleming se dirigeait vers le salon, lieu où son chambellan lui avait dit avoir installé une visiteuse. Qui donc ? Allons, quand on parlait du loup… Il montrait le bout de sa queue. Ou plutôt dans le cas présent de sa robe, puisque c’était bel et bien miss Foster qui, seule, avait frappé à sa porte. Heureusement que personne ne sortait par ce temps si maussade, car voir une jeune femme de basse naissance entrer chez un noble, sans aucun chaperon… Exactement comme la première fois, cependant. Et puis mieux valait se dire que le fait qu’elle ne passât pas par une porte dérobée à l’arrière jouait en sa faveur : il n’avait rien à cacher, et recevait une hôte, rien de plus.

Il pénétra dans la pièce la lettre à la main, absorbé dans sa lecture –ou du moins souhaita-t-il en donner l’impression. Un bref coup d’œil en passant le seuil, voilà tout ce que la villageoise obtint. Eh, que croyez-vous ? Que les rebuffades constituaient des friandises, et que les hommes en redemandaient toujours plus ? Gui ne faisait montre d’aucun sadisme particulier, mais il ne désirait pas perdre de temps à jouer les hypocrites.


-Bonjour, miss Foster. Quelle surprise, je ne m’attendais pas à vous revoir un jour. Mais je vous en prie, asseyez-vous. Je suis malgré tout en mesure de vous consacrer quelques instants.

Tout, dans le ton détaché de sa voix, sa façon de s’exprimer de façon succincte et rapide, et son attitude, laissait entendre qu’il était une personne pressée, énormément demandée ; ses interlocuteurs se trouvaient donc priés de ne pas le ralentir.

Tout en parlant, le maître des lieux avait continué sur sa lancée, avant de se planter devant le siège qu’il allait occuper, dédiant d’un bref geste protocolaire le choix de choisir sa place à Marianne. Ses yeux se posèrent alors sur son visage, pour la première fois réellement depuis son entrée ; on ne parvenait à lire dans son regard qu’une neutralité n’aspirant qu’à conclure cet entretien. Exactement la même indifférence imperceptiblement hautaine que la jeune femme avait par le passé revêtu en sa présence. Vengeance, vous aviez dit vengeance ?








