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Nous nous situons aux alentours de mai 1558.
Il fait de plus en plus chaud les gens prennent plaisir à sortir dans les jardins.

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Lorenzaccio ♦ La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu. Empty
MessageSujet: Lorenzaccio ♦ La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu.  Lorenzaccio ♦ La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu. Icon_minitimeMer 29 Mai - 21:11

Lorenzaccio;

La bougie s’était éteinte depuis plusieurs heures déjà, mais les rayons de soleils traversant à peine les rideaux suffirent à réveiller Emily. Elle entrouvrit d’abord les yeux, doucement, pour apercevoir la douce traînée lumineuse qui se propageait dans la chambre. Ses yeux fixèrent vaguement la poussière voltigeant tranquillement, rendue visible par le soleil. Ensuite elle cligna des yeux et se redressa sur le lit, plissa les yeux et se les frotta afin d’être totalement réveillée. A côté d’elle, dormait Lorenzaccio. Il était venu la trouver hier soir, assez tard, et elle avait prétendu être totalement libre. Elle avait en vérité laissé tomber un client mais cela ne la dérangeait pas, étant donné qu’elle avait déjà une certaine relation avec Lorenzaccio. Il était vrai que, souvent, ils étaient incapables de s’entendre et, pour un rien, se retrouvaient énervés l’un contre l’autre. De là, plus de concession ; aucun des deux ne faisait d’effort afin de rétablir la sérénité dans leur dialogue. Et cela partait en cercle vicieux, indéfiniment. Mais, hier soir, l’un comme l’autre avait été étrangement calme. Cela ne dérangeait absolument pas Emily. Mais elle sentait bien que ce matin, la balance allait se rétablir en leur offrant une opportunité de s’embrouiller pour des broutilles, une fois de plus. Après tout, la base de leur relation se trouvait là. Il était donc inutile de chercher à changer les choses. La véritable Emily, contrairement au masque de jeune fille fragile et très sensible qu’elle portait au début peut-être, n’était pas faite pour avoir une conversation digne de ce nom avec Lorenzaccio sans qu’elle ne dégénère cinq minutes après. D’ailleurs, l’horloge indiquait qu’il n’était pas très tôt. Emily n’avait pas spécialement à faire, mais il fallait bien qu’un moment où l’autre, Lorenzaccio prenne congé. Après tout, ce n’était pas son genre de passer une journée entière avec un client – surtout si il s’agissait de lui. Elle se leva, commença à se vêtir un minimum. Puis elle se pencha vers son client et l’attrapa par l’épaule pour le secouer, avec assez de force pour qu’il réveille mais également assez doucement pour ne pas le brutaliser non plus.

« - Réveille-toi. Tu devrais déjà être parti depuis longtemps. »

Lorsqu’elle fût certaine qu’il ne dormait plus, elle continua de s’habiller et lui parlait sans le regarder.

« - Ce n’est pas parce que tu viens régulièrement que tu dois te croire chez toi. Tu es censé partir tôt. Tu as payé, j’ai fait mon boulot, maintenant tu n’as plus rien à faire ici. »

Emily était consciente qu’elle l’énervait dès le réveil, mais elle trouvait qu’elle avait franchement raison sur le coup. Ce n’était pas son envie de l’embêter qui la faisait agir comme cela. Une fois habillée, elle ouvrit les rideaux et les fenêtres en grand. Il faisait très bon ce matin. La lumière se propagea brutalement dans toute la pièce, l’inondant de chaleur au passage. La chambre ne donnait pas sur une rue, ouvrir le fenêtre permettait donc à Emily de préserver son intimité dans cette chambre, avantage qu’elle appréciait particulièrement. Elle se tourna vers son lit, constatant que Lorenzaccio n’avait pas bougé. Elle commença à voir rouge, persuadée qu’il la provoquait. Elle soupira bruyamment, et s’approcha du lit. Tout en tapant du pied, elle ne put s’empêcher de hausser la voix.