(c) Gabri3la (x2)
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MessageSujet: Re: After the night when I wake up, I'll see what tomorrow brings  Ven 27 Juin - 12:58
Marianne pouvait se montrer particulièrement rancunière quand une affaire la touchait de près, ainsi que ses proches. Mais elle savait néanmoins pardonner certaines choses et se montrer très affective, quand on réussissait à lui montrer que l'on valait mieux que les « on dit ». Ce genre de raisonnement allait de pair avec son sale caractère. Oui, la jeune femme ne se cachait nullement : quand quelque chose ne lui plaisait pas, elle le disait haut et fort, et ce peu importe les conséquences que cela impliquait par la suite. Plus d'une fois, le fait de ne pas tourner sa langue dans sa bouche avant de parler lui avait valu bien des mauvais tours... Cela ne l'avait pas pour autant empêcher de recommencer une seconde fois. A vrai dire, elle n'en avait que faire de tous ces protocoles, ces gestes et façon d'être que l'on vous imposait dès la naissance. Le but était de se faire bien voir, de paraître comme quelqu'un de bien, de convenable. Tout ceci n'était que facette, de choses inutiles cachant la véritable nature de l'être qui les exécutait. Pourquoi paraître faux et lécher les bottes du premier grand personnage venu, sous prétexte d'être bien vu par le restant de la société ? Pourquoi ne pas être simplement soit-même, et accepter certaines critiques de la par d'autres personnes ? Marianne avait toujours été dans les premiers touchés, comme en ce qui concerne les commérages. Elle, la demoiselle de vingt-quatre ans, pas encore mariée et célibataire endurcit... On lui présageait déjà une fin de vie dans un couvent, vieille fille. Non. Il était hors de question qu'on lui enlève cette liberté si durement gagné, et cela passait également par un mariage. Ciel, voilà que nous touchons au sujet sensible... Ou devrais-je dire, le sujet tellement tabou et désagréable qu'il en était presque impossible de l'évoquer sans qu'elle ne s'énerve ou paraisse troublée. Tout le monde autour d'elle ne cessait de parler de cela, lui demandant comment les choses avançaient, comment était ce fameux Lord Fleming... Tant de questions qui agaçaient fortement la bourgeoise. Rajouter à toutes ces conversations des commérage sur l'un des couples les plus improbables de toute l'Angleterre, et vous aurez de quoi faire rapidement déborder le vase. Certes, elle n'avait que faire de tout ce qu'on pouvait raconter sur elle. Elle savait qui elle était et ce qu'elle voulait faire de sa vie... Quoi que... Le savait-elle réellement ? Elle n'était pas une si grande fervente de la religion et ne voyait pas le mariage comme quelque chose de prioritaire dans sa vie futur... Y avait-elle seulement penser une seule fois ? Chaque prétendant, chaque homme osant l'approcher afin de la séduire, elle l'avait repoussé sans vergogne. Et Guildford n'échappait pas à la règle. Depuis le premier regard, le premier mot qu'ils avaient pu s'échanger, Marianne avait tout fait pour paraître la plus indomptable et la plus détestable femme qu'il soit. Mais apparemment, elle n'avait pas mis tous ses efforts dans cette tâche ingrate... En fait, elle n'arrivait pas à être aussi détestable qu'elle pouvait l'être avec d'autres hommes. Le noble l'avait déjà sauvé de beaux pétrins. Oh, elle ne se l'était pas avoué tout de suite, mais en y réfléchissant, il avait fait pour elle ce que d'autres n'auraient probablement pas fait. Elle, qui se montrait si froide et distante envers lui, qui n'avait pourtant pas encore rompu le contrat signé jadis avec son cher et tendre père. Pourquoi tant d'obstination, alors que tant d'autres filles de bonnes familles sauteraient sur l'occasion ? Etait-il têtue, sûr de la faire craquer, ou aimait-il simplement les défis ? Elle ne saurait qu'en dire.

Quoi qu'il en soit, Fleming semblait visiblement ne pas être ce genre d'homme à brosser une femme dans le sens du poil. Il n'y avait qu'à voir la façon dont il entra dans la pièce, la présence de Marianne ne semblant pas l'inquiéter plus que cela. Autant qu'elle pouvait se l'avouer, elle se sentit quelque part blesser par ce comportement soudain envers elle. Il était devenu si... froid. Un peu comme elle, en fin de compte. Cet intérêt soudain à l'attitude que pouvait avoir Guildford sur elle la perturba toutefois. Encore jamais elle n'avait fait attention à elle... Elle aurait encore moins pensé y accorder une quelconque importance.... Quant à se sentir blesser !! S'en était inédit et... Inattendue, pour celle qui fuyait radicalement les hommes. Sur ce point, il avait cependant bien raison. Depuis le début, c'était lui qui allait vers elle, et non l'inverse. Drôle de changement de situation, vous ne trouvez.


-Lord Fleming.... Dit-elle simplement, d'une façon lui rappelant presque leur première rencontre, dans cette même pièce.

Marianne s'installa sur la première chaise lui tombant sous la main, d'une manière presque solennelle, la rendant humble, bizarrement. Elle ne s'était pas rendue ici pour jouer les fières, après tout. Mais cela était idiot de croire qu'elle resterait aussi calme durant tout cet entretient.
Son regard se posa un instant sur la lettre que tenait le seigneur entre ses mains, avant de se poser sur ses yeux de glace, la perturbant plus qu'autre chose.


-Je ne souhaites pas vous retenir très longtemps, vous semblez bien occupé aujourd'hui. Elle se racla la gorge avant de continuer : je suis simplement venu vous... Vous remercier.