« - Tu ne vas pas commencer si tôt, dis-moi. Dépêche-toi de te lever maintenant, tu n’es pas venu ici pour dormir, que je sache. »

Sans attendre la moindre réaction de la part de son interlocuteur, elle se pencha sur le lit, attrapa son bras et le tira de toutes ses forces pour qu’il tombe du lit. Ce n’était finalement pas le meilleur réveil qu’il aurait eu dans sa vie, on en mettrait sa main à couper. Il en fallait finalement peu à Emily pour qu’elle ne s’énerve, et elle ne se doutait pas que maintenant, et pour la journée, la guerre était déclarée entre Lorenzaccio et elle.
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MessageSujet: Re: Lorenzaccio ♦ La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu.  Lorenzaccio ♦ La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu. Icon_minitimeDim 2 Juin - 18:32

La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu.
Lorsqu’Emily échappa à son étreinte, Lorenzaccio fut brutalement tiré du doux rêve dans lequel il était plongé depuis des heures. Le sommeil du jeune homme était souvent peuplé des mêmes fantasmes, et une fois encore, ça n’avait pas raté. Cette fois-ci, il s’était vu assis sur le trône du Pape, dominant le monde par la force, entouré de créatures toutes plus belles les unes que les autres. Et forcément, avoir passé la nuit avec une demoiselle pourvue d’autant de charmes qu’Emily n’y était pas étranger.

Quand il eût remis ses idées en place, Lorenzaccio se contenta d’ouvrir les yeux, sans bouger, afin de pouvoir admirer à loisir Emily s’habillant. Décidément, les prostituées de Londres valaient presque celles de Rome. Contemplant sans gêne les courbes de la jeune femme retournée, il fit glisser son regard jusqu’à ses cheveux. C’était sans doute ce qui exerçait le plus de fascination chez l’Italien ; cette chevelure rousse, opulente, glissant sur sa peau blanche, se déversant sur ses épaules, traçant le chemin à emprunter vers ses hanches rondes et pleines. Elle ressemblait à une Madone, à cet instant, debout dans la lumière naissante du matin, qui venait éclairer sa peau et faire briller sa crinière.

Une Madone dont elle n’avait pas le caractère. Lorenzaccio s’y était trompé, au début, tant elle avait été douce. Ils s’étaient vus de nombreuses fois, et il avait finit par bien l’aimer, ce cher petit agneau si docile. Le jeune homme avait vite déchanté quand il s’était aperçu que le loup s’était revêtu de la peau de la brebis : lorsque la jeune femme avait retiré le voile de gentillesse qui occultait sa vraie personnalité, il s’était rendu compte qu’il avait en réalité affaire à un caractère bien trempé. Dans un premier temps, cela l’avait amusé, de la voir se mettre en colère à la plus petite provocation. Mais rapidement, il en avait eu assez, et s’énervait aussi vite qu’elle. Emily savait se montrer prodigieusement agaçante, quand elle le voulait, aussi, les rixes étaient inévitables. Cependant, Lorenzaccio revenait toujours vers elle, même après les disputes les plus violentes, car au fond, il l’aimait toujours bien ; et il était également décidé à percer l’épais mystère qui l’entourait. Elle n’était pas née dans les bas fonds, il en aurait mis sa main au feu. La demoiselle était trop cultivée et parlait trop bien pour provenir d’un milieu pauvre, mais malgré les recherches du jeune homme, sa naissance était demeurée une énigme.

Pour l’heure, il s’employait à feindre de dormir quand la jeune femme se retournait, et continua quand elle vint le secouer. Elle n’eût pour toute réponse qu’un grognement agacé. Elle ne pouvait donc pas le laisser tranquille ?

- Ce n’est pas parce que tu viens régulièrement que tu dois te croire chez toi. Tu es censé partir tôt. Tu as payé, j’ai fait mon boulot, maintenant tu n’as plus rien à faire ici.

L’Italien se redressa sur un coude, plissa les yeux quand la lumière attaqua directement ses pupilles, mais regardant tout de même Emily, répliqua, sur un ton encore calme :

- Tu exagères, j’ai payé bien plus que convenu, comme d’habitude.

Il disait vrai : ayant un petit faible pour Emily, il lui donnait plus d’argent qu’aux autres, et arrivait même parfois avec un bracelet ou un collier qu’il lui offrait pour l’amadouer. Justement, le joli bijou fait d’or, de perles et de jade qui ceignait son poignet depuis la veille n’était pas étranger à la nuit sans nuages qu’ils avaient passés. Certes, ce n’était ni des diamants ni des saphirs, mais Lorenzaccio trouvait que les bijoux simples mais élégants la mettaient mieux en valeur que l’opulence, car ils soulignaient sa beauté inhabituelle.

- Tu ne vas pas commencer si tôt, dis-moi. Dépêche-toi de te lever maintenant, tu n’es pas venu ici pour dormir, que je sache.

Lorsqu’elle commença à le secouer et à le tirer, c’en fut trop. Certes, elle ne pouvait pas faire grand-chose, avec sa force de moineau et son poids plume, mais Dieu ! comme c’était agaçant. Le jeune homme la laissa s’échiner quelques instants, avant de la tirer brutalement à lui, pour ensuite la pousser sur le lit, sans se préoccuper de lui faire mal ou pas. Elle l’avait cherché, après tout, et savait parfaitement bien à quoi elle s’exposait. C’était inscrit dans les règles du jeu, elle connaissait son caractère belliqueux.

- Pour qui est-ce-que tu te prends ? demanda-t-il avec hargne. Tu n’es qu’une pauvre fille qui vit aux crochets d’hommes comme moi qui te paient pour que tu les contente et que tu te taises.

Il la dévisageait de ses yeux perçant, cherchant à l’intimider et à lui faire peur. Il se tenait maintenant au dessus d’elle, l’écrasant sous le poids de son aura glaciale. Il fallait qu’il la remette à sa place, sinon elle se permettrait de répliquer, comme toujours.

- Si je veux m’en aller, je m’en vais. Si je veux rester, je reste. Si je veux disposer encore de toi, tu ne peux rien faire.

Joignant le geste à la parole, il déposa une petite tape provocatrice sur ses fesses, avec un petit sourire faussement amusé, parfaitement conscient que cette pichenette allait déclencher un conflit d’une intensité au moins égale à celle de la Guerre de Cent ans. Au reste, il avait envie de l’y mener, par besoin de se défouler sur quelqu’un. Et pour cela, Emily était la personne parfaite.





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MessageSujet: Re: Lorenzaccio ♦ La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu.  Lorenzaccio ♦ La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu. Icon_minitimeMar 4 Juin - 19:07

Lorenzaccio;

D’un côté, Lorenzaccio avait raison. Il était vrai que la somme qu’il faisait parvenir à la maquerelle du Red Lantern pour passer du temps avec Emily était véritablement supérieure à ce qu’il était supposé payer. Cet argument ne calma néanmoins pas cette dernière. Elle fût même encore plus irritée par l’impassibilité, voire la placidité de son client. Elle n’était pas de nature méchante, mais très facile à provoquer. Et Lorenzaccio connaissait parfaitement cette faiblesse, il semblait d’ailleurs en tirer assez de distraction en général aux yeux de la rouquine. Il s’énerva rapidement aujourd’hui. Elle ne faisait rien d’autre que d’essayer de le tirer du lit selon elle, et la voilà qui se prenait toutes les conscéquences en pleine face. Cela eût pour effet de la contrarier pour de bon à partir du moment où elle fût violemment tirée vers le jeune Italien avant d’être rudement jetée sur le lit. Elle n’eût pas vraiment mal, mais la brutalité de Lorenzaccio la poussa à laisser échapper un cri plaintif.

« - Aïe, tu me fais mal, arrête ! »

Et puis le jeune homme prit la parole, sur un ton quelque peu agressif, pour lui rappeler qu’en tant que prostituée elle n’avait absolument pas son mot à dire, et encore moins à dicter ses conditions. Une fois de plus, l’acerbité avec laquelle Lorenzaccio s’appliquait à la froisser mit Emily bien plus en colère que ses propos eux-mêmes. Après tout, sa condition de fille de joie ne la blessait pas particulièrement, elle arrivait même parfois à y prendre goût. Dépendre du désir sexuel de tant d’hommes ne la dérangeait pas non plus ; il lui arrivait presque de considérer le sexe comme un art. La beauté du corps d’une femme, de ses gestes, de ses paroles et chaque détail qu’elle s’appliquait à mettre en œuvre - un léger souffle près de l’oreille du client, une boucle qui pend et caresse son épaule - dès que possible constituaient pour elle une véritable virtuosité. Ainsi, le sexe étant le sujet principal de la prostitution, son seul moyen de survie ne lui déplaisait que très rarement. Elle trouvait même que sa vie était globalement heureuse. Malgré le regard intensément équivoque que lui lançait son client, Emily ne pût garder le silence et répliqua.

« - Alors, à tes yeux, c’est moi qui suis la pauvre fille dans cette histoire ? Contrairement à toi, qui es censé être un homme digne de ce nom, tu te retrouves obligé de payer pour qu’une femme accepte de satisfaire tes désirs. Et puis, sache que comme tu l’as remarqué, je ne me tais que si je n’ai rien à dire et si je n’ai pas à me plaindre de mon client. En l’occurrence, tu es l’un des plus désagréables que j’aie à supporter. »