Ces mots qu'elle aurait du prononcer depuis quelques mois, si facile à dire, et pourtant, la bourgeoise ne se décider à les faire sortir que maintenant... Allait-il se montrer aussi rancunier qu'elle-même ?
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MessageSujet: Re: After the night when I wake up, I'll see what tomorrow brings  Mer 22 Oct - 17:24

I think I'm moving
but I go nowhere.




Si la pauvre pénitente escomptait trouver en face d’elle un modèle de compassion et de magnanimité, elle allait tomber de haut. Guildford possédait de nombreux défauts malheureusement, au point qu’il fût assez malaisé de déterminer si ses qualités parvenaient à les contrebalancer, surtout lorsqu’il s’était mis en tête de faire payer quelque chose à l’un ou l’une de ses contemporains. Cela pouvait paraître tellement puéril, d’ainsi se concocter une petite vengeance bien sentie en feignant de n’avoir cure ni de la jeune femme assise en face de lui, ni des faits qui avaient motivé cet acte de pénitence. Surtout que Marianne ici amorçait un pas vers lui, certes timide et mal assuré, mais tenant lieu de réelle amélioration de leurs rapports en comparaison de ce à quoi il avait dû faire face ces derniers mois ; répondre par la dureté à une si fragile tentative de faire amende honorable. Il ne pouvait tout simplement pas laisser impunies les offenses envers sa personne, son honneur et son nom qu’avaient constitué les écarts de conduite de Marianne : un tel comportement, à la fois capricieux et infantile, ne se trouvaient pas digne d’une jeune personne à qui son père avait tenté de donner une si bonne éducation malgré leur situation précaire, et encore moins d’une future Lady. Leur mariage ne ferait pas seulement d’elle une aristocrate contrainte de se plier à un protocole étouffant, elle deviendrait une membre à part entière de sa famille, une représentante des Fleming, un symbole pour les petites gens vivant sur leurs terres, et qui attendaient tellement de leur seigneur et protecteur. Depuis toujours, Guildford avait fermement refusé de les décevoir, ce qui constituait la raison-même de sa présence à Londres, où son combat pour le Nord du Royaume semblait être destiné à ne jamais connaître de fin. Que cette union déplaise à sa fiancée, soit, il le comprenait et l’acceptait, pour lui-même n’éprouver aucune envie particulière de prendre épouse, projet que le noble aurait d’ailleurs encore repoussé dans le temps s’il avait pu. Seulement l’Angleterre avait besoin d’hommes prêts à se battre pour elle par tous les biais possibles, par le sang versé aussi bien que par le mensonge et le sacrifice d’un avenir heureux, et ce serait avec toute la force de son inébranlable volonté que le bien-né irait au-devant de la croix qui devrait devenir la sienne. La brunette bien sûr ne pouvait imaginer à quel point ce mariage constituait le point d’orgue de tous les sacrifices que son promis avait acceptés jusqu’à présent ; pourtant, de façon injuste, ce dernier s’irritait de son inconséquence, de ses refus qui montraient à quel point la belle ne comprenait pas le centième des enjeux, officiels ou non, ni ce signifiait devenir sa femme. Plus qu’un honneur ou qu’un moyen de s’élever socialement, il s’agissait d’un devoir imposant respect ainsi qu’humilité, deux savoirs-être que la bourgeoise ne paraissait pas posséder.

Et pourtant, il n’avait toujours pas rompu les accords le liant à Mr Foster, ni même accordé complètement foi à la théorie voulant que Marianne ne puisse jamais se montrer à la hauteur. Aussi incompréhensible que les hésitations de la brunette, son entêtement cachait une idée plus ou moins inconsciente, celle que sa promise, dès les premiers instants où au cœur des bois, il avait entraperçu ses exercices à l’épée, lui était apparue différente, tellement différente de toutes les autres sangs bleus qu’il pourrait jamais rencontrer. Cette force de caractère indéniable à laquelle le Lord se heurtait sans succès depuis des semaines avait l’étoffe d’un réel atout pour une future châtelaine, a fortiori si son fief se trouvait si proche des terres écossaises. Une femme inébranlable capable de camper sur ses positions quoi qu’il advienne, et non pas une poupée délicate aussi inutile que superficielle, voilà ce que Gui avait vu en elle, ce qu’il avait recherché chez toutes les autres candidates, qui s’étaient révélées aussi fades que décevantes, toutes autant qu’elles avaient été. Miss Foster constituait la meilleure option à sa disposition, et ce malgré ses caprices, ce qui d’une part dévoilait à quel point le niveau jusque-là avait été dramatiquement bas, et d’autre part que la belle, par son caractère unique, avait résolument en droit de penser que son prétendant ne baisserait pas les ares de sitôt… Enfin en théorie, car le temps filait, sans avancées significatives, et pis encore pour leur histoire encore à écrire, avec de nouveaux protagonistes, une en particulier, une belle Française qui elle n’y aurait pas tant regardé que cela à deux fois si elle avait été en mesure d’épouser Guildford…