Emily garda le silence, tentant tant bien que mal de soutenir le regard de l’Italien. Elle avait beau ne pas être intimidée pour un sou, elle avait du mal à l’attaquer d’un regard aussi agressif que le sien. Elle savait que son visage était trop angélique, doux pour qu’elle puisse impressionner qui que ce soit. Lorsqu’il lui annonça avoir l’intention de partir dès qu’il en aurait envie, c’en fût trop. Il la rabaissait trop pour cette condition qui arrivait à lui plaire. Encore plus lorsqu’il la provoqua d’une tape sur ses fesses. Au-delà des limites que son sang-froid pouvait contenir, elle ne pût s’empêcher de pousser de toutes ses forces le jeune brun, réussit à le faire tomber sur le sol. Elle se jeta sur lui et, faute d’être pourvue de quelconque force physique, commença à s’accrocher à ses vêtements et à le secouer comme elle le pouvait. La jeune Irlandaise se mit à lui crier dessus, hors d’elle.

« - Ne vas pas me faire détester ma vie ! Sache que je remercie Dieu pour la condition que j’ai aujourd’hui, cette condition qui est pour moi une bénédiction bien plus qu’une contrainte ! Et ne t’avise pas de sourire pour me provoquer encore, car peut-être que je dépends d’hommes comme toi, mais en ce qui te concerne, tu ne vaux pas mieux. Quel âge as-tu, rappelle-le moi ? Ce n’est peut-être pas à cet âge que les hommes sont supposés être mariés à une jolie demoiselle, au lieu de continuer à fréquenter des bordels ? Toi non plus tu n’as visiblement rien réussi dans ta vie. Tu es un véritable raté, Lorenzaccio. Un minable. »

Le discours qu’Emily venait de prononcer était totalement dénué de haine mais était réellement vivant grâce à la frénésie avec laquelle elle avait répliqué. Elle se releva rapidement, regrettant soudain son élan de fureur, surtout ses dernières phrases dans lesquelles elle avait qualifié l’Italien de « raté » et de « minable ». Sans hésiter, elle se précipita pour l’aider à se relever. Elle ne s’excusait pas très souvent, mais là, elle avait dépassé les limites.

« - Je suis désolée. Tu m’as bien trop provoquée pour que je puisse me retenir de te rabaisser ainsi. Pardonne-moi, s’il-te-plaît. »

Une fois le jeune homme debout, elle s’assit sur son lit et plongea sa tête dans ses mains. Elle ne pleurait pas mais avait vraiment honte de s’emporter toujours autant. Dans le fond, elle devait se l’admettre, Lorenzaccio était comme un ami pour elle. Il lui arrivait de se confier sur quelques unes de ses impressions sur Londres et ses habitants au quotidien, elle était heureuse lorsqu’elle constatait qu’elle allait passer la soirée avec lui, elle avait une réelle confiance en cet homme qui, se son côté, devait l’apprécier aussi. Il payait toujours plus cher pour passer du temps avec elle, et qui lui offrait régulièrement de jolis bijoux. C’était une attention qu’elle appréciait particulièrement, mais elle était trop fière et détestable pour remercier ouvertement son client.
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MessageSujet: Re: Lorenzaccio ♦ La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu.  Lorenzaccio ♦ La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu. Icon_minitimeMar 11 Juin - 12:55

La prostitution est un commerce dont l'enveloppe est plus attrayante que le contenu.
Lorenzaccio ne s’attendait absolument pas à ce qu’Emily le pousse aussi violemment, et tomba lourdement par terre, s’étalant de tout son long sur le plancher. Avant qu’il n’ait le temps de réagir, elle s’était jetée sur lui, comme un petit animal furieux. Elle s’appliquait à tenter tant bien que mal de le brutaliser, secouant ses vêtements, le frappant de ses petits points faibles. Comme elle était touchante, et pitoyable, à essayer de se défendre ! Lorenzaccio en profita bien évidemment pour effleurer son corps penché sur lui, faisant mine de vouloir se débarrasser d’elle. Il avait retrouvé son humeur amusée, mais ne tarda pas à revenir sur ses pas, en l’entendant cracher tout ce qu’elle avait sur le cœur. Quelle petite peste, elle ne savait visiblement pas à qui elle avait affaire, pour oser le traiter ainsi ! Depuis ses seize ans, personne n’avait prononcé les mots « minable » et « raté » en sa présence, et les rares qui s’y étaient essayé n’étaient plus de ce monde pour témoigner de la réaction du jeune homme, plutôt rancunier.

Il la repoussa quand elle voulu l’aider à se remettre sur pieds, et la regarda s’assoir sur son lit en se confondant en excuses. S’il y avait bien une chose que l’Italien détestait, c’était les excuses, elles n’étaient bonnes que pour les faibles. Mais il était bien trop occupé à tenter de se contrôler pour y réfléchir. Il serra les poings pour s’empêcher de lui coller une gifle.

Elle ne méritait que ça. Il était furieux à présent, assez pour vouloir abattre sa main sur son joli visage, voir ses grands yeux innocents se remplir de larmes, sa tête retomber sur l’oreiller sous la force du coup en éparpillant ses cheveux roux. Et puis la frapper, encore, encore, détruire ses traits trop réguliers, jusqu’à ce qu’elle le supplie d’arrêter, jusqu’à ce qu’elle comprenne la leçon. Laisser sa fureur se déchaîner sur cette petite traînée qui s’attaquait à plus fort qu’elle.

Non, il ne le ferait pas.

Elle était trop pathétique, trop touchante pour qu’il puisse réellement la blesser physiquement. Et abîmer son joli visage d’ange serait trop dommage. Alors l’Italien se détourna d’elle, franchit l’espace qui le séparait de la fenêtre, et s’appuya dessus, afin de respirer une bouffée d’air frais qui l’aiderait à se calmer. Le Soleil réchauffa son visage, il faisait bon ce matin, seuls quelques nuages venaient tacher de blanc le ciel pervenche, et une légère brise préservait une fraîcheur agréable. Il commençait à revenir à lui, et passa la main dans ses épaisses boucles brunes, décidé à amorcer la réconciliation. Mais tout d’abord, il devait éclaircir quelques points, ce qu’il fit en se rhabillant.

- Pour répondre à ta charmante tirade, sache que je n’ai que vingt et un ans. Je ne suis pas pressé de me marier, cette mascarade ne m’attire pas. Mes parents ne sont pas mariés, et ils ont deux enfants, ma petite sœur et moi-même. Mon père transgresse son vœu de chasteté en baisant chaque soir ma mère, et personne n’y trouve rien à redire. Alors, pourquoi devrais-je m’enchaîner à une des stupides poules sans tête qui peuplent les cours d’Europe ?

Il n’avait pas à se justifier, et le savait, mais ainsi, il alimentait la curiosité de la petite Emily, qu’il savait dotée de ce défaut. En effet, le jeune homme ne lui avait jamais parlé de ses origines, ni de sa famille. Il savait qu’elle chercherait à tout prix à savoir de quoi il parlait, et il pourrait maintenir le suspens assez longtemps pour la garder auprès de lui sans qu’elle se lasse.

- Tu ne connais rien de mon passé, petite idiote. Alors je te défends de me juger, c’est bien compris?

Il enfila ses bottes, ainsi que la ceinture qui soutenait son épée. Son habit était pourpre, ce jour là, fait dans un tissu sans prix qui témoignait de ses origines nobles ; il aimait qu’on sache qu’il n’était pas n’importe qui. Puis, il prit place à côté de la jeune femme, et releva ses cheveux d’une main, afin de laisser sa nuque dégagée et d’y déposer un baiser, afin d’attirer son regard vers le sien.

- Trêve de disputes, je veux m’amuser, aujourd’hui.

Il se leva, un sourire flottant sur les lèvres, lui pris la main pour l’inciter à faire de même, et déclara :

- Je t’emmène où tu veux. Cette journée t’est consacrée, Emily, alors nous allons faire tout ce dont tu as envie, acheter ce que tu veux –être qui tu veux, même.

L’Italien avait pris cette décision sur un coup de tête, réagissant selon ses émotions, comme à son habitude. Il avait eut soudain envie de passer la journée avec la jeune prostituée, de goûter à son agréable compagnie. Pris de frénésie, il ouvrit le coffre où il savait qu’étaient rangées les robes d’Emily, en choisit une pour elle, de la couleur de ses prunelles, brodée de fleurs et de papillons et la lui lança presque, impatient.

- Allons ! Habille-toi, je t’attends en bas.

Lorenzaccio sortir promptement de la chambre, dévala les escaliers, et manda qu’on aille chercher la voiture mise à sa disposition. Il se savait absolument pas où la jeune fille souhaitait se rendre, alors autant prendre des précautions : il ne comptait pas faire tout Londres à pieds. En attendant que le cocher se décide à arriver, le jeune homme s’entretint avec Mary-Ann, la maquerelle, avec qui il s’entendait très bien. Mais enfin, des pas retentirent dans l’escalier ; Emily descendait. Avec son habituel demi- sourire amusé et provoquant aux lèvres, Lorenzaccio s’approcha d’elle et lui tendit son bras, galamment.

- Où désirez-vous vous rendre en premier aujourd’hui, Mademoiselle ?






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