La situation s’avérait compliquée, détériorée, loin d’être idéale, ce qui n’aidait en rien à adoucir le bien né.

-Me remercier ? répéta le ténébreux personnage avec une ironie mordante, qui ne soulignait que trop bien sa position de force. Ma foi ma dame, j’assiste véritablement à un miracle, je n’imaginais pas que vous puissiez connaître ce mot… !

Et être capable de le dire, surtout à lui. Comme il devait lui coûter, d’ainsi s’abaisser à courber l’échine devant un être qu’elle devait tant mépriser. L’estime pour pareille prouesse se heurtait dans l’esprit de Fleming à l’amertume de la voir réduite, elle l’esprit le plus libre du pays, à l’état de perroquet répétant des propos ne lui étaient selon toute vraisemblance pas venus d’eux-mêmes. Ne restait qu’un âcre sentiment de déception, un quasi vague à l’âme que son tempérament de fer ne supportait pas.

-J’ignore ce que votre père vous as promis en échange de votre visite, ou lanature de la menace qu'il a employée, mais il a accompli là un prodige.

La frontière entre une punition méritée et de la méchanceté gratuite avait rarement dans ses mauvais jours de définition nette, et quelque part, une petite voix particulièrement cynique lui assura que la jeune femme allait se lever et partir, à la fois vexée et acrimonieuse, et que ils ne s’en trouveraient que plus que jamais loin d’atteindre son but, cet autel paré de fleurs où un prêtre les déclareraient mari et femme jusqu’à ce que la mort les séparent. Cependant, là encore, son naturel peu compréhensif ne cherchait pas à arrondir les angles, pas vraiment. Sa patience, tout de même, possédait ses limites, et le monde ne lui avait jamais enseigné la patience.

Avec un bref soupir à la fois excédé et résigné, Guildford détourna le regard, la mâchoire légèrement contracté. Cette conversation ne menait à rien, exactement à l’instar de toutes les précédentes, la sensation de tourner en rond le plus stérilement du monde revenant au galop, oppressante, déprimante.

Lorsqu’il reposa de nouveau les yeux sur son invitée, son aspiration à la franchise de la part de leur deux partis ne faisait aucun doute, presque violente Gui la mettait au pied du mur, une bonne fois pour toute.

-J’ai respecté mes engagements envers votre famille, et me suis comporté avec vous en gentilhomme. Je n’ai souvenir d’aucune offense envers votre personne, alors que vous faut-il ? Quel argument, quelle mesure parviendrait à vous convaincre d’accepter de m’épouser ?

Sans oublier les fois où il l'avait tirée de fichus pétrins... Où il lui avait sauvé la vie, pour tout dire. Mais oui, qu’elle avoue enfin ce qu’elle cachait depuis le début : que Fleming n’obtiendrait jamais son consentement. La nouvelle serait peut-être ardue à encaisser, mais au moins ils en seraient quittes, et pourraient reprendre le cours séparé de leurs existences, sans les entraves de leur pseudo-relation qui, tel un boulet accroché aux chevilles d’un condamné jeté à l’eau, les forçant à supporter maintes peines, prisonniers d’une atmosphère anxiogène.








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MessageSujet: Re: After the night when I wake up, I'll see what tomorrow brings  
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